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samedi 29 décembre 2018

Les repoussoirs / Belle époque

Les repoussoirs
A défaut de trouver sur place le roman Belle époque inspiré par une nouvelle d'Emile Zola tombée dans le domaine public, j'ai téléchargé le texte de celle-ci. Tout est dit en quelques pages, dans le style fleuri mais incisif de l'auteur. A la lecture de ce synopsis, j'ai encore plus la tentation de lire le roman d'Elisabeth Ross, au risque d'être déçue.

Dans la veine de ses romans d'argent, Zola explore l'âpreté des années 1900, qui n'ont rien à envier à notre époque. Son idée originale consiste à exploiter la laideur et la misère de jeunes filles pour vendre leur compagnie, comme faire-valoir, à des héritières.

Eric prête sa voix à un enregistrement audio.


Voilà j'ai enfin lu Belle époque dans le cadre du challenge Bookineurs en couleurs saison 4
- BLEU - et je ne suis pas déçue car la plume est fluide, même si l'histoire a finalement aussi peu de profondeur que je m'y attendais. Extraordinaire Zola dont la nouvelle figure en appendice au roman et qui laisse tout entrevoir et comprendre en quelques pages !
J'ai pourtant aimé le développement de la vie de Maude, Marie-Josée, Cécile, Emilie face aux affreux M. Durandeau et Mmes Leroux et Girard... L'introduction de la photographie naissante et du pouvoir de la presse écrite sont tout à fait bienvenus et contribuent à ancrer l'histoire dans la réalité, tout comme la construction de la Tour Eiffel ou le combat d'Isabelle Dubern pour le droit aux études.

vendredi 5 février 2016

Corpus delicti, un procès

 Drapeau Allemagne Allemage
Juli Zeh dans cette pièce de théâtre qui se lit comme un roman décrit une utopie hygiéniste où la santé est le bien social primordial. Le principe Mens sana in corpore sano a force de loi et tout contrevenant s'expose à des sanctions immédiates. Le roman porte bien son titre puisque le corps du délit est constitué par le refus de l'héroïne de se plier aux contrôles sanitaires obligatoires. La résistance qu'oppose Mia Holl à la Méthode, la forme de gouvernement qui prône la santé comme valeur fondatrice, fait suite à l'erreur judiciaire qui a conduit au suicide, son frère Moritz, un libre penseur. Esprit cartésien, Mia est une scientifique convaincue par la Méthode, qui bascule dans le camp des opposants un peu par mégarde et beaucoup par amour fraternel. Esprit retors, le journaliste Kramer est un fondamentaliste : promoteur des maisons pilotes auto administrées par des ménagères modèles (qui rappellent un peu les terribles concierges de la Révolution française) et pourfendeur des anti-méthodistes révolutionnaires.

Fanatisme contre martyr, la pièce se joue comme un tournoi d'échecs ou le combat de deux pensées qui me fait penser à la joute verbale du Souper entre Talleyrand et Fouché. Le postulat de l'obsession sanitaire est intéressant mais la narration, l'attitude, le discours des personnages principaux est totalement froid, impersonnel, dépassionné alors que les enjeux sont importants, la crédibilité politique de Kramer et la vie de Mia. Du coup, je me suis ennuyée.

samedi 23 novembre 2013

Summer Star Wars : ce n'est pas fni

En pleine phase d'expansion spatiale, la Terre a envoyé des vaisseaux coloniser les galaxies lointaines. Lorsqu'une avarie a contraint l'équipage du Starward à se poser en catastrophe, ils ont trouvé Terre II qu'ils ont aménagée et habitée pendant plusieurs générations, sans jamais perdre l'espoir d'un retour... Plusieurs siècles ont passé lorsque le Homeward se présente aux abords de la planète-mère, avec à son bord une douzaine de passagers triés sur le volet et entraînés pour cette mission dès leur plus jeune âge. Les jeunes gens s'attendent à des changements, mais sont pris au dépourvu par l'évolution de la civilisation terrestre. Même s'ils savaient dès le départ qu'ils ne reverraient ni leur monde d'origine ni leurs proches, ils doivent s'adapter à une situation qu'ils n'ont pas prévue. Pour certains et en dépit du très bon accueil qui leur est réservé, l'installation ne va pas sans quelques difficultés. L'auteur leur réserve une surprise pour la fin !

Cette novella date de 1955 : l'auteur, que je connais surtout pour sa version féminine de la légende arthurienne, y développe une intéressante option SF où elle décrit une société post-industrielle revenue à des concepts d'économie frumentaire et de marginalisation technologique. La position des habitants de Terre I et de Terre II est radicalement opposée : la confrontation des deux conceptions donne de l'attrait au roman, puisque les uns et les autres sont persuadés de la suprématie de leur modèle de société et du bien fondé de leur rapport au monde. Petit clin d'oeil : le nom des engins spatiaux n'est pas innocent.

Info +
Les résultats impressionnants des lectures estivales autour du Space opera ICI
Comme je ne l'ai pas terminé, je poursuis avec le copieux recueil des NSO (nouveau space opera)

Tirage au sort du 26 septembre 2013 : il y aura un prolongement inespéré car je recevrai bientôt dans ma BàL la toute prochaine réédition du roman de Marion Zimmer Bradley dans la collection Dyschroniques du Passager Clandestin. Grâce au RSFBlog (merci chaleureux à Lhisbei et à l'éditeur), je le lirai dès sa sortie nationale à la mi-octobre.

Edit du 17 octobre 2013 : comme promis, j'ai reçu mon livre aujourd'hui, je le lis très bientôt !

mardi 14 mai 2013

Level 26 - Dark revelations

Une échelle de 1 à 25 permet à la police de classifier l'ensemble des criminels. Pourtant, un tueur hors norme, le pire jamais rencontré, échappe à toute tentative d'appréhension : Anthony Zuiker, l'auteur de la série Les experts, a choisi de faire de Level 26 un "digi"-roman partiellement interactif avec des videos à visionner au fur et à mesure.
L'inscription sur le site est compliquée et après en avoir espéré beaucoup, je suis finalement assez déçue par ma lecture : heureusement que rebutée par le prix d'achat assez élevé, j'ai eu la sagesse d'attendre qu'il soit disponible à la bibliothèque.

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Tom Riggins est le chef des Affaires spéciales, un service de Quantico (FBI) spécialisé dans la traque des plus dangereux criminels de la planète. Wycoff, ministre de la défense, le somme sur sa vie de convaincre un de ses plus brillants agents de reprendre sa mission dans le but de neutraliser définitivement un tueur en série de la pire espèce : Sqweegel défie les recherches depuis trente ans. Steve Dark, qui s'est déjà confronté à lui sans réussir à l'atteindre, s'est difficilement remis du massacre de sa famille adoptive perpétré en représailles et n'a aucune envie de renouer avec son ancienne vie. C'est compter sans le tueur, qui manipulant tout le monde, a de nouveau focalisé son attention sur lui et son épouse enceinte de huit mois.
Lu en août 2010
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A l'occasion de la sortie du tome 2, Dark prophecy, je me suis promenée sur un forum où l'animateur a eu la gentillesse de donner ses codes d'accès (explication, je me suis inscrite à une période où ça brouillonnait pas mal sur le site d'où l'échec de mes connexions !!). J'ai donc visionné les videos du tome 1 : quand ça marche c'est vraiment pas mal ; dommage ça ne fonctionnait pas pour le 2...
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Après le meurtre de son épouse, Steve Dark s'est retiré des Affaires spéciales : il essaie vainement de décrocher, pour sa fille élevée par ses grands parents maternels. Ses anciens coéquipiers, Tom Riggins et Constance Brielle, lui gardent rigueur de son départ car personne n'a le "don" comme lui pour se mettre dans la tête des psychopathes les plus dangereux. Il est contacté par Lisa Graysmith, la soeur d'une jeune fille de 16 ans victime d'un serial killer, qui souhaite également l'inciter à reprendre officieusement du service. Elle est prête à mettre des moyens quasi illitimés à son service, pour qu'il traque et élimine les criminels de la pire espèce. Alors qu'une jeune recrue du nom de Jeb Paulson s'est fait repérer sur une scène de crime et que le tueur s'en est pris à lui, Dark se sent responsable. Il entrevoit un lien avec la mise en scène de deux autres crimes particulièrement atroces, ainsi qu'avec des éléments de sa propre vie...
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Ce second opus est à mon avis meilleur que le premier qui est tout de même assez gore. L'intrigue, qui s'appuie sur la manipulation et les soupçons des uns envers les autres, est redoutable de perversité, mais si le monstre Sqweegel ne pouvait s'attendre à aucune compassion, le mobile du coupable reste ici terriblement humain.
Lu en avril 2011


Steve Dark est sur le point de se faire recruter par l'organisation qui emploie Lisa mais il n'entend pas se faire manipuler et cherche le moyen de "loger" le commanditaire secret qui tire les ficelles et dispose de moyens financiers et humains quasi illimités. Pour cette ultime affaire (un level 27 serait en voie d'apparaître, mais la source de l'information n'est révélée qu'au final), il fait équipe avec quatre autres agents sélectionnés pour leur excellence dans leur domaine, qui constituent le fer de lance de l'Alliance globale. Steve Dark est habitué à opérer en solo et il peine à se soumettre à des règles de groupe. Par ailleurs, le tueur semble s'intéresser particulièrement à lui et il parvient à l'approcher dangereusement, une nouvelle fois au péril de sa vie.

Je tenais absolument à découvrir le dernier tome de la trilogie, My me l'a offert lors du swap Tissons des liens et pour le coup, il n'a pas fait long feu dans ma PàL ! Sitôt entre les mains, sitôt dévoré, il m'a laissée un peu sur ma faim. Certes, la construction du suspense est toujours irréprochable, mais le ressort sur lequel repose tout le scénario manque d'originalité et  les personnages principaux ne sont pas totalement crédibles : le député européen qui se fait téléguider dans l'ombre par son conseiller secret ou le mobile du serial killer, un monstre qui n'agit que par souci humanitaire. Le meurtre de la piscine est atroce (sans plus toutefois par rapport à celui de la station de lavage de voiture par exemple) mais les suivants sont moins tortueux et les victimes ne prêtent guère à la compassion. Steve Dark déchiffre trop facilement les énigmes du dénommé Labyrinthe par le biais de la réflexion sans vraiment se mettre dans la tête du tueur, ce qui faisait l'originalité de ses autres enquêtes ; il laisse en rade ses coéquipiers, sauf la belle espionne qui s'en défend mais tombe sous son charme. Un bémol en dessous des deux premiers.


challenge 50 billets, 50 états
Philadelphie, PENNSYLVANIE


mardi 6 novembre 2012

Caboto

Destination : Argentine

Lorenzo Mattoti (dessinateur) et Jorge Zentner (scénariste  Angoulême - Fauve d'or -1997) s'emparent d'un aspect mystérieux de la vie de Caboto : la controverse et le mystère qui entourent dans les archives le voyage qu'il détourna des îles Moluques vers l'exploration du cours du Rio de la Plata jusqu'aux terres du " blanc " en quête du mythique Eldorado.
Entièrement réalisé aux crayons de couleurs (avec un côté futurisme russe), cet album tranche avec notre habitude du fini trop léché des planches colorisées ou retouchées à l'ordinateur. C'est un point d'originalité qui vient s'ajouter au scénario et fait que l'ensemble prend un aspect souvent étrange, parfois inquiétant.
Dans un autre style graphique, je le rapproche du dépaysement induit par Long John Silver, qui propose la même quête d'un trésor indigène défiant l'imagination.

dimanche 11 mars 2012

Facebook m'a tuer

Les auteurs, Alexandre des Isnards et Thomas Zuber, 37 ans, diplômés de Sciences-Po, sont consultants.
Après L'open space m'a tuer, ils récidivent en décryptant les nouvelles pratiques d'Internet en rapport avec les réseaux sociaux, les sites de rencontres en ligne, les jeux en réseau, les chats et forums, etc. De courts chapitres montrent ce qu'il en résulte du point de vue des habitudes de communication face aux évènements de la vie privée, voire professionnelle et des relations amicales ou amoureuses.
Depuis chez soi ou depuis son téléphone portable peu importe, mais il convient d'être connecté H24 et de ne pas laisser se détendre le fil de son actualité ! Avec 20 millions d'utilisateurs en France (600 dans le monde) Facebook est le site le plus en vue. Basées sur des témoignages et des expériences réelles, les historiettes racontées dans ce livre sont au fond assez inquiétantes. Même si le phénomène reste limité aux pays ayant accès à la technologie, il s'étend à très grande vitesse dans les pays en transition économique.

Quelques exemples :
Tous fichés. Nicolas veut retrouver Agathe, son ex. Grâce à Facebook, Linked'In, Copains d'avant, il découvre qu'elle est mariée, a deux enfants, travaille dans la finance. Le jour où il la revoit, elle n'a plus rien à lui apprendre. Tous des agents des RG grâce au Net...
Vivre à agendas ouverts. Un groupe d'amis veut organiser l'anniversaire de Florent. Pour trouver une date, c'est facile, chacun a publié son emploi du temps sur le web grâce à Google agenda. Et grâce au tableau Google doc, tout le monde verra combien les autres ont versé pour le cadeau d'anniversaire...
T'es où ? Noémie et Nadia sont Chez Jeannette, un bar parisien. Grâce à une application de Facebook, utilisable sur les portables munis d'un GPS, elles signalent à tous leurs « amis » où elles se trouvent. Libre à eux de venir ou... d'éviter ce bar !
Armes de distraction massive. Dans un café, le rendez-vous de Raphaël et Laurent se transforme en tête-à-tête des deux amis avec leur iPhone et leur BlackBerry respectifs. Ces petits bijoux de technologie ont de quoi distraire, ils font tout : téléphone, agenda, GPS, boîte mail...
Fermière du web. Axelle passe ses nuits sur le Net. Elle est l'une des 65 millions d'accros à Farmville, jeu en réseau sur Facebook. Les joueurs, souvent trentenaires, construisent des villes dans le désert avec Frontierville, collectionnent les trésors antiques avec Treasure Island...
JetteUnMec.com. Karen est une fervente utilisatrice d'AdopteUnMec.com, le plus novateur des sites de rencontres d'Internet. Car là, ce sont les femmes qui choisissent... et qui jettent. Impossible pour les boulets de les harceler !




Pour aller plus loin : quelques commentaires et réflexions fort intéressants ICI

jeudi 22 décembre 2011

Histoires de lecture : La bouquineuse

Tour du monde  : Serbie 
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Mlle Tamara est une drôle de lectrice : au détour des livres et des bibliothèques, il lui arrive d'étranges (més)aventures. En sept petits chapitres aux noms de fruits, jusqu'à la revue générale en forme de salade... de fruits, Zoran Zivkovic sème le mystère autour de ce personnage peu ordinaire, qui lit en dégustant pommes, mûres, bananes, abricots...  pour leurs bienfaits sur la santé.
Après avoir lu ce roman, je ne réussis pas à me faire une idée "physique" du personnage : Mlle Tamara semble sans âge, sans consistance... je ne suis pas persuadée d'avoir affaire à la même personne - à différents âges - dans chaque nouvelle. Pour moi, la seule certitude s'appuie sur son amour absolu des livres qui l'amène à prendre des décisions parfois bizarres.
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Zoran Zivkovic est un écrivain serbe qui enseigne l'écriture créative à l'Université de Belgrade. Le quatrième cercle lui a voulu la plus prestigieuse distinction du domaine fantastique, le prix World Fantasy Award, aux côtés de Süskind ou Murakami.

L'atmosphère générale est très étrange, fantastique, à la frontière de l'irrationnel : à la manière du Grand Meaulnes, le  lecteur se sent dans une réalité décalée et perd ses repères ordinaires mais il ne tarde pas à prendre d'autres à l'intérieur du roman. Il suffit de se laisser prendre et porter par l'écriture qui est très agréable et m'a fait passer un très bon moment de lecture.
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C'est un livre voyageur et je remercie Mélo pour la découverte.
Il participe au challenge Voisins voisines de Kathel et au cause des titres de ses chapitres, je le propose en bonus pour le challenge Fruits et légumes littéraires de ValérieK.
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D'autres lectures dans l'esprit du challenge Le nez dans les livres de George :
Le liseur de Bernhard Schlinck
La voleuse de livres de Markus Zusak
La libraire a aimé de Sophie Poirier
Dans ma liste à lire :
N'espérez pas vous débarrasser des livres d'Umberto Eco et Jean Claude Carrière
Journal désespéré d'un écrivain raté de Mary Dollinger
Je suis un écrivain japonais de Dany Laferrière

samedi 30 avril 2011

Waterloo 1911

Bien sûr il y a une suite, annoncée en trois tomes, et je reste sur ma faim car la série imaginée par Thierry Gloris et illustrée magnifiquement par Emiliano Zarcone commence très fort.

Napoléon n'a pas perdu à Waterloo. En 1911, son descendant règne sur l'empire français et un traité d'alliance signé avec la vieille reine Victoria lie l'Aigle au Lion.
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Un rouquin de trop
Alcée Poivron, un ancien combattant ayant parcouru les cinq continents et les sept mers pour le compte de l'empereur, a obtenu une charge de conservateur au Musée des colonies impériales pour services rendus. Son secteur " les civilisations disparues " n'est certes pas des plus reluisants, mais il prépare avec ferveur une exposition d'objets rares lorsqu'une de ses pièces, une boule d'origine olmèque prêtée par le mystérieux Monsieur Wu, est dérobée sans effraction. Désespéré par ce contretemps à trois jours de l'inauguration, il s'adresse au détective Théophile Duroc. Je n'en dis pas plus sauf qu'il y a comme un petit air de Double assassinat dans la rue Morgue.

Les dessins font voyager dans un Paris tendance steampunk tout à fait saisissant, où il faut être attentif au moindre détail curieusement ana- ou plutôt u-chronique. Par exemple, le scénario ne révèle que page 16 que la France est gouvernée par un certain Napoléon IV !
Sur l'échelle imaginée par A. C de Haenne (technologie uchronique, dirigeables, automates, goggles, machines à vapeur, savant(s) fou(s), ère victorienne, métal riveté, engrenages, manomètre), je lui donne un bon 7/10.

Welly, le petit.
Contre toute attente, Duroc, excentrique et fantasque, prend Poivron sous son aile. Il réussit à dénouer l'énigme du cambriolage, mais la poursuite des voleurs dans les égouts de Paris tourne mal.
Ce tome nous en apprend un peu plus sur le mystérieux détective, porteur d'un sauf conduit personnel de l'empereur, ainsi que sur Janus, l'exécutant des basses oeuvres et son commanditaire qui compte changer le cours du temps et revenir sur la défaite allemande à Waterloo.
L'histoire est palpitante et la fin s'achève de nouveau sur un rebondissement inattendu.

Par rapport à mon enthousiasme du premier album, je reste toutefois dubitative sur le graphisme hâtif de certaines parties. J'attends la fin du triptyque pour porter un jugement définitif.

vendredi 18 février 2011

Le jeu de l'ange


Destination : Espagne
 Meilleur lire Etranger 2004 pour L'ombre du vent  
(tome précédent où le narrateur est enfant)

Je reprends mon billet depuis le début car j'ai perdu le version en cours lors d'une fausse manip' doublée d'une déconnexion intempestive (il n'y a pas que des avantages à vivre sous les cocotiers !)  
On a beaucoup parlé de L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon, puis du suivant Le jeu de l'ange que Petite Fleur me propose de découvrir dans le cadre du circle challenge ABC 2011. Globalement, j'ai beaucoup de mal avec cette lecture et je n'accroche guère à l'histoire, ni à l'écriture.

Premier acte : La ville des maudits.
La mise en place de l'histoire et des personnages est finie. Ouf ! Sans grand enthousiasme, si ce n'était le challenge, je crois que je me serais arrêtée là...
L'inaction se passe à Barcelone dans les années 1920. David Martin a été recueilli gamin dans les locaux du journal La Voz de la Industria où il est devenu l'homme à tout faire. Enfant, puis adolescent passionné de lecture, il écrit à ses moments perdus. Grâce à la faveur de don Pedro Vidal, le chroniqueur vedette, il obtient du rédacteur chef M. Basilio un essai à la pige pour l'édition dominicale. Son histoire est un succès auprès des lecteurs et Les nuits de Barcelone deviennent une rubrique hebdomadaire .
Deuxième acte : Lux aeterna.
C'est le début d'une carrière prometteuse. Sous un pseudonyme imposé par contrat, David produit du roman-feuilleton au kilomètre, La ville des maudits. Il écrit sans trêve, ni repos au risque d'y perdre la santé, voire l'estime de ses rares amis, le libraire Sempère et Cristina, l'amie d'enfance dont il est secrètement amoureux, ainsi que don Pedro Vidal. A bout de forces après quelques années de ce régime, David veut reprendre sa liberté pour écrire son propre roman. A l'appel de Cristina, devenue la secrétaire de don Pedro, il retravaille en secret le manuscrit de la grande fresque historique dont il lui a soufflé le schéma et dans la rédaction duquel l'écrivain s'enlise. Les deux titres Des pas dans le ciel et La maison des cendres paraissent en même temps mais la presse encense l'un et méprise l'autre. Sempere lui fait alors découvrir le Cimetière des livres oubliés.
Troisième acte : Le jeu de l'ange
Puis Andreas Corelli, le patron des Editions de la Lumière lui fait une offre inespérée et troublante pour qu'il écrive « une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d'être tués, d'offrir leur âme ».  Du jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique du meurtre se met en place autour du malheureux David, qui est bien moins talentueux pour choisir ses éditeurs que pour écrire. Il cherche à en connaître un peu plus sur le passé de l'étrange maison qu'il l'habite et qui curieusement semble le relier à un autre écrivain décédé, à l'étrange ouvrage intitulé Lux aeterna qu'il a pris en échange de son roman au Cimetière des livres oubliés et à Corelli dont les pouvoirs semblent transcender le temps et l'espace. Particulièrement doué pour les ennuis, toutes ses tentatives le font tomber de Charybbe en Scylla.
Epilogue 1945 : où l'histoire repart en boucle ou presque !

Les romans écrits par David Martin sont eux aussi des fantastiques qui révèlent les noirceurs de la ville et de l'âme humaine. Par une mise en abîme qui aurait gagné à être plus explicite, on ne distingue plus très bien l'imaginaire de l'auteur Carlos Ruiz Zafon de celui de son personnage d'écrivain. Il y a énomément de longueurs, beaucoup trop de redites et le style plutôt lourd manque de correction : l'ensemble aurait gagné à être racourci et allégé. La seule chose qui sauve le roman à mon avis et mérite que je l'aie lu avec plus de satisfaction à la fin qu'au début sont les descriptions amoureuses d'une Barcelone aux multiples facettes, personnage à part entière, désespérée et intrigante, exubérante et secrète. Je reste néanmoins peu convaincue des raisons de l'immense succès qu'il a rencontré à sa sortie. Il a surfé sans doute sur la vague des amateurs de romans noirs fantastiques.

Extrait qui, par la voix de deux protagonistes, David Martin et l'inspecteur Grandès qui l'interroge pour meurtre, résume assez bien l'histoire (pp. 480-483) :
Par où voulez vous que je commence ?
- C'est vous le narrateur. Je vous demande seulement de me dire la vérité [...]
- Mes paroles me firent voyager dans un temps que je croyais perdu, la nuit où mon père avait été assassiné à la porte du journal. J'évoquai mes jours à la rédaction de La Voz de la Industria, les années pendant lesquelles j'avais survécu en écrivant des histoires fantastiques, et cette première lettre écrite par Andreas Corelli me promettant de grandes espérances. J'évoquai cette première rencontre avec le patron au Réservoir des Eaux et ces jours où la certitude de la mort était mon unique horizon. Je lui parlai de Cristina, de Vidal et d'une histoire dont n'importe qui aurait pu prévoir la fin, sauf moi. Je lui parlai de ces deux livres que j'avais écrits, l'un sous mon nom et l'autre sous celui de Vidal, de la perte de ces misérables espérances et de cet après midi où j'avais vu ma mère jeter à la poubelle la seule chose que je croyais avoir réussie dans ma vie. Je revins dans cette maison près du parc Güell, la nuit où le patron m'avait fait une proposition que je ne pouvais refuser. J'avouai mes premiers soupçons, mes recherches sur l'histoire de la maison de la tour, sur l'étrange mort de Diego Marlasca et le filet de faux semblants dans lesquels je m'étais trouvé pris [...] 
- J'ai entendu comment, moribond et désespéré, vous avez passé un accord avec un éditeur parisien plus que mystérieux dont nul ne sait rien et que personne n'a jamais rencontré, pour lui inventer, selon vos propres paroles, une nouvelle religion en échange de cent mille francs français, et cela pour découvrir ensuite que vous étiez victime d'un sinistre complot où seraient impliqués un avocat qui a simulé sa propre mort il y a vingt cinq ans afin d'échapper à un destin qui est aujourd'hui le vôtre, et sa maîtresse, une chanteuse de cabaret tombée dans la mouise. J'ai entendu comment ce destin vous a conduit à plonger dans le piège d'une maison maudite où avait déjà été pris votre prédécesseur Diego Marlasca et comment vous avez découvert que quelqu'un vous suivait en assassinant ceux qui pouvaient révéler le secret d'un homme qui, à en juger par vos propos, était presque aussi cinglé que vous.

vendredi 16 avril 2010

Thérèse Raquin

Quel plaisir de reprendre contact - grâce au circle challenge ABC - avec l'oeuvre monumental de Zola, dont le nom évoque pour moi le meilleur de l'écriture du XIXème siècle. Il signe dans ce roman, un de ses premiers (1867) et celui qui l'a fait connaître du public littéraire parisien, un splendide portrait de femme. Femmes auxquelles il sait faire la part belle, même si, comme l'inoubliable Nana, elles ne sont pas des plus recommandables !

Adoptée dès l'enfance par sa tante paternelle et promise au mariage avec son cousin maladif, Thérèse ne connaît et n'attend rien de la vie. Faute d'être avertie des choses de l'amour, la rencontre avec un collègue de son mari la met aux prises avec des pulsions qu'elle ne contrôle pas et qui l'entraînent sur la pente d'une passion criminelle.
Le trio infernal est en place : la femme, le mari, l'ami, l'amant. Si le scénario n'est pas original, Emile Zola, par son regard d'entomologiste, en tire une histoire qui le devient. Tel un scientifique rendant compte d'une expérience de laboratoire, il note avec précision les étapes de la métamorphose des protagonistes au contact l'un de l'autre.
En réponse aux accusations portées par certains critiques lors de la première parution, il justifie dans la préface de la seconde édition la violence et la bestialité des personnages : « Dans Thérèse Raquin, j'ai voulu étudier des tempéraments et non des caractères. Là est le livre entier. J'ai choisi des personnages souverainement dominés par leurs nerfs [Thérèse] et leur sang [Laurent], dépourvus de libre arbitre, entraînés à chaque acte de leur vie par les fatalités de leur chair. Thérèse et Laurent sont des brutes humaines, rien de plus ».

mardi 1 décembre 2009

La voleuse de livres

Quand la Mort raconte une histoire, on l'écoute... Ainsi, la Mort a rencontré la Voleuse de livres à quelques reprises et elle en a été intriguée. Quelques lignes et le ton est donné. J'ai été captivée par les premières pages feuilletées à la bibliothèque. La suite est plus inégale et finalement un peu décevante : au lieu du coup de coeur que j'attendais, cela n'est qu'une excellente lecture.
L'histoire se déroule entre janvier 1939 et 1943 en Allemagne, sur fond de montée du nazisme. La mère de Liesel et Werner Meminger, échouant à s'en occuper, doit les confier à une famille d'accueil. Dans le train qui les conduit à Munich, le petit garçon meurt : Liesel a remarqué la Mort venue recueillir son âme. Elle dérobe son premier livre à l'occasion de la mise en terre. Elève à problèmes, elle réussit néanmoins à apprendre à lire grâce à l'aide de son père nourricier.

dimanche 7 juin 2009

True romance

Une écriture sans tabou, un sujet volontairement choquant, une lecture dérangeante qui ne laisse qu'une impression nauséeuse et aucune compassion pour les protagonistes, Helen Zahavi réussit un exploit pareil à celui d'Oliver Stone dans Tueurs nés.
Rebutée dès le début, je m'y suis reprise à plusieurs fois pour suivre la narration des turpitudes de Max, bourgeois pervers de Little Venice. Un ménage à trois qui tourne au vinaigre, un angelot blond qui apparaît peu avant la fin et une histoire qui repart en boucle faute de conclusion. Sordide


mercredi 18 mars 2009

Le voyage dans le passé - Die Reise in die Vergangenheit

C'est toujours un plaisir rare de retrouver l'écriture si lumineuse de Stefan Zweig, cette fois pour une nouvelle inédite, publiée en français au regard de la VO pour goûter aux deux langues dans un volume unique.
Le Voyage dans le passé est un petit bijou dont l'intrigue se déroule tel le script précis d'un film pour aboutir à sa chute inéluctable, mais esquivée, sitôt qu'habilement esquissée.
Un texte concis - le format, entre le court roman et la longue nouvelle, réussit décidément bien à l'auteur - qui se lit, par exemple, le temps d'un court voyage en train, dont on aurait pourtant " aimé que ça continue des heures et des heures " (p.84).
La leçon à tirer de ce fragile destin sans coup d'éclat est contenue dans le message laissé par Pierre de Ronsard : " Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain  /  Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. "