vendredi 17 décembre 2010

Feuilles d'automne

Un proverbe chinois en forme d'épitaphe " Luo Ye Gui Gen " (les feuilles d'automne retournent à la terre) vient clore le récit autobiographique d'Adeline Yen Mah, écrit de manière très romancée. Son témoignage, sur fond de guerre sino-japonaise, de combat entre nationalistes et communistes et de révolution culturelle, est très enrichissant et éclaire le lecteur sur de nombreux aspects de la vie de la moyenne bourgeoisie durant ces périodes troublées de l'histoire chinoise.

Fuyant devant l'avancée des troupes japonaises, la famille Yen Mah s'établit dans les années 30 à Shanghai, qui est alors une cité coloniale prospère et cosmopolite, puis à Hong-Kong. Les aïeules d'Adeline, instruites et émancipées, sont des femmes hors du commun ; le grand-père, industrieux, puis le père, créatif et entreprenant, réussissent à faire fortune et à la maintenir en dépit d'un contexte économique et culturel inégalement favorable.
Dernière née d'une famille de quatre enfants, Adeline porte inconsciemment le lourd fardeau de la mort de sa mère peu après sa naissance. Elle ne sera jamais autorisée à la jeunesse insouciante de ses frères et soeur. Le remariage de son père avec la belle "Niang" (mère) d'origine eurasienne et de culture française aggrave la situation des enfants. Pour la petite Jun-Ling, bientôt rebaptisée Adeline, il signe le temps de son exil définitif au ban de la famille. Soutenue par son grand-père et sa tante paternelle, elle trouve néanmoins la force de caractère pour surmonter l'épreuve du rejet paternel et se réfugie dans les études et les livres. Mais elle ne réussit jamais, en dépit de ses efforts uniformes, à voir son amour filial et fraternel payé de retour. Le testament de sa belle-mère lui réserve une ultime déception.

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