Elle s'appelle Alice, elle a vingt ans, elle est blonde, très belle et italienne, elle vit à Monte, étudie les neurosciences et possède assez d'aplomb pour faire passer une carte de visite avec son numéro de téléphone à un jeune homme inconnu, assis à la table voisine dans un restaurant de Romanze.L'autofiction de Nicolas Fargues commence par cette scène. Ils auraient pu rester de parfaits inconnus, mais le trentenaire, qui est en pleine déroute matrimoniale, compose le numéro... Le lecteur, quant à lui, est plus circonspect et s'interroge sur les motivations et sur le physique de la personne, ce qui ne semble pas effleurer le narrateur. Il s'adresse à un auditeur anonyme (le lecteur) ou un proche confident qu'il tutoie en une longue logorrhée qui tient d'une séance sur canapé, où tour à tour, l'auteur m'a agacée autant que Beigbeder, consternée ou émue parfois, J'étais derrière toi, n'est pas le divertissement plaisant dont j'ai le souvenir avec Le roman de l'été. Le sujet est lourd, parce que ce n'est pas si fréquent de lire un roman sur les violences conjugales subies au masculin. Mais pour moi, le compte n'y est pas.
Âgé d'une trentaine d'années, le narrateur est en plein questionnement existentiel. Il confie à un ami la façon dont la vie, le doute et la souffrance se sont imposés à lui du jour au lendemain. Comme rescapé d'un naufrage, il raconte, sur le ton de la conversation, la rupture avec sa femme Alexandrine, véritable descente aux enfers d'un couple marié avec deux enfants. Simultanément, il relate sa rencontre passionnée et réconfortante avec une jeune amante italienne qui lui ouvre un horizon de liberté. Elle est solaire, l'autre est ténèbres et pour le lecteur, c'est la douche écossaise. Dans une langue crue et quotidienne, il s'interroge sur la souffrance, l'amour et le bonheur, avec un regard lucide teint d'humour et d'autodérision. Lecture par Benoît Magimel
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| " Je suis écrivain pas mannequin " titre le journal, à côté d'exemplaires de son roman J'étais derrière toi |


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