mardi 18 juin 2013

Messieurs les enfants


Sujet :
Vous vous réveillez un matin, et vous constatez que, dans la nuit, vous avez été transformé en adulte. Complètement affolé, vous vous précipitez dans la chambre de vos parents. Ils ont été transformés en enfants. Racontez la suite.

Au début, j'ai trouvé le propos un peu ennuyeux, une redite du petit Nicolas en moins drôle et avec beaucoup moins de copains. Je me suis même demandé si je ne l'avais pas déjà abandonné une première fois !
Pourtant dès la deuxième partie (je ne préciserai pas plus car tout le sel de l'histoire s'en trouverait enlevé pour un futur lecteur) je me suis sentie beaucoup plus intéressée et intriguée par les aléas qui allaient survenir avec une telle hypothèse de départ.
Le roman met en scène trois écoliers aux prises avec le terrible maître, Monsieur Crastaing : Igor, fils de Tatiana, Joseph fils de Pope et Moune et Nourdine, fils d'Ismael et frère de Rachida. Si ces détails familiaux vous semblent anecdotiques, ils ont toute leur importance.
J'en suis là dans ma lecture et je suis "dedans". Les détails sur la peinture d'Ismael me font particulièrement rêver.
Une citation : L'amour, mon amour, est une somme de petits actes qui racontent en silence une histoire précaire...
La suite est encore meilleure car elle se complique. Le phénomène d'échange parents-enfants n'a pas une application arithmétique et quand ces nouveaux adultes exaspérés veulent se retourner contre le responsable, ils se heurtent à une nouvelle surprise. A contrario, le curieux narrateur qui depuis le début semble bien au courant et avoir réponse à tout, pourrait bien être plus qu'un simple témoin extérieur à l'aventure.
Le sujet donne lieu à d'intéressantes digressions sur la famille, l'éducation et la pédagogie, une très belle page en particulier, vers la toute fin du roman, sur ce qu'est l'enfance et aussi les adultes dans leur rapport au passé, les souvenirs d'enfance ou leur absence (qui m'a rappelé un passage d'Un roman français de Frédéric Beigbeder).

L'info en plus :
Daniel Pennac écrit au début du livre : "A l’ami Pierre Boutron, qui, pendant que j’écrivais ce roman, racontait la même histoire au cinéma. Il ne lira ces lignes que le jour où je verrai son film. Telle a été la règle de notre jeu."
Maintenant que j'ai lu le livre, reste à trouver le film  de Pierre Boutron Messieurs les enfants, d'après l'œuvre homonyme de Daniel Pennac, réalisé en 1996 et sorti en 1997.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Encore un roman de Pennac qu'il me faudra découvrir !

Anonyme a dit…

Je viens de lire "Kamo et moi" un roman jeunesse de Pennac et je me rends compte que ce "Messieurs les enfants" reprend l'idée du roman jeunesse. En effet dans Kamo et moi, le prof Crastaing est bien présent et donne le même sujet de rédac ! Ce qui me donne très envie de découvrir ce "Messieurs les enfants" pour voir les différences !