Depuis qu'elle a recueilli le dernier souffle d'un marin naufragé sur la côte de Rathlin, son île irlandaise natale, la belle Mary aux yeux verts et aux cheveux roux ne se fait plus appeler par son nom de baptême mais par celui que lui a inspiré le noyé : Moïra. Les villageois la disent possédée par un esprit des eaux. Pourtant, Brian l'instituteur lui demande de l'épouser et plus tard, la naissance de leur fils Liam semble l'apaiser.
Mais avec la maladie des pommes de terre, la misère s'installe et ajoute à la douleur de l'occupation anglaise. De nombreuses familles émigrent au Canada où des concessions sont distribuées aux infortunés colons.
Brian s'enfonce avec sa famille dans la forêt à défricher, loin de la mer ; il s'acharne à cultiver un sol revêche, mais reste obstinément attaché à l'Irlande, à son histoire et au gaélique. A la naissance d'Eileen, Mary s'enfuit sans retour et abandonne du jour au lendemain, mari, enfants, maison, pour finir ses jours en ermite au bord du lac Moïra. Brian rêve toujours d'enseigner, mais c'est un homme brisé à plus d'un titre auquel les habitants de Madoc confient la classe du village.
Alors que Liam a les pieds ancrés dans la terre et aspire à la prospérité, Eileen semble avoir hérité des qualités ambigues de sa mère. Esther, sa petite fille, est maintenant une vieille femme et elle se souvient...
La foudre et le sable est une des dernières lectures du circle challenge ABC de l'année 2010 : elle fait partie de la sélection "historique" de Talyate, entre fiction romanesque et saga familiale basée sur des faits avérés.
Jane Urquhart puise au coeur de l'âme irlandaise pour tracer une grande fresque humaine, où se mêlent rudesse de l'existence, fierté des racines et magie des croyances ancestrales. A travers plusieurs générations de femmes, elle décrit la vie de ces courageux paysans irlandais, transplantés hors de leur sol, poussés par la misère et la famine. Mais elle montre aussi les freins à la construction d'un véritable nouveau monde, la persistance des communautarismes et la transposition parfois absurde, outre-atlantique, des vieilles querelles venues d'Europe, la poursuite du combat des "fenians" (nationalistes) contre le joug anglais ou des oppositions entre papistes (catholiques) et orangistes (protestants).

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