lundi 20 décembre 2010

Le nez de Cléopâtre

Quelle meilleure illustration de l'uchronie que d'appliquer au monde la célèbre 162ème pensée de Blaise Pascal « Le nez de Cléopâtre s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé ». Robert Silverberg s'est essayé avec talent aux curieux effets distants nés du battement d'ailes d'un papillon et d'imaginer, dans les six nouvelles de ce recueil intitulé Le nez de Cléopâtre, ce qui serait advenu si...
  • l'empire romain eût perduré jusqu'au troisième millénaire, avant de céder la place à une République (Légendes de la forêt de Veniane)
  • Gengis Khan, contemporain des croisades, eût été élevé à Constantinople dans la foi chrétienne (Le sommeil et l'oubli)
  • Le traité de Düsseldorf eût mis fin à la première guerre mondiale en 1916 (le traitement de cette nouvelle est particulièrement intéressant, à cause d'une double uchronie concurrente qui se déroule en parallèle)
  • la terrible peste noire de 1348 eût donné l'avantage à l'empire turc en Europe (Tombouctou à l'heure du lion, un court roman que l'auteur situe dans le même univers que La porte des mondes)
  • une application informatique eût permis à Socrate d'échanger des vues avec Pizarro (Entre un soldat, puis un autre)
  • en pleine guerre froide, un programmeur eût acquis le pouvoir de simuler une attaque nucléaire (Basileus).

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