samedi 27 juin 2009

challenge Chick Litt for men

Je reviens sur l'original défi lecture à l'attention des seuls messieurs proposé par Calepin et j'en profite pour lui faire un coucou, c'est ICI.
Les Dames du Chick Lit » Kinsella Sophie » Keyes Marian » Evanovich Janet » Wolff Isabel » Lloyd & Rees » O'Connell Tyne » Jaivin Linda » Curnyn Linda » Young Elizabeth » Zigman Laura
Les Héroïnes du Chick Lit » Vip » Sex and the City » Gossip Girl » Becky : l'accro du shopping » Girls in the city
Ce qui m'interpelle pourtant dans cet univers de la chick litt, outre la prolifération récente d'auteurs, n'est pas son existence, puisque nos aïeules avaient déjà les romans de la collection Delly et Barbara Cartland (qui me donne l'impression d'avoir toujours existé). Non, ce qui me semble réellement préoccupant est l'apparition d'une tendance qui n'existait pas "à mon époque" et qui est en train de se développer, avec une littérature à destination des poulettes en herbe, comportant déjà tous les clichés du genre, le sexe en moins mais il s'en faut de peu ! à quand des SAS pour la jeunesse, avec un Malko en culotte courte tentant de séduire des demoiselles à couettes, entre deux aventures de super héros des bacs à sable ?

lundi 22 juin 2009

Les enquêtes de l'inspecteur Harry Bosch [3]

Echo Park - En dépit d'un travail acharné, l'inspecteur Harry Bosch de la police à Los Angeles, n'a jamais réussi à élucider la disparition de Marie Gesto.
Treize ans plus tard, un contrôle de routine permet à la police d'appréhender le coupable, dont les aveux sont le fruit d'un accord entre son avocat et le procureur. Au cours de la reconstitution, le prévenu parvient à s'échapper, blessant grièvement l'équipière de Harry. Pire, il aurait dû être suspecté du meurtre dès le début... Harry soupçonne un subterfuge et malgré une mise à pied, continue discrètement avec l'aide de Rachel Walling, profileuse au FBI. S'attachant à retrouver le "renard" de l'histoire, il réussit à clore définitivement son enquête au terme de rebondissements judicieusement inattendus.

A genoux - Un chirurgien au-dessus de tout souçon est "exécuté" de deux balles dans la nuque, à proximité de son domicile sur les hauteurs de Los Angeles.
La police découvre qu'une photo de sa femme, retrouvée ligotée dans leur chambre, a servi à l'attirer dans le piège, après l'avoir forcé à livrer des matières radioactives auxquelles sa profession lui donne accès. En raison de ce profil à risque, il était sous surveillance discrète du FBI, qui ne tarde pas à s'approprier l'enquête et se lance sur la piste de réseaux islamistes et d'attentat terroriste à la bombe sale. Alors que l'agence se désintéresse de la partie homicide et méconnaît certains indices, Harry Bosch s'y attache au contraire, persuadé que la piste du meurtrier le mènera jusqu'au dangereux cesium qui a été dérobé.

Los Angeles River - Le Poète, mentor et premier patron de Rachel mais aussi redoutable serial killer, refait surface huit ans après que le FBI l'a déclaré mort des balles de son élève. Il l'attire sur une scène de crime particulièrement retorse - pour la piéger ou la défier - mais croise ainsi la route de Harry, qui enquête sur la mort suspecte d'un ex-collègue et ami. Comme pour tout polar, il n'y a pas lieu d'en raconter plus, sinon à risquer d'en gâcher le suspense pour les lecteurs suivants. Les scenari sont bien pensés, la lecture est prenante, les personnages récurrents intéressants et les héros sympathiques et attachants : ici, Harry découvre qu'il est père d'une fillette de six ans qu'il apprend à connaître et débute son idylle mouvementée avec Rachel.

dimanche 21 juin 2009

Le responsable des ressources humaines

Passion en trois actes
Une femme, victime d'un attentat suicide, décède dans l'anonymat à Jérusalem. Un journaliste fielleux part en croisade contre l'employeur qui ne s'est pas inquiété de la disparition et l'accuse de manquer d'humanité. Le responsable des ressources humaines est chargé de tirer l'affaire au clair et de trouver les arguments afin de dédouaner son patron aux yeux de l'opinion. 
Avec pour unique point de départ, la feuille de paye anonymisée que l'inconnue portait sur elle et qui la relie à l'entreprise, il identifie Julia Ragaïev, employée en CDD dans l'équipe de nettoyage de nuit et remonte le fil des jours qui ont précédé sa mort. Il se laisse subjuguer peu à peu par la belle étrangère blonde aux yeux bridés et prend en charge le rapatriement de la dépouille jusqu'aux confins de ses steppes natales.
Au bout de la course, il décide de ramener le cercueil plombé à Jérusalem, terre d'élection de la défunte, et d'aider son fils et sa mère à s'y installer, selon leurs voeux à tous trois. Ce road movie inattendu va le faire croiser des personnages attachants et pleins de bon sens, mais aussi l'amener à ausculter son âme, mal remise d'un récent divorce.
Le roman est d'Avraham Boolie Yehoshua, récompensé pour l'ensemble de son oeuvre par le Grand prix de littérature d'Israël. Il me rappelle Le roman de la momie de Théophile Gautier où le narrateur s'éprend, au mépris de la mort et les siècles qui les séparent, d'une mystérieuse princesse égyptienne à la momie incroyablement conservée.

mercredi 17 juin 2009

Chuk Palahniuk (2)


Peste
Cette lecture me confirme que l'écriture de Chuk Palahniuk est aussi dérangeante que le cinéma de David Cronenberg : totalement iconoclaste, scatologique, pornographique. Dans Peste, il se livre à une enquête "de voisinage" (amis, ennemis...) sur un jeune homme qui vient de mourir après avoir semé les germes d'une épidémie dévastatrice. On apprend que Rant est un sérotype rarissime de la rage, qu'il a contractée enfant en se faisant mordre volontairement et de multiples fois par des animaux sauvages. Il est décrit comme une personnalité manipulatrice et d'une perversité insoupçonnée par son entourage, sans doute dès son plus jeune âge. Sa mort, durant une séance de Crashing - un jeu pendant lequel des conducteurs en équipe s'amusent à s'emboutir - ressemble à un suicide ou à une fuite.
Lu le 18 décembre 2010

Survivant
J'avais inscrit Fight Club à mon challenge ABC pour en avoir vu l'adaptation cinématographique inoubliable avec un Brad Pitt merveilleux de crédibilité dans le rôle principal. Mais le premier roman de Chuck Palahniuk n'était plus disponible en librairie et j'ai donc opté pour son deuxième titre Survivant.
Au contraire d'Adam, son aîné de quelques minutes, qui possède le droit privilégié de se marier et de rester vivre au sein de la communauté des Creedish, Tender Branson est voué dès son plus jeune âge à l'apprentissage des tâches domestiques et à la vie civile. Après le suicide rituel de tous les membres de la secte, il devrait lui aussi mettre fin à ses jours, mais il trahit les principes de son éducation. Devenu l'unique survivant, il est contacté par un agent commercial patient et peu scrupuleux, qui fait de lui un gourou moderne afin d'exploiter son image. Mais Adam, toujours bien vivant, le traque afin de lui révéler un lourd secret. J'ai préféré la première partie à la seconde, un peu fastidieuse : on finit par perdre de vue l'intéressant compte à rebours du début, avec des chapitres qui décroissent au fur et à mesure de la narration-confession.
Lu le 17 juin 2009

dimanche 14 juin 2009

Conte bleu

Je suis heureuse d'avoir abordé la lecture de Marguerite Yourcenar par ce recueil posthume, préfacé avec justesse par Josyane Savigneau, car l'impression que je me faisais de cette académicienne en sort complètement transformée. Les trois nouvelles rassemblées sont des oeuvres de jeunesse.
L'inédit Conte bleu, tout en camaïeu de bleus, préfigure Les nouvelles orientales et devait s'accompagner d'un conte blanc et d'un conte rouge.
Le premier soir, par sa thématique et son déroulement, est très proche du dénouement de Vingt quatre heures de la vie d'une femme de Zweig : du voyage en train vers le supposé accomplissement de la toute première nuit -avec la maîtresse tant désirée ici ou la jeune épousée chez Marguerite Yourcenar- à l'acte inaccompli dont le protagoniste masculin se détourne par anticipation, blasé par les expériences antérieures.
Maléfice enfin plonge au coeur des croyances obscures pour jeter en pâture à la crédulité populaire une jeune pauvresse pour laquelle "les étoiles dessinaient, en grands jambages tremblés, les lettres géantes de l'alphabet des sorcières".

samedi 13 juin 2009

La fin du swap bleu orangé

Ma PAL vient brusquement de s'enrichir de cinq nouveaux titres : Battle Royale pour la lettre T de mon challenge ABC que je n'ai pas trouvé en bibliothèque et que j'ai acheté, Patriot Act grâce à Babélio et enfin, last but not least, trois livres offerts par ma swappeuse : le Bleu presque transparent du challenge ABC également, Le bizarre incident du chien pendant la nuit du défi Blog-ô-trésors et une surprise totale Le cinquième hiver du magnétiseur du suédois Per Olov Enquist. Je crains qu'Qumran d'Eliette Abécassis doive attendre encore un peu.

Pour en revenir à ma seconde participation à un swap, dont je crains qu'elle soit la dernière, Anne a mis la barre tellement haut qu'en comparaison, la prochaine fois, j'aurai encore plus peur de decevoir.

J'ai donc été démesurément gâtée avec les trois romans déjà cités, une bonbonnière de grisettes de Montpellier (anisées) pour déguster en savourant mes lectures -ou l'inverse- et puis des créa : une pochette en tissu doublée de poissons bleus et fermée par un petit poisson orange, une carte fait main sur le même thème, un marque page orange et bleu, avec une subtilité que je n'ai comprise qu'avec retard, car elle l'a décorée d'une bouteille bleue, comme la vraie qu'elle a trouvée pour rejoindre toutes celles de ma cuisine, et enfin une boîte customisée avec un motif rhinocéros comme je les collectionne. J'adore tout.
Des photos très bientôt et merci merci merci à Anne qui a dû étudier pendant des heures les quelques indices dont elle disposait pour trouver des cadeaux si subtilement adaptés à mes goûts et aussi à Akasha l'organisatrice pour avoir su proposer ce thème stimulant.

vendredi 12 juin 2009

Patriot Act

Programme « Masse critique » : l'adhésion à Babelio me vaut de recevoir un roman à lire et à commenter dans le mois. Les éditions First Thriller m'envoient Patriot Act : première enquête de l'inspecteur Elvis Casanova par Kenan Gorgun. Le roman est maintenant présent dans les rayons des libraires et pour faire bonne mesure, je l'offrirai à la bibliothèque afin que d'autres lecteurs en profitent. clin d'oeil : page 321 du roman, il est question de « masse critique ».

Résumé : Le professeur John Victor Saturne, spécialiste de la mémoire, meurt dans un étrange assassinat qu'il a pris soin de mettre en scène. Bien que ne le connaissant pas, le brillant inspecteur Elvis Casanova de la police criminelle de Baltimore hérite de sa maison et de tout son contenu : il y voit un message délivré par le mort et une énigme à résoudre. Cela irrite beaucoup son collègue le lieutenant Anthony Clark chargé de l’enquête.Vingt ans auparavant, les travaux du professeur furent encensés par la profession et la critique scientifique, avant que tous ne se détournent de lui. Le Pentagone l'avait alors contacté pour qu'il poursuive secrètement ses recherches. Seth et Richard, ses deux principaux ex-assistants, sont chargés de reconstituer une équipe pour étudier les documents laissés derrière lui, qui se révèlent parsemés d'erreurs. Victime d'un attentat qui le laisse pour mort, l’inspecteur en profite pour mener son enquête en toute liberté. Depuis l’accident et son séjour chez un ermite qui l'a recueilli, il a des visions qui le lancent sur une piste. Il découvre alors que les indices le mènent à une réserve indienne où l'attend Juan Rento Tchivo, l'assistant préféré de Saturne, disparu de la circulation et recherché avec force moyens par les fédéraux.

Eléments de cadrage : « Unir et renforcer l’Amérique en fournissant les outils nécessaires à l’interception et à l’obstruction du terrorisme » : le 25 octobre 2001, le Congrès et le Sénat américains approuvent à une écrasante majorité un corpus de lois connues sous l’acronyme USA PATRIOT Act. Adopté sous le coup de l’émotion au lendemain des attentats terroristes du 11 septembre, il donne aux agences fédérales des pouvoirs extraordinaires pour perquisitionner des propriétés privées, saisir des documents confidentiels et mettre sous écoute des lignes téléphoniques.
L'auteur prétend dénoncer l'absence de scrupules de l'appareil d'état américain quand il s'agit de sécurité nationale et surtout de suprématie mondiale.
Pire que Big Brother de George Orwell, « l'Anneau de Saturne » ainsi nommé par son inventeur, porte sur l'association -à l'échelle de l'humanité- de mini capteurs ou smartdust (poussière intelligente) insérés sous la peau et capables de transmettre par ondes électromagnétiques toute pensée humaine à un centre de traitement et de restitution de l'information sous forme d’hologramme planétaire.
Quand il est informé de l'usage que le Pentagone, qui mène des recherches parallèles pour se prémunir de l'effet des capteurs, entend faire de ses résultats, le professeur préfère saboter son projet et organiser sa disparition. En léguant ses biens à l'inspecteur, il lui transmet la charge de déjouer les mauvaises intentions qui entourent désormais le projet.

Les personnages :
Qui est le véritable héros de ce roman : le professeur Saturne ou l'inspecteur Casanova ? Mort dès les premières pages, le professeur reste présent en filigranes et manipule tout son monde avec brio. Pourtant, la vie de recherches à laquelle il a consacré temps et énergie est un fiasco et, comme par une ironie du sort qui s'acharne contre lui, l'auteur le fait souffrir d'un Altzheimer, maladie dégénérative du cerveau qui s'attaque en priorité au siège de la mémoire. Toutefois, la pitié ressentie pour lui s'amenuise quand l’auteur livre la clef du terrible secret qui a fondé ses recherches et dont il a dissimulé la preuve dans la toile Eyes Heat de Pollock.
Le personnage de l'inspecteur Casanova, présenté comme un beau gosse rebelle et flambeur, un peu superficiel, se révèle d'une plus grande profondeur au fil des pages. Il faut bien cela si l'auteur prétend donner une suite à cette première enquête. Il est pourtant entouré de beaucoup trop d’histoires concomitantes, qui fourniraient un bon sujet à un autre roman mais n'apportent rien à celui-ci et le rendent touffu : Archangela Rodriguez, la castriste infiltrée, Marcus Saint-Georges, le gentil flic sorti de Black Point, Calimerito, le monumental doux dingue patron de la lutte contre les narcotrafiquants… pour ne citer qu'eux. La structure du récit s'en trouve hachée par trop de points de vue différents.

En bref : 200 pages pour installer l'intrigue avant que le roman ne trouve son rythme, 200 de plus avant qu'il ne devienne réellement intéressant dans le livre trois : c'est long. Par ailleurs, le style, avec ses effets intempestifs, trop sporadiques pour créer un genre ou ses jeux de mots stériles, qui tels des private jokes tombent à plat ou comme un cheveu dans la soupe, ne m'a pas convaincue.

lundi 8 juin 2009

Futurs antérieurs

Cette première anthologie française de tendance "steampunk" présentée par Daniel Riche et parue hors collection aux éditions Fleuve noir en 1999, avec une couverture illustrée par Fred Blanchard rassemble des textes à l''inspiration féconde dans des genres aussi dissemblables que le roman historique, le fantastique, la science-fiction, le roman d'aventure.
Un satisfecit particulier pour l'étrange beauté de L'assassinat de la Maison du Peuple par Sylvie Denis.

Celui qui bave et qui glougloute,  de Roland C. Wagner
Cette longue nouvelle uchronique se situe en 1890, dans l'Ouest américain. L'histoire démarre banalement, sur le terrain connu du western : les repérages historiques sont véridiques, les bons Indiens (morts !) se battent contre les " gentils " cow-boys. Soudain, l'univers se décale : les rapports des Tuniques bleues se mettent à faire état d'étranges combats où les Indiens repoussent les Visages pâles avec l'aide d'armes terrifiantes et d'alliés monstrueux.

Extrait :
- Préparez-vous à faire feu ! ordonna le lieutenant. A mon commandement...
Sa voix s'étrangla dans sa gorge à la vue du rai de lumière écarlate qui venait de frapper le rocher non loin de lui, creusant un petit cratère fumant dans la pierre grise. Il leva les yeux, en quête de l'origine de l'éclair mortel et paradoxalement, l'horreur qui l'envahit lorsqu'il la découvrit lui rendit l'usage de sa langue et de ses cordes vocales paralysées par la stupeur.
- Feu ! hurla-t-il, incapable de détacher le regard de l'impossible créature verte à quatre bras qui chevauchait parmi les Sioux, une coiffure de plumes d'aigle flottant sur son crâne en pain de sucre.

En fait, des extraterrestres qu'opposent une guerre ancienne ont transporté leur conflit sur Terre, dans l'ouest américain où chaque camp aide l'un des adversaires historiques. La confusion s'accroît encore en raison de l'intervention d'un monstre glougloutant invoqué par une mystérieuse société secrète croyant bien faire. Sur ces entrefaites, les Dalton en profitent pour s'évader et Averell a toujours aussi faim. Le chasseur de primes Kit Carson, le professeur Lévêque et la détective Nat Pinkerton forment l'équipe d'intrépides héros qui, à l'issue d'une quête périlleuse à travers le mythique Far West et ses légendes, va finalement dénouer la vérité et rétablir l’ordre « normal » du monde, non sans multiplier les gags.

Convaincu du rôle joué par Les Mystères de l’Ouest dans la genèse du steampunk, Roland C. Wagner  s'empare des éléments d’une mythologie croisant le Far West et de la SF, qu'il revisite à sa manière, en un délire uchronique et fantastique. C'est très drôle et le curieux mélange fonctionne plutôt bien, même si la répartition des deux genres, qu'il parodie en s'amusant et en nous amusant, n'est pas égale tout au long du livre.
Les références à des personnages emblématiques et les clins d'œil aux nombreux héros de western qui font des apparitions : Doc Holliday, Wyatt Earp, Calamity Jane, les Daltons, Jesse James, Buffalo Bill et même le journaliste Sam Clemens (Samuel Langhorne Clemens alias Mark Twain) s'imbriquent sans problème aux Martiens, Vénusiens et à l'imaginaire d'auteurs de SF, comme Jules Verne ou Lovecraft (avec l'apparition du Necronomicon).

L'auteur annonce d'ores et déjà la sortie de son uchronie algérienne à base autobiographique “Rêves de Gloire" à paraître pour le 21 avril chez L'Atalante (http://www.facebook.com/note.php?note_id=423335711715)

dimanche 7 juin 2009

True romance

Une écriture sans tabou, un sujet volontairement choquant, une lecture dérangeante qui ne laisse qu'une impression nauséeuse et aucune compassion pour les protagonistes, Helen Zahavi réussit un exploit pareil à celui d'Oliver Stone dans Tueurs nés.
Rebutée dès le début, je m'y suis reprise à plusieurs fois pour suivre la narration des turpitudes de Max, bourgeois pervers de Little Venice. Un ménage à trois qui tourne au vinaigre, un angelot blond qui apparaît peu avant la fin et une histoire qui repart en boucle faute de conclusion. Sordide


jeudi 4 juin 2009

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

COUP DE COEUR
Best-seller écrit par (Nell) Harper Lee, couronné du prix Pulitzer et trois fois cité, avec raison, dans la mégaliste du Blog-ô-trésors, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est un excellent roman qui mérite son statut de livre culte, tant pour le style que sur le fond.
L'auteur, qui écrit en plein coeur de la lutte pour les droits civiques des Noirs, une centaine d'années après la guerre de Sécession, situe l'histoire dans les années Trente, en Alabama.
Homme intègre et avocat, Atticus Finch est commis d'office par le juge Taylor à la défense de Tom Robinson, accusé du viol d'une femme blanche, Mayella Ewell.Que les Ewell passent pour appartenir à la pire engeance aux yeux de l'ensemble de la communauté n'empêche pas la majorité de la population blanche de croire de principe à la culpabilité de Tom parce qu'il est noir et de donner tort à Atticus, qui veut lui assurer un procès équitable et tenter de convaincre les jurés de son innocence.
L'histoire, qui se passe dans la petite ville de Maycomb, double imaginaire de Monroeville en Alabama, est rapportée par la cadette d'Atticus. Jean Louise Finch, dite Scout et Jem, son aîné de quelques années, reçoivent une éducation assez atypique, entre leur père, veuf encombré d'une soeur pleine de rigueur et de principes et Calpurnia, la gouvernante de couleur qui leur tient lieu de mère.
A travers le souvenir des premières années de scolarité de la petite fille, qui lui valent la perte de son insouciance, et l'analyse de la jeune femme qu'elle est devenue, se dessine le portrait d'une petite ville sudiste restée ségrégationniste dans l'âme. Rien des rapports de classe et de voisinage d'une communauté ancrée dans ses convictions et ses antagonismes n'échappe au regard acéré de l'enfance.




50 états, 50 billets

Monroeville,  ALABAMA






Après la Géorgie de John Berendt et l'Alabama de Harper Lee commence à s'esquisser une cartographie des états sudistes que j'entends compléter peu à peu par d'autres lectures et pourquoi pas appuyer par un nouveau défi l'an prochain. J'ai déjà noté William Faulkner, Eudora Welty et Walker Percy pour le Mississipi, peut-être Truman Capote, Salinger et L'attrape-coeurs, Tony Morrrison (noirs) Beloved, Lula Carson Mac Cullers, Alison Lurie un été à Key West, Ralph Ellison, Flannery O'Connor (née à Savannah), Tony Hillerman née en Oklahoma (indiens)... merci de me laisser d'autres pistes.
Selon certains auteurs, seuls les 11 États de l'ancienne Confédération appartiennent strictement au Sud des Etats-Unis, alors que pour d'autres, 16 Etats le composent : Alabama, Arkansas, Caroline du nord, Caroline du sud, Delaware, Floride, Géorgie, Kentucky, Louisiane, Maryland, Mississippi, Oklahoma, Tennessee, Texas, Virginie et Virginie occidentale.

lundi 1 juin 2009

Allumer le chat

Sur une aimable proposition de Pascale, j'ai reçu mon premier livre voyageur en direct du Québec où il a fait étape. J'ai hâte de découvrir les dessous de ce titre de Barbara Constantine qui d'emblée a suscité ma curiosité.
Pourquoi donc Allumer le chat ? serait-ce parce que quand il était petit, Bastos (le chat) adorait détriper les Bastos (les cigarettes) de Raymond ? du coup, Raymond, le grand-père, ne pouvant plus fumer ses cigarettes -et puis il pensait à sa santé aussi- s'était mis à fumer de l'herbe, et quand il avait fumé le grand-père, il lui prenait l'envie de tirer une bastos (avec son fusil) sur Bastos (le chat) mais comme il n'était plus tout à fait en mesure d'ajuster son tir, il réussissait tout au plus à tuer quelques lapins des clapiers de Mine, la grand-mère, qui n'était pas d'accord du tout, même si cela finissait en pâtés, qu'on aurait pu croire sortis du Grand livre de recettes sauvages de Marie-Rose, mais là c'est une autre histoire et si vous voulez la connaître, le livre est à votre disposition, en vous inscrivant auprès de Pascale...
Des personnages dignes de Zola mais traités avec le verve d'un San Antonio : Barbara Constantine semble avoir le don de déjouer le tragique de la vie en rebondissant sur des situations cocasses qui redonnent le sourire. C'est déroutant, drôle et tendre.
Voilà Bastos repart enfin, pour le nord de la France cette fois, je lui souhaite bon voyage et de belles aventures.