L'enquêteur est envoyé par la police criminelle norvégienne en Nouvelles-Galles du Sud pour élucider la mort d'Inger Holter, une jeune compatriote, retrouvée violée, étranglée et jetée du haut d'une falaise. Dès son arrivée à Sydney, il se voit adjoindre Andrew Kensington, un inspecteur local d'origine aborigène.
Alors que la police australienne ne se voulait pas très coopérative, les deux hommes vont trouver un terrain d'entente. Andrew Kensington, en dépit de sa réussite sociale et d'un savoir encyclopédique sur l'histoire de ses ancêtres, vit mal sa double culture. Harry Hole, lui, est en rupture de ban avec sa hiérarchie.
Trentenaire, célibataire, ancien alcoolique, c'est un personnage blessé - mais non blasé - qui traîne le poids du remords : décès de proches, erreurs professionnelles et histoires d'amour difficiles. La plongée dans le bush, le dépaysement et le choc des cultures vont servir de révélateur et faire ressortir ses démons : pensées obsessionnelles, mauvais penchants et un rapport aux femmes qui est loin d'être simple. L'espoir et l'angoisse alterneront jusqu'au chaos final.
L'enquête amène Harry Hole à se pencher sur l'histoire de l'Australie : la découverte de ce pays de démesure, à la fois neuf et ancestral, me semble le véritable prétexte du roman. Jo Nesbø rappelle l'arrivée des premiers colons, prisonniers, bagnards, criminels, qui fondèrent l'espoir d'une nouvelle société, le rejet initial des indigènes, puis les diverses tentatives d'intégration, la confrontation du puritanisme anglais et de l'esprit de liberté. L'auteur tente une approche contrastée de la société australienne qui n'est pas sans prosélytisme en faveur des populations noires, spoliées dans la construction de la nation actuelle et incarnées, de façon assez manichéenne, par Andrew/Toowoomba. Les digressions, supposées engendrer et asseoir le fantastique, nuisent à la trame narrative et le propos moralisateur, bien que défendable, dessert finalement le roman.
Une bonne chose à porter au crédit de ce roman par ailleurs insatisfaisant : il m'a donné envie de partir à la rencontre de la culture aborigène. Pour vraiment comprendre la genèse de leurs légendes, je vous recommande Le chant des pistes de Bruce Chatwin

2 commentaires:
Je suis d'accord avec toi : ce roman donne envie de se plonger dans la culture aborigène.
Pour le reste, je ne suis pas convaincue.
merci à toi de m'avoir incitée à me replonger dans mes impressions de lecture
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