dimanche 29 mai 2016

Je lis aussi des nouvelles

Un très bon cru à découvrir dans le cadre des matchs Pros contre Amateurs des Imaginales d'Epinal. Les nouvelles en compétition sont publiées sur Présence d'esprits

Ma préférée en 1) hors délai pour le vote, mais je rejoins le résultat officiel
« UN INSTANT, JE BRANCHE MA 2ème PERSONNALITÉ »
des apprentis-sorciers + (réparer ses erreurs... ou pas)
une IA manipulatrice (prise de contrôle)
la loose d'un super-héros (SuperBleu le sauveur)
à propos d'empreinte numérique (erreur de frappe)
des psychotropes (un instant, j'branche ma deuxième personnalité)

Ma préférée en 6) ex aequo au vote 3 et 4)
« MA PROGÉNITURE VEUT M’ÉLIMINER »
une histoire de régulation (la stase)
une uchronie (au secours ma progéniture veut m'éliminer)
un régicide (le Maître des vers mi-sots) =
un apprenti-sorcier (le conteur des étoiles) +
une histoire de paternité (mes chers enfants...)
une "bibliogénèse" (l'oeuvre de la bibliothèque) ++

Ma préférée en 5) résultat du vote en 2) 
« HUMAIN 1ERE CATÉGORIE : 3 ÉCUS LE KILO »
un rêve hors d'atteinte (un homme en or) =
un mets de choix (humains première catégorie : 3 écus le kilo) +
un menu de fête (le banquet du chef) =
une mère (le sacrifice) +
un anniversaire de mariage (deux poids, deux mesures) ++

« JE NE SUIS PLUS UN(E) ADULTE »
une histoire d'enfants soldats ++
une uchronie personnelle

« 3 SECONDES POUR TOUT SAVOIR »
un post-apo ++

« UNE BULLE AUTOUR DE MOI REND LES GENS AMNÉSIQUES »
une bulle de survie
un compte à rebours

Cette participation qui valide l'item 19 concerne un recueil de nouvelles particulier puisqu'il est virtuel et qu'il associe des professionnels de la SFFF et des amateurs dans l'objectif partagé d'écrire un texte sous contrainte(s) en temps limité.

samedi 28 mai 2016

dans ma BàL

Cela fait longtemps que je n'avais pas publié sous cette rubrique. Mais l'occasion est trop belle de signaler un geste qui me touche beaucoup. Comme je lui signalais n'avoir jamais reçu le partenariat Café zébré, thé à la menthe (dont je vous remet ci-dessous la magnifique couverture), Caroline Fabre Rousseau m'a aussitôt proposé de m'offrir son dernier roman  La belle soeur de Victor H : une période et un personnage que j'aime déjà... femme peintre dans l'univers de Delacroix et de David, je suis sûre de ne pas perdre au change. Merci beaucoup à elle et aux éditions Chèvre-feuille étoilée !

Marc travaille trop, Clémence craque la première. Son père né au Maroc ne parle jamais de son passé.
Madame Calvetti veut sauver sa fille des griffes d’un père alcoolique.
Halima, l’aide, douce et efficace, invite tout ce monde à son mariage à Meknès.
Une pause inattendue.
Là-bas, Clémence va aider son père à affronter ses fantômes : les massacres de Meknès le 23 octobre 1956. Du détournement de l'avion de Ben Bella aux moines de Tibhirine, l'auteur suit les destins croisés de Marocains et de Français.
Passant du fol univers de l'entreprise aux fastes d'un mariage marocain, elle épingle les excès de notre civilisation occidentale. Ses personnages nous renvoient à nos propres fêlures et nous parlent d'espoir et de réconciliation.
Auteur : Caroline Fabre-Rousseau
Editeur : Chèvre-feuille étoilée

mardi 24 mai 2016

Kate Atkinson (3)

Des deux lectures précédentes, la première ne m'avait pas du tout convaincue, la deuxième m'avait permis de revoir un peu mon opinion, qui désormais est faite, il y a tant d'auteurs à découvrir, que je serais bête d'insister plus encore. Troisième et dernière tentative de lire cet auteur.

Les replis du temps
L'écriture est laborieuse, l'intrigue poussive et je m'y ennuie alors que le sujet m'intéressait pourtant.
Le clan Fairfax est disparate : Isobel, Charles, Eliza, Gordon, Debbie, Vinny, le Veuve finissent de dilapider les restes d'une fortune commerçante. Les épisodes alternent entre passé et présent et c'est clairement indiqué, pas de labyrinthe dans ces Replis du temps, mais pas d'heureuse surprise non plus. Pourtant, il y a un passage qui m'a vraiment plus, malheureusement assez près de la fin mais j'ai bien fait de m'accrocher. Isobel se met à passer d'une journée de Noël à une autre, mais la catastrophe évitée finit toujours par la rattraper.
Cela m'a fait penser à Jumper, sauf qu'Isobel ne maîtrise pas ses sauts. L'auteur finit aussi par nous en apprendre un peu plus sur le mystère intrigant d'Eliza. Partie / pas partie ? Le choix intuitif entre explication rationnelle ou fantastique se révèle faux en définitive, puisqu'une troisième voie est proposée. Mais ça ne sauve pas au final l'impression morose d'un style qui n'est pas fait pour me plaire.

Parti tôt, pris mon chien
Au contraire des nombreux inconditionnels de Kate Atkinson, j'ai toujours du mal de me retrouver dans ses histoires sans queue ni tête. Le privé Jackson Brodie que je n'avais pas du tout apprécié dans La souris bleue est de retour à Leeds dans le Yorkshire. Je l'ai mieux suivi dans cette enquête qui lui fait croiser la route de Tracy Waterhouse, chef de la sécurité dans une galerie commerciale dont la vie bascule lorsqu'elle prend une décision qui engage le restant de ses jours.

La souris bleue
Ancien militaire, puis inspecteur de police, Jackson Brodie s'est installé comme détective privé ; il n'est pas submergé par les commandes, à l'exception de quelques planques qui l'occupent mais sans plus, jusqu'au jour où tout s'emballe et plusieurs affaires qui le requièrent surgissent en même temps :
- les soeurs Land qui viennent d'enterrer leur père ont découvert dans le tiroir de son bureau la souris bleue de leur petite soeur Olivia disparue au cours de sa troisième année,
- maître Theo Wyre qui ne s'est jamais remis de l'assassinat de sa fille Laura égorgée dix ans plus tôt veut retrouver le coupable,
- Michelle qui a tué son mari d'un coup de hache a refait sa vie mais sa soeur cadette Shirley recherche sa nièce Tanya...
La souris bleue est le fil rouge de plusieurs intrigues sans lien apparent. Kate Atkinson se plaît à multiplier les personnages et à brouiller les pistes, mais la fin reste un peu confuse.
Lu le 1er novembre 2009

samedi 21 mai 2016

SSW : challenge planet et space-opera


RDV institutionnalisé de l'été, c'est le retour saisonnier du Summer Star Wars, le challenge de M. Lhisbei sur le RSF Blog. Il s'intitule cette année Le Réveil du challenge ! Extraits :
Comme tous les ans depuis 2010, le challenge estival Summer Star Wars de M. Lhisbei revient. Comme tous les ans depuis 2010, il se tiendra du 21 juin au 23 septembre inclus : trois mois pour explorer deux genres phares de la SF : le Space Opera et le Planet OPera. Les romans, essais, BD, nouvelles, films, séries, jeux vidéos, compte-rendus d’expositions ou de conférences sont acceptés.

Pour participer à ce nouveau Summer Star Wars c’est très simple : allez sur le billet Summer Star Wars, suivez les indications et c’est tout… bon voyage vers l’infini et au delà !
Comme tous les ans, je m'inscris de principe car je croiserai bien quelques lectures venues à point nommé pour intégrer le challenge.

Dans la PàL :
L'adepte bleu tome 1, l'infini éclaté
Les menhirs de glace
June tome 2, Le choix


Dans la liste d'envies :
Laurent Genéfort, Omale (2 tomes)
La suite des Enfants de Poséidon d'Alastair Reynolds (sortie en août)

vendredi 20 mai 2016

Faire des sciences avec Star Wars

La saga Star Wars met en scène des mondes et des technologies dont certains nous semblent relever de la pure fiction, tandis que d'autres nous sont plus familiers. Quelle pourrait être la nature de la Force des chevaliers Jedi ? Comment fonctionne un sabre-laser ? D'où vient la fantastique énergie dégagée par l'Étoile de la Mort ? Comment se déplacent les vaisseaux interstellaires ?
En utilisant les outils de la physique, Roland Lehoucq mène l'enquête : il ne s'agit pas de détruire la part de rêve inhérente à toute œuvre de fiction, mais plutôt de s'en servir pour parler de physique de façon ludique. Que la Force soit avec vous !
Une très belle couverture signée Manchu, texte et image en téléchargement gratuit chez Le Bélial, merci à eux !
Je ne suis pas fan de Star Wars, je ne dois en connaître que les bandes annonces incontournables si on fréquente un tout petit peu le cinéma commercial. Mais le propos de Roland Lehoucq m'intéresse néanmoins car il rejoint les questions inévitables que l'on se pose en SF non quant à la crédibilité mais la probabilité de ce qui est décrit : transports, armements, etc

La Force
Le sabre-laser (23)
L'étoile de la Mort (32) explication lumineuse sur les trous noirs !!
Les véhicules spatiaux (46)

valide l'item 3 (essai) du challenge SFFF

mercredi 18 mai 2016

Les Sang-Bleu - Les Sang-d'Argent

flag Tour du monde : PHILIPPINES
 

J'étais assez prévenue contre la bit-litt : toute cette littérature de fille à la sauce Halloween, où sorciers, vampires... prolifèrent et se rejoignent dans une médiocre banalité ! Mais je dois dire que Melissa de La Cruz se lit plutôt bien et apporte au genre un souffle nouveau. C'est incontournable, il y est question de vampires, mais il n'y a presque aucune scène de morsure et lorsque c'est le cas, les familiers humains qui en font les frais semblent apprécier ! Je vais peut être finir par lire un premier Harry Potter avant de me jeter sur toute la série, qui sait ?
Si j'en crois la couverture, le 4ème tome devrait se passer à Paris
Lus le 10 août 2011



LA SAGA DES VAMPIRES :
1. Les vampires de Manhattan
2. Les Sang-Bleu
3. Les Sang-d'Argent
4. Le baiser du vampire
5. Le secret de l'ange
6. La promesse des immortels
7. Les portes du paradis

HS - Bloody Valentine
Vous pensiez tout savoir sur les Vampires de Manhattan ? Découvrez les amours maudites des héros dans ce volume inédit de la saga, avant la révélation finale du tome 6 (à paraître en 2011). Allegra a osé aimer un humain. Oliver a subi les affres de sa passion pour Theodora. Et surtout, Theodora et Jack ont défié les lois implacables des Sang-Bleu, une certaine nuit à Florence. Passions inavouables et ténèbres romantiques, liens cruels et pactes nocturnes, toutes les affres amoureuses de nos vampires préférés. Bloody Valentine ou la vie privée des Vampires de Manhattan !
Lu le 18 mai 2016 et relu car je ne m'en souvenais plus

samedi 14 mai 2016

Chroniques de la fin du monde


Ainsi s'achève par un COUP DE COEUR ma participation au Babychallenge Livraddict SF 2013 avec le tome 1 des Chroniques de la fin du monde de Susan Beth Pfeffer

Au commencement 
Enfin c'est le grand soir : l'astéroïde dont tout le monde parle va percuter la Lune ! Familles, voisins, amis, tous se rassemblent pour observer le phénomène. Mais les choses ne se passent pas comme prévu. L'impact a été si violent que la Lune a dévié de son orbite et s'est rapprochée de la Terre. Peu à peu tout se dérègle... L'électricité puis l'eau sont coupées et les vivres commencent à manquer. Miranda et sa famille vont devoir accepter que la vie telle qu'ils la connaissaient a disparu à jamais (le titre en VO est plus informatif : Life as we knew it)

Bien sûr ce roman est plein d'imperfections, d'incohérences et d'imprécisions, mais une fois accepté le postulat de départ et une quantité de trucs peu crédibles qui heurtent la raison, je me suis laissée emporter par la survie de la famille Evans dans cet univers post-apocalyptique : Miranda, sa mère et ses deux frères Greg et Jon s'organisent pour survivre en Pennsylvanie, alors que leur père, remarié, tente de rejoindre les parents de sa nouvelle épouse plus au Sud. Je me suis vite attachée à Miranda et à son petit monde, dont les exigences se réduisent comme peau de chagrin face à l'adversité.
Ce roman est à la fois extrêmement prenant et très flippant car il rend conscient que notre vie facilitée par la technologie est tributaire de tellement peu de chose. Il s'en dégage, à la manière de tout récit de survie, une ambiance de fin du monde. On suit le quotidien sans lendemain de Miranda au travers de son cahier, un récit intimiste où elle raconte sans fard ses espoirs et ses mécontentements.
Sans transport, sans eau ni énergie, les survivants replongent en quelque sorte dans le passé de leur pays. J'ai aimé ce côté qui m'a fait penser à la famille Ingalls, leur installation toujours plus à l'Ouest, les espoirs de récolte, les mauvaises années et les rudes hivers.
Lu le 14/11/2013

L'exil
Le tome 2 de la trilogie raconte la survie d'Alex et de ses soeurs Briane et Julie dans New York de 18 mai au 29 décembre. Ils se retrouvent orphelins dès les première heures de la catastrophe. Leur mère a disparu dès les premières heures en se rendant à son travail d'aide-soignante dans le Queens et leur père se trouvait à Porto Rico lorsque l'île a été ravagée par les raz de marée. Leur aîné Carlos, engagé dans les Marines, a pu les joindre par téléphone et leur envoyer une carte postale. Bri accueillie un temps dans une congrégation à la campagne, souffre d'asthme depuis que le ciel s'est obscurci de cendres dues à la reprise d'activité volcanique. Julie se révèle une battante, à égalité avec son frère. Les morts et les rats s'accumulent dans les rues. Ayant pu survivre jusqu'à Noël grâce à des trafics, ils sont cependant poussés par le froid et les nouvelles alarmantes à chercher refuge plus au Sud.

Les survivants
Dans le tome 3 je m'attendais à ce que les personnages se rejoignent, mais j'ai quand même été prise au dépourvu parce qu'ils ne sont pas arrivés par une voie détournée. En effet, Hal, Lisa et le bébé qui est né avant Noël ont fini par rebrousser chemin et sont de retour en Pennsylvanie, après avoir séjourné dans un camp de réfugiés où ils ont croisé la route de Charlie, d'Alex et de Julie.
Lus le 12 mai 2016

Pour quelle(s) raison(s) ai-je moins aimé ces tomes ? Sans doute parce que la découverte étant passée, j'ai été plus sensible au caractère des personnages et il faut admettre qu'Alex est bien moins charismatique que Miranda, bien qu'ils soient tous les deux sans concession. Les tomes souffrent également d'un décalage énorme dans le traitement de la situation entre les deux familles : Miranda garde tous les siens autour d'elle, alors qu'Alex les perd un à un dans des circonstances dramatiques. J'ai fini par ne plus tellement adhérer à l'histoire.

Challenge SFFF
valide les items 1 (auteur féminin) 6 (YA) 14 (climate fiction) et 18 (traduit de l'anglais)
défi déstockage de PàL en duo, l'effet boomerang
challenge 50 états, 50 billets
PENNSYLVANIE
NEW YORK

jeudi 12 mai 2016

Lectures BD du mois de mai

Mauvais genre
très bon, lus du même auteur Groënland Manhattan et Ida tome 1

 moyen, du même auteur le blog des Grumeaux et Chat-Bouboule

Fredman et Jim, Tout ce qui fait râââler les nanas (assez vrai ! mais je préfère Jim dans un autre registre)

tome 3 de L'ivresse des papillons (la morale n'a pas toujours été sauve mais la série termine sur un bel épilogue !)

Le transperceneige (intégrale) tomes 1 et 2/3 glauque à souhait, un dérèglement climatique dû au dernier avatar des bombes destructrices d'humanité, un train transcontinental totalement autonome pour l'alimentation et l'énergie prêt à partir pour une croisière de luxe, des wagons à bestiaux raccrochés in extremis où s'entassent des pauvres hères, une première classe " les wagons dorés " ultra privilégiée, et dans la locomotive, totalement isolé, l'ingénieur... une critique acide de la société, réduit à ce huis clos qui fonce à travers les champs mortifères glacés, deux histoires de rebelles, de marginaux : un homme de la queue qui parvient en tête du train, un arpenteur chargé des missions extérieures dangereuses qui donne matière à créer des films à sensations pour distraire la classe oisive du train.
"Parcourant la blanche immensité
D'un hiver éternel et glacé
D'un bout à l'autre de la planète
Roule un train qui jamais ne s'arrête.
C'est le Transperceneige
Aux mille et un wagons."

Médée L'ombre d'Hécate, deux auteurs de poids pour signer cette BD mythologique, Nancy Peña et Blandine Le Callet

War songs d'Ivan Brun, histoire sans paroles mais pas sans message ! Enjeux sociétaux contemporains : d'un côté, des consommateurs blasés et/ou démunis, manipulés par le pouvoir (toujours politique ou devenu économique, la question se pose) et saturés d'information, tandis qu'à l'autre bout de la chaîne, les survivants des nouveaux conflits se heurtent aux mêmes groupes de pouvoir (la world company dénoncée par les guignols de Canal+)

mercredi 11 mai 2016

Eruptions

Merci à l'auteur et à Livraddict pour ce partenariat : j'ai été prise par ma lecture en dépit du format ebook et pour une fois j'ai trouvé la mise en page spécifiquement adaptée à ce support de lecture.

Résumé :
Khaty est avocate. Une brillante avocate. Elle a tout. Ou presque. Il lui manque le principal. Le bonheur.
Loran a connu le bonheur. Il l'a perdu. Il l'a laissé s'échapper.
Thomas erre dans les couloirs. Il n'attend plus rien de la vie. Il n'attend que la délivrance.
Loran envoie un message. Khaty le reçoit. Il n'était pas pour elle. Elle n'aurait jamais dû le recevoir. Elle y répond, par habitude.
Leurs destins viennent de changer...

En postulant pour ce roman, je m'attendais à de la SF pure aussi ai-je été bien surprise de lire dans les commentaires faits par l'auteur qu'au départ, il avait posé comme a priori d'écrire de la romance, une histoire d'amour impossible...
Deuxième surprise, j'ai cru tenir un nouveau prototype de livre " dont vous êtes le héros " adapté à chaque lecteur (maintenant je suis prête à croire que grâce au numérique tout est possible...) avant de me raisonner pour convenir que je n'avais indiqué nulle part vivre à La Réunion : pourtant quand j'ai commencé à lire et à trouver des détails sur l'île, puis sur une ville de l'Est ce qui est encore plus rare, car les romans réunionnais que je lis, Daniel Vaxelaire ou Joëlle Ecormier par exemple, se passent plutôt ailleurs, j'ai été déstabilisée.
Ma surprise passée, je suis entrée dans la vif de l'intrigue. J'avais bien remarqué que Kathy et Loran devaient être voisins puisque de leur fenêtre ou leur véranda, les deux pouvaient entendre les jeux des enfants Maillot, mais je ne m'attendais pas à une telle forme de proximité. Je n'en dirai pas plus pour ne pas risquer d'en dire trop car l'intrigue n'est pas banale et joliment bien ficelée (et non pas cousue de fil blanc comme c'est souvent le cas).
Kathy, Loran, Thomas, forment un trio autour duquel tourne toute l'histoire. Les chapitres voient alterner les tranches de vie de l'une et des autres. Tous trois sont trentenaires et vivent très isolés. Kathy se réfugie dans sa villa dès qu'elle quitte le barreau, pour fuir l'échec de sa vie personnelle. Les deux autres ont pour point commun d'être écrivains et solitaires, mais si l'un n'a plus rien publié après son premier succès, l'autre profite de son attente dans les couloirs de la mort pour enchaîner les tomes d'une série policière qui tient son public en haleine.
Les éruptions solaires qui m'ont induites en erreur, avec la très belle composition de la couverture, sont l'alibi qui permet de croire à cette histoire incroyable : Loran est le premier à y porter crédit, puis Kathy accepte de se rendre à l'évidence, preuves à l'appui, Thomas est le dernier à se laisser convaincre par des arguments irréfutables...
Alors certes, l'auteur a finalement écrit une romance, mais l'élément fantastique s'invite rapidement dans le scénario pour construire une histoire d'amour qui joue avec le temps : les personnages ont échappé au canevas de la belle histoire romantique et le lecteur devient l'otage des allers et retours entre La Réunion et la prison d'Eyroll. Sans être jamais totalement perdu puisqu'il est guidé à chaque page, il finit néanmoins par perdre ses repères, déboussolé par ces éruptions solaires qui perturbent les ondes, les communications téléphoniques et les gens.

challenge SFFF valide l'item
auteur métis (vit et écrit à La réunion) qu'il me détrompe si je me fourvoie...

Info en + :
P.M. Lorenz est un écrivain français, né à la Réunion au milieu des années 80. Il suit des études d'Histoire avant de se lancer pleinement dans l'écriture de ses romans. Dès lors, il n'a qu'une idée, partager ses écrits avec le plus grand nombre. Il écrit seul, mais jamais pour lui. L'argent, la gloire ou le succès ne l'intéressent pas. Il décide d'auto-publier son premier roman, Eruptions. Un choix dicté encore une fois par la possibilité d'être au plus proche de ses lecteurs.

Il raconte les aléas de l'édition et soulève quelques points de l'écriture dans une interview sur le blogue de Zélie et chez Katycat de Rêves et Imagines

mardi 10 mai 2016

Délirium

Derrière l'auteur dont j'admire l'oeuvre (il est notamment le créateur de la BD Lone Sloane), j'ignorais l'homme qui a souffert de son héritage familial au point de mettre des années à l'exorciser... soixante-dix ans exactement pour que Philippe Druillet délivre ses Mémoires hurlantes.
Enfant, pour fuir son milieu familial, il s'inventait des mondes futuristes. Delirium raconte cette famille qui le hante, la jeunesse et les amours d'un artiste sous les toits de Paris, les temps héroïques de la BD et de Pilote, sous le patronage fidèle de René Goscinny.
Un récit biographique écrit à l'eau-forte, dans lequel on découvre une personnalité exceptionnelle, généreuse et sans concession : « Mon père était chef de la Milice dans le Gers. Ma mère et lui étaient des fascistes convaincus. En août 1944 j'avais deux mois à peine, ils se sont enfuis, bébé en bandoulière, d'abord à Sigmaringen, puis en Espagne. La voilà mon histoire. La voilà ma famille. La voilà ma jeunesse. Depuis trop longtemps, je vis avec les fantômes d'un passé qui me révulse. Aujourd'hui, j'ai décidé de tout envoyer valser et de ne plus rien cacher. »

Les 20 ans de Bifrost

Pour ses 20 ans, Bifrost offre une rétrospective de ses publications année par année. Mon objectif est de lire une nouvelle par jour...

1996/ Jean-Jacques Nguyen – La Limite de Chandrasekhar (7)
Justine est aspirante sur le Lehman (clin d'oeil à l'auteur de la nouvelle suivant) : elle est envoyée comme chef de mission sur Madina, la planète aux fleurs (carnivores et hallucinogènes) mais il s'agit d'un guet-apens organisé par l'oligarchie qui gouverne la planète afin de monnayer les otages contre une réduction de peine pour avoir enfreint plusieurs lois de l'empire : anti-esclavagiste, anti-colonialiste, etc

1997/ Serge Lehman - L’Inversion de Polyphème (60)
Mick, Paul, Francis et Hugo dits la bande des Engoulevents, sont férus de SF, au point de voler les titres de la série Anticipation qu'ils ne peuvent s'acheter au libraire du coin. Blessé d'u coup de couteau, Paul porte un oeil de verre qui lui permet de voir une quatrième dimension, "repliée" dans la nôtre. Cela lui permet d'assister avec ses amis, au crash d'un curieux garçon monté sur un dinosaure. Mais les hommes en noir lancés à leurs trousses les menacent de représailles...
Cette nouvelle est truffée de références aux classiques de la SF et témoigne de la vocation d'écrivain installée dès l'adolescence de l'auteur.

1998/ Greg Egan – Vif Argent (112)
Un virus très actif conduit à la mort en quelques jours par desquamation massive. Les rares victimes secourues à temps, sont conservées dans un gel anesthésiant. La narratrice, chercheur en biologie, suit une piste sanglante pour trouver un porteur sain présumé qui se déplacerait d'est en ouest. Elle croise une curieuse communauté totalement interconnectée qui vit dans de minuscules villages de quelques centaines d'âmes. Ses membres pratiquent la quête du Sentier du bonheur par référence au Sentier de larmes des indiens cherokee déportés au siècle précédent.
Un point commun avec la nouvelle qui précède : la capacité à regarder au-delà des apparences et un questionnement du monde " réel ".

1999/ Michael Swanwick – La Vie des morts (150)
Je me suis un peu trompée mais à peine sur le sort que Courtney, redoutable chasseuse de tête, réservait à Donald dans ce monde où les zombies font une excellente main d'oeuvre, infatigable et docile.
La nouvelle est plutôt courte, comme de coutume chez cet auteur, mais elle est néanmoins ma préférée incontestable pour le moment, tant pour le style concis, essentiel que pour l'inspiration
challenge SFFF valide l'item 20 : société posthumaine

2000/ Thomas Day – Dirty Boulevard (165)
Un texte qui exploite l'exploration des bas-fonds : vices humains et monde underground habitué des catacombes confondus, à travers l'histoire d'un urgentiste attiré par une jeune femme gothique en mal d'expériences extrêmes. Un nouveau rendez vous manqué avec l'auteur, comme à mon habitude, je n'ai pas aimé, c'est pourtant bien écrit, plein de références, mais trop tordu. J'ai pensé à Poppy White.

2001/ Bruce Holland Rogers – L’Autre Bord (209)
Conserver l'esprit humain dans une enveloppe artificielle est le sujet de nombreuses nouvelles. Maas et Richardson ont créé ensemble une fascinante machine " LAB " capable de traiter des données à l'égal d'un esprit humain. A la mort de leur sponsor, ils décident de reconstituer sa personnalité à partir des souvenirs de dizaines de personnes qui l'ont connu, puis ils se servent de la reconstruction pour continuer à communiquer sur le projet. Mais si Maas veut accéder à l'immortalité, Richardson se pose des questions sur le passage, la mort.

2002/ Karl Schroeder – Le Dragon de Pripiat (239)
Le nom me rappelait un souvenir, mais je ne m'attendais vraiment pas à ce sujet de nouvelle... puis le souvenir s'est précisé avec la description des abords, de la route, de la forêt... plus avant dans ma lecture, plus aucun doute, c'est de la même veine que Printemps à Tchernobyl d'Emmanuel Lepage.
J'ai beaucoup aimé ce texte, Gennary chasseur de primes des temps modernes et Lisaveat qui m'a fait penser à une autre hackeuse prénommée Lisbeth.

2003/ Philippe Caza – Les pierres vivent lentement  (285)
J'aime ce que le monsieur dessine, mais il écrit un peu de la même façon, avec une matière très visuelle, poétique ; la nouvelle m'a évoqué une sorte de mythe de Pygmalion inversé ou Une Vénus d'Ille moins inquiétante, plus subtile mais néanmoins effrayante par son caractère inéluctable.
Au rang 3 actuel de mes préférences,

2004/ Xavier Mauméjean – La Faim du monde (298)
Une autre sorte d'artiste - un cuisinier universel qui pour le compte des Nations Unies règle les différends entre les peuples - mais une cérémonie qui ressemble au happening de Yoss dans une des nouvelles qui composent Planète à louer. Ici ce sont des extraterrestres blasés de nouveautés qui assistent au spectacle de la mise à mort théâtralisée de l'artiste, là ce sont des diplomates de toutes les nations qui goûtent aux mets confectionnés dans les traditions culinaires du monde entier qui communie à la paix par le repas sacrificiel d'un homme, figure christique volontaire.
Le texte oscille à la frontière de l'horreur et de l'esthétique absolues.

2005/ Jacques Barbéri – L’Âme des sondeurs (319)
Kougar et Isadora sont des sondeurs qui découvrent en Kaliandra le Paradis recherché par leur vaisseau pour le compte du Nouveau Rédempteur. Mais la planète est occupée par des humanoïdes télépathes, accueillants et heureux. L'installation de la cathédrale est sur le point de transformer leur monde en enfer. Les âmes recueillies par les Kaliandrais, associées à Kougar et Isadora, sur un scénario imaginé par Donatello vont parvenir à éliminer le danger. Ode à la liberté

2006/ Catherine Dufour – La liste des souffrances autorisées (344)
autre texte de l'auteur  « Je ne suis pas une légende », in Bifrost 30
La nouvelle décrit une société future où le marketing à outrance est sans limite, comme dans Soda et Cie de Max Barry, mais où le simulacre édoniste est maintenu grâce à de la nouvelle cuisine aussi virtuelle qu'improbable servie dans des cadres paradisiaques pour noctambules blasés
au rang de mes préférées à classer au final

2007/ Alastair Reynolds– Un espion sur Europe (365)
La colonisation des océans et des planètes lointaines se rejoint dans cette nouvelle cruelle, une très belle première partie, lénifiante, enthousiasmante quand le héros découvre les réussites de la Démarchie, puis une seconde partie qui bascule dans ce que le titre annonce, une affaire d'espionnage où tous les coups sont permis.
valide l'item transhumaniste

2008/ Stéphane Beauverger– Origam-X (390)
Basée sur une relation SM futuriste, cette nouvelle pour adultes où tout est suggéré, mais rien n'est dit, est (presque) à mettre entre toutes les mains, le malaise n'en est que plus insidieux. Ce n'est pas la première de ce recueil qui questionne de façon extrême le processus artistique en le reliant aux effets de la drogue et/ou de l'accoutumance, de l'art total, etc

2009/ Lucas Moreno– Demain les eidolies (408)
Desmond Torrent est le père de la maïeutique de surface ou l'art de faire émerger aux yeux du profane les eidolies qui peuplent toute surface plane. Le professeur Shaninsky a commencé une thèse sur l'artiste avant qu'il ne disparaisse... pour le convoquer étrangement une dizaine d'années plus tard. Mais l'étudiant n'est-il que le fruit de l'imagination du savant ou le savant lui-même la création d'un artiste supérieur ? La créature pensante née d'une créature se pensant pensante... comme des gigognes emboîtées qui vont bien plus loin que le titre déjà le laissait imaginer.

2010/ Laurent Genefort– Rempart (429)
déjà téléchargé sur Bifrost et lu la suite Points chauds

2011/ Jérôme Noirez– Faire des algues (452)
La Lisière est un monde en équilibre sur la réalité du nôtre par un point tangent. Pourtant un salon des écrivains y a lieu, avec ses artifices et ses figurants : organisatrice, invités, public... Sous la loupe de l'auteur, les petits travers des uns et des autres apparaissent à peine grossis un peu décalés mais bizarrement proches, comme dans une homothétie.

2012/ Christian Léourier– La Source (472)
Un peuple migrateur, vivant de frugalité confronté à une entité extraterrestre très avancée qui teste sur eux les conséquences d'offrandes de nourriture, de technologie... Un vieux Sachant qui attend le retour de sa fille malgré l'hiver. Une nouvelle ouverte qui questionne sans tenter de réponse

2013/ Thierry Di Rollo– Le Choix du quêteur (492)
Blom est un quêteur, un enquêteur qui cherche à faire la part des responsabilités dans des accidents spatiaux à partir de la reconstitution des scènes ultimes grâce aux prélèvements d'holums (hologrammes des intervenants) sur les lieux. Il s'attache à certains d'entre eux et ne parvient pas à les laisser disparaître totalement. Martha Brodie est la plus déconcertante de tous les holums qu'il a détournés du néant.

2014/ Léo Henry– Le Major dans la perpendiculaire (513)
Une nouvelle autour de l'univers de Boris Vian, avec plein d'auteurs dedans et une histoire d'uchronie loufdingue, mais tout finit bien d'aplomb comme dans les récits linéaires que Gustave le robot apprécie de lire

2015/ Mélanie Fazi– La Clé de Manderley (535)
En allusion très transparente à l'univers de Daphné du Maurier (Rebecca et Maxime de Winter dont j'ai adoré la lecture au lycée) cette nouvelle fantastique gravite autour du patrimoine cinématographique, du travail de mémoire et d'oubli, mais aussi des façons de passer "derrière le miroir" à la manière de Lewis Carol.

bilan SFFF :
deux auteures
un seul auteur métissé
des auteurs traduits
du planet et même du space op
du fantastique et des mondes parallèles
des IA et des humains augmentés
etc
valide l'item 19 : recueil de nouvelles

lundi 9 mai 2016

Nouveau printemps

Vingt ans avant les événements de L'Oeil du monde, Moiraine Damodred n'est qu'une jeune "acceptée" installée dans la Tour blanche à Tar Valon, le repère des redoutables Aes Sedai. Avec son amie et complice Suian Sanche, elle se prépare aux épreuves pour devenir une "novice", une des soeurs, selon la couleur qu'elle choisira à l'issue de son initiation.
Mais les temps sont troublés : certains augures désignent dans un enfant à naître sur les pentes du Pic du Dragon, le sauveur aussi attendu mais redouté.... Dans le plus grand secret, un recensement des nouveaux-nés est alors mis en place par la soeur régnante, la Chaire d'Amyrlin afin de mettre la main sur cet enfant.
Par ailleurs, Lan Mandragoran, dépossédé de son royaume, est chef de un guerre qui mène ses hommes à la victoire sur le champs de bataille contre les terribles Aiels.
Le roman annonce la mise en place de la prophétie mais également la rencontre - inévitable mais puissamment antagoniste - entre la future puissante magicienne et le chevalier dans lequel, contre toute attente, elle va reconnaître le Champion qu'espère toute Aes Sedai.
Préquelle de La roue du temps
Je ne crois pas lire la saga complète (trop de volumes pour me tenter) mais cette introduction plaisante m'a permis d'entrevoir les promesses de l'univers de légendes décrit par Robert Jordan. Les personnages de Moiraine, Suian et Lan sont bien campés, drôles, sympathiques, bref irrésistibles. Les différents fils de l'histoire sont bien intriqués dans une intrigue pleine d'intérêt ; les situations et les rôles sont crédibles.

Je trouve que cette bonne histoire de fantasy est féministe parce que la Tour blanche est une communauté de femmes. Les Soeurs régissent le monde dans lequel elles vivent, grâce aux pouvoirs occultes qu'elles possèdent de naissance, développent et enseignent. Elles dominent les rois et les princes. Elles choisissent un ou plusieurs champions d'armes et s'imposent à lui par le lien très intime qu'il ne peut repousser ; seules les soeurs rouges préfèrent se suffire à elles mêmes. Le Dragon qui va naître menace l'équilibre de ce monde car lui aussi possède le pouvoir que seules les femmes parviennent à maîtriser : natif chez les hommes, il les rend dangereusement fous.

Robert JORDAN est né et mort à Charleston
CAROLINE DU SUD
50 états, 50 billets

dimanche 8 mai 2016

Elle voit des rhinos partout [9]

images tirées de Cardiogramme, Anne Herbauts, éditions de L'An 2,  Trophée des labels indépendants

La tentation du homard, Elizabeth GILBERT, édition Calmann Lévy, page 206
Face à elle, Ruth se transformait involontairement en rhinocéros à l'attaque. Un rhinocéros dans un magasin de porcelaine. Ruth se sentait plus à l'aise en compagnie des durs à cuire, des coriaces qui, eux, ne lui donnaient pas l'impression d'être un rhinocéros.

A l'origine des contes, Philippe Bonifay et Stéphane Duval, Glénat, page 46/88
un rhinocéros (plusieurs vues) sculpté dans l'ébène qui incite Barbe bleue à partir en Afrique (Cameroun)

Mr Vertigo, Paul Auster, page 143
Les lits défoncés, les pneus crevés, la mangeaille douteuse, les annulations pour cause de mauvais temps, les temps morts et les périodes d'ennui ne m'étaient rien, simples cailloux rebondissant sur la peau d'un rhinocéros.

en couverture de Au boulot, un album maxi format paru aux éditions Les chats pelés, dont le sujet porte sur les revendications professionnelles illustrées par des animaux


samedi 7 mai 2016

Destockage de PAL en duo – le vrai défi !

Le challenge Destockage de PAL en duo a fêté son 1 an lors de la dernière session et Licorne et Zina ont décidé qu’il était temps de redynamiser un peu tout ça… avec un défi supplémentaire !

Les nouvelles règles : édit du 26 février 2016

Les sessions ne dureront plus 3 mois, mais 4 mois et compteront 2 périodes de 2 mois et 2 thèmes au choix
On compte les points !
Pas de joker ! Le thème, c’est le thème !
Il faut toujours s’inscrire en duo, mais celui-ci peut changer à chaque session
L’inscription n’est validée qu’après présentation des livres choisis en fonction du thème, et bien sûr..
… que l’on vous ai donné votre nom de code !!!

1 session – 4 mois : MARS – AVRIL – MAI – JUIN

Concrètement, vous avez les deux premiers mois, MARS et AVRIL pour trouver et lire un livre dans VOTRE PROPRE PAL, soit le thème 1, soit le thème 2, soit les deux si vous le souhaitez
– Thème 1 – La 1ère lettre du nom ou du prénom de l’auteur doit commencer par A, F ou S, cette lecture rapporte 10 pt
– Thème 2 – Lire un livre de plus de 300 pages, cette lecture rapporte 5 pt
La lecture des deux thèmes vous rapportent : 15 pt – (attention deux thèmes, deux livres !)

Je commencerai mardi 1er mars avec le défi 1 : Paul Auster et pour le défi 2 j'ai reçu en partenariat (merci Bookenstock) Les héritiers de l'aube 333 pages

C'est reparti avec Amarüel !
nous sommes le duo : Long John Silver et Jim Hawkins
Amaruel tente le double challenge :
Thème 1 : Requiem pour Sascha, tome 3 Agnus Dei d'Alice Scarling
Thème 2 : Le Pays des Contes, tome 1 : Le Sortilège Perdu de Chris Colfer (412 pages)
MARS : Mr Vertigo de Paul Auster
AVRIL : Les héritiers de l'aube de Patrick McSpare
MAI : Chroniques de la fin du monde de Susan Beth Pfeffer, tomes 2 et 3/3

mardi 3 mai 2016

Chacun son époque : occupation et résistance

challenge Chacun son époque : témoignage, essai, autobiographique

L'écriture ou la vie
Déporté à Buchenwald, Jorge Semprun est libéré par les troupes de Patton, le 11 avril 1945. L'étudiant du lycée Henri lV, le lauréat du concours général de philosophie, le jeune poète qui connaît déjà tous les intellectuels parisiens découvre à Buchenwald ce qui n'est pas donné à ceux qui n'ont pas connu les camps : vivre sa mort. Un temps, il va croire qu'on peut exorciser la mort par l'écriture. Mais écrire renvoie à la mort.
Dans ce tourbillon de la mémoire, mille scènes, mille histoires rendent ce livre sur la mort extrêmement vivant. Semprun aurait pu se contenter d'écrire des souvenirs, ou un document. Mais il a composé une œuvre d'art, où l'on n'oublie jamais que Weimar, la petite ville de Goethe, n'est qu'à quelques pas de Buchenwald.

Sommaire :
1. le regard : le kaddish / la ligne blanche / le lieutenant Rosenfeld / la trompette de Louis Armstrong
2. le pouvoir d'écrire : le parapluie de Bakounine
3. le jour de la mort de Primo Levi : ô saisons, ô châteaux / retour à Weimar

tout ce que j'ai aimé dans ce texte :
l'écriture de Jorge Semprun, sensible et réflexive, non ostentatoire et pleine de richesse,
la qualité narrative, l'auteur s'adresse à de multiples reprises directement à son lecteur, il donne l'impression d'un aparté avec chacun de nous,
l'érudition et la culture qui jamais ne désarment, et l'impression qu'en plein coeur du camp, au delà de la survie physique, les prisonniers de droit commun continuent à défendre leurs convictions et à s'inspirer des poètes,
le témoignage, non sur ce qui fut, mais sur ce que furent les hommes, même si les passages dans le camp montrent l'horreur de leur condition, les meilleurs moments concernent la fraternité et la solidarité, depuis l'anonyme qui le sauva en notant stucateur ou lieu d'étudiant sur sa fiche d'enregistrement, à la façon dont les prisonniers parviennent à s'allier pour rester des hommes libres de penser
le travail de mémoire, sous une autre approche, il ne subsiste pas de haine dans ses propos mais une tentative de comprendre le Mal absolu, les anecdotes les plus terribles prennent vie par les mots mais leur pouvoir de nuisance a été absorbé par l'écriture
la force vive de cet homme qui parvient au creux de sa souffrance à analyser avec une sorte de détachement et à partager ses réflexions sur l'existence, l'écriture, l'engagement politique, etc
une très belle expérience de lecture comme j'en fais peu car je ne vais pas spontanément vers ce style d'ouvrages par peur de les trouver rébarbatifs, j'ai noté de me procurer un autre de ses titres.

dimanche 1 mai 2016

Delirium

Philippe Druillet, artiste plasticien, aborde lui aussi la question de survivre au passé de ses parents : au lourd passif du secret bien gardé, il oppose le poids encombrant d'opinions dérangeantes et trop publiques.

Résumé éditeur :
« Mon père était chef de la Milice dans le Gers. Ma mère et lui étaient des fascistes convaincus. En août 1944 j'avais deux mois à peine , ils se sont enfuis, bébé en bandoulière, d'abord à Sigmaringen, puis en Espagne. La voilà mon histoire. La voilà ma famille. La voilà ma jeunesse. Depuis trop longtemps, je vis avec les fantômes d'un passé qui me révulse. Aujourd'hui, j'ai décidé de tout envoyer valser et de ne plus rien cacher. »
Philippe Druillet a attendu soixante-dix ans pour faire face à son histoire et délivrer ses Mémoires hurlantes. Un récit biographique écrit à l'eau-forte, dans lequel on découvre une personnalité exceptionnelle, généreuse et sans concession.

Philippe Druillet a bien attendu pour jeter son pavé dans la mare, beaucoup plus tardivement qu'Alexandre Jardin ! Mais la ressemblance dans la démarche autobiographique des deux hommes s'arrête là. Au prétexte d'exorciser les démons de sa famille - il est né de parents fascistes convaincus, condamnés à mort par contumace, qui l'ont mené d'Allemagne nazie en Espagne franquiste - Philippe Druillet revient sur les éléments
phares de sa construction autant comme personne et qu'en tant qu'artiste.
Il raconte l'enfance décalée, les déménagements répétés, le sentiment d'inappartenance, la délivrance par le dessin... Puis viennent les rencontres décisives, les amis indéfectibles, les femmes de sa vie... Il explique la force créatrice, la volonté obsessionnelle, la vitalité de l'inspiration toujours sur le qui vive, mais aussi la dêche, le doute, les questionnements, les "pillages" artistiques nombreux... Il évoque l'avant mai 68, les temps primordiaux où la BD n'est pas encore le neuvième art, mais où ses précurseurs y croient fermement, il témoigne du soutien de René Goscinny dans la grande aventure de Pilote, de l'engagement de Jean P. Dionnet et la jouvence foisonnante de Métal hurlant...

La raison de cette lecture est plutôt fortuite : je pensais lire un témoignage sur la période de l'Occupation, mon thème choisi dans le cadre du challenge Chacun son époque, comme la 4ème de couverture le laissait penser, mais le sujet reste marginal. Sous-titré Autoportrait, il appartient plus au genre autobiographique qu'historique. Bien que déroutée, j'ai finalement beaucoup aimé le style et le contenu de ce témoignage, lu d'une traite avec beaucoup de plaisir et d'intérêt (au contraire de son contemporain et collègue Jean Giraud, dans Moebius et son double que j'ai abandonné à plusieurs reprises dans son premier quart puis définitivement).

Je m'intéresse à l'art de Philippe Druillet depuis longtemps, mais je ne pense pas forcément que connaître la biographie d'un artiste soit nécessaire, voire indispensable, même s'il donne beaucoup de clefs de compréhension de son oeuvre dans Delirium.
Mon premier contact s'est fait par Salambô, son illustration du texte de Gustave Flaubert. Ensuite, j'ai failli le croiser à l'occasion d'une exposition partagée avec Bilal et Loustal dans une galerie de l'avenue Kléber : je le regrette, mais je n'ai pas manqué la rencontre avec la puissance de son oeuvre, ses toiles gigantesques, saturées de personnages et de couleurs crues, très belles.
J'avais déjà lu des interviews de l'auteur, mais j'étais restée en dehors à cause de son ton caustique, de la mise en cause permanente contenue dans ses propos. Au contraire, je me suis sentie totalement portée, immergée dans ce récit autobiographique, qui croise tous les grands de la BD européenne actuelle. Un seul bémol : j'ai noté quelques fautes de raccord entre les deux narrateurs, Philippe Druillet et Davis Alliot
Je suis en cours de relecture de Delirius, tome 2 des aventures de Lone Sloane dans une belle édition [à suivre]