samedi 23 avril 2011

Beau comme un prince

Tu es beau comme un prince, mon fils, grâce à Dieu ! Je suis si fière ! Mais parfois j'ai honte, car tu n'es pas comme nous.
Puis, après une pause : Et tu n'es pas comme les autres non plus.
Dans leur cité à Sarcelles, Mustapha et Aïcha rêvent tous deux d'outre-mer... Doué pour la coiffure, il veut se marier avec Aïcha et ouvrir un salon dont elle sera la patronne adorée, au cap Spartel à Tanger, là où l'océan épouse la Méditerranée. En plus du talent, il a la beauté d'un mannequin et attire la convoitise des femmes, sauf celle d'Aïcha qui ne lui accorde pas un regard. Elle, pense Marylin Monroe, vedettes américaines et partir vivre à Hollywood, mais en attendant, elle est obligée de suivre le déménagement de sa famille à Bergerac.
Distrait par un escargot sur la chaussée, Mustapha se fait renverser par une Ferrari : recueilli par la propriétaire, une belle et richissime héritière de 36 ans, il se laisse entraîner dans une vie facile de sexe, de luxe et de loisirs. Tout irait pour le mieux dans ce conte de fées, sans l'arrivée de la sorcière qui n'a pas été invitée et qui prend ombrage de leur apparent bonheur.
Jane Eland signe cette tragi-comédie de moeurs, qui dénonce les risques de la beauté sans vertu et dénote un certain fatalisme : dans un couple, l'harmonie des sentiments est rare et il est difficile d'échapper à sa condition. Les quatre actes : Aïcha, Violette, Isabelle, Seul, suivent une progression dans la mise en place du piège, dont les mâchoires guettent le héros trop peu conscient du danger.

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