jeudi 5 décembre 2013

Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage

Premier roman
challenge tour du monde : Grande Bretagne
Avis de l'éditeur :
Maître de la manipulation, L.-C. Tyler entraîne le lecteur d’un rebondissement à l’autre, dans une construction diabolique, pleine de chausse-trappes et de trompe-l’œil, jusqu’à une conclusion complètement inattendue, tous les indices disséminés dans le livre apparaissant alors en pleine lumière. Sans jamais se départir de l’humour et du charme fou qui font toute la saveur des romans policiers anglais classiques, il joue avec tous les clichés du genre et nous offre ainsi un thriller au suspense implacable, terriblement jubilatoire.

Ethelred Tressider est une sorte de nègre qui écrit des romans policiers sous trois noms différents. Il est soumis à la férule exigeante d'Elsie, son agent littéraire, qui déteste tant la littérature que les écrivains et n'entend donc pas le dorloter dans les périodes de doute. Justement, depuis quelque temps, Ethelred ne réussit plus à écrire une ligne. Lorsque son ex-femme Géraldine disparaît, les mobiles et les suspects ne manquent pas, mais l'essentiel fait défaut : sans objet du crime, point de meurtre. Lorsque le corps est retrouvé près de chez lui et que la police évoque la piste d’un tueur en série, l’infatigable Elsie pousse notre brave romancier à exploiter d’hypothétiques talents de détective pour résoudre cette étrange affaire qui, elle en est convaincue, saura lui rendre l’inspiration.
Mais y a-t-il vraiment un tueur en série ? Et si oui, est-ce vraiment lui qui a tué Géraldine ?

Voilà un de ces titres à rallonge qui me font immanquablement craquer, sauf que la déconvenue est parfois au bout du chemin. C'est loin d'être le cas ici et même, il s'en est fallu de peu pour que je lui décerne un coup de coeur !
En plus il est parfait pour ma première participation au challenge Lire sous la contrainte (titre long : + de cinq mots). J'exhume donc ce billet inachevé d'une lecture qui remonte à la mi-novembre 2012. Etrange suicide... fait partie de ces romans légers vite oubliés dans le détail mais dont l'impression générale d'avoir passé un bon moment demeure.

Le récit à deux voix (à la première personne, mais on ne s'y perd pas car elles sont classiquement distinguées par la différence de typographie) donne des points de vue diamétralement opposés, ce qui est un des ressort de ce genre de narration. Etherel est le principal concerné par l'affaire (c'est sa femme qui a disparu) même si son discours paraît beaucoup plus distancié que celui de l'autre narrateur, Elsie, laquelle ne s'embarrasse pas de considérations socialement correctes.
L'auteur s'amuse avec les codes, en une dialectique entre écriture et scénario : s'il utilise les conventions du roman d'intrigue, il se plaît à en briser le rythme par les interventions intempestives d'Elsie et les digressions et atermoiements d'Etherel. Il multiplie les traits d'esprit, impertinences, subtilités et second degré. Le seul personnage insensible au déroulement du roman reste l'inspecteur Fairfax, dont les investigations semblent se dérouler en marge de la narration et qui pousse tranquillement son enquête vers la surprise de l'aboutissement.
J'ai retrouvé avec plaisir la marque de fabrique de la littérature britannique contemporaine (si j'excepte l'odieux Merde in France), cette "touch of humour" typiquement pince-sans-rire mise à l'honneur par les inventeurs du mot.
Je conseille d'ailleurs un autre roman à suspense où il est question d'une Fiat (blanche) et où le drame est traité avec humour : J'ai tué la princesse.

1 commentaire:

Philippe D a dit…

Un peu de retard mais ce n'est pas grave. Je rajoute le lien sur le récapitulatif du mois.
Merci pour cette première participation en espérant qu'il y en aura beaucoup d'autres.
Bonne fin d'année.