dimanche 21 mars 2010

Salut au Grand Sud

Isabelle Autissier et Erich Orsenna se lancent sur la piste des explorateurs célèbres attirés par le mirage du Pôle Sud, l'une s'y précipite pour prendre le temps et se "divertir" des courses autour du monde en solitaire, l'autre pour vivre et écrire le bonheur de se trouver là, connaître "sa vérité" intime, le dépassement de soi que seuls les marins réussissent à approcher. Embarqué à six, dont trois authentiques marins, sur l'Ada2, un solide voilier de quinze mètres, ils quittent Ushuaïa le 8 janvier 2006, atteignent les 40èmes Rugissants, laissent derrière eux les 50ème Hurlants, s'aventurent en Mer de Wendell, contournent la Péninsule et poussent sans réussir à l'attendre jusqu'à l'île Marguerite, avant de renoncer et de remonter vers le Cap Horn.
Le récit à deux voix raconte les sept semaines qu'a duré l'aventure et mêle les notes de bord du skipper et celles de l'académicien. Il dit le goût des hommes pour l'aventure extrême, le courage et la témérité (ou l'inconscience ?) des découvreurs qui ont ouvert la voie, sans carte, ni instrument moderne... Il dévoile aussi l'inclination de ces marins, qui ne sont pas des géographes, à nommer toute chose. Il me fait rêver à ce continent à part, si lointain et distinct, pourtant si lié au reste de la planète, avec son courant circumpolaire, ce grand fleuve qui brasse les eaux des trois océans et aide à entretenir un climat doux et propice à la vie. http://www.a360.org/article.php3?id_article=187
J'y retrouve pour partie la quête présente dans le récit de Jean Paul Kauffmann sur les Kerguelen : se laisser prendre à l'appel fascinant de l'Antarctique insoumis, y guetter les traces des précurseurs, hanter les souvenirs de voyage de ceux qui n'en sont revenus que pour mieux songer repartir.

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