J'ai acheté ce roman qui m'avait beaucoup touchée pour pouvoir le lire in extenso ; à la première lecture, j'en avais parcouru brièvement les deux dernières parties avant de le restituer. Cette histoire rappelle assurément celle de Charlie, à l'intelligence si fulgurante en dépit d'un éclat si bref, avec une note infiniment plus triste concernant le sentiment de perte de lucidité puisque c'est une histoire vraie.
Un détail de la couverture m'avait échappé : le titre "Billy Milligan" est constitué des noms répétés des 24 personnes qui composent la personnalité hôte, si riche quand elle apparaît par intermittence en deuxième partie sous les traits du Professeur. Un second tome de Daniel Keyes relate Les mille et une guerres de Billy Milligan pour échapper à l'univers carcéral et au manque de soins destructeurs. Aujourd'hui, Billy Milligan est décédé à son tour.
Daniel Keyes, décédé en juin de cette année (2014) et mondialement reconnu (prix Hugo et prix Nebula) pour son roman Des fleurs pour Algernoon, raconte l'histoire véridique de William Stanley Milligan.
L'affaire Billy Milligan, à partir du moment où il est arrêté pour viols en 1977 et où l'on découvre qu'il possède une personnalité multiple, a fait la une des journaux américains, fascinés par ce cas et par la ligne de défense des avocats commis d'office.
De parti pris clairement annoncé dès l'entrée, le roman de Keyes prend la forme d'un journal circonstancié des évènements avec pour toile de fond la vie de Billy Milligan reconstituée grâce aux témoignages de ceux qui l'ont côtoyé et soigné, à défaut, aux documents écrits et à des dizaines d'heures de conversations enregistrées, avec Billy, mais aussi Arthur, Ragen, Allen, Danny (14 ans, celui qui craque et révèle leur « secret ») etc. en tout, vingt-quatre personnalités d'âge, de caractère, de nationalité et même de sexe
Partie 1 lue le 10 août 2014
La complexité du personnage est un élément d'intérêt dans le roman divisé en trois parties, depuis l'instruction du procès, où Billy apprend son mal mais aussi la lutte qu’ont menée les psychiatres et lui-même pour essayer de « fusionner » en un seul individu les 24 « personnes » avec lesquelles il partage son corps et ses états de conscience, puis ses années d'emprisonnement où il essaie de retrouver en lui le Professeur, personnalité brillante, sensible, précoce, à la mémoire absolue, pédagogue qui a tout appris aux autres habitants et sans lequel le roman n'aurait pu voir le jour. Par ailleurs, le point de vue subjectif de Billy et la convergence des témoignages favorables peuvent faire penser à une habile tentative de manipulation du lecteur mais l'empathie suscitée par Billy, sa volonté à coopérer touchent la sensibilité, l'émotion, la compassion comme dans l'histoire de Charlie.

4 commentaires:
J'avais beaucoup aimé ce roman, fort, sur le thème des personnalités multiples. Une suite existe, que je n'ai jamais lu par contre, "Les 1001 guerres de Billy Miligan".
d'après les commentaires c'est beaucoup plus austère car il est en prison et il n'y a plus toutes ces multiples personnes
mais j'ai beaucoup aimé celui là, KEYES écrit vraiment bien
Hop, billet ajouté !
Merci pour ce billet. je n'ai pas lu Keyes depuis des fleurs pour Algernon. ton billet donne envie de découvrir la vie de Billy!
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