mercredi 27 février 2013

RG

Loto BD 2013, dernière édition, gagnante BD primées chez Mo'
Primé par les «Essentiels» d'ANGOULEME 2008.
Prix BD quais du Polar, Lyon 2008
Val m'a fait découvrir, dans un curieux format qui regroupe les deux (et uniques) tomes parus, les aventures de Pierre Dragon, un flic aux affaires criminelles.
tome 1 : Riyad sur Seine
tome 2 : Bangkok Belleville
Le scénario est inspiré de souvenirs travestis et le nom de l'auteur est un pseudonyme, mais l'intérêt du dessinateur suisse Frederik Peters pour la BD réaliste et les sujets d'actualité est bien réel. La première histoire traite de terrorisme international et l'autre d'immigration clandestine. Le rythme est assez lent, car Dragon et ses deux acolytes passent de longues heures en planque.
Parfois, les choses s'accélèrent sur un coup de chance ou un coup de bluff qui viennent légitimer les longues heures dans les coulisses, à éplucher des dossiers, recouper des informations.
Bien sûr, il y a le flic ripoux et intrigant qui parvient à se faire remarquer en haut lieu, le commissaire faussement bonasse, les indics, les enquêtes qui empiètent sur celles d'autres services, il y a même une juge d'instruction un peu plus investie que le strict nécessaire... C'est une BD sans effets spéciaux, crédible et efficace, à laquelle  j'ai pris beaucoup d'intérêt et de plaisir. Merci Val
Cerise sur le chapeau :  il y a même un rhinocéros quelque part ! (indice : dans le tome 1)

dimanche 24 février 2013

Eclats de rêve

Coup de coeur 2013
Littérature imaginaire 2/3

Présenté dans la catégorie Imaginaire, ce livre est plutôt inclassable. En raison de son écriture très particulière, j'avais pour une fois décidé de consigner mes sentiments au fil de ma lecture, de manière impressionniste, en suivant le déroulé de ma pensée et son évolution chapitre après chapitre. En effet, je trouve qu'un commentaire en forme classique (pour cela vous pouvez vous reporter au résumé éditeur ci-dessous) ne convenait pas. C'est dommage car un bug intempestif m'a fait perdre mon article après une ultime modification. J'ai réussi à récupérer une version antérieure mais je suis incapable de reconstituer la fin de mes notes. Néanmoins, je suis plutôt contente :
 
Je lis quelques chapitres d'Eclats de rêves chaque soir, je me laisse porter par les mots, les images, je suis déroutée, je ne sais pas dire si j'aime vraiment ou pas, mais je suis intriguée, cela ressemble un peu, en moins fort, au voyage de La horde du contrevent (Alain Damasio),  je viens d'aller voir sur le site de l'auteur, le premier chapitre illustré, c'est presque dommage de voir des images collées sur les descriptions si représentatives, je suis déçue, je préfère les rêver, toucher les miroirs pour accéder aux histoires de ces personnages disparus, je replonge dans la lecture, je peux m'immerger et en ressortir, cela fonctionne comme le roman, je reprends où je me suis arrêtée, les récits suivent leur cours, des voix se font entendre tour à tour, le héros semble perdre pied peu à peu avec la réalité et le lecteur est quant à lui totalement perdu, mais porté par l'étrange poésie des mots, des lieux hanté parles souvenirs de ces hommes bons, le peuple des Abouteurs, dernier recours des réfugiés persécutés par les guerres et la violence, communauté contemplative, on se demande comment ils ont disparu, ne laissant que ces curieuses ruines végétales qui semblent encore "habitées", le lecteur se sent happé, aspiré à la suite du narrateur, réussira-t-il à retourner vers Elhaÿd son épouse tendrement chérie et leurs enfants déjà grands, après toute une vie de recherches, il touche du doigt l'objet de sa quête, il veut s'éloigner de l'arbre, visite les autres lieux, mais la force d'attraction est immense, le bateau qui l'a amené au rivage doit être de retour à l'attendre, l'arbre livre ses secrets, parfois le narrateur sombre dans l'inconscience au rythme des mots.

Au hasard de la lecture,  je m'étais arrêtée juste avant le chapitre Souffle d'éveil où l'histoire bascule et j'aurais préféré m'en tenir là, sur le fil intangible où une issue positive est encore envisageable. La violence est présente maintenant, elle atteint les comptoirs des Abouteurs présents sur les terres des hommes, elle se porte sur les mers et entoure bien vite l'ïle, détruit les premiers centres trop proches de la côte, le merveilleux jardin où les graines et les jeunes plans rares sont cultivés avec amour. Ils ne savent pas se battre, s'opposer. Ils ont tenté d'assimiler tous les réfugiés, de leur offrir un nouveau départ, mais les derniers étaient trop nombreux. Désemparés,les Abouteurs vont-ils refluer en eux mêmes ?
Raïlyan de Preyloy qui est venu dans l'idée de trouver une solution pour son roi, à la guerre qui se profile, accède à tous ces souvenirs, il devient le dépositaire de la science bien trop pacifique des Abouteurs.

à lire sans retenue. Il suffit de se laisser porter par l'écriture très belle, très poétique, parfaitement en accord avec l'idée du livre.

Résumé de l'éditeur  
Tout commence par une carte ne se référant à rien de connu, soulignée d’inscriptions incompréhensibles. Puis, ce sont ces quelques phrases, que Raïlyan de Preyloy, cartographe, découvre dans un ouvrage de la bibliothèque royale : "Jadis, ils se dispersèrent aux quatre vents. Leur foyer était devenu trop petit, ou bien étaient-ce eux qui [étaient devenus trop] nombreux… Ils s’égaillèrent un peu partout, emportant avec eux une branche de leur arbre-maître."
Fasciné, il décide d’en apprendre plus et finit par découvrir de nombreux textes similaires. Tous mentionnent une mystérieuse civilisation, oubliée de tous. C’est en allant à la recherche de ce peuple, les Abouteurs, qu’il aborde une île, un monde à part où le temps s’écoule de manière différente, un monde de sagesse, construit autour d’un arbre qui détient le savoir mais aussi la mémoire d’une civilisation disparue… Vous pouvez retrouver le premier chapitre du livre en version illustrée sur le site Internet de l'auteur Maïwenn Soler

samedi 23 février 2013

DIX-NEUF fables du roi lion

Dix neuf fables autour du monde, qui mettent le roi des animaux aux prises avec d'autres espèces plus faibles mais plus malignes. Jean de la Fontaine n'a rien inventé !
Ma préférée est celle avec le héron, mais il y a aussi l'âne, le singe, la hyène, le renard, le corbeau, la chèvre... dans chaque fable, il est mis en difficulté par plus petit que lui. Sa force associée à une grande bêtise sont tournées en dérision.
challenge des nombres de Piplo

jeudi 21 février 2013

L'envoûtement de Lily Dahl


challenge 50 états, 50 billets
Minnesota

Lily Dahl a grandi à Webster dans le Minnesota. Ses parents sont partis vivre leur retraite au soleil de Floride. Elle est restée et travaille comme serveuse avec le projet de mettre de l'argent de côté pour partir un jour ailleurs. On ne sait pas trop s'il s'agit de payer ses études ou plutôt simplement de s'évader d'un cadre géographique et social trop étroit pour ses rêves. Jolie, courageuse et ambitieuse, elle a pour modèle Marilyn ;  le jour, elle sert les célibataires qui fréquentent l'Idéal-Café, mais le soir après le travail, elle répète avec une troupe amateur, qui tente de son mieux d'incarner le Songe d’une nuit d’été. Son désir d'actrice parvient même à gagner en crédibilité lorsqu'elle se met à suivre les conseils avisés de Mabel, sa voisine de palier, une vieille dame exquise et cultivée, ancien professeur inexplicablement venu finir sa vie dans ce patelin reculé.

La vie pourrait s'annoncer tranquille, mais on sait déjà que le destin de Lily ne sera pas banal. Dans l'hôtel de l'autre côté de la rue, un homme captive son attention. Son univers, son aura d'étranger et le mystère qui entoure sa venue l'attirent :  Edouard Shapiro est peintre, célèbre et de dix ans son aîné. A force de l'épier le soir depuis sa fenêtre, elle décide de le séduire. Elle y parvient sans peine, mais l'homme n'est pas exclusif. En parallèle, des phénomènes étranges avec lesquels Lily semble avoir un lien inexplicable, viennent alimenter les conversations. Tous les secrets de la ville semblent entrer en résonance et Ed, objet de convoitise autant que de suspicion, traduit en tableaux les confidences qu'il suscite de ses modèles. La tension monte autour de la trop jolie Lily qui aime jouer avec le feu.

Avec un fort pouvoir d'évocation, Suri Huvstedt dresse un portrait sans ménagement de la population de ces petites bourgades de l'Amérique profonde, où la vie d'autrui est l'objet de toutes les attentions et où les journaux se font l'écho des commères de quartier. Dans ce contexte, le personnage solaire de Lily Dahl tranche. Cette toute jeune femme de 19 ans découvre la vie avec sensualité et gourmandise, avec les élans, les témérités et les doutes de la jeunesse. Au sortir de l'adolescence, elle est attendrissante dans sa volonté de s'affirmer, de vivre, y compris à risque. Elle s'engage bille en tête à résoudre les énigmes qui se posent à elle, tramant sa vie de mystère. En dépit de la lourde ambiance malsaine qui flotte autour d'elle, sa curiosité et sa vitalité l'entrainent toujours plus loin et rien ne la rebute pour découvrir la vérité sur les comportements mystérieux de Martin, son condisciple sur les bancs de l'école ou des frères Bodler, des ferrailleurs aussi repoussants qu'inquiétants. Mais lorsque la ligne de démarcation entre superstitions et réalité devient floue, les apparences peuvent être doublement trompeuses.

A la ville, Suri Huvstedt est Mme Paul Auster.

50 états Webster, MINNESOTA

mercredi 20 février 2013

Le chat du rabbin

Loto BD 2013, dernière édition, gagnante BD primées chez Mo'
tome 1 : Bar-mitsva
Le chat du rabbin est gris aux yeux verts. Il a pour jolie maîtresse la fille du rabbin. Un jour, le chat avale le perroquet trop bavard. Dès lors, il acquiert la parole et se met aussitôt à digresser, polémiquer, contester. Il a eu tout le temps de comprendre les humains et de réfléchir au cours des 7 ans de sa vie de chat et il n'a pas la langue dans sa poche... Craignant qu'il ait mauvaise influence, le rabbin l'éloigne de sa fille. Mais le chat veut devenir un bon juif, pour retrouver la compagnie de sa maîtresse. Il promet de se taire, mais il veut d'abord faire sa bar-mitsva (qui marque l'entrée dans l'âge adulte pour les adeptes de la Torah).
J'ai habituellement un peu de mal avec le griffonnage mais j'aime les dessins expressifs de Joann Sfar, le rabbin débonnaire et permissif, la jolie maîtresse studieuse et effacée, et par dessus tout le chat omniprésent, ses attitudes signalées par le simple trait d'une silhouette, ses mimiques où la position des oreilles valent mieux qu'un long discours, ses regards qui en disent encore plus long que ses commentaires incisifs, l'humour bon enfant et les remarques philosophiques pleines de bon sens de ce félidé peu commun.
Je vais lire la suite sans tarder... tant mieux, il y en a encore 4 autres tomes parus !
Lu le 26 juillet 2012

vendredi 15 février 2013

Loto BD 3

Une bonne Fée s'est manifestement penchée sur mon clavier puisqu'en ayant décidé en dernière minute d'ajouter Mo' à mon inscription chez Loula, j'ai sans doute fait le bon choix.

Il y a deux ans je découvrais les 3 drôles de dames et leur loto : inscrite chez les trois, j'ai été la super gagnante de Val' (la troisième comparse) catégorie Fictions réalistes : un grand moment d'émotion dans lequel j'aime me replonger.

L'an dernier, j'ai joué également à deux lotos sur les trois proposés.
Au résultat de cette année : deux BD sont arrivées rapidement dans ma BàL ce qui me place d'ores et déjà comme gagnante de second rang pour le loto " Primés " (Mo' a lancé depuis l'an dernier un challenge Roaarrrr qui vise à lire ces albums ayant recueilli les faveurs d'un jury que ce soit à Angoulême ou ailleurs).

J'ai anticipé et profité de la venue de Fabien Vehlmann en dédicace pour m'offrir un avant goût :
Les derniers jours d'un immortel avec Gwen de Bonneval au dessin, sélection officielle Angoulême 2011 et  Meilleur album Utopiales
Je vais également profiter de l'occasion d'une LC avec Mo' et Val (à laquelle j'ai envoyé une histoire de pirates) pour mettre à exécution un projet qui me tient à coeur : acheter et relire Voyages aux îles de la Désolation d'Emmanuel Lepage.

Par ordre d'arrivée dans ma BàL :

 - Mango me fait parvenir Le chat du rabin, tome 1 : La Bar-mitsva de Joann Sfar, série que j'ai découverte et adorée l'an dernier à travers cet album, dans le cadre du Baby-challenge BD Livraddict mais que je ne possédais pas (encore).

- Val me propose RG de Pierre Dragon et Frederik Peeters
Je l'ai abondamment feuilleté et parcouru de larges extraits et déjà j'aime beaucoup.
Angoulême Essentiel 2008.
Un très bon choix de Val que je remercie Outre-Manche.


- le mien est parti vers...

Edit Lundi 18 heures :
une nouvelle BD est arrivée, j'ai hâte de rentrer chez moi
Merci à... car si j'ai ton nom je ne connais pas ton pseudo ! info prise :
- S m'offre mon premier Davodeau et en plus il était dans ma WL : Chute de vélo  Libraires - BD - 2005

donc merci pour cet excellent choix car depuis Lulu femme nue, j'avais envie de tenir une nouvelle BD d'Etienne Davodeau dans les mains... tellement envie que je viens de me rendre compte en levant les yeux vers mon étagère que Chute de vélo fait partie de ma dernière cueillette en bibliothèque. Du coup c'est encore mieux, il est à moi !

Edit Mardi 18 heures :
Cette fois plus de doute : ma fille me téléphone, elle est sûre que le paquet dans la BàL contient une BD => interdiction d'ouvrir malgré son envie ! et moi je sais que je dois un GRAND merci à la main innocente qui a tiré mon nom chez Mo'
- Saxaoul m'envoie Auto-bio de Cyril Pedrosa : je m'étais arrêtée dans sa bibliographie à Ring Circus et Shaolin Moussaka que j'avais adorés, plus récemment j'ai noté les avis très positifs sur Portugal qui est dans un coin de ma tête, en feuilletant l'album  : difficile de croire qu'il s'agit du même dessinateur (édité ici chez Fluide glacial). De nouveau un très bon choix et une réelle découverte

Edit Vendredi 15 heures :
Le dernier s'est bien fait mériter car j'ai dû aller en centre ville le chercher, au bureau de poste central car celui de proximité est en travaux pour deux mois ! Je me doutais bien que l'avis de passage concernait le loto car une BD manquait encore à l'appel et elle vient de loin :
- Nahe me gâte avec Le bar du vieux français de Jean Philippe Stassen et Denis Lapière en intégrale. Je connais de réputation mais je vais découvrir Tanger après que Mango m'a fait voir Alger.

MERCI à tous les participants pour leur choix éclairé : me voilà avec de bonnes lectures en perspective. J'espère apporter le même plaisir aux destinataires de mes envois.
Voilà ce qu'a reçu Nahe

J'ai lu
Chute de vélo et Le bar du vieux français
Tant que j'y étais, j'ai exhumé de mes précédents gains au loto BD
Elisa et Nous ne serons jamais des héros (commentaires prochainement)

jeudi 14 février 2013

Contes traditionnels de Scandinavie

challenge nordique 7/5

Texte intégral d'un des contes :

Le lièvre qui avait été marié
Où le lièvre, pour une fois, a le dernier mot sur le renard (Norvège)

Dans un pré, un matin, un lièvre cabriolait dans la rosée, en chantant des refrains.
Un renard qui rentrait d'inspecter ses poulaillers s'arrêta, intrigué, et se décida à lui demander :
- Qu'est-ce qui t'arrive, frangin ? Te voilà aussi agile que l'écureuil, notre cousin !
- Je suis heureux, je suis heureux ! J'ai été marié. La vie est belle !
- Ah, ça c'est une bonne nouvelle !
- Ah non, pas si bonne que ça ! La drôlesse était laide comme une sorcière, méchante, sans manières. Une vraie trollesse !
- Si c'est comme ça, en effet, c'est plutôt mauvais pour toi.
- Pas si mauvais, remarque, parce qu'elle était riche ! Elle possédait des forêts avec des clairières sous la lune, des champs qui n'étaient pas en friche et, par-dessus tout, une chaumière où elle lisait les runes !
- Ca, pour le coup, c'est vraiment une bonne nouvelle !
- Ben, pas si bonne que ça justement, car la chaumière a flambé !
- Ah, ça c'est embêtant pour toi.
- Pas embêtant pour deux sous, gamin ! Car ma femme était dedans, et je n'en suis pas chagrin !

Tout est dit dans ce texte : pourtant on ne fait pas assez attention, dans la hâte de lire, aux détails qui annoncent la chute.

Le recueil contient une quinzaine de ces contes, souvent drôles, parfois émouvants, toujours instructifs, qui racontent des vérités sur l'âme humaine.
Entre Norvège, Suède, Danemark et Islande, une carte illustre l'aire de propagation de ces histoires du patrimoine oral (je préfère à folklorique) mettant en scène trolls, lutins, elfes, géants, dieux, fées, sorcières et princesses …mais aussi un plus étonnant enfant-hérisson, une femme-otarie et des marins,  paysans, marchands ordinaires.
Je découvre par exemple, avec un conte danois très populaire : Le moulin au fond de la mer, une version différente de celle racontée par Irène Frain pour expliquer pourquoi la mer est salée.


Si nous connaissons pour la plupart tous les contes des frères Jacob et Wilhelm Grimm ou de Hans Christian Andersen, la fin du dix-neuvième siècle voit les pays scandinaves amorcer un mouvement de redécouverte de leurs trésors de l'oralité, sans équivalent dans l’histoire européenne, qui produit de multiples recueils d’une valeur et d’un intérêt souvent équivalents à ceux de leurs illustres contemporains. Certains de ces ouvrages bouleversent des générations de lecteurs et d’auditeurs, telle la sélection d’Asbjornsen et Moe, considérée par les Norvégiens comme l’un de leurs textes fondateurs… Une courte postface fait un point rapide mais utile sur cette question.

à lire : La Saga du Vinland ou Récit des Groenlandais (ce n'est pas la première fois que je le croise et que je le note)

mercredi 13 février 2013

La peau de l'ours

Coup de coeur
Tante Laura assure le service de don Palermo et son neveu Amadeo monte chaque jour à bicyclette lire au vieil homme l'horoscope du journal qu'il prend au kiosque du village. Dans sa villa perchée sur les hauteurs de l'île de Lipari, l'infirme semble attendre quelque chose - ou plutôt quelqu'un - des quelques lignes publiées quotidiennement. A Amadeo subjugué, il dévoile peu à peu son histoire : à Stonefield dans les années 30, rien n'est pas facile pour un fils de saltimbanques. La rencontre avec don Pomodoro, même si elle lui coûte la vie de son ours savant, lui ouvre les portes d'un monde de violence et de sang mais aussi celles de la volupté et de l'amour, en la personne de Mietta, la petite-fille de son patron. Mais Teofilio n'est qu'un lâche, incapable de mettre à exécution ses velléités de vengeance et d'enlèvement.

Outre qu'il se situe dans une des îles éoliennes, l'album d'Oriol et Zidrou me plaît pour l'originalité de l'histoire et le traitement de l'image. Mises à part quelques vues suggérées du port de Lipari, les magnifiques paysages italiens se traduisent par des à-plats de vert et de bleu : en lisant, j'ai pourtant en tête les images du film Il postino où le facteur à bicyclette monte le courrier à la villa où séjourne Pablo Neruda.
Je trouve que la force de cet album est justement dans ce fort pouvoir évocateur. Le caractère sanguin et incontrôlable de don Pomodoro, la violence des règlements de compte entre les familles mafieuses qui se partagent le racket de la ville, sont mis en lumière bien plus sûrement à travers les quelques âches incarnat maculant le costume blanc renouvelé chaque jour qu'avec les flots d'hémoglobine des films de gangsters (cf. l'exemple caricatural de Kill Bill par Quentin Tarantino). Il en est de même du caractère de la ville américaine, grise, sale, sordide, émaillées de touches de couleur : les devantures des négoces, des restaurants... quelques mots d'une chanson napolitaine ou des jurons grommelés en sicilien et on se retrouve à Little Italy.
Par ailleurs, la tension est sous-entendue, latente, toujours contenue, mais en surface tout semble tranquille et calme, les passions sont jugulées. Une vie qui s'achève, une autre qui débute, toutes deux dans l'attente, se croisent et se rencontrent : la vie, l'amour, la mort, tout est là en quelques dizaines de planches à la structure maîtrisée.

samedi 9 février 2013

Quand samedi est gai

Aujourd'hui j'avais RDV IRL avec Mypianocanta et Meldc pour le challenge Tissons des liens  !! on a eu un peu de mal de trouver un point de chute sous la pluie, mais une fois assises au chaud devant nos crêpes, c'était vraiment cool : on a pu papo-thé un moment, de nos swaps passés, de nos futurs colis, de choses et d'autres.
Nous étions convenues de nous retrouver dans ma librairie BD favorite, Au repaire des héros, où Fabien Vehlman était en dédicace : mon fils a essayé de lui soutirer des secrets sur la suite de la série Seuls et moi j'en ai profiter pour acherter un one shot que j'avais repréré déjà et d'après notre discussion je ne vais pas le regretter : Les derniers jours d'un immortel, une enquête policière menée par un agent un peu spécial...
Fabien Vehlmann c'est aussi : Green Manor, Jolies ténèbres, Le Marquis d’Anaon,  Sept psychopathes, Ian et même un des Spirou (ci-contre)
Enfin, juste avant de partir j'ai eu la bonne surprise de trouver deux paquets dans ma BàL et d'après les noms, ça me disait sans doute " bonne surprise " mais je n'ai pas encore vérifié : les expéditrices sont Mango et Val... à vous aussi cela évoque quelque chose ?
Il y a vraiment des journées meilleures que d'autres.

jeudi 7 février 2013

Challenge Livra'deux pour Pal'addict *4* [Fev/Mar/Avr]

Je n'ai pas pu faire partie du L2PA *3* de Nov/Dec/Jan car ma PàL était en cartons dans un conteneur sur un bateau voguant d'un océan à l'autre autour de l'Afrique.
Mais je me rattrape et participe à cette 4ème édition qui se déroulera de février (les inscriptions) à avril 2013 (les billets).
Comme j'aime les surprises, j'avais laissé le tirage au sort décider et précédemment, j'ai échangé avec Bloop (binôme 75) et Tigrou (binôme 63).
Le principe:
En binôme, vous sélectionnez trois livres dans la PAL de l'autre, parmi lesquels vous en choisissez un et dans un délai imparti, vous devez le lire et en faire un avis. Pour le reste, tous les renseignements sont ICI

Je vais partager cette 4ème édition avec BenoîtD67 qui a une PàL de taille équivalente à la mienne (des PàL de 150 titres me laissent rêveuse...)
j'ai bien envie de contribuer à te faire lire un vrai coup de coeur :
- Le bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon
j'aimerais avoir ton avis pour voir si je le maintiens dans ma LàL  :
- Le festin nu de William Burroughs
un titre dont je n'ai aucune idée si ce n'est qu'il me rappelle un film parmi mes best of :
- Franck Sharko & Lucie Hennebelle, tome 2 : Gataca de Franck Thilliez
BenoîtD67 me répond que le choix ne fut pas facile mais qu'il s'est décidé pour une lecture en VO ; j'espère que nous échangerons sur ses impressions en cours de lecture !

The Curious Incident of the Dog in the Night-Time de Mark Haddon

De son côté, il écrit m'avoir préparé " un menu digne d'un repas de fête et comme d'habitude je n'ai pas pu m'empêcher de lui faire une liste thématique... XL devra choisir entre:
- Dix Mille Guitares de Catherine Clément (qui nous avait aussi sorti le Voyage de Théo, époustouflant)
- Le Rhinocéros qui citait Nietzsche de Peter S. Beagle
- La Colère du Rhinocéros de Christophe Ghislain, intrigué par le résumé.
Au moins la thématique est claire et j'espère qu'elle plaira à XL. Cela permet en tous cas d'avoir un choix de lecture variée et de libérer au moins un rhinocéros :) "


C'est plutôt drôle car il est tombé sur une de mes thématiques : " elle voit des rhinos partout " (quelques billets épars, j'en suis à 6 ou 7), l'autre étant les lectures bleues qui fait l'objet d'une page spéciale en tête de blogue.
Je suis heureuse de ce choix car tous les 3 m'ont été offerts lors de swaps donc en lisant, je répondrai aussi au challenge PàL de swap !!
Plutôt que Dix mille guitares, un pavé que je doute de réussir à lire sans être en congés ou Beagles qui est plus modeste et qui sera peut être lu dans la foulée hors challenge, je choisis donc de sortir de ma PàL un roman dont le résumé m'avait également intriguée :

Merci et bonne lecture

lundi 4 février 2013

La BD fait son festival chez Priceminister


En Février, le mois de la BD, PriceMinister propose aux blogueurs de faire la critique d’une oeuvre de la Sélection Officielle du Festival D’Angoulême.
À l’occasion du festival d’Angoulême, que se déroule du 31 janvier jusqu’au 3 février 2013, PriceMinister met la BD à l’honneur en organisant un évènement pour les blogueurs passionnés de Bande Dessinée.  Nous offrons des exemplaires de toutes les BD de la Sélection officielle du Festival d‘Angoulême*, sur le principe d’une BD contre une critique.
Comment participer ?
  • Sélectionnez l’oeuvre dont vous voulez faire la critique, et confirmez votre participation à l’adresse suivante contact.blogs@priceminister.com avant le 15 février 2013. Précisez-nous vos coordonnées postales : nous vous ferons parvenir l’ouvrage de votre choix rapidement.
  • Rédigez votre article et informez-nous de l’url de l’article sur votre blog.
  • vendredi 1 février 2013

    Le garçon en pyjama rayé

    La quatrième de couverture s'abstient de tout commentaire et elle a bien raison. Si la curiosité vous prend de découvrir cet excellent livre, ne lisez pas la suite : j'en dis forcément trop !
    D'ailleurs, je préfère à cette illustration choisie par Gallimard, celle moins explicite retenue par Folio Junior.

    A peine plus long qu'Inconnu à cette adresse, le texte de John Boyne est d'une lecture qui n'a rien de compliqué pour les plus jeunes (il est publié dans des collections jeunesse) mais la difficulté de le lire à une autre origine.

    Avec Bruno, le fils du commandant du camp de Hoche-Vite, ils vont pouvoir s'étonner des barbelés qui le séparent des enfants qui vivent de l'autre côté, sales, maigres et apeurés.  Bruno 10 ans et Gretel, presque 13, un " cas désespéré " selon son frère, sont présentés comme des enfants ordinaires qui tentent de comprendre les bouleversements du monde des adultes.
    Suite à la promotion de leur père par le Fourreur, ils ont quitté leur spacieuse maison de Berlin avec jardin, pour venir habiter dans cette maison de seulement trois étages, totalement sinistre du point de vue des enfants et pour cause :  on comprend peu à peu qu'elle jouxte le camp de concentration le plus célèbre de Pologne.
    En dépit du contexte, Bruno parvient à se lier avec Schmuel, un enfant juif né le même jour que lui.
    Cette partie de l'histoire m'a fait penser aux rencontres du Petit Prince : nous sommes en pleine fiction onirique, bien que leurs discussions aient des accents de vérité.