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mercredi 24 juillet 2019

Laurent Gaudé [3]

COUP DE COEUR
Eldorado de Laurent Gaudé
Autour d'une saison ETE : titre en jaune
challenge des thés : Bleu - Europe
Je trouve ce titre particulièrement adapté à une lecture dans le cadre de ce challenge qui nous lance, depuis plusieurs années, à la rencontre de tous les continents. En effet, il se déroule en Italie, en Sicile plus précisément et à Lampedusa, une des îles éoliennes située sur la route des nombreux passeurs de migrants clandestins. La frégate Zeffiro est chargée d'intercepter les bateaux en situation irrégulière mais aussi, le plus souvent de sauver les passagers abandonnés à leur sort. Le regard sur le rapport Nord-Sud est renforcé par la confrontation entre deux destins inverses. Un jeune Soudanais, Souleiman tente la traversée dans l'espoir d'offrir une vie meilleure à la deuxième génération de ses descendants. A la suite de deux rencontres, le commandant Salvatore Piracci est profondément bousculé dans ses convictions. Faut-il voir un signe dans son prénom qui signifie " Sauveur " ? La figure de Massambalo, protecteur tutélaire des migrants apporte une touche fantastique, sans être superfétatoire, à l'ensemble du roman.


Le soleil des Scorta
Mon long refus d'aborder ce roman de Laurent Gaudé tient d'une part à un malentendu, d'autre part à une relative déception à la lecture de La porte des enfers dont le billet est toujours dans les brouillons. J'ai adoré cette immersion dans l'Italie très rurale des Pouilles au siècle dernier, la beauté brute des descriptions de paysages et les fulgurances de bonheur saisies par des gens simples.
 Jean Giono Jury 2004
 Goncourt Général 2004
La chronique de Montepuccio, à travers celle de la famille Scorta Mascalzone, illustre la versatilité et l'ambiguïté abrupte des habitants. Après avoir lapidé le fondateur de la lignée, un vaurien prénommé Luciano, ils sont prêt à idolâtrer son fils bâtard Rocco qui règne par la terreur dans la région, avant de prendre parti pour ses descendants déshérités, Domenico, Giuseppe et Carmella contre le curé de la paroisse. Avec leur frère d'adoption Raffaele, les Scorta ont reconquis à force de volonté et de sueur, une relative aisance matérielle. Mais leur fierté d'exister tient en un secret jalousement gardé, transmis à un seul membre, de génération en génération.
L'histoire chronologique d'une famille hors du commun marquée du sceau de l'opprobre et de la folie, est entrecoupée d'un long monologue de Carmella : sortie de son mutisme car sentant venir un Alzheimer, elle confie au nouveau et rude curé un message et unique héritage immatériel, destiné à sa petite-fille Anna quand elle sera en âge de recueillir les confidences de l'aïeule.
Lu le 21 janvier 2016

La porte des enfers
 

mercredi 5 novembre 2014

Chasseurs de chimères

L'âge d'or de la SF française, textes réunis par Serge Lehman
Prix spécial Bob Morane 2007

extrait du résumé :
Démontrant une modernité insoupçonnée, les romans et nouvelles qui composent ce recueil abordent - et parfois inventent - la plupart des thèmes classiques du genre :  le space-opera (La Roue fulgurante), la lutte contre des envahisseurs invisibles (Le Péril bleu), la survie d'hommes préhistoriques à notre époque (Les Dieux rouges), la conscience artificielle (Après la grande migration), l'immortalité de l'esprit (Le Peseur d'âmes), la menace de l'extermination (Les Signaux du soleil) ou la domination d'une espèce (L'Apparition des surhommes)

" Cette vérité qui, jusque là, nous était demeurée invisible, l'anthologiste nous met le nez dessus : il a existé une authentique science-fiction de langue française entre Jules Verne et René Barjavel. " (Ugo Bellagamba)

" Nous sommes entrés, confiants, dans la chronomachine mais qui donc est aux commandes ? [On] se retourne, horreur, c'est Vaugelas " Daniel Drode pour caractériser la dichotomie entre le fond : l'imaginaire lié au merveilleux scientifique et la forme dépassée du roman bourgeois, dont la chute deviendra irréversible au moment de la deuxième guerre mondiale.

Les textes compilés et réunis par Serge Lehman battent en brèche la conviction souvent répandue que l'invention du genre est le fait des anglo-américains. Alors que l'Europe exsangue est occupée à se reconstruire, perdure depuis le XIXème siècle une authentique veine francophone de la science fiction, une école alors dénommée merveilleux-scientifique, constitutive d'un patrimoine littéraire original.

- J.-H. Rosny-Aîné, Les Xipéhuz (invasion sur Terre d'une espèce non anthropomorphe)
- Jean de La Hire, La Roue fulgurante (voyage interplanétaire de cinq personnes enlevées dans les airs)
- Octave Béliard, La Découverte de Paris (exploration polaire sur le site de l'ex-capitale française)
- Maurice Renard, Le Péril bleu (menace céleste d'êtres invisibles)
- Michel Epuy , Anthéa (apparition éphémère d'un nouveau satellite terrestre)  ♥♥♥ 
- Jean d'Esme, Les Dieux rouges (sorcellerie et survivance d'hommes préhistoriques en Cochinchine)
- Claude David, Après la grande migration  (transplantation cérébrale)
- Raoul Brémond, Par-delà l'univers  (voyage dans la 4ème dimension)
- André Maurois, Le Peseur d'âmes  (métempsychose assistée )
- Jacques Spitz, Les Signaux du soleil  (partage convenu du manteau gazeux de la Terre)
- B.R. Bruss, L'Apparition des surhommes  (peut on parler d'une exvasion comme antonyme d'une invasion ?)



Source : Noosfere 
1 - Serge LEHMAN, Hypermondes perdus, pages I à XXVI, Préface
2 - Joseph-Henri ROSNY AÎNÉ, Les Xipéhuz, pages 7 à 35
3 - Jean de LA HIRE, La Roue fulgurante, pages 37 à 244, Roman
4 - Octave BÉLIARD, La Découverte de Paris, pages 245 à 263
5 - Maurice RENARD, Le Péril bleu, pages 265 à 543, Roman
6 - Michel EPUY, Anthéa, pages 545 à 565
7 - Jean d' ESME, Les Dieux rouges, pages 577 à 781, Roman
8 - Claude DAVID, Après la grande migration, pages 783 à 808
9 - Raoul BRÉMOND, Par-delà l'univers, pages 809 à 874, Roman
10 - André MAUROIS, Le Peseur d'âmes, pages 875 à 934
11 - Jacques SPITZ, Les Signaux du soleil, pages 935 à 1056, Roman
12 - B.R. BRUSS, L'Apparition des surhommes, pages 1057 à 1222, Roman
13 - Serge LEHMAN, Les Auteurs, pages 1223 à 1240, Dictionnaire d'auteurs

samedi 8 septembre 2012

Au Sud de la frontière, à l'Ouest du soleil

Haruki Murakami conte une très belle histoire d'amour/amitié entre deux êtres idéalistes et ultra sensibles.
Comme convenu dans le cadre du challenge PàLà2 pour £ivr@ddict, le billet est prévu pour fin octobre, avec peut être une seconde lecture d'ici là.

A douze ans, Hajime rencontre Shimamoto-san, sa petite voisine. Tous deux enfants uniques, ce qui les met d'emblée en marge de leurs camarades de classe en ces années 60,  ils se découvrent ensuite une multitude de points communs dont le goût de la musique classique. Avec la complicité viennent  la confiance et l'absence de tabous sur ce qu'ils sont réellement au fond d'eux. Ils sont à l'âge où on croit l'amitié indestructible. Puis la famille de Shimamoto déménage de nouveau. Hajime retrouve sa solitude jusqu'à sa rencontre avec une autre jeune femme avec laquelle il fonde un foyer heureux. Son beau père appuie ses projets et de bonnes idées lui assure la prospérité. Pourtant, un jour il se met à suivre dans la rue une jeune femme dont la démarche lui rappelle Shimamoto.

Une très belle histoire qui met en lumière un nouvel aspect inconnu de Murakami, qui me déroute à chaque découverte. Je suis en train d'entrer dans le cercle des afficionados.

Avis de l'éditeur :
Conte moderne dont émane un érotisme discret mais obsédant, ce roman, servi par une écriture d'une formidable densité, entraîne le lecteur au coeur des contradictions de héros en quête d'un inaccessible absolu.

jeudi 1 septembre 2011

Challenge Un mot, des titres...

Le challenge ludique de Calypso se poursuit.
Jusqu'à la mi-juillet, les participant(e)s ont eu la possibilité de suggérer un nouveau mot, sélectionné par tirage au sort parmi toutes les propositions. Le temps dédié à la recherche et à la lecture reste fixé à un mois et demi ; les billets sont à rendre le 1er septembre et un nouveau mot sera choisi le 31 août.
Le mot en or est  SOLEIL.

Les résultats :
Joëlle ECORMIER, La petite fleur et le soleil (jeunesse)
Gérard KLEIN, Les voiliers du soleil (SF)
Andrea CAMILLERI, La couleur du soleil (commentaire à venir)

Des envies de lecture non réalisées :
Haruki MURAKAMI, Au Sud de la frontière, à l'Ouest du soleil
Laurent GAUDE, Le soleil des Scorta
Françoise SAGAN, Un peu de soleil dans l'eau froide

Du côté des BD déjà lues :

dimanche 21 août 2011

Les voiliers du soleil

La saga d'Argyre se compose de trois ouvrages, Chirurgien d'une planète, Les voiliers du soleil, et Le long voyage, parus au Fleuve Noir, dans la collection Anticipation, sous le pseudonyme Gilles d'Argyre.

Pour sa réédition dans la collection J'ai lu, illustrée par Caza, le tome 1 a été remanié sous le titre Le rêve des forêts. Archim Noroit a réussi à terraformer la planète Mars et à la doter d'une atmosphère. L'Administration (du projet) devenue toute puissante est en conflit latent avec les prérogatives de l'Assemblée générale de la Terre.
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Le tome 2 se compose de quatre parties : Les voiliers du soleil ; Ganymède ; Les astéroïdes ; La cinquième planète.
Les années ont passé. Ina, la fille d'Archim Noroit et de Gena d'Argyre, astronome et astrophysicienne, poursuit son rêve d'enfant : rencontrer le mystérieux Jor Arlan, dont elle admire les travaux et l'expertise scientifiques dans des domaines aussi divers que la psychologie ou l'espace. Depuis des années, il vit reclus sur Ganymède, une des lunes de Jupiter dont l'accès est strictement défendu aux visiteurs. Faisant route vers Uraniborg, la ville spatiale construite à proximité de Jupiter, Ina prend conscience du danger extrême que la ceinture d'astéroïdes représente pour les voiliers solaires. Digne fille du " chirurgien planétaire ", elle conçoit un projet d'envergure destiné à réduire les risques du voyage. Elle n'est pas la seule à s'intéresser au génie d'Arlan et se fait enlever par un mutant étrange, aveugle mais hyper-tactile, qui l'interroge sous hypnose puis la drogue pour effacer la totalité de sa mémoire. La réaction de l'héroine est très belle. La suite du scénario, sur lequel planent de lourds secrets, présente une histoire de l'humanité qui repose sur une hypothèse, intelligible et subtile.
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La saga d'Argyre fait désormais figure de classique de la SF dans la catégorie space opera. Gérard Klein se montre un conteur plein d'intérêt, mêlant imaginaire et talent d'écriture. Décrivant des nefs à la structure ultra légère, sans moteur, donc à l'abri des pannes et disposant d'une énergie inépuisable, il est un des précurseur du concept de voile solaire comme moyen de propulsion dans l'espace.

L'info en plus
Le principe des voiles solaires est applicable en théorie :
A la fin de sa vie, Johannes Kepler, mathématicien et astronome mort en 1630, découvre que la queue d’une comète indique la direction opposée au soleil, comme un drapeau flottant au vent et non pas le sens de sa trajectoire, comme le sillage d'un bateau dans l'eau. Il en déduit qu’il existe logiquement une sorte de vent solaire dont il suppose qu’il sera possible de l’utiliser un jour pour naviguer dans l’onde céleste.

mercredi 17 août 2011

Un mot, des titres : SOLEIL

La petite fleur et le soleil
Pour illustrer le mot soleil du challenge de Calypso, j'ai choisi un conte pour enfant de Joëlle Ecormier, auteur réunionnaise pré-sélectionnée l'an dernier pour le prix du roman métis de la ville de Saint Denis avec Le petit désordre de la mer (commenté sous peu sur ce blogue). Ecrivant aussi bien pour les adultes que pour la jeunesse et traduisant également des contes originaires de l'Océan indien, elle possède un univers bien à elle, très visuel, tendre et poétique.

Un matin à l'heure habituelle, le soleil n'est pas levé. Au départ, chacun envisage et excuse une petite crise passagère, une soudaine envie de farniente. Mais bientôt, il faut se rendre à l'évidence,  la bouderie du soleil rique de s'éterniser : il persiste dans son refus de se lever...
Toutes les choses qui vivent de sa chaleur et de sa lumière commencent à dépérir et seuls les animaux souterrains trouvent un sujet de contentement.
La Lune son amie, puis les puissants de la Terre : les douze plus grands rois, ses fidèles adorateurs les lézards et même les pierres les plus précieuses désormais privées d'éclat se rendent au chevet de l'astre lumineux pour l'implorer de reparaître ; rien n'y fait, car chacun ne fait que plaider sa cause sans humilité, mais personne ne sait trouver les mots justes pour l'émouvoir.

La question enfantine de Marie (4 ans) " et si le soleil ne se levait pas ? " est à l'origine de l'écriture de ce conte. Sa maman Joëlle Ecormier lui permit d'y contribuer de nouveau à 10 ans en l'illustrant par ses dessins. Ci-contre : le vent qui, attendri par la détresse de la petite fleur, l'emporte jusqu'au soleil.