Coup de coeur 2013
Littérature imaginaire 2/3
Présenté dans la catégorie Imaginaire, ce livre est plutôt inclassable. En raison de son écriture très particulière, j'avais pour une fois décidé de consigner mes sentiments au fil de ma lecture, de manière impressionniste, en suivant le déroulé de ma pensée et son évolution chapitre après chapitre. En effet, je trouve qu'un commentaire en forme classique (pour cela vous pouvez vous reporter au résumé éditeur ci-dessous) ne convenait pas. C'est dommage car un bug intempestif m'a fait perdre mon article après une ultime modification. J'ai réussi à récupérer une version antérieure mais je suis incapable de reconstituer la fin de mes notes. Néanmoins, je suis plutôt contente :
Je lis quelques chapitres d'Eclats de rêves chaque soir, je me laisse porter par les mots, les images, je suis déroutée, je ne sais pas dire si j'aime vraiment ou pas, mais je suis intriguée, cela ressemble un peu, en moins fort, au voyage de La horde du contrevent (Alain Damasio), je viens d'aller voir sur le site de l'auteur, le premier chapitre illustré, c'est presque dommage de voir des images collées sur les descriptions si représentatives, je suis déçue, je préfère les rêver, toucher les miroirs pour accéder aux histoires de ces personnages disparus, je replonge dans la lecture, je peux m'immerger et en ressortir, cela fonctionne comme le roman, je reprends où je me suis arrêtée, les récits suivent leur cours, des voix se font entendre tour à tour, le héros semble perdre pied peu à peu avec la réalité et le lecteur est quant à lui totalement perdu, mais porté par l'étrange poésie des mots, des lieux hanté parles souvenirs de ces hommes bons, le peuple des Abouteurs, dernier recours des réfugiés persécutés par les guerres et la violence, communauté contemplative, on se demande comment ils ont disparu, ne laissant que ces curieuses ruines végétales qui semblent encore "habitées", le lecteur se sent happé, aspiré à la suite du narrateur, réussira-t-il à retourner vers Elhaÿd son épouse tendrement chérie et leurs enfants déjà grands, après toute une vie de recherches, il touche du doigt l'objet de sa quête, il veut s'éloigner de l'arbre, visite les autres lieux, mais la force d'attraction est immense, le bateau qui l'a amené au rivage doit être de retour à l'attendre, l'arbre livre ses secrets, parfois le narrateur sombre dans l'inconscience au rythme des mots.
Au hasard de la lecture, je m'étais arrêtée juste avant le chapitre Souffle d'éveil où l'histoire bascule et j'aurais préféré m'en tenir là, sur le fil intangible où une issue positive est encore envisageable. La violence est présente maintenant, elle atteint les comptoirs des Abouteurs présents sur les terres des hommes, elle se porte sur les mers et entoure bien vite l'ïle, détruit les premiers centres trop proches de la côte, le merveilleux jardin où les graines et les jeunes plans rares sont cultivés avec amour. Ils ne savent pas se battre, s'opposer. Ils ont tenté d'assimiler tous les réfugiés, de leur offrir un nouveau départ, mais les derniers étaient trop nombreux. Désemparés,les Abouteurs vont-ils refluer en eux mêmes ?
Raïlyan de Preyloy qui est venu dans l'idée de trouver une solution pour son roi, à la guerre qui se profile, accède à tous ces souvenirs, il devient le dépositaire de la science bien trop pacifique des Abouteurs.
à lire sans retenue. Il suffit de se laisser porter par l'écriture très belle, très poétique, parfaitement en accord avec l'idée du livre.
Résumé de l'éditeur
Tout commence par une carte ne se référant à rien de connu, soulignée d’inscriptions incompréhensibles. Puis, ce sont ces quelques phrases, que Raïlyan de Preyloy, cartographe, découvre dans un ouvrage de la bibliothèque royale : "Jadis, ils se dispersèrent aux quatre vents. Leur foyer était devenu trop petit, ou bien étaient-ce eux qui [étaient devenus trop] nombreux… Ils s’égaillèrent un peu partout, emportant avec eux une branche de leur arbre-maître."
Fasciné, il décide d’en apprendre plus et finit par découvrir de nombreux textes similaires. Tous mentionnent une mystérieuse civilisation, oubliée de tous. C’est en allant à la recherche de ce peuple, les Abouteurs, qu’il aborde une île, un monde à part où le temps s’écoule de manière différente, un monde de sagesse, construit autour d’un arbre qui détient le savoir mais aussi la mémoire d’une civilisation disparue… Vous pouvez retrouver le premier chapitre du livre en version illustrée sur le site Internet de l'auteur Maïwenn Soler


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