Résumé éditeur :
« Mon père était chef de la Milice dans le Gers. Ma mère et lui étaient des fascistes convaincus. En août 1944 j'avais deux mois à peine , ils se sont enfuis, bébé en bandoulière, d'abord à Sigmaringen, puis en Espagne. La voilà mon histoire. La voilà ma famille. La voilà ma jeunesse. Depuis trop longtemps, je vis avec les fantômes d'un passé qui me révulse. Aujourd'hui, j'ai décidé de tout envoyer valser et de ne plus rien cacher. »
Philippe Druillet a attendu soixante-dix ans pour faire face à son histoire et délivrer ses Mémoires hurlantes. Un récit biographique écrit à l'eau-forte, dans lequel on découvre une personnalité exceptionnelle, généreuse et sans concession.
Philippe Druillet a bien attendu pour jeter son pavé dans la mare, beaucoup plus tardivement qu'Alexandre Jardin ! Mais la ressemblance dans la démarche autobiographique des deux hommes s'arrête là. Au prétexte d'exorciser les démons de sa famille - il est né de parents fascistes convaincus, condamnés à mort par contumace, qui l'ont mené d'Allemagne nazie en Espagne franquiste - Philippe Druillet revient sur les éléments
phares de sa construction autant comme personne et qu'en tant qu'artiste.
Il raconte l'enfance décalée, les déménagements répétés, le sentiment d'inappartenance, la délivrance par le dessin... Puis viennent les rencontres décisives, les amis indéfectibles, les femmes de sa vie... Il explique la force créatrice, la volonté obsessionnelle, la vitalité de l'inspiration toujours sur le qui vive, mais aussi la dêche, le doute, les questionnements, les "pillages" artistiques nombreux... Il évoque l'avant mai 68, les temps primordiaux où la BD n'est pas encore le neuvième art, mais où ses précurseurs y croient fermement, il témoigne du soutien de René Goscinny dans la grande aventure de Pilote, de l'engagement de Jean P. Dionnet et la jouvence foisonnante de Métal hurlant...
Il raconte l'enfance décalée, les déménagements répétés, le sentiment d'inappartenance, la délivrance par le dessin... Puis viennent les rencontres décisives, les amis indéfectibles, les femmes de sa vie... Il explique la force créatrice, la volonté obsessionnelle, la vitalité de l'inspiration toujours sur le qui vive, mais aussi la dêche, le doute, les questionnements, les "pillages" artistiques nombreux... Il évoque l'avant mai 68, les temps primordiaux où la BD n'est pas encore le neuvième art, mais où ses précurseurs y croient fermement, il témoigne du soutien de René Goscinny dans la grande aventure de Pilote, de l'engagement de Jean P. Dionnet et la jouvence foisonnante de Métal hurlant...
La raison de cette lecture est plutôt fortuite : je pensais lire un témoignage sur la période de l'Occupation, mon thème choisi dans le cadre du challenge Chacun son époque, comme la 4ème de couverture le laissait penser, mais le sujet reste marginal. Sous-titré Autoportrait, il appartient plus au genre autobiographique qu'historique. Bien que déroutée, j'ai finalement beaucoup aimé le style et le contenu de ce témoignage, lu d'une traite avec beaucoup de plaisir et d'intérêt (au contraire de son contemporain et collègue Jean Giraud, dans Moebius et son double que j'ai abandonné à plusieurs reprises dans son premier quart puis définitivement).
Je m'intéresse à l'art de Philippe Druillet depuis longtemps, mais je ne pense pas forcément que connaître la biographie d'un artiste soit nécessaire, voire indispensable, même s'il donne beaucoup de clefs de compréhension de son oeuvre dans Delirium.
Mon premier contact s'est fait par Salambô, son illustration du texte de Gustave Flaubert. Ensuite, j'ai failli le croiser à l'occasion d'une exposition partagée avec Bilal et Loustal dans une galerie de l'avenue Kléber : je le regrette, mais je n'ai pas manqué la rencontre avec la puissance de son oeuvre, ses toiles gigantesques, saturées de personnages et de couleurs crues, très belles.
J'avais déjà lu des interviews de l'auteur, mais j'étais restée en dehors à cause de son ton caustique, de la mise en cause permanente contenue dans ses propos. Au contraire, je me suis sentie totalement portée, immergée dans ce récit autobiographique, qui croise tous les grands de la BD européenne actuelle. Un seul bémol : j'ai noté quelques fautes de raccord entre les deux narrateurs, Philippe Druillet et Davis Alliot
Je suis en cours de relecture de Delirius, tome 2 des aventures de Lone Sloane dans une belle édition [à suivre]

1 commentaire:
Une bonne surprise alors même si ce n'est pas tant le sujet attendu!!
Bonne semaine XL!
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