Random et ABC Polars : lettre A + BONUS septembre : adaptation cinématographique
Autour d'un saison : roman de plus de 500 pages
Bingo de l'automne : + PIWI : Grand Prix des lectrices Elle 2012 - Policiers. Les prix scandinaves les plus prestigieux couronnent la première enquête de l'inspecteur Mørck.
Misericorde de Jussi Adler-Olsen
Après une bavure qui a entraîné la mort d'un de ses équipiers et la paralysie de l'autre, le vice-commissaire Carl Mørck est relégué dans les sous-sols de la préfecture de police et nommé à la direction du fictif département V, à l'initiale de la parlementaire qui est à l'origine de sa création. Il s'attend à couler des jours ennuyeux et passifs, mais ce n'est pas du goût de Hafez el Assad, son assistant-homme à tout faire. Parmi les dossiers non résolus figurent une affaire qui a fait les échos de la presse cinq ans auparavant. Merete Lyyngaard, une étoile montante de la scène politique d'opposition, a disparu sans laisser de trace sur un ferry assurant la liaison entre l'Allemagne et le Danemark. J'ai assez vite soupçonné les éléments de résolution de l'enquête, bien qu'ils aient été assez habilement dissimulés. Ma meilleure surprise est venue d'ailleurs et je ne l'aurais pas envisagée si je n'avais déjà lu précédemment le tome 4 de la série. Contre toute attente, l'improbable et hétéroclite duo fonctionne pour le lecteur : la figure entourée de mystère mais charmeuse du réfugié politique syrien contrebalance le peu avenant mais habile enquêteur Danois.
Quelle déception alors que je croyais bien ajouter le Danemark à mon tableau des nationalités ! Néanmoins j'ajoute une lettre - le A - et une nouvelle équipe à mon challenge ABC polar avec Dossier 64 de Jussi Adler Olsen et les trois membres, plus atypiques les uns que les autres, du département V, le service des affaires classées de la police criminelle de Copenhague.
Carl Mørck est vice-commissaire ; la saga existe depuis déjà trois tomes, ce qui fait que je ne sais pas comment les deux autres l'ont rejoint. Hafez-el-Assad, Assad pour ses collègues, possède de multiples talents, mais pas de ceux dont son supérieur aimerait se vanter en public ; il a été parachuté dans le service qui occupe le sous-sol de la préfecture de police et de larges pans de son passé et de sa vie actuelle sont obscurs. Rose, ou parfois sa soeur Yrsa car elle souffre de dédoublement de la personnalité, n'a pas sa pareille pour dénicher dans les archives des affaires pendantes qui méritent d'être élucidées ; elle a la langue bien acérée et quand elle tient une idée, elle ne la lâche plus...
Résumé :
A la fin des années 80, quatre personnes disparaissent mystérieusement
en l'espace de quelques jours. Jamais élucidée, l'affaire se retrouve
sur le bureau du Département V. Carl Mørck et ses improbables
assistants, le réfugié syrien Assad et la pétillante Rose, ne tardent
pas à remonter jusqu'aux années 50 où s'ouvre un sombre chapitre de
l'histoire danoise : sur la petite île de Sprögo, des femmes sont
internées et stérilisées de force sous la direction du docteur Curt Wad,
obsédé par l'idée d'un peuple " pur ". Plongé dans une terrible histoire de vengeance, Mørck enquête cette fois
dans le milieu politique opaque d'une société danoise où l'influence
des extrêmes se fait sentir.
Dans la veine des "socio-polars" scandinaves, Jussi Adler-Olsen prétexte un roman pour s'emparer d'un sujet d'investigation qui touche à un point douloureux du passé national. Généralement, je n'apprécie pas ces fictions, parce que les thèses développées ne se mêlent pas harmonieusement à la trame narrative fictionnelle et je trouve les passages descriptifs, parfois intéressants mais souvent très ennuyeux. Ce n'est pas le cas dans Dossier 64. Au milieu du 20ème siècle, de nombreux pays européens se sont laissés tenter par les convictions eugénistes et ont exclus, de gré ou de force, des centaines de femmes du droit d'être mères. L'enquête du département V le conduit vers les milieux d'extrême-droites qui ne reculent ni devant la force, ni devant les moyens de parvenir à leurs fins politiques. Un double rebondissement vient clore l'affaire et si une partie du scénario est attendue, l'ensemble est plein d'imprévus et de surprises agréables, comme les histoires parallèles de Carl, Assad et Rose.
Lu le 4 septembre 2017


1 commentaire:
J'entends toujours du bien de cette série !
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