Nouvelles belles ou cruelles, l'art d'Andrea H. Japp réside dans ses personnages, la description de caractères. Parfois mal partis, ils se rétablissent in extremis, hors de portée, d'autres fois ils oscillent, balancent sur la corde raide entre amour et rage.
La leçon du rat : la si gentille vieille voisine
Eloge de la buée : donneuse de leçon aveugle
Emile le taxi : être et avoir été en un ultime instant
La jeune fille et la haine : la revanche d'une victime
Journal intime des rêves : préférer le rêve, finalement
Rosa la rose : banlieue triste, chien dangereux
La virgule : petite soeur muette
Le déjeuner d'amies : cougar même pas peur
En anglais dans le texte : SDF english speaking
Lues le 17 octobre 2014
* * *
Le déménagement de Charlotte d'Andrea Japp est un court roman où la romancière donne encore une fois la pleine mesure de son talent.
L'héroine veut s'éloigner de Paris et prendre du recul sur sa vie. Alors qu'elle visite l'Eure et Loir, elle se sent irrésistiblement attirée par un panneau à vendre et découvre une maison isolée à la splendeur passée La Glorière. C'est le coup de foudre ! Contre toute logique, elle décide de l'acquérir et de s'y installer, mais ses nuits sont hantées par d'étranges impressions. Les choses semblent bouger dans son dos, un livre déplacé... de petits détails auxquels elle pense changent en son absence, une porte qui ne grince plus, un robinet qui cesse de fuir... Charlotte est sur ses gardes mais hésite à prendre peur, d'autant que l'inconnu qui hante la maison, s'il existe en dehors de son imagination, paraît vouloir améliorer son quotidien. Dans la grande maison et son parc immense, Butch son petit bouledogue français bringé est heureux (je ne résiste pas au plaisir de vous mettre une photo trop mignonne)
Le mystérieux fantôme a un nom : Léon. Réussira-t-il à faire le bonheur de Charlotte malgré elle ?
Lue le 6 juillet 2012
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Un jour, je vous ai croisés. Il s’agit de cela. Un geste, un soupir, quelques mots de vous, qu’importe s’ils ne m’étaient pas destinés. Ils m’ont émue, parfois exaspérée, toujours intriguée.
Ce
recueil de 14 nouvelles tend à prouver deux choses : de manière
générale, l'immanence de la qualité d'écrivain, qu'inspire la moindre
rencontre fortuite avec un " sujet " et dans le cas particulier d'Andrea
Japp, son immense art de l'intrigue, qu'elle déploie tant dans
ses séries policières moyennageuses ou contemporaines, que dans
l'exercice auquel elle se prête volontiers dans le format plus court de
la nouvelle.
L'auteur se montre sensible aux lignes de force des rapports humains : la plupart de ses suites imaginaires relèvent de la typologie du pot de terre contre le pot de fer, où elle s'attache, toujours avec beaucoup d'empathie, aux fissures affectives des personnages, à la fragilité, apparente, supposée ou réelle, des Raphaël, Edmond, Etienne, Céline, Jeanne, Blanche... Démunis ou malmenés par la vie, passés maîtres dans l'art de la manipulation ou obligés de s'inventer petites ruses et gros mensonges pour s'en sortir... les protagonistes forment un cortège de douces grands-mères impitoyables, de frêles jeunes femmes diaboliquement retorses, de doux dingues, de faux durs et de vrais tendres, capables du pire comme du meilleur.
L'auteur se montre sensible aux lignes de force des rapports humains : la plupart de ses suites imaginaires relèvent de la typologie du pot de terre contre le pot de fer, où elle s'attache, toujours avec beaucoup d'empathie, aux fissures affectives des personnages, à la fragilité, apparente, supposée ou réelle, des Raphaël, Edmond, Etienne, Céline, Jeanne, Blanche... Démunis ou malmenés par la vie, passés maîtres dans l'art de la manipulation ou obligés de s'inventer petites ruses et gros mensonges pour s'en sortir... les protagonistes forment un cortège de douces grands-mères impitoyables, de frêles jeunes femmes diaboliquement retorses, de doux dingues, de faux durs et de vrais tendres, capables du pire comme du meilleur.
Une
silhouette ou une expression ont attiré son regard, des visages croisés
à l'hôtel, au restaurant, dans la rue ou les transports, qu'elle a
scrutés et détaillés, ont cessé soudain d'être totalement anonymes,
quelques paroles échangées avec des inconnus ou entendues au cours d'une
conversation ont interpelé son ouïe. Ces quelques signes suffisent à
créer le terreau de situations romanesques dont elle tisse les fils pour
imaginer une vie fictive aux personnages entr'aperçus au détour de ce
kaléidoscope d'instants fugaces.
Quelques unes parmi mes préférées :
Chez le plus mauvais traiteur chinois de la planète (surtout pour le titre)
Miroir avec éclats et La poupée dégonflable (des histoires de femmes)
La vraie recette de la brioche et La toile d'araignée de Jeanne (des histoires de grands-mères)
L'alphabet d'Edmond et La folle du logis (pour la tendresse) et La guerre des Noëls (pour l'humour)
Lues le 26 mai 2011

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