samedi 4 juin 2011

La libraire a aimé

 Depuis plusieurs mois, Corinne et Paul se retrouvent dans un café chaque soir à 19h30, pour boire deux verres de whisky, rarement plus, et échanger sur leurs lectures du moment. Ensuite, ils partent chacun de leur côté et continuent d'ignorer les détails de leur vie, hormis leur métier et leur inclination commune : ils sont libraires et se sont rencontrés sur un salon.
Cette routine semble leur convenir. Un soir pourtant, Paul n'est pas au rendez-vous ; il ne reparaît ni à son lieu de travail, ni à son domicile. Corinne, qui s'était promis de ne plus aimer après une séparation douloureuse, réapprend l'absence, le manque, l'ennui, le vide. Au cours d'une exposition photographique, elle croise le portrait d'un " visage mort " qui ressemble à son ami disparu et comprend qu'elle ne doit pas abdiquer. En quête de Paul, elle accepte de sortir du confort des livres, fait des rencontres qui l'amènent à reprendre pied dans la réalité et connaît une renaissance à la vie.
Le récit débute par l'observation d'un narrateur/voyeur qui a remarqué le manège régulier de ce couple à la terrasse du café ; il cède bientôt la place à son personnage et c'est Corinne exprime ensuite, directement et assez égoistement, son long cheminement intérieur vers la prise de conscience. Paul, bien que présent en filigrane, est très en retrait : il est objet plus que sujet et son avis, son ressenti sont peu abordés. Contrairement à ce que le titre pourrait laisser entendre, il ne s'agit pas de parler de livres, mais d'images mentales : l'auteur fantasme sur une femme qui fantasme sur un homme...

J'ai découvert La libraire a aimé, premier roman de Sophie Poirier paru chez Ana éditions, par hasard dans les rangées de la bibliothèque, avant de lire qu'il a suscité de nombreux commentaires dans la blogosphère. Un peu courte pour un roman, sans être assez concentrée pour une nouvelle, l'histoire laisse beaucoup de questions en suspens. Mais le mieux, si vous voulez en savoir plus, est de rencontrer l'auteur chez elle.

1 commentaire:

Sabbio a dit…

Mais bien sûr que je l'accepte, ne t'inquiète pas ;)