samedi 7 décembre 2013

Portées disparues

J'ai commencé ce roman par le milieu : j'ai eu la chance de tomber sur un des ressorts capitaux de l'intrigue et je n'ai pas pu le lâcher, en l'emportant chez moi et en repartant du début pour le lire d'une traite. Heureusement car comme tant de fois pour les policiers, la quatrième de couverture est beaucoup trop bavarde et je vous la déconseille donc. En revanche, voilà ce qu'on peut lire de l'auteur :
Lalie Walker, passionnée pluridisciplinaire, traductrice trilingue et psychothérapeute de formation, aura eu autant de métiers qu'elle aura connu de vies différentes. Portées disparues est la deuxième enquête de Jeanne Debords publiée en folio Policier.
Portées disparues
J'ai beaucoup aimé le personnage (torturé mais c'est un quasi pléonasme que l'enquêteur principal le soit dans un polar) de Jeanne Debords, ses auxiliaires également l'impulsive Irma et les deux hommes de l'équipe, plus pondérés, Fred dont le coeur balance entre les deux femmes et Philippe. Le roman repose sur l'imbrication de deux affaires, l'étude de cette famille bien sous tout rapport au moment où les apparences volent en éclat, mais aussi le lourd passif de la lieutenant de police. Un très bon moment, j'attends avec impatience de trouver la première enquête : Pour toutes les fois.





N'oublie pas
Un énième meurtre met le service de Jeanne Debords sur les pas d'un tueur en série qui sévit depuis une dizaine d'années sans avoir été détecté, ou plutôt de deux pistes qui se recoupent : des victimes décapitées et d'autres suicidées, mais appartenant toutes aux forces de l'ordre. Cerise sur le chapeau pour Jeanne ou summum de l'horreur, elle fait le lien avec le meurtre non élucidé de ses parents, ce qui lui permet enfin de rouvrir l'enquête et d'obtenir communication du dossier concernant l'assassinat du juge Debords et son épouse, dont elle a trouvé les corps mutilés au cours de la poursuite d'un suspect dans les catacombes.

L'ambiance est toujours glauque à souhait, curieusement plombée par un temps de fin du monde : de la pluie sans discontinuer qui gorge la terre et pourrit les sous sols, des explosions qui éventrent des quartiers de Paris, des secours débordés... une impression d'irréalité et pourtant une telle similitude avec certains aspects contemporains, des quartiers où les bandes font la loi et où les filles sont méprisées, utilisées et humiliées... et une police criminelle sur les dents qui traine une multitude d'affaires non élucidées.
Aux côtés de l'équipe de Jeanne, Irma l'informaticienne géniale et Frédéric, le calme inspecteur qui n'arrive pas à choisir entre sa patronne et sa collègue, les personnages secondaires sont plein d'attraits : l'ancien flic devenu aveugle dans l'explosion de sa voiture piégée, le géant noir qui recueille les âmes perdues dans son "village" un squat aménagé avec amour, le géant blanc mutique qui entend la chanson du vent, le couple étrange formé par la juge aux yeux turquoise et son mari, fleuriste passionné de compositions singulières.

Pour toutes les fois
Ce premier tome est le troisième que je lis, sans dommage, ni désagrément car chaque histoire est une unité. Tout en connaissant la suite, j'ai même pris plaisir à découvrir le début des relations entre Jeanne Debords et ceux de sa future équipe, Irma et Fred, mais également celles, plus houleuses, avec Laure Bellanger. Elle vient d'arriver à Caen et doit s'occuper d'un meurtre commis chez des notables dont le père a le bras très long, puisqu'il connaît personnellement Hubert, le chef de Jeanne. Par ailleurs, un serial killer s'en prend à des jeunes femmes aux yeux verts. Laure se livre à des recherches sur la mémoire, l'inconscient et les rêves, dont elle est le cobaye. Les résultats, au delà de toutes ses espérances, la mènent aux portes de l'impossible et la troublent dangereusement.
Il ne me manque plus pour compléter la série que la suite La stratégie du fou.

A l'ombre des humains
 J'éprouve une petite déception avec ce dernier roman de Lalie Walker. D'abord, le style a changé, en plus haché, plus lapidaire, surtout dans la première partie du roman, plus contemplative, où il se passe peu de choses, sauf la traduction des recherches et des doutes de Franck Albertini. Ensuite, Jeanne Debords a disparu depuis un an et je préfère sa présence à son absence. Franck, son dernier coéquipier et amant, ne peut se résoudre à l'inertie de sa hiérarchie. Il a pris une disponibilité et la recherche sur toutes les routes de France. Ses pas l'amènent dans un curieux village, historiquement séparés en deux, d'un côté ceux de la mer, sur lesquels règne en tyran le patriarche du clan Carsov, de l'autre ceux de la terre : deux communautés qui ne s'interpénètrent pas et ne communiquent pas. Sébastien Martin, le policier local, lui demande de l'aide pour résoudre plusieurs meurtres avec mutilation. La thèse d'un tueur en série semble pourtant à écarter.
Je crois que j'ai mon idée sur l'endroit où elle pourrait avoir "disparu" !

Lalie Walker, psychothérapeute de formation, a écrit un livre sur Le rêve lucide dont il est beaucoup question dans ce roman : je me le suis procurer car il m'intrigue beaucoup Vivre le rêve - Accéder au rêve lucide.

1 commentaire:

fersenette a dit…

Comment ça tu commences les livres par le milieu !?
alors là,je suis médusée. surtout un polar !
:-)