Daniel Pennac se met dans la peau d'un artiste récompensé pour l'ensemble de son oeuvre. Au cours de la tournée de remise du trophée, organisée par le jury, il se livre à l'exercice obligé des remerciements. Dans un théâtre loué pour l'occasion et face à un public "choisi", il révèle peu à peu l'envers de la mise en scène. Faute de se voir refuser la prime assortissant le prix qui lui a été accordé, il est astreint par contrat à tenir un discours d'une durée minimale de 75 minutes. Dont acte (I scène 1).
Il m'a fallu environ 1h15 pour lire ce long monologue où l'auteur, avec quelques détours vers les sens du mot remercier/(sans)merci, passe en revue les différentes manières d'exprimer sa gratitude à des destinataires qu'il égratigne plus qu'il ne flatte : équipe, jury, parents, amis... tous finissent par succomber à sa verve critique.
Non, définitivement, personne ne lui semble digne de partager le mérite de son oeuvre ! Il se montre pédant, imbu de lui, désagréable... mais brillant, drôle et grave tour à tour.
Le texte mérite assurément d'être joué (ce fut le cas) et pour une fois, je suis tentée par la version audio où Claude Piéplu prête sa voix inimitable au narrateur. Inconditionnelle (de l'humour et du style) de l'auteur, je ne suis pas très objective : c'est un petit divertissement que je recommande chaudement pour lutter contre les tentations d'un ego surdimensionné et prendre du recul... car nous sommes tous potentiellement redevables, mais bien en peine de l'exprimer.
ABC2012 4/26
voir sur Biblioblog le billet de Laurence
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