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samedi 19 décembre 2015

Les cycles au féminin d'Andrea Japp

  • Diane Silver
J'ai lu les deux premiers tomes de cette série dans le désordre, sans en être dérangée : Dans la tête, le venin et Une ombre plus pâle (Lu le 27 mai 2010) ; la suite La mort simplement vient de paraître.

Nouvelle héroine d'Andrea Japp, Diane Silver est parmi les meilleures profileuses du FBI. Ancienne psychiatre installée à Manhattan, habituée des stars, elle a rejoint les troupes de Quantico à la suite d'un drame personnel qui l'a d'abord fait sombrer en enfer : quinze ans auparavant, un pervers multirécidiviste a violé, torturé puis tué sa fille Leonor âgée de onze ans. Mais Diane, devenue insensible à tout, s'est relevée ; avec hargne, elle s'est juré de traquer sans merci les pires serial killers dont elle a fait sa cible exclusive.
Son pendant masculin est Nathan Hunter, qui lui aussi s'intéresse de près aux tueurs en série. Beau, plus que riche et très intelligent, ce personnage ambigû et plutôt inquiétant intrigue afin d'amener Diane à une alliance a priori contre nature. Ses desseins sont obscurs mais Diane ne semble pas en avoir cure.
Face à ces deux sombres protagonistes taillés pour l'affrontement, le personnage solaire d'Yves Guéguen apporte une touche d'humanité à ce thriller. Colonel de la police française, il a été initié par Diane aux techniques du profilage et apparaît comme un pointillé dans l'histoire.

  • Helen Baron

De l'autre, le chasseur
Pendant trois ans, Helen a vécu le parfait amour avec Cordell Taylor-Caedon, totalement ignorante de sa double vie de serial killer. Refusant d'admettre qu'il l'ait épargnée, alors qu'il a assassiné les membres de leurs deux familles, elle s'est réfugiée dans le reniement de son ancienne vie. Devenue Julia Holmer, elle est décidée à mettre un terme définitif aux "jeux" de son mari, disparu dans la nature. Lorsque les enquêteurs du FBI retrouvent sa trace semée de cadavres, elle propose son aide. S'apercevant de discordances dans le mode opératoire entre les anciennes et les plus récentes victimes, elle leur permet de remonter enfin une piste valable. Mais Charly, prédateur par divertissement, semble s'amuser d'avoir toujours une longueur d'avance.

Un violent désir de paix
Charly a de nouveau pris tout le monde de vitesse et Helen échappe de peu à ses griffes. Il est tenté de la reconquérir ; elle est décidée à le perdre... Ayant accepté de servir d'appât pour en finir, "Terry" emménage dans un atelier isolé dont le système de sécurité présente a priori un unique point faible.
Toutefois, un autre prédateur, fasciné par Charly et ses semblables, est maintenant sur la piste d'Helen. Du point de vue de Cordell, il est hors de question que sa proie lui échappe... ou qu'une tierce personne s'immisce dans l'histoire d'amour et de haine qui le lie intimement à sa femme.
Un mystérieux internaute semble tirer les ficelles.

Sang premier
Helen bénéficie de nouveau du programme de protection des témoins mis en place par le FBI et se cache en Ecosse sous le nom de Constance Wilson ; elle y retrouve sa combattivité. Lorsque Charly sort de son "inactivité" et met en place un piège machiavélique pour la pousser à se dévoiler, elle est prête pour l'affrontement final...
Un des grands plaisirs procurés par les romans d'Andrea Japp tient dans la finesse psychologique des personnages, principaux et secondaires. Dans cette série, la plupart des protagonistes de l'enquête sont récurrents et évoluent au fil des tomes : le lecteur est manipulé jusqu'à l'empathie.



  • Gloria Parker-Simmons

J'ai découvert avec délectation à la médiathèque tout un rayon de policiers signés Andrea H. Japp qui m'avait échappé jusqu'alors. Je me suis précipitée sur La raison des femmes, sans savoir qu'elle était précédée de trois autres enquêtes où apparaissent le même duo de personnages. James Irving Cagney est comportementaliste au département d'études des comportements du FBI chargé de dresser les portraits psychologiques de serial killers. Gloria Parker Simmons (Mme GPS) mathématicienne surdouée mais introvertie, est l'inventeur d'un logiciel basé sur les nuages statistiques, capable de cerner les mobiles et la personnalité d'un tueur en série. Le couple de protagonistes, qui n'en finit pas de se chercher, offre beaucoup de similitudes avec celui imaginé par Patricia Cornwell autour du personnage de Kay Scarpetta.

  1. La parabole du tueur Lu le 7 février 2011
  2. Le sacrifice du papillon Lu le 7 février 2011
  3. Dans l'oeil de l'ange Lu 12/10/10  
  4. La raison des femmes
  5. Le ventre des lucioles
Avis de l'éditeur
Née en 1996 sous la plume d'Andrea H. Japp, la mathématicienne Gloria Parker-Simmons se détache rapidement de sa créatrice pour acquérir une autonomie qui n'appartient qu'aux héroïnes d'exception.
Tout au long des quatre romans qui composent ce volume, elle évolue au rythme d'enquêtes particulièrement retorses, mais aussi et surtout au rythme de son histoire personnelle, dans laquelle le rôle du profileur du Fbi James Irwin Cagney croît en importance.
Lorsque Gloria réfléchit, l'écriture d'Andrea H. Japp se fait dense et précise, déchirante quand elle aime ou déteste, et la romancière parvient ainsi - talent ou magie ? - à doter le lecteur d'une amie. Plus, d'une sœur.

La raison des femmes
Deux hommes dans la cinquantaine se font tirer à bout portant puis égorger. La scène de crime semble maquillée en cambriolage et la police locale, qui revient bientôt sur l'évidence du mobile, se voit supplantée par le FBI : en effet, l'arme du crime a déjà servi, dans un double meurtre onze ans auparavant. Gloria, qui s'intéresse aux circonstances de l'affaire, propose son aide jusqu'à ce que l'approche de la vérité la mette face à sa conscience.
Andrea Japp signe un polar original, qui sort des sentiers battus - la plupart de serial killers sont des hommes, mais je n'en dis pas plus - et entraîne le lecteur dans son univers, criminel certes mais qui reste humain, subtilement psycholoqique, féministe sans être militant.

Le ventre des lucioles
La poésie du titre recouvre une réalité sordide. Les lucioles sont l'image des adolescentes arrachées aux pays de l'est et prostituées au bord des routes, que les feux qu'elles allument pour se réchauffer signalent aux clients. Installé d'abord en Europe, le trafic se propage outre-atlantique ; il se double parfois d'une perversion supplémentaire.



  • Ann Hawk
Le septième cercle
Dans l'Enfer de Dante, le septième cercle est occupé par les traîtres et les lâches.
Ann Hawk était au volant lors de l'accident qui a coûté la vie à son fils et son mari. Elle n'a pensé qu'à sa propre survie durant les quelques secondes avant l'explosion de la voiture. Bien qu'en état de choc, elle a repris son travail dans un cabinet de conseil aux entreprises. Mais elle ressent une sorte d'urgence à agir, qui reste vague jusqu'à ce que se précisent des impressions paranormales en rapport avec le meurtre d'une journaliste d'investigation. Pour comprendre, Ann s'associe avec Richard Codrington, cosignataire d'un article primé de Clara Saragan.
Andrea H. Japp adopte une manière d'écrire économe, très incisive et sans effets superflus, qui rend comme au ralenti le décalage entre la succession rapide des événements et le ressenti du narrateur.
Lu le 5 octobre 2009

La voyageuse
Comme beaucoup de romans d'Andrea Japp, l'histoire se déroule à Boston. Ann se sent un peu comme une voyageuse sans attache depuis qu'elle survit à la mort de son mari et de son fils. Elle, si rationnelle autrefois, ne se fie plus qu'à son instinct au jour le jour. Elle décide qu'il est temps de changer d'air et visite une maison de banlieue à Newton. Mais une impression déplaisante devant la jeune femme qui la reçoit, une odeur de maison mal tenue qui plane dans les pièces délabrées et une atmosphère malsaine suffisent à alarmer son esprit critique. De retour chez elle, Ann décide de s'en ouvrir à Richard qui se lance dans quelques investigations. Mme Gee, l'occupante des lieux lui a menti sans raison apparente.
La suite est un suspense insoutenable et dense comme sait les construire l'auteur. La tonalité du roman est  lourde, traumatisante. Les personnages bizarres et inquiétants, manquent totalement de sérénité. La mort plane, elle a déjà frappé l'entourage de Richard et Ann. Le lecteur sent un drame latent sans savoir où il va éclater...

50 états, 50 billets
Boston , Massachusetts

mercredi 15 octobre 2014

La photo qui tue : neuf histoires à vous glacer le sang

Neuf nouvelles à chute où Anthony Horowitz ménage le crescendo vers la révélation finale délivrée en quelques lignes à la fin du texte. Neuf histoires terrifiantes, voire traumatisantes, où la réalité la plus anodine glisse inexorablement vers le cauchemar, bien que toutes ne se valent pas dans l'objectif annoncé de " glacer le sang ". Un appareil photo d'occasion bien embarrassant, une antique baignoire ensanglantée, un bus de nuit sans passagers, un ordinateur démodé qui affiche des messages inquiétants, un souvenir rapporté de vacances... mon classement dans l'ordre d'impact émotionnel décroissant, même si j'ai bien à l'esprit qu'il s'agit de littérature jeunesse et que chacun possède les peurs irrationnelles qui sont les siennes. Tu as raison Phildes, cela ressemble aux textes de la collection Chair de poule.
L'horrible rêve de Harriet
Bain du soir
La photo qui tue
Le bus de nuit
L'homme au visage jaune
Transport éclair
Peur
Jeux vidéo
L'oreille du singe

mercredi 16 avril 2014

De sang froid

Récit véridique d'un meurtre multiple et de ses conséquences
Inspiré par un fait divers, Truman Capote mène une enquête minutieuse. A force de détails, de témoignages, d'observations, il raconte ce qui a pu se passer dans cette nuit de novembre 1959 à Holcomb, une petite ville du Kansas. Le roman-réalité vient de naître.

Le 15 novembre 1959, quatre personnes, le père, la mère et leurs deux enfants adolescents, sont assassinés au fusil de chasse dans leur ferme située à Holcomb, dans l’ouest du Kansas. Les membres de la famille Clutter étaient appréciés dans tout le comté et rien ne semble relier les meurtriers à leurs victimes. Le crime, presque parfait car il n’existe pas non plus de mobile apparent, aurait pu rester non élucidé sans l’obstination de quelques policiers.
Le Kansas est un des états qui applique encore la peine capitale, par pendaison, et en ce début des années 60, quelques criminels jugés coupables d’homicide ont fini leurs jours dans le « coin » d’un pénitencier d’état.

On retrouve dans ce roman de Truman Capote des préoccupations proches de celles de Nell (Harper Lee), amie de l’auteur et écrivain, notamment une réflexion sur le pouvoir de justice, le droit à la défense pour tous, l’application de la peine de mort…
J'ai voulu voir également le film qui valut un oscar du meilleur premier rôle à l'acteur incarnant Truman Capote. Il dialogue de façon très intéressante avec le roman qu'il éclaire sur le métier d'écrivain, le travail journalistique et l'élaboration du roman.





50 billets, 50 états
Holcomb, KANSAS




Extrait de Wikipedia
En 1959, à Holcomb, Kansas, deux jeunes truands tuent, sans mobile apparent, quatre membres d'une famille puritaine modèle. Capote, tombant sur l'article traitant de ce crime, décide de relater cette histoire avec la plus grande précision. Pour cela, il quitte New York et part s'installer quelque temps à Holcomb, afin de recueillir le maximum d'informations sur la façon dont s'est déroulé le crime. Il recueille donc le témoignage et l'avis de la population et des autorités locales, et surtout il rencontre et interroge les assassins eux-mêmes dans leur cellule.
Capote commence par décrire le lieu du crime, une petite ville de la Bible Belt. Tous les protagonistes sont ensuite présentés, grâce aux témoignages recueillis et divers documents consultés par l'auteur. Vient ensuite la description du crime et la traque des criminels.
Le texte s'intéresse particulièrement à la psychologie des deux jeunes criminels. Capote décrit l'étrange processus qui mène de simples marginaux, rongés par une multitude de démons intérieurs, à un quadruple meurtre. Un autre sujet qui fascine l'auteur est la façon dont une petite communauté sans histoire vit une telle tragédie.
D'abord publié dans le New Yorker, en 1965, De sang-froid (1966) devient un classique de la littérature américaine du 20ème siècle. Vendu à plus de 8 millions d'exemplaires, l'ouvrage vaut à Truman Capote une immense gloire, mais le précipite également dans une dépression dont il ne sortit plus, touché à jamais par sa rencontre avec Perry Smith, l'un des deux assassins, et dans lequel il se reconnut tel qu'il aurait été, s'il n'avait pas décidé d'être écrivain.