dimanche 29 décembre 2013

Le cycle d'Ender : Ender Wiggin

COUP DE COEUR
J'ai découvert La stratégie Ender d'Orson Scott Card, le premier tome du cycle d'Ender, pourtant un classique, grâce au Baby challenge SF 2012.
Publié en 1985, La stratégie Ender reçoit les deux récompenses prestigieuses : le prix Hugo et le prix Nebula. Bis repetita incroyable dans l'histoire de la science-fiction, la suite de ce roman, La Voix des morts, reçoit à nouveau le prix Hugo et le prix Nebula. L'adaptation cinématographique vient de sortir.

Edit du 25/10/2014
je viens de voir le film et je ne suis pas déçue pour une fois, mieux cela me donne envie de me replonger dans la saga pour lire la suite La voix des morts

Résumé :
Il y a cinquante ans, la flotte terrienne a réussi à repousser l'attaque des Doryphores... Aujourd'hui pourtant, une nouvelle invasion menace. Un programme militaire pour la formation des futurs commandants de la flotte est en cours, mais le temps est compté. Parmi les élèves-officiers, tous des enfants surdoués, Andrew Wiggin, dit Ender, focalise toutes les attentions. Appelé à devenir un puissant stratège, il est le jouet de manipulations supérieures depuis sa naissance... Et cela le dépasse. Car c'est entre ses mains que repose le sort de l'humanité et Ender n'a que six ans.

J'ai été subjuguée par la complexité psychologique de l'histoire d'Ender. Ce petit garçon très précoce est manipulé dans le cadre d'un programme militaire secret, afin de le préparer à mener la flotte terrestre à la victoire, dans le prochain affrontement contre les Doryphores, une espèce non humanoïde. A aucun moment, il n'a conscience des enjeux cachés derrière les jeux de stratégie auxquels il se livre et mène les compagnons de son équipe, conditionnés par un entraînement intensif à la limite du supportable.
Lors de la bataille finale, il ignore les conséquences réelles de ses ordres ce qui lui permet de prendre la seule décision efficace, en contournant une règle éthique infrangible pour des adultes. Maintenu immergé de façon quasi permanente dans l'espace virtuel, il n'a fait que combattre le commandant Mazer Rackham, précédent vainqueur des Doryphores, son adversaire et mentor, avec l'esprit de compétition sur-développé qui a été stimulé dès le début de sa préparation militaire.
Avec la victoire définitive, l'entraînement intensif subi par ces adolescents mûris trop vite, privés d'enfance, perd du jour au lendemain sa raison d'être. Démobilisés, ils prennent abruptement conscience de la portée de leurs actes et la société civile ne leur offre aucun accueil. Ender ne le supporte pas, ce qui donne lieu au tome suivant (je n'ai fait que l'entamer en 2012 car l'univers est très différent du premier et je n'étais pas en phase avec cette lecture).

J'ai trouvé très intéressant de me replonger dans cet univers avec la lecture d'Ender Wiggin. Ce recueil comprend trois épisodes périphériques inédits qui éclairent le cycle d'Ender, ainsi que la nouvelle qui a servi de base au roman initial. Cela a contribué à me rendre admirative de la construction de l'oeuvre d'Orson Scott Card.
Dans Le petit Polonais on fait connaissance avec les grands parents d'Ender, leurs convictions politiques et religieuses et leur opposition à la Ligue mondiale, la jeunesse de ses oncles et tantes. Je ne connaissais par l'expression " Grigrigredinmenufretin " utilisée par l'envoyé Graff (qui réapparaît dans La stratégie, toujours présent mais à l'arrière plan où il tire les ficelles). Je suis allée chercher l'explication chez les frères Grimm, dans le conte où l'horrible nain Tracassin revient après de longues années chercher l'enfant premier-né que lui ont inconsidérément promis les (très futurs) parents. Cela m'a éclairée sur le machiavélisme de cet homme et donné des clefs pour comprendre La stratégie.
Dans L'étudiant qui détaché du roman principal, pourrait se lire comme une belle histoire d'amour, on comprend après coup qu'il s'agit des parents d'Ender et du coup leur rencontre passe de fortuite à programmée.
La stratégie Ender (un long résumé du roman en quelque sorte) a été publiée en 1977 dans le magazine Analog. Au delà d'une fiction captivante, ce roman a des côtés inquiétants qui donnent à réfléchir car il contient de nombreuses critiques implicites sur l'armée, la politique, l'eugénisme...
Dans Conseiller financier  qui se situe entre le premier roman et sa suite, il y a une forme de paradoxe temporel. Je n'ai pas saisi de suite qu'il s'agissait du personnage principal de La stratégie et d'ailleurs l'ambiguïté vaut pour les personnes qu'il rencontre. Plusieurs générations ont passé et pourtant, dans cet épisode, Ender vient d'atteindre sa vingtième année et il peut entrer en possession des fonds colossaux qui lui ont été versés en dédommagement de ses années d'entraînement, augmentés des intérêts. Grâce à la cryogénisation, il voyage avec sa soeur Valentine, également surdouée, qui vit de ses revenus d'écrivain et se documente sur l'environnement de ses romans en se déplaçant de monde en monde. On fait également connaissance avec Jane l'IA qui accompagne et conseille Ender dans la suite du cycle. Je soupçonne que c'est lui qui a dû la programmer au faîte de ses capacités intellectuelles, mais il ne semble pas la reconnaître ni s'en souvenir quand elle fait irruption dans sa vie pour prendre possession de son ordinateur.

Maintenant je suis prête à reprendre avec la lecture du cycle avec La voix des morts, ainsi que le roman parallèle, La stratégie de l'ombre, qui donne le point de vue de Bean, le "second" d'Ender.
Extrait de l'avant propos par l'auteur :
En revanche, je ne me suis pas étonné que les suites existantes - La Voix des morts, Xénocide et Les Enfants de l'esprit - n'aient pas eu le même attrait pour les jeunes lecteurs. À l'évidence, cela tient à ce que La Stratégie Ender est centrée sur un enfant, tandis que ses successeurs parlent d'adultes ; et, plus important peut-être, La Stratégie Ender est, du moins apparemment, un récit héroïque et plein d'aventures, alors que ses suites sont complètement différentes, plus lentes, plus contemplatives, plus axées sur la réflexion, et qu'elles traitent de sujets moins immédiatement attirants pour les jeunes.

Ce billet me permet de valider un nouvel état (l'auteur est mormon et Salt Lake City où il enseigne est le siège de leur église)






50 états, 50 billets 29/50
UTAH

1 commentaire:

Sofynet a dit…

Un cycle que je suis curieuse de connaître. Il faudrait que je m'y penche. Hop, billet ajouté ! Bonne fin d'année !