challenge En 2019, je voyage
Nuits cristallines : Daniel Cliff investit sa fortune gagnée en start up dans la course à la réalisation d'une intelligence artificielle capable de se reprogrammer. Le projet Saphir, un univers virtuel hébergé dans un cristal plus rapide que n'importe quel processeur, permet à ses créatures d'expérimenter l'évolution à un rythme accéléré. Daniel, qui se voit comme leur démiurge, attend en retour la manifestation de leur reconnaissance, mais elles s'échappent, emportant avec elles le support de leur monde.La nouvelle, récompensée par le Prix des lecteurs de Bifrost 2015, questionne les notions d'éthique, de propriété et de sujétion, quand bien même les êtres concernés ne seraient que des intelligences artificielles. L'idée générale est claire mais des passages du texte sont parfois difficiles, parce que les notions scientifiques se fondent sur la recherche récente ; la linguistique évoque le volet des sciences humaines.
Je reprends la nouvelles ci-dessous qui a été lue précédemment dans le recueil Nouveau Space Opéra. Gloire raconte la divergence déontologique de deux curieuses entités confrontées à un obstacle dans l'exécution d'un sauvetage archéologique.
Deux représentants d’une civilisation galactique très avancée sont envoyés sur un monde lointain afin de récupérer les découvertes extraordinaires léguées par une espèce éteinte depuis un million d’années. Mais les maîtres actuels de cette planète ont des ambitions qui risquent de contrecarrer leur mission.
Combinant mathématiques et astrophysique, Greg Egan donne la démonstration de son talent comme écrivain de la hard science parmi les plus novateurs de sa génération, d'ailleurs salué par le prix Hugo et le John W. Campbell Memorial Award. Né à Perth en 1961, il publie sa première nouvelle en 1983. Programmeur de profession, il signe à ce jour huit romans et une soixantaine de nouvelles (anthologie publiée par Le Bélial).
P U B L I C I T E
Mortelles ritournelles : imaginez l'équivalent sonore des images subliminales maintenant interdites dans la publicité... dans le monde de Greg Egan, les annonceurs sont parvenus à solliciter les capacités auditives des consommateurs à leur insu.Michael Underwood, consultant en musique créative pour l’Usine à Inspiration, ne put s’empêcher de jeter un œil discret à sa montre. Il lui restait encore du travail pour la campagne Hypersoft, laquelle se devait d’être terminée le jour même, et l’après-midi filait déjà. Il écoutait John Halbright depuis vingt minutes. Il ne savait toujours pas en quoi ce que présentait le président de la Société de Neurocartographie appliquée « était la plus belle mine d’or publicitaire depuis que le Département du Trésor avait accepté de vendre des emplacements à hologrammes sur le billet de dix dollars ». Halbright remarqua son geste, s’arma de courage et recommença.
« Vous avez bien compris que nous avons identifié les circuits neuronaux impliqués dans le traitement de la musique ? »
La nouvelle suivante, parue en 1953 et unique production de son auteur Ann Warren Griffith, évoque un thème assez proche. Audience captive
Si les produits de consommation se mettaient à se rappeler régulièrement à notre attention pour soutenir notre fièvre acheteuse, les seuls refuges contre la cacophonie publicitaire seraient alors les lieux situés en dehors de la vie séculière, comme les prisons par exemple, mais pour combien de temps...
La collection Dyschroniques des éditions Le passager clandestin regroupe des nouvelles de science fiction dont la réédition présente - a posteriori - un intérêt particulier au regard de la genèse du genre et/ou du sujet abordé.
J'en retiens l'étonnante capacité d'anticipation face à l'évolution possible d'une société livrée sans merci aux mentors du consumérisme.
Je mets le lien vers une interview d'Yves Citton, co-directeur de la revue Multitudes et auteur de Pour une écologie de l’attention et Médiarchie relative au sujet de l'économie de l'attention (1995) : manuel de survie dans un monde hyperconnecté.

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