samedi 12 janvier 2013

Quand le 9ème art rend hommage au 7ème...

Première série 
En référence aux films d'Akira Hurosawa (Les 7 samouraïs) ou de John Sturges (Les 7 mercenaires), David Chauvel, à l'origine du projet, imagine une série de 7 récits complets, 7 aventures, 7 missions à haut risque, mettant en scène 7 équipes de 7 hommes décidés à tout pour réussir, 7 psychopathes, prisonniers, yakusas, guerrières, voleurs, pirates et missionnaires... autant de genres et d'univers variés et solidement construits, servis par 7 scénaristes et 7 dessinateurs différents, venus des quatre coins du globe.
1. Premier de la série, Sept psychopathes de Fabien Vehlmann, accompagné au dessin par le britannique Sean Philips est sorti en mai 2007, bientôt suivi de Morvan, Chauvel, Le Galli, Gabella, Bertho et Ayrolles et du côté des dessinateurs : Lereculey, Tim McBurnie, Manapul, Critone, Tandiang et Hikaru.
Je suis enthousiasmé par cette uchronie basée sur une hypothèse géniale et fantaisiste, improbable et néanmoins convaincante : le Führer a trouvé la mort dans l'attentat de Munich en 1939, mais ses proches ont gardé le secret afin de continuer à diriger les forces de l'Axe.
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Octobre 1941 en Angleterre, Winston Churchill cherche le moyen pour les Alliés de mettre fin radicalement au conflit : il faudrait assassiner Hitler mais il est trop protégé et toutes les tentatives ont été anticipées et déjouées par une garde rapprochée surentraînée. Pourtant, Joshua Goldschmidt, un professeur de religion un peu mystique, propose un plan au colonel Thompson de l'armée britannique : donner carte blanche à des tueurs imprévisibles et totalement déroutants, des hommes au raisonnement hors norme, choisis et recrutés parmi les détraqués des prisons militaires et des asiles. Les sept psychopathes, ingérables et tous plus dangereux les uns que les autres, représentent la quintessence de la folie ! En se servant de leurs sautes d'humeur pour contourner les protocoles classiques de protection d'Hitler, Goldschmidt assure au colonel la totale réussite de l'entreprise.  Contre toute attente, Churchill donne son accord, en raison du faible coût de l'opération et de ses chances légitimes de succès. Avant même que le commando-suicide soit parachuté au dessus de l'Allemagne, la belle tactique mise au point sur le papier connaît ses premiers dérapages...
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Le graphisme, assez proche des comics, convient bien à ce récit d'aventure et d'action : un choix stylistique qui colle à l'ambiance particulière de " mission impossible " imaginée par Fabien Vehlmann. L'histoire est dense, rondement menée, sans temps mort, inattendue à chaque page et surprenante jusqu'à la chute.
Lu en mars 2011
3. Pour le troisième volet de la série, l'univers retenu est celui de R.L. Stevenson et les personnages sont les compagnons d'aventure de L'île au trésor.
Jim Hawkins, l'ex jeune mousse, devenu négociant selon ses voeux, le docteur, le charpentier... se rendent à contre-coeur au rendez vous fixé par un mystérieux commanditaire. Le trésor de Flint n'a pas été entièrement découvert et il les a réunis pour les envoyer à la recherche de la seconde cachette indiquée sur le plan. Comme prévu, leur bateau se fait arraisonner par des pirates qui poursuivent le même but. Pour sauver leur peau, ils doivent les prendre de vitesse.
Sans doute par méconnaissance de la première aventure, je ne m'attendais pas à la chute, que j'ai trouvée plutôt "savoureuse".
Le style graphique correspond bien aux paysages de grande ampleur : océans, îles paradisiaques... mais aussi aux scènes plus intimistes et aux expressions du caractère des personnages.
Lu en juin 2012
4. Sept missionnaires incarnant les sept péchés capitaux, il fallait le tenter. Le résultat aboutit de mon point de vue à un des albums les plus réussis de la série.

Quand le père abbé doit choisir sept évaangélisateurs pour les envoyer face aux terribles guerriers de l'Ile du Nord qui ravagent les monastères de la côte placés sous la protection du Haut Roi, il prend soin de ne pas choisir les meilleurs mais ses moines les plus calamiteux. Sous menace d'excommunication, ils n'ont d'autre choix que de réussir ou périr en martyrs afin d'expier leurs trop nombreuses fautes : paillards et batailleurs, irrévérencieux, ils incarnent tout l'éventail des péchés capitaux. Ce sont pourtant ces défauts - aux yeux de l'Eglise - qui va leur attirer l'intérêt, puis la sympathie des barbares et les faire échapper à une mort programmée. Comble d'ironie, ils vont parvenir, là où on ne les attend pas, à remplir leur improbable mission.
Un scénario allègre, beaucoup d'humour, des clins d'oeil manifestes comme dans toute la série, des personnages truculents et hauts en couleurs, des dessins hardis, colorés et expressifs.
Lu en janvier 2013
6. Les Sept yakuzas, de Jean David Morvan et Takahashi Hikaru sont les avant-derniers de la série inaugurée avec les Sept psychopathes.
Tokyo, d'hier à aujourd'hui. Sept criminels prêts à mourir pour rétablir leur honneur sont réunis autour de Tokobuki Ichiro pour l'accompagner dans sa vengeance. A 90 ans passés, Tokoburo est encore un oyabun - le chef d'un clan de yakuzas - craint et respecté, jusqu'à l'attentat où il ne doit sa vie sauve qu'à son extrême vivacité et à l'aide d'un sauveteur inattendu, son ancien ami Hotei avec lequel il s'est brouillé après l'avoir soupçonné d'une relation plus qu'amicale avec sa jeune épouse. Ils découvrent ensemble qu'un autre clan insignifiant lui conteste la mainmise sur une partie de la ville.

L'occasion est trop belle pour le scénariste d'évoquer un de ses sujets de prédilection :  parler de l'histoire récente du Japon, revenir sur la conclusion traumatisante de la seconde guerre mondiale et les séquelles de l'occupation par les forces armées américaines, passer en revue, à travers les portraits de 7 personnages emblématiques, les réactions de la population : l'acceptation résignée, la mise à profit, l'imitation, la résistance... et souligner la persistance des principes ancrés dans la société japonaise comme la fidélité à la tradition et le sens de l'honneur.
Cette fois encore, le travail graphique accompagne bien le propos, avec un découpage proche de la BD d'action : à l'origine, Takahashi Hikaru est illustrateur de jeux video.

Après une longue introduction qui prend son temps, où il n'est question que du personnage principal, sa jeunesse, son entrée dans le clan, son ascension fulgurante, les 7 personnages entrent en scène un à un : vient l'amitié avec le deuxième personnage, suit la fidélité à la vie à la mort du troisième, le lieutenant incarcéré à sa place... En pendant de l'introduction, une longue mise en scène filée, prélude à la conclusion inattendue, solde l'affrontement entre les deux factions rivales : l'assaut, la bataille rangée, le ballet de mort façon Kill Bill... le théâtre des opérations se découvre au rythme de la progression sanglante des Sept dans les étages du pavillon occupé par le clan adverse.
Lu en juillet 2011


Dans la deuxième série David Chauvel reprend  le même principe avec de nouveaux groupes de 7 scénaristes et 7 dessinateurs différents, venus des quatre coins du globe : chaque BD raconte une histoire comprenant sept personnages principaux, appartenant tous à une même catégorie 7 clones, naufragés, survivants, pistoleros, détectives, personnages, dragons...


8. Sept survivants
Quelque part dans les Alpes, entre la France, l'Italie et la Suisse
Déroutée par une tempête de neige, une voiture entre dans un tunnel. À son bord, en proie à quelques tensions, un neurologue réputé, sa femme, et son frère. Non loin derrière, un inspecteur des stups, lancé à la poursuite d'un couple de dangereux criminels... Sans le savoir, tous se dirigent droit vers un piège infernal, qui les conduira vers leurs pires cauchemars.
Un scénario qui exploite les ressorts du film d'horreur (enfermement, psychoses, puissance maléfique, etc) mais avec une touche d'originalité et une chute qui n'est pas dénuée d'humour et de perversité.  
Je le conseille assurément pour ces qualités, même si on n'aime pas le genre, ce qui est mon cas ! Lu en février 2013

9. Sept personnages
Quelle raison aurait-on d'assassiner Molière ? Tartuffe, Harpagon et quelques autres ont reçu chacun une partie du secret. Pour mener à bien leur mission posthume, ils doivent coopérer.
Je croyais avoir affaire à une redite de Personnages en quête d'auteur, il n'en est rien. Le scénario est original, bien ficelé quoiqu'au final un peu déprimant. Le graphisme n'est pas parmi mes préférés.
Lu en décembre 2012

13. Sept détectives d’Herik Hanna (scénario) et Eric Canete (dessin).
Sept enquêteurs défiés par un mystérieux assassin.
Londres, 1920. Une série de meurtres atroces frappe la ville. À chaque nouvelle victime, non loin des corps, Scotland Yard retrouve une liste de sept noms : ceux des sept plus grands détectives connus dans le monde, invités à participer à l'enquête... par le tueur lui-même. Malgré le scepticisme général face aux menaces du criminel, ces derniers acceptent de relever le macabre défi.

Merci Oliv' car dans ma BàL ce soir, j'ai eu le plaisir de trouvé une BD que tu m'invites à découvrir. Les sept détectives ont bien voyagé.
Mon avis : un bon album mais pas mon préféré néanmoins. Lu en février 2013

L'un des témoins raconte ou plutôt confie à un journal intime le déroulement de l'enquête qui voit la déconfiture des sept plus fins limiers de la littérature policière.
Le scénario est rondement mené, selon les modèles du genre et comme il se doit, le lecteur suffisamment égaré dans l'intrigue, jusqu'à la fin qui voit se lever le rideau sur un mobile inattendu. Les couleurs sont glauques à souhait et les intérieurs bourgeois, cosy comme on les imagine à Londres au siècle dernier.
Vous pourrez peut être retrouver les célèbres modèles  de ces personnages :
Capitaine Macgill  
Miss Adélaide Crumble (institutrice en retraite, dans une petite ville située si au Nord de l'Angleterre qu'elle en est " presque écossaise ")
Frédérick Abstraight ( policier britannique)
Inspecteur Martin Bec (policier judiciaire français)
(Richard) Dick Monroe  (détective privé de Los Angeles)
John Eaton (ancien médecin et compagnon du suivant)
Nathan Elsie (plus grand détective de tous les temps)
Ernest Patisson (détective suisse installé à Londres et voyageur impénitent)

5 commentaires:

Mo' a dit…

j'ai eu un peu de mal avec ce tome (ambiances sombres). Mes préférés dans cette série : Sept missionnaires et 7 voleurs.
Un concept très sympa en tout cas

Jeneen a dit…

curieux concept, très tentant ! et quel beau( et long) billet, tu sembles enthousiaste.

XL a dit…

oui Jeneen, je les découvre peu à peu et je dois dire que le charme opère
l'opération est d'ailleurs passée de 7 à 14 et le 13ème vient de paraître !

OliV a dit…

Si tu les collectionnes et que il te manque " 7 détectives ", il peux devenir voyageur !! C'est le seul que j'ai lu d'ailleurs et celui-ci est bon !

XL a dit…

je veux bien merci car je ne l'ai pas vu à la bibliothèque mais j'ai tenté d'imaginer les détectives : Poirot, Holmes, des plus récents il y a l'embarras du choix ??