mercredi 18 décembre 2013

L'assassin habite au 21

challenge à vos nombres !
N'en ayant lu que du bien, je l'avais proposé à Volcan pour le circle challenge ABC 2011, alors qu'il demeurait dans ma LàL... je viens de mettre un terme à cette longue attente.

Les crimes de Mr Smith sont crapuleux : il assassine pour dépouiller ses victimes, qu'il assomme d'un coup mortel à la nuque. Sévissant de préférence en plein fog londonien, il sème la psychose et nargue Scotland Yard en déposant sa carte de visite sur les cadavres, parfois à quelques pas d'un sergent de ville.
Pourtant, sa chance semble avoir tourné : un témoin, lui même peu recommandable, soutient l'avoir suivi jusqu'à son domicile... qui se révèle une pension de famille respectable. Parmi les locataires, la police n'écarte d'emblée que les femmes, tous les hommes ou presque sont des suspects potentiels.

Comme l'a bien résumé Volcan, l'intrigue repose sur  une "chasse au Smith" des plus rocambolesques.

Dans ce microcosme, les personnages sont des archétypes, caricatures poussées à l'extrême pour nous faire réagir par préjugés plutôt que par raisonnement : la veuve bourgeoise, la vieille fille effacée, la jeune fille délurée, l'épouse dominatrice, le slave charmeur, le pingre écossais, l'ancien militaire aux Indes, le médecin radié de l'Ordre... jusqu'aux représentants de la " meilleure police du monde " qui n'est pas montrée sous son meilleur jour.
La façon de mener l'intrigue ressemble beaucoup aux enquêtes d'Hercule Poirot, mais la façon d'écrire est beaucoup moins cérébrale, en ce sens que S.A. Steeman engage parfois la discussion directement avec le lecteur, l'interpelle en des apartés où il le pousse à émettre une hypothèse, se moque de son aveuglement. A d'autres moments, nous sommes dans les pensées de Smith, sans pour autant nous donner une réponse ou une justification de ses actes.  
Je dois dire que j'ai bien effleuré la vérité et que j'ai eu un gros doute sur la ficelle principale de l'intrigue, tellement visible, mais je ne m'y suis pas arrêtée assez longtemps pour assembler les preuves disséminées au long des chapitres. La révélation reste la touche finale du roman, mais la police se fait voler la vedette par un des personnages obscurs de l'histoire.
Le travers des apparences, la mise en garde contre l'abus des sens, semble d'ailleurs le fil conducteur de ce roman, à l'image du professeur Lalla-Poor, vrai-faux mage hindou, maître de l'illusion aux surprenantes capacités de pickpocket.

1 commentaire:

paikanne a dit…

J'en garde un bon souvenir mais tellement lointain que je devrais le relire...