mercredi 31 mars 2010

Le pharaon noir

La carte de visite de Christian Jacq n'est plus à écrire : ce roman, mis au programme du circle challenge ABC, ne déroge pas à la réputation de l'auteur, romancier connu et reconnu comme spécialiste de l'Egypte antique, dont il met en scène, avec un art consommé, les personnages historiques et les traditions.

Le pharaon noir retrace la lutte de Pi(ankh)y dit « le vivant », pharaon de Haute et Basse-Egypte, pour reconquérir les provinces du delta et de Moyenne Egypte passées aux mains d'une coalition de princes lybiens menés par Teknakt, prince de Saïs.
Les points de vue, apparemment irréconciliables, des parties adverses se croisent et alternent en de courts chapitres, qui suivent les avancées des deux armées. L'affrontement final, qui met en présence le prince rebelle du nord et le pharaon en titre, issu de Nubie à l'extrême sud du royaume et adorateur d'Amon, trouve une issue inattendue.

lundi 29 mars 2010

Tokyo année zéro

Grâce à l'opération Impulse : un inconnu vous offre un livre lancée par Lhisbei du RSFBlog, j'ai reçu Tokyo année zéro de la part d'El Jc.

Août 1945, l’empereur, le fils du ciel, a dû concédé l’armistice à la suite des bombardements d’Hiroshima et Nagasachi. Dans le Japon en ruines de l’après guerre, la haine de l’armée d’occupation yankee rivalise d'intensité avec celle résultant du conflit sino-japonais rémanent.
Je croyais à une fiction, je découvre un roman d'investigation, psychologique et policière : un serial killer viole et étrangle des jeunes femmes, le bureau de la première division criminelle est chargé de l'enquête ; d'autres cadavres apparaissent et des affaires non élucidées ressurgissent. L'inspecteur Minami mène une double enquête : il tente de résoudre une affaire qui s'annonce difficile, en cherchant à s'identifier au monstre comme les meilleurs profilers. Par ailleurs, il est habité par des pensées qui le tourmentent, en rapport avec ses racines et le passé du Japon et plonge dans ses souvenirs pour parvenir à se comprendre.
Avec ses pages intercalaires, écrites sans retour à la ligne ni ponctuation, qui interrompent la narration, le roman également est construit sur une dichotomie et me fait penser à Hiroshima, mon amour d'Alain Resnais, en particulier ses commentaires en voix off.
J'ai vraiment apprécié cette rencontre avec l'univers de David Peace, qui pourtant n'est pas d'une lecture particulièrement facile et m'a déroutée de prime abord. Tant mieux, il a une suite...

vendredi 26 mars 2010

Impulse II le retour : spécial mauvais genre

Face au succès du premier « Impulse, un inconnu vous offre un livre », le RSF Blog de Lhisbei se lançait il y a quelques mois dans l'organisation d'un nouveau mini swap en chaîne sur un thème prometteur « mauvais genre », ouvert à tous les amateurs de risques : le plus grand étant de recevoir un livre et de découvrir un blogueur sympathique ! Aussitôt reçu, aussitôt lu ! _
J'ai destiné à mon inconnu(e) qui souhaitait du fantastique, voire de l'horreur, une succession d'Histoires troubles, de Fantômes nés de l'imagination productive de Joe Hill. Je peux en dévoiler le titre puisqu'elle vient de le recevoir et de commencer sa lecture. ICI ce qu'elle en dit !

jeudi 25 mars 2010

Destination morgue

Je souhaitais lire un polar de James Ellroy et j'ai pris ce titre au hasard à la bibliothèque : en fait, le volume rassemble certains textes publiés dans des revues et se clôt par une longue nouvelle.
Ces chroniques m'ont évoqué le souvenir des articles de Roland Barthes rassemblés dans Mythologies, un de mes livres-culte : en particulier, j'ai fait un étrange parallèle entre les souvenirs de mythiques combats de boxe évoqués par l'américain et les arcanes du catch, décryptées par le français.
James Ellroy évoque aussi à plusieurs reprises son approche du travail d'écrivain, ses sources d'inspiration et l'apprentissage nécessaire à l'acquisition d'un véritable "métier" dans ce domaine. On y sent également une forme de reconnaissance, une sorte de rédemption ou de victoire face au risque de chuter dans la délinquance, comme l'a admirablement analysé Truman Capote dans De sang froid tiré de son étude des meurtriers de la famille Clutter.
Ma prochaine lecture sera Le dahlia noir, roman tiré d'une affaire policière qui a hanté les pensées de l'auteur et l'a confronté à son vécu, l'assassinat non élucidé de sa mère.

dimanche 21 mars 2010

Salut au Grand Sud

Isabelle Autissier et Erich Orsenna se lancent sur la piste des explorateurs célèbres attirés par le mirage du Pôle Sud, l'une s'y précipite pour prendre le temps et se "divertir" des courses autour du monde en solitaire, l'autre pour vivre et écrire le bonheur de se trouver là, connaître "sa vérité" intime, le dépassement de soi que seuls les marins réussissent à approcher. Embarqué à six, dont trois authentiques marins, sur l'Ada2, un solide voilier de quinze mètres, ils quittent Ushuaïa le 8 janvier 2006, atteignent les 40èmes Rugissants, laissent derrière eux les 50ème Hurlants, s'aventurent en Mer de Wendell, contournent la Péninsule et poussent sans réussir à l'attendre jusqu'à l'île Marguerite, avant de renoncer et de remonter vers le Cap Horn.
Le récit à deux voix raconte les sept semaines qu'a duré l'aventure et mêle les notes de bord du skipper et celles de l'académicien. Il dit le goût des hommes pour l'aventure extrême, le courage et la témérité (ou l'inconscience ?) des découvreurs qui ont ouvert la voie, sans carte, ni instrument moderne... Il dévoile aussi l'inclination de ces marins, qui ne sont pas des géographes, à nommer toute chose. Il me fait rêver à ce continent à part, si lointain et distinct, pourtant si lié au reste de la planète, avec son courant circumpolaire, ce grand fleuve qui brasse les eaux des trois océans et aide à entretenir un climat doux et propice à la vie. http://www.a360.org/article.php3?id_article=187
J'y retrouve pour partie la quête présente dans le récit de Jean Paul Kauffmann sur les Kerguelen : se laisser prendre à l'appel fascinant de l'Antarctique insoumis, y guetter les traces des précurseurs, hanter les souvenirs de voyage de ceux qui n'en sont revenus que pour mieux songer repartir.

mercredi 17 mars 2010

Similitude de couvertures au cours de l'ABC2010

Les Dames du Méditerranée-Express est une série de trois romans de Juliette BENZONI parus de 1990 à 1993 chez Julliard.

Tome 1 : La jeune mariée
5 août 1914, en route pour le front, un conducteur de la compagnie des wagons-lits se souvient des passagères qui ont marqué son existence. Il évoque d'abord la douce Mélanie, rencontrée lors de sa lune de miel et qu'il a sans doute contribué à sauver de la mort, avec l'aide du peintre Antoine Laurens. Après l'avoir séduite et rapidement convaincue de l'épouser, le marquis de Varennes, non content de la tromper avec une danseuse dans le train qui les mènent vers la Côte d'Azur, avait prévu de la faire disparaître au cours du voyage de noces afin de mettre la main sur son héritage.


Tome 2 : La fière Américaine
1915, la guerre s'éternise. Pierre Bault déroule le fil de ses souvenirs : il n'a pu oublier une jeune et arrogante héritière de Philadelphie. Lorsque son époux, qui ne lui a jamais rien refusé, annule en dernière minute leur voyage en Europe, Alexandra se rebelle et décide de partir quand même, avec oncle et tante. Les traces de Marie-Antoinette la mènent de Versailles à Vienne, mais elle visite aussi la Côte d'Azur, Venise et même Beaune. La jeune femme est partout reçue dans la meilleure société. Richement vêtue et parée, d'une exceptionnelle beauté, elle ne tarde pas à susciter l'admiration mais aussi la jalousie.

Tome 3 : La princesse mandchoue (à lire)


* * * 

Faute de trouver Les clefs d’Aphrodite, de la liste concoctée pour ma participation au challenge ABC 2010, j'ai lu Le chant de la sirène un roman à l'eau de rose à l'ancienne, qui mêle aventure et grands sentiments.
Lu le 20 octobre 2010

Amanda Quick, de son vrai nom Jayne Ann Krentz, a plus de 120 romans, dont 30 best sellers, à son actif. Sous ce pseudonyme, elle publie des romans d’amour historiques, sous celui de Jayne Castle, ce sont des romans futuristes et elle utilise son vrai nom pour ses romans contemporains.
à lire Le mystère du bracelet bleu

A vingt-cinq ans, Olympia Wingfield ne convoite pas le mariage comme la plupart des jeunes filles de sa condition : elle a reçu de son père, veuf, une instruction qui la met un peu à part dans la société victorienne. Membre de la vénérable Société des explorateurs, elle collectionne récits de voyages et cartes anciennes et se passionne pour les histoires de pirates et de flibustiers. Après des années de recherche, elle entre en possession du journal intime de Claire Lightbourne, la femme du célèbre capitaine Jack, un document codé qui recèle l'emplacement d'un fabuleux trésor. Mais les descendants du capitaine Jack convoitent également ce qu'ils considèrent comme leur héritage... Un dernier personnage étrange se présente chez elle : avec ses cheveux longs et le bandeau de velours noir qui masque son oeil mort, Jared Chillhurst semble sortir tout droit des rêves les plus fous d'Olympia et ce qu'il lui propose est proprement stupéfiant !  

mardi 16 mars 2010

Avatar

Jake Sully, un vétéran des Marines cloué dans un fauteil roulant, se voit offrir la chance inouïe de remplacer son jumeau décédé, pour une mission sur une des planètes les plus hostiles à l'homme.
Son esprit doit investir le corps d'un avatar conçu à partir de l'ADN de son frère croisé à celui d'un autochtone : il retrouve avec bonheur l'usage de ses jambes et découvre les merveilleuses et dangereuses sensations de la jungle.
Pandora est peuplée de gigantesques humanoïdes à peau bleue, respectueux de tous les êtres vivants, capables de se connecter aux plantes et aux animaux de leur planète, mais aussi redoutables chasseurs qui défendent leur territoire de la concupiscence de la société d'exploitation minière envoyée par la Terre.
Si l'histoire rappelle un peu celle de Pocahontas et la découverte du Nouveau Monde, le spectateur se passionne bien vite pour la vie du peuple Na'vi sur lequel veille la déesse tutélaire Eywa, une entité naturelle qui englobe tout ce qui vit et meurt sur Pandora.
Environné pendant 2 h 40 de magnifiques images de synthèse en 3D, il ne voit pas le temps passer ; chaque minute apporte un nouveau plaisir visuel, comme cette incroyable chaîne de montagnes flottantes...

vendredi 12 mars 2010

Journal intime d'un mort

Quand Jean Dutourd revisite le mythe de Faust, cela donne un petit précis délectable à l'usage des morts en transit au (supposé) purgatoire.

A travers le personnage d'Olivier, il raconte sa vérité sur le trépas, les évènements et surtout les non-évènements de sa "vie" depuis son enterrement : les plaisirs ineffables d'un pur esprit, les sensations "abstraites" privées des cinq sens, la compagnie ténue des vivants ...
Lorsque lui survient un compagnon envahissant à la tristesse poignante, ou pour ainsi dire suintante, du nom d'Hadamas, il en est presque contrarié, dérangé dans sa solitude qu'agrémentent ses réflexions sur sa nouvelle situation. De plus, Hadamas semble mû par une mission secrète à laquelle il tente de faire adhérer Olivier, qui se prend peu à peu d'un doute légitime sur la pureté de ses intentions.

Deux variations sur le thème de l'après-vie :
Les cinq personnes que j'ai rencontrées là-haut de Mitch Albom
La nostalgie de l'ange d'Alice Sebold, dont l'adaptation cinématographique vient de sortir sur les écrans.

Idée challenge :
Lire un roman de chaque académicien vivant (liste en commentaire par ordre d'élection).

jeudi 11 mars 2010

Le mandarin Tan - Le banquet de la licorne

L'intendant Huang est heureux à la perspective d'organiser une immense réception dont son jeune maître, le mandarin Tan, n'est pas coutumier : s'il réunit les notables de la ville autour de sa table pour honorer la venue du percepteur d'impôt impérial, sa qualité d'hôte n'a d'égale que sa sagacité.
Pour le plus grand bonheur du lecteur, Le banquet de la licorne de Tran Nhut alterne avec grâce et justesse, plaisirs de la chair et de l'esprit, dans ce festin où se succèdent les mets les plus raffinés de la cuisine vietnamienne et le talent de conteur des invités qui offrent à la perspicacité de leurs commensaux une histoire insolite qu'ils ont vécues ou une énigme non résolue.

lundi 8 mars 2010

Malavita - Malavita encore

Dans Malavita, Tonino Benacquista imagine la vie de famille à la française d'un repenti de la mafia qui se fait passer pour un écrivain américain dans un petit village de Normandie dont la tranquillité risque d'être mise à mal par sa présence.
Quand il a choisi de trahir pour échapper à la prison, Gianni Manzoni était un capo new-yorkais, un des chefs de clans de l'Onorata società ou Malavita ou encore MAFIA, un acronyme qui remonte à l'invasion de la Sicile par des chevaliers venus de France et signifie littéralement "Mort Aux Français..."
Depuis douze ans, il bénéficie, avec son épouse et leurs deux enfants, du programme de protection des témoins mis en place par le FBI.

Dans Malvita encore, les adolescents ont grandi et tentent de construire leur vie d'adulte malgré les séquelles et le poids du passé, tandis que l'épouse cherche à s'émanciper d'un mari qu'elle n'admire plus.

Je ne regrette pas de m'être gardé pour la bonne bouche ce second tome, auquel j'espère que l'auteur donnera une suite et dont l'écriture et les péripéties m'ont rappelé la tribu Malaussène de Daniel Pennac. Il a réussi à égayer un week end pluvieux et m'a fait saliver à l'évocation de ce délicieux gratin d'aubergines "alla parmigiana".
Je suis heureuse qu'il me reste Saga en réserve dans ma PAL.

vendredi 5 mars 2010

Les petites diablesses

Hazel, lycéenne à Brookhaven, caresse deux rêves inaccessibles : éveiller l'intérêt du nouveau de la classe (Matty) et intégrer le groupe très fermé des LPD (Les petites diablesses). Elle ne croit pas à sa chance lorsque Sylvia, leur leader, l'invite à l'une de ses soirées... mais le bizutage est plutôt sévère.
Nancy Holder a obtenu plusieurs prix pour ses romans, réputés renouveler le genre de la chick litt, mais je ne me fais décidément pas à cette littérature adulescente dans laquelle je me suis de nouveau sentie égarée.
Sans intérêt

jeudi 4 mars 2010

Crépuscule Ville

Le troisième roman de Lolita Pille rentre dans le cadre de mes lectures pour le défi Crazy-SF : je l'ai choisi pour illustrer la catégorie Cyberpunk qui dépeint une humanité plongée dans le chaos social suite à un progrès technologique et/ou politico-économique néfaste.
Le soleil ne brille plus au-dessus de Crépuscule-Ville depuis des années : des micro-organismes associés à des suies ont proliféré au point d'obscurcir totalement le ciel. La société Clair-Monde, qui détient le monopole de la fabrication des bulles-soleil, est devenue omniprésente et son ordinateur central gère la vie de tous les habitants. Le bonheur est devenu obligé.
Le policier Syd Paradine appartient à la brigade Préventive-Suicide dont le rôle est d'intervenir avant que l'irrémédiable se produise, mais il est en proie au doute.

mardi 2 mars 2010

Le koala tueur et autres histoires du bush

Kenneth Cook a choisi de regrouper dans ce volume quinze courtes histoires puisées au gré de ses pérégrinations dans le bush australien, qu'il n'estimait pas donner matière à passage dans un roman.
Il y met en scène tout un bestiaire d'animaux, abhorés de manière quasi unanime - à raison, il le confirme - (serpents venimeux, crocodiles) ou au contraire chouchoutés - à tort, il le prouve - (koalas), voire des animaux domestiques improbables (chien, chats, chameaux) et même d'étranges humains comme les chasseurs d'opales à poils roses...
Le résultat est très très drôle et d'une lecture vraiment divertissante.
Je remercie Esmeraldae qui est l'artisan de ma découverte des antipodes à travers deux auteurs finement choisis (voir Le roman de l'homme tordu).

lundi 1 mars 2010

Saga

Dans le cadre de la lecture partagée du mois de février proposée par le Blogoclub, j'ai le plaisir de retrouver Tonino Benacquista qui s'est fait connaître par des romans policiers drôles et inventifs et dont la lecture m'enchante. Bien que je n'aie pas reçu confirmation de mon inscription, je livre donc mes impressions sur Saga dont je pense qu'il est à classer au rang des très grands romans de l'auteur.

Louis, Jérôme, Mathilde et Marco (le narrateur) sont chargés d'écrire le scénario d'un feuilleton télévisé destiné à occuper l'antenne pendant une heure creuse de la nuit. Sans souci de l'histoire que personne ne regardera, ils doivent obéir à un unique critère : coûter le moins cher possible en décors, acteurs et tournage. Les quatre scénaristes que tout sépare ont été recrutés pour leur seul point commun : ayant échoué dans leurs ambitions de jeunesse, ils n'ont pas les moyens d'être exigeants. La rencontre des quatre auteurs va pourtant avoir des conséquences inattendues. Puisqu'ils ont toute liberté à condition d'être économes, ils décident de se faire plaisir et se lancent dans une histoire qui non seulement aura un succès inattendu, mais transformera leur vie, et même, à certains égards, l'ordre du monde.

Saga ou un éblouissant hommage aux infinies ressources de la fiction.