dimanche 24 novembre 2013

La fille aux yeux de Botticelli

Je reprends ce roman d'Herbert Lieberman après une longue pause (je l'avais entamé mais laissé quelque part au cours de l'été 2010 - retrouvé et achevé à l'automne 2012)
Mark Manship prépare une gigantesque rétrospective sur Botticelli pour le MET (Metropolitan Museum de New York). Il parcourt l'Europe à la recherche de pièces rares, tableaux et dessins préparatoires, hante les ventes aux enchères ou les collections publiques et privées. Dans le même temps, des toiles du maître sont sauvagement mutilées, tandis qu'à Rome, apparaît une série de cadavres énucléés. Le projet n'est apparemment pas du goût de tout le monde... au sein du conseil d'administration, Mark doit également composer avec l'opposition de son supérieur. Poursuivant néanmoins sa programmation avec ténacité, il parvient à rencontrer Isobel Cattaneo, l'héritière du modèle supposé avoir posé pour Le printemps et La naissance de Vénus (Simonetta Vespucci). Il tente de la convaincre de quitter sa retraite toscane et de venir à New York pour l'inauguration, dans l'intention initiale est de "faire le buzz", afin de susciter les commentaires de la presse événementielle. Mais la jeune femme refuse toute publicité autour de son ancêtre. Au delà de sa beauté, Mark se sent pourtant touché et singulièrement attiré par le mélange de force et de fragilité qui émane d'elle. Héritier d'une vieille famille, le comte Ludovico Borghini veille également sur Isobel. Les deux hommes ne peuvent manquer de se rencontrer : leur rivalité est spontanée et immédiate !
Deux intrigues se nouent dans le roman et je me suis inégalement intéressée à l'une et l'autre : au début, la passion manifestée par Mark, le montage de l'exposition autour de l'oeuvre de Sandro Botticelli, qui doit marquer le sommet de sa carrière et ses recherches dans toute l'Europe m'ont tenue en haleine ; ensuite, la partie criminelle du roman et l'interrogation sur les liens - évidents - mais le mobile - obscur - entre les crimes et le projet de Mark, ont eu du mal à prendre ; toute la partie où il ne se résout pas à rentrer en Amérique après sa rencontre avec Isobel m'ont paru trainer en longueur (j'ai interrompu ma lecture à ce stade) ; enfin, l'ébauche du dénouement, quand une probabilité commence à émerger, m'a parue tirée par les cheveux, peu convaincante et le traitement de la chute, devenue prévisible avec les trois ingrédients le gentil, le méchant et la belle, ont fini de me décevoir : un polar par lequel je ne me suis sentie prise à aucun moment et des personnages dont aucun n'a suscité la moindre empathie.

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