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mardi 15 juillet 2014

Un mot, des titres : JE

Session 25 : un mot a été tiré au sort… Nous publierons nos billets le 15 juillet.
Calypso se félicite que le sort ait enfin désigné son mot :  JE
Bravo… moi ! Comme vous tous ? je trépignais de voir un de mes mots tirés au sort et ce, depuis presque trois ans (!). Ce mot, assez singulier j’en conviens, je l’ai proposé à de nombreuses reprises et je sais que je ne suis pas la seule à être sortie des traditionnels noms et adjectifs.

J'ai deux titres à proposer pour cette session :
- Anne Gavalda que je découvre en audio avec ce recueil de nouvelles
- Gaston Kelman dont j'ai enfin lu le roman/étude sociologique feuilleté et Pàlé il y a quelques années

Je n'aurais sans doute pas ouvert spontanément un roman d'Anna Gavalda à cause de ses titres, qui m'ont fait la classer parmi les Musso et Lévy, mais en livre audio l'expérience m'a tentée. Je croyais qu'il s'agissait d'un roman et non d'une suite de nouvelles, de fait son premier recueil publié : Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part dont j'ai apprécié la variété dans le désenchantement, au point d'aller lire les dernières qui ne passaient pas sur lecteur de disque.  Je signale en particulier l'humour de Catgut (noir) et de Junior (jaune). Dans l'épilogue, elle conte avec humour ses débuts d'auteur. En revanche, du point de vue audio, j'ai été gênée par sa lecture personnelle, très proche du langage parlé, mais je crois à la réflexion que c'est son écriture-même qui est en cause, que cette "qualité" orale fait partie de son style. Ecouté le 3 juin 2014


Lus au cours des années écoulées (ou pas) :

J'aime pas...
- la mer (Françoise Xénakis)
- les autres (Jacques A. Bertrand)  Lu le 23 août 2010
- Halloween (Chrisitine Féret-Fleury) LàL
- le lundi (Jérôme Lambert) LàL


Avec un patronyme qui le ferait rattacher plus spontanément à l'Est de la France, Gaston Kelman se revendique bourguignon : un brin de provocation, dans le but évident de mettre en défaut les a priori de ses vis-à-vis,  qui ne manque pas de surprendre ses interlocuteurs. Son roman (en est-ce bien un ? ou plutôt un essai, une étude de moeurs... ) est à l'avenant. En quelques chapitres dont les titres font tomber un à un les bastions des préjugés : Je suis noir et je n'aime pas le manioc,  je suis noir et j'en ai une petite, je suis noir et je me soigne, etc. il dresse un portrait érudit et humoristique de la négritude/blackitude ambiante dans les dernières décennies du XXème siècle
Etabli dans la couronne francilienne, actif dans le secteur social, il parle de ce qu'il connaît et l'explique par de nombreuses références bibliographiques, mais aussi géographiques en comparant la situation en Afrique, aux Etats-Unis. Mari et père d'enfants tantôt black (son garçon), tantôt marron clair (sa fille), il a expérimenté la distinction des races et genres. Il propose un point de départ à la réflexion, qui n'est certes pas toujours incontestable mais qui reste instructif. Lu le 30 juin 2014

     Extrait :
La culture, c'est l'adaptabilité à un milieu et à un moment. C'est la capacité à utiliser les outils (production) les langages (communication) les comportements (vie sociale) locaux pour vivre. La culture c'est hic et nunc (ici et maintenant). Elle est donc intimement liée aux notions d'espace et de temps.[...] Evidemment, la culture ce sont des langages, qui en plus d'être spatio-temporels, sont générationnels. Les langages, même gestuels, ne sont pas identiques dans le monde entier. Evidemment, la culture, ce sont des comportements, des modes de pensée. Mais là aussi, une fois la valeur établie, ces données doivent s'adapter au milieu de vie. Les valeurs sont plus universelles. Elles (sont)reconnues  par la totalité du genre humain. La tradition est le mode d'ancrage, d'adaptation à son environnement.