Lecture du Read-a-thon Mai 2012 : le bilan complet est ici
4/6
En 2 ans et 150 pages, la narratrice pose un point final à son aventure avec un homme marié. Du fond de son impasse, elle dresse le constat d'une relation qui n'était fusionnelle que de sa part : une autre histoire de Back Street, sans l'humour.
Au fil de la plume, Nathalie Rheims confie son attente lamentable entre deux rencontres, le rare bonheur de quelques escapades prolongées, plombées d'avance par l'imminence de la séparation prochaine et son désarroi, puis sa lassitude face à une situation qu'elle subit jusqu'à la lie. Pour s'échapper et se reconstruire, elle doit en passer par deux étapes successives, renoncer et consigner la trace de ce lent détachement.
J'ai parfois envie de la plaindre et en même temps, je ne peux complétement compatir à son abnégation et à l'abandon de son libre arbitre ; surtout je ne vois pas bien l'intérêt de cet étalage sentimental si ce n'est pour atteindre une seule personne, qui ne sera jamais nommée, et tenter un dernier rappel, en lui communiquant le prix et le poids de ce renoncement, duquel je ne suis finalement qu'à moitié convaincue.J'ai déjà écrit à propos du livre d'Eric Fottorino L'homme qui m'aimait tout bas, combien le deuil me semblait mal s'accommoder d'une exposition en place publique.
Je goûte d'autant moins le genre autobiographique qu'il s'agit ici du deuil d'un amour. Ce n'est pas la démarche qui me gêne, mais son contenu le plus prosaïque, alors que la sublimation de la perte (voire de la non concrétisation) dans une oeuvre qui transcende l'expérience particulière a pu donner, notamment chez les romantiques mais je pense aussi à Pétrarque, des pages magnifiques.
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