vendredi 8 avril 2011

Cul-de-sac (Piège nuptial)

Cul de sac sous le titre original de Douglas Kennedy, Piège nuptial dans sa seconde traduction française, est un livre de cauchemar !
Nick Hawthourne, un américain moyen, journaliste sans grand talent, décide de quitter son métier et son Maine natal pour partir à la découverte des immensités désertiques du bush, en Australie occidentale. Gagné par la sympathie d'une jeune autostoppeuse, il accepte de partager avec elle la route qui descend de Darwin vers le sud. Mais elle n'attend pas le moment de la séparation pour lui montrer combien il est désormais lié à elle et le présenter à sa famille, une bande d'originaux qui vit en communauté au milieu du désert, à l'écart de toutes les routes fréquentées.

Extrait : " Je n'avais rien contre l'Australie avant d'écraser un kangourou par une nuit sans lune et de rencontrer Angie sur une plage ensoleillée. Douce, chaude, Angie. Un vrai rêve pour le voyageur fatigué. C'est quand j'ai su que je l'avais épousée ... que les choses se sont gâtées, vraiment gâtées jusqu'au cauchemar. "

Au-delà de l'intrigue qui secoue bien, le principal attrait de ce livre est la réflexion sous-jacente sur le choix, la destinée et la fatalité. Nick reçoit plusieurs mises en garde dont il ne tient pas compte : on pourrait dire qu'il commet ses erreurs en connaissance de cause. Il y a deux choses qu'aucun australien ne ferait sans craindre les pires conséquences : la première est de conduire de nuit, au risque de croiser un kangourou d'un peu trop près, la seconde est une leçon que Nick n'est pas près d'oublier.  " Je n'avais rien contre l'Australie avant d'écraser un kangourou par une nuit sans lune et de rencontrer Angie sur une plage ensoleillée. Douce, chaude, Angie. Un vrai rêve pour le voyageur fatigué. C'est quand j'ai su que je l'avais épousée ... que les choses se sont gâtées, vraiment gâtées jusqu'au cauchemar. "

Un peu comme Alice traverse le miroir, par l'effet de cette rencontre fortuite, Nick se retrouve dans l'envers du décor, pris au piège d'un traquenard absurde et minutieusement camouflé, entouré de personnages dégénérés et terrifiants.
Par ailleurs, j'ai trouvé amusant que l'idée de son voyage naisse de la fascination exercée sur son imagination par une carte routière périmée, dégotée chez un bouquiniste et qu'il se retrouve dans une ville dont le nom a été effacé de la topographie australienne par décision administrative : il y a là une résonance subtile, dans le genre battement d'aile du papillon, qui contribue à ce que le roman, simple en apparence, se prête à de plus amples réflexions.

Aucun commentaire: