jeudi 24 juillet 2014

Un mot, des titres

Alors que le bilan de nos lectures pour le mot JE sera publié demain, Calypso nous annonce d'ores et déjà le résultat du tirage au sort pour la 26ème session du challenge.
12 propositions m'ont été faites  pour un total de 12 mots différents ! Bravo !
L'heureux élu est...
COEUR
Ce mot vous tente ? Alors, c'est très simple ! Vous avez un mois et demi pour lire un livre dont le titre contiendra le mot « cœur ». Nous publierons nos billets le 1er septembre. Le prochain mot sera annoncé le 31 août.

Quelques titres de ma Làl, mais je suis aussi soumise au gré de mes envies à la bibliothèque :
j'en ai emprunté un, mais lequel ?


mercredi 23 juillet 2014

Mortelle Riviera

Lire sous la contrainte session estivale : une trilogie
C'est bien triste car la première couverture laisse déjà supposer la fin, quand bien même je ne connaissais, au départ, que les titres des deux premiers tomes : La candidate, L'élue... fin du cycle : La défunte. Maître Alix des Maures, avocate, est une sorte de chevalier Bayard qui se met en tête de dénoncer les pratiques mafieuses et de lutter contre la corruption sur la Côte d'Azur (les noms sont transparents : Riviera, Saint-Mont-les-Flots et Cannes, dont la concurrence est évoquée, toute proche). Ce n'est pas ce que son père espérait d'elle quand il est venu la chercher à Paris, à l'enterrement de sa mère, alors qu'ils ne s'étaient pas vus plus de deux fois en 15 ans. Romuald des Mauges, sénateur et maire de la commune depuis 40 années, est impliqué dans toutes les pratiques douteuses qui peuvent accompagner un mandat électoral peu scrupuleux : magouilles immobilières, corruption, drogue et prostitution... au détriment des petites gens, locataires de HLM et habitants des quartiers pauvres de la vieille ville qui subissent la loi du plus fort, la violence, les intimidations, l'insécurité.


Dans cette trilogie, les auteurs Bartoll (Insiders) et Legrain montrent les liens entre la politique, les financements des partis, etc. et le crime organisé. C'est assez efficace, mais consternant puisque le combat semble perdu d'avance pour les défenseurs de la probité et que les alliés sont toujours susceptibles de trahison ou de lâcheté. Rien à voir avec l'actualité d'une commune des Hauts-de-Seine  et la saga familiale tragi-comique autour d'une affaire de pots-de-vin quoique...

mardi 22 juillet 2014

Un thé sur le divan bleu

Enigme des cinq continents : Afrique

Avant dernière étape de notre voyage (itinéraire au choix) proposé par Drussnaga, avec à la clef une énigme littéraire à résoudre, je vous présente une BD jeunesse dont j'ai collectionné les 12 tomes au fur et à mesure de leur parution chez Dupuis : Les aventures de Jimmy Tousseul. Rééditée chez Glénat, la collection s'est enrichie de 3 (actuellement) nouvelles aventures.
Jimmy rêve d'Afrique où ses parents ont disparu. Il entreprend le long voyage pour retrouver des traces de son père, mais c'est en fait à la découverte de lui même et des autres que nous convient les auteurs Daniel Desorgher et Stephen Desberg (tous les deux ont grandi en Afrique). Confronté aux rites et traditions de l'Afrique, mais aussi au monde des adultes, Jimmy fait son apprentissage de la vie.
On reconnaît bien la ligne éditoriale du Journal de Spirou.  C'est ado sans être infantile et les albums s'appuient sur des réalités socio-économiques qui posent véritablement procblème. Voir La corne de rhinocéros

Dans un autre registre, j'ai beaucoup apprécié le roman autobiographique de Natasha Illum Berg, inspiré par la mémoire de Tonio (le peintre Antonio Trzebinski) assassiné à quelques pas de sa case, au Kenya, un soir où il venait la retrouver.
Unique femme titulaire d'un permis de chasse au gros gibier sauvage, elle vit en Afrique depuis ses 18 ans et organise des safaris. Elle n'a pas froid aux yeux et elle est habituée à côtoyer le danger, en solitaire. Pourtant, le meurtre de son ami/amant/âme soeur laisse un grand vide qu'elle s'efforce de combler avec la poésie, alors que le droit au deuil lui est refusé par la bonne société de Nairobi.
Elle réussit une magnifique oeuvre, dont la tragique beauté m'a rappelé le film de Sydney Pollack à partir du roman de Karen Blixen Out of Africa (La ferme africaine) avec Merryl Streep et Robert Redford dans les rôles principaux : deux êtres exceptionnels, indépendants et forts, se rencontrent mais ne peuvent néanmoins sacrifier leur liberté à leur amour : chacun le comprend et vit dans et avec l'acceptation de cet état de fait ; seule la mort est inacceptable.

L'info en +
Avec Out of Africa, Sidney Pollack adapte La Ferme Africaine mais aussi les deux biographies The Life of a Storyteller de Judith Thurman et Silence Will Speak d'Errol Trzebinski (la mère du peintre), oscillant constamment entre la vision idéalisée et romanesque issue des écrits de Karen Blixen et un certain réalisme et vérité sur les évènements amenés par ses biographes.

lundi 21 juillet 2014

Uchronies extra-terrestres

Ils pourraient changer le cours de l'histoire...

Nico 1/2
Recueillie enfant dans Berlin ravagé, Nico a été adoptée par un membre de l'OSS. Comme Dallas, son ami d'enfance dont le père est également militaire, elle a été entraînée pour devenir agent secret. Adolescente, elle a assisté avec ses amis (allusion au club des cinq avec leur chien ?) à la chute de la soucoupe volante de Roswell.
Mais dans cette réalité, le président Truman, contre l'avis d'Eisenhover, en a révélé l'existence au monde entier, une réalité différente où Marilyn fête ses 40 ans et s'appelle Mme Isaac Asimov. De leur côté, les russes possèdent aussi leur réplique de l'objet volant, qui s'est écrasé en Sibérie ; ils ont abattu la tribu témoin de l'accident et ont tenu la découverte secrète. Et Staline de dire : Le futur ne sera pas tout à fait celui que l'Amérique semblait prévoir. Lu le 18 juillet 2014
tome 2 : Fidel Castro a été écarté du pouvoir à Cuba, mais il connaît l'existence d'une troisième soucoupe tombée dans les Caraïbes. Alors que Le Che s'est exilé en Chine, lui s'est allié aux soviétiques auxquels il a révélé son secret. Eisenhover a fait fortune en repêchant des bâtiments militaires et des trésors grâce à la technologie alien. Il a détourné un sous-marin russe au moyen duquel il veut déclencher une guerre nucléaire en tirant sur Kennedy en visite au centre de Guantanamo.
Nico, partie sur les traces de sa mère en Allemagne, se retrouve au coeur de la machination. Talentueuse et réactive, elle réussit à s'introduire dans la base sous-marine d'Eisenhover, avec la complicité de Castro qui devient son amant. L'inspiration du personnage principal, l'une blonde, l'autre brune est très proche de la série Pin'up qui relate les aventures à rebondissements de la sulfureuse Ivy ; les traits attribués aux personnages féminins  de Philippe Berthet sont reconnaissables entre mille.

Midgard, tome 2 : Vers le Nord (peut se lire sans le 1 car il y a un résumé)
Peu importe sa race et sa couleur de peau, Oon reste un garnement qui cherche à échapper au châtiment que méritent ses mauvaises actions. Enfui à bord d'une soucoupe, il s'écrase sur Terre, en plein raid viking contre un monastère irlandais et se retrouve au nombre de leurs prises de guerre : moines terrorisés, bière et moutons. En plus, il n'a que mépris pour les "planétaires" qu'ils soient à plumes, à cornes ou à poils. Pendant ce temps, Joric un jeune flamand débrouillard, s'est glissé dans les pas de Snorri, un des guerriers venus du Nord qui n'a pas pu rejoindre son drakkar à temps auquel Joric tente d'enseigner comment survivre en territoire ennemi.
Plus connu pour Kaamelott que j'ai moyennement apprécié, Steven Dupré a également illustré le tome 3 (gourmandise) de Pandora Box et la série Coma (j'aime beaucoup)


Joëlle Ecormier [2]

D'un côté, le feu, la terre, de l'autre, l'eau, l'air, deux romans de Joëlle Ecormier qui plantent leur décor dans l'ïle de La Réunion, à découvrir -  dans la presse 


Unchocolatdansmonroman en a écrit tellement de bien quand il est sorti et comme par ailleurs je n'ai pas été déçue par mes précédentes rencontres avec les textes de Joëlle Ecormier, je comptais bien le lire un jour, à l'occasion... qui s'est présentée à la bibliothèque.
B(r)aises
Si j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire, une fois emportée par le souffle du dragon, je n'ai pas pu lâcher le live. Pourtant, l'ambiance est pesante, dramatique dès le début. L'angoisse est très présente car il y a un disparu, voire un mort. Le doute persiste jusqu'au dénouement.
Les passages à la première personne, d'une femme perdue au milieu des coulées de lave encore fumantes, puis perdue dans ses pensées, ses souvenirs, alternent avec des fragments d'interrogatoire en caractère gras. Son compagnon n'est pas rentré et les recherches ne donnent rien...
Les impressions dégagées par les paysages de La Fournaise après l'éruption spectaculaire de 2007 qui a coupé la route nationale entre St Philippe et Ste Rose, au lieu dit Le Tremblet et a gagné la mer sont très bien rendus : un mélange d'attrait puissant, de fascination irrésistible et de peur viscérale.
Au début, cela ressemble à une banale dispute, une fin de soirée gâchée, mais ensuite, le drame d'une vie à deux impossible, d'un déséquilibre fondamental dans le couple dont il est question, d'une accumulation impardonnable de non-dits émerge petit à petit et se dévoile dans tous ses détails, misérables, parfois choquants.

COUP DE COEUR
Plus léger que l'air
A Paris, Joséphine mène la vie qu'elle a voulu : des études artistiques, une carrière de publicitaire sur le point de décrocher un faramineux contrat, une vie de couple promise au mariage avec un brillant chirurgien. Pourtant, tous les soirs, dans le silence d'une piscine désertée, elle enchaîne les longueurs et s'essaie à des séances d'apnée prolongées. Une lettre venue de son île natale provoque un retour sur le passé qui la hante : afin d'exorciser enfin ses vieux démons, elle prend l'avion pour Saint Denis de La Réunion. Son but est de vendre la belle case familiale aux promoteurs qui la convoitent pour en faire un hôtel de luxe. Auprès de Madeleine et Léger, le couple d'intendants qui a veillé sur son enfance et continue d'entretenir la propriété, sa visite prend peu à peu un autre sens et un tour plus salutaire.
J'ai aimé ce roman, le premier de Joëlle Ecomier dont j'ai déjà apprécié la plume légère et subtile, capable d'évoquer l'intangible dans Le petit désordre de la mer et dans une moindre mesure dans son album jeunesse La petite fleur et le soleil. En particulier, j'ai apprécié l'évocation de paysages, de scènes, d'attitudes qui me sont devenues familières et par dessus tout, les attachants personnages de Léger et Madeleine.
Le texte est émaillé de souvenirs et réflexions d'Andy Le Sauce, apnéiste multi-recordman et réunionnais d'adoption, qui viennent faire écho à la révolution qui se produit dans l'esprit de Joséphine au contact de ses souvenirs.
Je recommande chaudement le billet d'Unchocolatdansmonroman  une autre blogueuse réunionnaise dont je partage le ressenti.
Lu le 27 juin 2014

dimanche 20 juillet 2014

Le secret de l'imam bleu

Le traducteur des Versets oubliés, œuvre qui conteste l’origine du Coran, vient d’être assassiné. Qu’est-ce que l’Imam bleu, chef des Islamistes, a bien pu imaginer pour punir les infidèles ? Une chose est sûre : si les services secrets ne réagissent pas dans les quarante-huit heures, le 11-Septembre ne sera qu’une pâle copie de ce qui se trame pour les fêtes de fin d’année…

Bernard Besson imagine un attentat qui doit surpasser l'effroi suscité par l'effondrement des Twin Towers. Pierre Morvan, le coordonnateur du renseignement français, est la cible hexagonale de cette flambée d'islamisme radical. Les protagonistes de cette course contre la montre sont Tarek Hamza, Henri Boulard et Michel Clément Hamrouche, au sein desquels le représentant de la CIA en France, Melchior Giamenti (dit le mage), joue un rôle trouble.
L'auteur est membre du Comité d’action stratégique pour l’intelligence économique, placé sous la responsabilité du ministère de l’Intérieur. Ancien directeur de cabinet aux RG, puis à la DST, il est l’auteur de plusieurs romans, dont Chromosomes et Le Matin des Justes.

Des noeuds d'acier

Grand Prix de la Littérature Policière - Français - 2013 - Collection Sueurs froides chez Denoël
Dans un premier temps, j'ai trouvé la couverture jolie, parmi les nouveautés du mois. En lisant la quatrième de couverture, cela m'a rappelé le roman de Karine Giebel qui m'avait laissé une sale impression, durablement. Et puis je me suis souvenue que ce titre de Sandrine Collette avait été pas mal commenté sur les blogues amis et j'ai voulu en savoir plus : comme toujours la curiosité...
Extrait :
Avril 2001. Dans la cave d'une ferme miteuse, un homme est enchaîné. Théo, quarante ans, a été capturé par deux vieillards qui veulent faire de lui leur esclave. Théo n'a pourtant rien d'une proie facile : athlétique et brutal, il sortait de prison quand ces deux vieux fous l'ont piégé au fond des bois. Les ennuis, il en a vu d'autres. Alors, il refuse de croire à ce cauchemar. Il a résisté à la prison, il se jure d'échapper à ses geôliers.

Pris au piège d'une rabatteuse peu ordinaire, à peine sorti de prison et moralement affaibli, Théophile Béranger se fait intercepter en pleine cavale, alors que personne ne sait où il est, ni ne risque de s'inquiéter de son sort. Les fers aux mains et aux pieds, il rejoint un autre prisonnier dans la cave de la ferme délabrée et sordide. Luc est lui aussi prisonnier, oublié de tous et traité comme un chien depuis huit ans ; un autre est mort avant lui, enterré sous leur bas-flanc.
Les deux frères, Joshua et Basile Pacault, sont fous mais pas bêtes. Méfiants et précautionneux, ils vivent à l'écart de tout depuis soixante ans, leur seul contact avec le monde se fait par l'intermédiaire de leur soeur Rose Mignon et Eric le gardien d'une propriété voisine. Alors que Luc souffre d'une mauvaise blessure à la jambe, Théo arrive à point pour prendre le relais et les aider à couper le bois, entretenir le potager, cuisiner, nettoyer.
Le seul bémol à ma lecture  et je ne spoile rien en écrivant cela, c'est que j'ai trouvé le suspense moins insoutenable que chez Karine Giebel par exemple, parce qu'on est renseigné indirectement mais dès le début, sur l'issue de la captivité de Théo, grâce au procédé narratif : les faits sont rapportés a posteriori par une tierce personne.

D'autres histoires de séquestration
Piège nuptial, Douglas Kennedy
Les morsures de l'ombre, Karine Giebel    SNCF du Polar 2009

samedi 19 juillet 2014

Le pendu littéraire

Pour corser mes lectures estivales, je me suis inscrite à une autre sorte de challenge qui rejoint un peu Lire sous la contrainte, mis en pause jusqu'en septembre, puisqu'il s'agit de choisir une lettre et de lire des auteurs dont le nom la contient un maximum d'occurences. Pour plus de détails sur l'organisation, voir les explications de Merryfantasy
Je suis associée à Melymelo et nous avons pour tâche de trouver des -R
J'ai dans ma PàL de quoi "gagner" 6*3 points, mais je suis à la recherche d'un 4R !
Charline QUARRE A contre jour
Christian GRENIER Virus LIV3 ou la mort des livres
Pierre Marcel FELIX La trajectoire du point
Barbara KINGSOLVER L'arbre aux haricots
Arni THORARINSSON Le septième fils
Muriel BARBERY Une gourmandise

Edit du 19 juillet 2014 :
ça y est je l'ai trouvé : Le père de nos pères de Bernard Werber, je l'ai troqué il y a un certain temps déjà et c'est donc bien évidemment par lui que je vais commencer ce challenge.

mercredi 16 juillet 2014

Les challenges qui se terminent cet été... et ceux que je commence

Lacunes => 15 juin 2014
petit bilan avec une LC qui m'a beaucoup moins emballée que mes co-lectrices
La vie devant soi d'Emile Ajar (Romain Gary)
La petite fille de Monsieur Linh Cœur étincelant de Philippe Claudel
L'écume des jours de Boris Vian  qui est venu remplacer  J'irai cracher sur vos tombes dans ma liste (et PàL)

Oh my couverture => 15 juillet 2014
J'ai participé avec quelques couvertures horrifiques mais j'en ai vu de bien mieux (PIRE) chez les autres
on attend le résultat du vote mais déjà celle de l'organisatrice se détache du lot des favoris

Thrillers et polars => 9 juillet 2015
ça faisait longtemps que je lorgnais du côté de ce challenge organisé par Liliba et en plus je vais pouvoir le combiner avec mon ABC polar


mardi 15 juillet 2014

Un mot, des titres : JE

Session 25 : un mot a été tiré au sort… Nous publierons nos billets le 15 juillet.
Calypso se félicite que le sort ait enfin désigné son mot :  JE
Bravo… moi ! Comme vous tous ? je trépignais de voir un de mes mots tirés au sort et ce, depuis presque trois ans (!). Ce mot, assez singulier j’en conviens, je l’ai proposé à de nombreuses reprises et je sais que je ne suis pas la seule à être sortie des traditionnels noms et adjectifs.

J'ai deux titres à proposer pour cette session :
- Anne Gavalda que je découvre en audio avec ce recueil de nouvelles
- Gaston Kelman dont j'ai enfin lu le roman/étude sociologique feuilleté et Pàlé il y a quelques années

Je n'aurais sans doute pas ouvert spontanément un roman d'Anna Gavalda à cause de ses titres, qui m'ont fait la classer parmi les Musso et Lévy, mais en livre audio l'expérience m'a tentée. Je croyais qu'il s'agissait d'un roman et non d'une suite de nouvelles, de fait son premier recueil publié : Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part dont j'ai apprécié la variété dans le désenchantement, au point d'aller lire les dernières qui ne passaient pas sur lecteur de disque.  Je signale en particulier l'humour de Catgut (noir) et de Junior (jaune). Dans l'épilogue, elle conte avec humour ses débuts d'auteur. En revanche, du point de vue audio, j'ai été gênée par sa lecture personnelle, très proche du langage parlé, mais je crois à la réflexion que c'est son écriture-même qui est en cause, que cette "qualité" orale fait partie de son style. Ecouté le 3 juin 2014


Lus au cours des années écoulées (ou pas) :

J'aime pas...
- la mer (Françoise Xénakis)
- les autres (Jacques A. Bertrand)  Lu le 23 août 2010
- Halloween (Chrisitine Féret-Fleury) LàL
- le lundi (Jérôme Lambert) LàL


Avec un patronyme qui le ferait rattacher plus spontanément à l'Est de la France, Gaston Kelman se revendique bourguignon : un brin de provocation, dans le but évident de mettre en défaut les a priori de ses vis-à-vis,  qui ne manque pas de surprendre ses interlocuteurs. Son roman (en est-ce bien un ? ou plutôt un essai, une étude de moeurs... ) est à l'avenant. En quelques chapitres dont les titres font tomber un à un les bastions des préjugés : Je suis noir et je n'aime pas le manioc,  je suis noir et j'en ai une petite, je suis noir et je me soigne, etc. il dresse un portrait érudit et humoristique de la négritude/blackitude ambiante dans les dernières décennies du XXème siècle
Etabli dans la couronne francilienne, actif dans le secteur social, il parle de ce qu'il connaît et l'explique par de nombreuses références bibliographiques, mais aussi géographiques en comparant la situation en Afrique, aux Etats-Unis. Mari et père d'enfants tantôt black (son garçon), tantôt marron clair (sa fille), il a expérimenté la distinction des races et genres. Il propose un point de départ à la réflexion, qui n'est certes pas toujours incontestable mais qui reste instructif. Lu le 30 juin 2014

     Extrait :
La culture, c'est l'adaptabilité à un milieu et à un moment. C'est la capacité à utiliser les outils (production) les langages (communication) les comportements (vie sociale) locaux pour vivre. La culture c'est hic et nunc (ici et maintenant). Elle est donc intimement liée aux notions d'espace et de temps.[...] Evidemment, la culture ce sont des langages, qui en plus d'être spatio-temporels, sont générationnels. Les langages, même gestuels, ne sont pas identiques dans le monde entier. Evidemment, la culture, ce sont des comportements, des modes de pensée. Mais là aussi, une fois la valeur établie, ces données doivent s'adapter au milieu de vie. Les valeurs sont plus universelles. Elles (sont)reconnues  par la totalité du genre humain. La tradition est le mode d'ancrage, d'adaptation à son environnement.

dimanche 13 juillet 2014

La neige noire d'Oslo

Tour du monde : Norvège

Merci à Babelio et aux éditions Anacharsis qui m'ont fait parvenir La neige noire d'Oslo de Luigi di Ruscio (écrivain-ouvrier d'origine italienne, établie en Norvège et mort à Oslo en 2011)
 « Comment se fier à des témoins oculaires qui affirment avoir vu de magnifiques couchers de soleil quand on sait pertinemment que le soleil ne se couche pas, 
c’est nous qui crépusculons constamment. ». 
Voilà la phrase étrange et belle - pertinente autant que poétique - qui a retenu mon attention et fait choisir ce livre lors du dernier Masse critique (Détails de l'opération).

Extrait du résumé :
Enfermé dans « sa tour de glace » – le petit appartement d’une banlieue ouvrière d’Oslo –, puisant dans un quotidien où personne ne parle sa langue, ni à l’usine ni en famille, Luigi Di Ruscio a écrit le monde quarante ans durant. Entraîné par le flot des crépitements incessants de sa machine à écrire, il mêle librement le roman, l’autobiographie, la poésie.

Par un phénomène qui ne connaît pas de règle stricte dans le monde des écrivains polyglottes, l'auteur, bien qu'ayant vécu plus de quarante ans en Norvège, dont il parle et lit la langue, a fait le choix d'écrire dans sa langue maternelle, l'italien, qu'il lit et écrit mais avoue parler de plus en plus mal. C'est une chose à laquelle je m'intéresse et qui, ajoutée au fait qu'il est italophone, m'a aidée dans mon approche de cette prose qui n'est pas extrêmement facile.
Pour le fonds,  l'auteur est en droit de supposer qu'il s'agit d'un dernier roman, d'une ultime occasion de régler des comptes ou plutôt de préciser des aspects de son travail, en réponse à des critiques, des réactions à ses écrits précédents. Il se présente comme ouvrier, autodidacte, engagé politiquement et artistiquement : son témoignage est passionnant à plus d'un titre car s'il a peu profité de l'école, il a énormément étudié, ses réflexions et ses références en témoignent. Etranger, migrant, exilé économique, il mêle reconnaissance et critique pour son pays d'accueil, fidélité à sa patrie et à sa culture natale.
Du point de vue formel, la langue est belle, claire, mais truffée de néologismes, d'inventions linguistiques (j'entrevois et admire la subtilité de la traduction en français). Le texte donne l'impression d'une longue loghorrée sans aucune ponctuation ; chez Alain Mabanckou, cet aspect a été rédhibitoire et j'ai abandonné au bout de deux tentatives (Verre cassé et Mémoires de porc-épic) ; chez Luigi Di Ruscio, je n'ai rencontré aucune difficulté à suivre le fil d'une pensée qui se dévide sur le papier via le clavier de la vieille machine à écrire et qui m'a fait penser aux expériences d'écriture automatique.
Je ne suis pas sûre que je serais à même d'apprécier ses poèmes néoréalistes, mais en ce qui concerne cet objet littéraire non identifié, j'ai été séduite par la langue de cet homme et j'ai envie de le découvrir en VO.

samedi 12 juillet 2014

Let's rat

10:00  Je suis à pied d'oeuvre pour commencer, un petit (moins de 200 pages) pour la mise en bouche, il y a du vent mais je vais essayer de lire dehors au soleil, je pars au Kenya avec Natasha Illum Berg
Read-a-thon, qu'est-ce que c'est ?  Le blog du RàT

13:00  Pause, j'ai un RDV et ensuite je mangerai un peu

16:00  Pour l'instant, c'est plutôt un Raté pour moi car je suis tellement fatiguée que je me suis endormie sur mon livre. Je n'ai lu que 150 malheureuses pages d'Un thé sur le divan bleu qui est pourtant très bien.

19:00  J'ai fini le roman et j'ai lu deux nouvelles d'Alternative rock, je vais attaquer un moyen (plus de 400 pages).

22:00  Je jette l'éponge, mes yeux se ferment et je ne trouve pas de position confortable pour continuer à lire, j'en suis environ à la moitié de Player one.
Bilan de ce premier jour : 446 pages, je n'ai jamais fait moins, heureusement que je suis inscrite aux 24 heures sur 2 jours, je ferai sûrement mieux demain !

13 juillet 2014

7:00  J'ai très envie de connaître la suite des aventures de Parzival et Art3mis et comme je suis déjà debout...

10:00  Il me reste un cinquantaine de pages à lire, puis je ferai une pause énergétique, ensuite je pense lire un polar pour mon challenge ABC, j'ai aussi deux partenariats et un JE mystère dans ma Pàl...

13:00  J'ai fini mes 400 pages et j'ai lu une autre nouvelle d'Alternative rock
Il n'y a pas beaucoup d'activité du côté des autres Rathoniennes non plus

16:00  170 pages lues, je n'ai pas l'impression d'avancer et l'histoire me rappelle quelque chose de Jumelles c'est assez dérangeant, mais j'ai envie de savoir la fin, encore trois heures de lecture

19:00  Il me reste une petite centaine de pages, je m'arrête pour aller voir le feu d'artifice au bord de la plage...
Demain je continue et je savoure le plaisir d'un week end sans obligation et dédié au farniente.

14 juillet 2014

10:00  J'ai hâte de connaître le dénouement de La femme au portrait

Ni top, ni flop, le résultat de mon week end prolongé :


Natasha ILLUM BERG Un thé sur le divan bleu 164
collectif Alternative rock 100
Ernest CLINE Player one 404
Greg ILES La femme au portrait 509


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vendredi 11 juillet 2014

Stupeur et tremblements - Ni d'Eve ni d'Adam - La nostalgie heureuse

Comme d'autres lectrices, j'aime particulièrement quand Amélie Nothomb prend pour sujet ses années au Japon. La période décrite dans Stupeur et tremblements se situe au coeur de ce roman, pendant l'année où elle a tenté d'être une employée japonaise comme une autre. La suite, 16 ans après, est racontée dans La nostalgie heureuse que je suis en train d'écouter.

Sous prétexte d'une romance avec un jeune Tokyoïte, Ni d'Eve ni d'Adam est la chronique d'une histoire d'amour avec le Japon : sentimentalement parlant, quel dommage qu'elle finisse par une fuite car le jeune Rinri a tout du prince charmant dont rêvent, sinon toutes, la plupart de filles.
L'épisode de l'excursion périlleuse dans la montagne enneigée, la nuit dans le gîte glacial,  l'imaginaire autour de Yamamba la sorcière et la relation au Mont Fuji traduisent de manière exaltée le caractère de la relation de l'auteur avec son pays "de naissance".
Lu le 11 juillet 2014

La nostalgie heureuse (audio)
De retour au Japon avec une équipe de télévision, l'auteur retourne dans la province du Kansaï et à Kobé, découvre la reconstruction de Fukushima après le tsunami, retrouve sa nourrice, son école maternelle, son fiancé Rinri, le parc où ils allaient admirer les cerisiers en fleurs, mais aussi le vide des lieux détruits ou disparus. C'est l'occasion d'évoquer après 15 ans d'absence, les souvenirs de Ni d'Eve, ni d'Adam, de Stupeur et tremblements (dont les révélations lui valurent de ne plus être traduite en japonais pendant une dizaine d'années), d'aborder des réflexions philologiques, sa genèse personnelle et les sentiments très particuliers que lui inspire la culture japonaise.

Stupeur et tremblements roman autobiographique d'Amélie Nothomb, a été adapté au cinéma par Alain Corneau, avec Sylvie Testud dans le rôle de l'auteur. Elle s'inspire de son expérience professionnelle d'une année au sein d'une grosse entreprise tokyoïte et relate son apprentissage parfois cruel des rapports hiérarchiques : ancrés dans la tradition japonaise, dont cette expression est révélatrice : on ne s'adresse à l'empereur qu'avec " stupeur et tremblements ", ils sont basés sur la crainte et le respect des apparences et ne laissent place ni à l'initiative, ni à la contestation.
Grand Prix du roman de l'Académie française en 1999


jeudi 10 juillet 2014

Sentiment 26

Des trois livres proposés par ma binôme du LDPA  #9, je ne lirai finalement que Sentiment 26, qui m'a laissée avec un sentiment plus que mitigé, d'où mon retard pour écrire ce billet.
A la suite de la trilogie La déclaration (L'histoire d'Anna, puis L'histoire de Peter), j'avais inscrit de confiance, le titre suivant de Gemma Malley dans mes livres à lire. Il m'a été offert lors du swap Tissons des liens de l'an dernier, merci Meldc.

Seconde moitié de notre siècle, une dystopie, un triangle amoureux
Dans la cité, les survivants peuvent vivre à l'abri de leurs murs et dans une relative prospérité à l'écart des conséquences dévastatrices de la folie des hommes et des guerres civiles et militaires qui ont dévasté le pays. Par la grâce de la seconde naissance (une ablation de la partie du cerveau qui commande les sentiments), le Guide suprême leur a offert une meilleure vie et leur montre la voie : pour écarter tout risque de rechute, ils doivent se conformer au Livre qui leur désigne les sentiments à proscrire, respecter une morale très stricte et veiller étroitement à ne laisser filtrer aucune émotion.
Les citoyens sont répartis en castes, selon leur degré d'adaptation au système : de A comme admirables à D pour déviants, dangereux et nul ne sait ce qu'il advient des E, les exclus. C'est à la fois la carotte et le bâton, car aucune position n'est définitivement acquise. Voisins, collègues, famille s'observent et s'épient réciproquement, sachant que le système qui les surveille tous traque sans merci les déviances.
Evie est une B, elle travaille pour le gouvernement et met à jour les fiches des sujets qui ont gagné ou perdu un rang dans la hiérarchie. Elle a la chance de plaire à Lucas, un A promis au plus brillant avenir. Mais Evie est en décalage complet avec le monde qui l'entoure. Elle a deux secrets honteux : des pensées, comme des bribes de souvenir, des doutes qu'elle s'efforce de chasser et des rendez vous amoureux avec Raffy, le frère terrible, l'antithèse de Lucas, toujours révolté, inconscient des risques, soupe au lait et râleur.
Bien sûr, Evie va se voir confrontée au danger, son monde va voler en éclat, tous les faux semblants lui seront révélés petit à petit, mais l'auteur n'a pas réellement réussi à rendre les personnages attachants, si ce n'est Lucas, le traître que justement on devrait détester, ni même crédibles émotionnellement : tout est trop lisse, trop lent, trop contenu.

Challenge Livra'deux pour Pal'addict *9* [Mai/Juin/Juil] ou LDPA pour les initiés, le principe de cet agréable challenge trimestriel est simple : associé(e)s par paires, nous choisissons dans la PàL de l'autre ce qui, pour des raisons diverses, nous tente le plus de lui faire lire : un titre en commun, un roman qui nous a plu, un avis que nous aimerions avoir, etc.
Sur les trois proposées, une seule lecture est "obligatoire" mais beaucoup jouent le jeu de l'exhaustivité, rien de tel pour dégraisser les PàL. Les avis sont rendus au plus tard à la fin de la session. Pour cette fois, je suis inscrite au tirage au sort : proposition de binôme et choix de lectures à partir du 15 mai.

Edit du 20 mai : je suis associée à Eliot du blogue Eliot et des livres et nous formons le binôme 40.
Premier constat : il y a vraiment beaucoup de choses intéressantes dans sa PàL, mais puisqu'il faut n'en retenir que trois :
1. parce qu'il est récent et m'intrigue
2. parce qu'il est ancien et que j'en ai un très bon souvenir : elle l'a choisi
3. parce que la couverture, puis le titre, enfin le résumé m'ont interpelée

Edit du 22 mai : de son côté, elle me propose de lire trois livres qui lui font envie dans ma PàL : de très bons choix pour plusieurs raisons, ils me tentent beaucoup moi aussi et ils font tous les trois parties de ma PàL de swaps ! Ce n'est pas la première fois que Le dahlia noir sort mais je recule à chaque fois car il est assez épais... ce sera peut être la bonne


mercredi 9 juillet 2014

13 petites enveloppes bleues

La suite de 13 petites enveloppes bleues : l'enveloppe manquante, celle qui a été dérobée à Ginny avec son sac à dos et toutes ses affaires à Corfou, vient de paraître. Vais-je la lire ? L'auteur a dû mûrir... Voilà ce que j'avais écrit après lecture en 2011 :
J'en attendais beaucoup plus. Maureen Johnson se livre à une sorte d'exercice de style, un jeu de rôle auquel se prête obligeamment la narratrice, mais aussi le lecteur, embarqué sur ses talons.
Tante Peg, peintre aux idées farfelues et défunte d'un cancer du cerveau, fait voyager sa nièce lycéenne, prénommée Virginia, comme l'état ou comme les vestales selon l'humeur et les chapitres), à travers les capitales de quelques pays européens : Londres, Edimbourg, Rome, Paris, Amsterdam, Copenhague, Corfou. Le séjour dans chaque ville excède rarement la journée, mais dure une incroyable semaine à Amsterdam, sans faire avancer le scénario. Ginny est embrigadée par la famille Knapp, venue du Minnesota visiter les hauts lieux du patrimoine hollandais avec un sens de l'organisation paramilitaire.
Le voyage, portant sans doute la marque des lubies d'une dame atteinte au cerveau, est plus fantasmé que crédible. C'est un sommet de la caricature à l'américaine, un feu d'artifice de clichés littéraires, de données peu fiables tirées de l'imagination et non pas d'un sérieux travail de recherches sur les villes d'Europe, avec en cerise sur le gâteau, une improbable course contre la montre dans Venise (p.269) : " Ils arrivèrent à Venise avec seulement un  quart d'heure devant eux, sans aucune idée de l'endroit où ils se trouvaient. Ils [...] s'entassèrent dans un taxi clandestin et filèrent à près de cent cinquante à l'heure dans les rues désertes. [...] Et quelques instants plus tard, ils montaient sur un gros bateau rouge [pour Corfou] !!!



50 billets, 50 états
VIRGINIE OCCIDENTALE

mardi 8 juillet 2014

Challenge numérique

Top Ten :
1. Un avion sans elle de Michel Bussi,  Le contraire de un (nouvelles) d'Erri de Luca, Player one d'Ernest Cline, Un thé sur le divan bleu de Natasha Illum Berg
2. Deux petits pas sur le sable mouillé (témoignage)
3. Entre 3 et 4 (nouvelle) de Francis Scott Fitzgerald, Virus L.I.V.3 ou la mort des livres de Christian Grenier
4. Les quatre fils du docteur March (suspense) de Brigitte Aubert
5. Meurtre à cinq mains de Jack Hitt
6. Six appeal (comédie) de Janet Evanovitch
7. Sept pistoleros (BD) de David Chauvel
8.
9. La neuvième vie de Louis Drax de Liz Jensen
10. Chambre numéro 10 (polar) d'Ake Edwardson

Aléatoire :
13 petites enveloppes bleues de Maureen Johnson
Sentiment 26 de Gemma Malley
Novecento (1900) d'Alessandro Barrico
Les 1001 vies de Billy Milligan de Daniel Keyes

Math'en mots :
Ma double vie de Sarah Bernhardt
La théorie du chaos de Leonard Rosen

lundi 30 juin 2014

Swap des 4 saisons

Solstice de printemps le week end dernier, changement d'heure pour celui-ci (pas nous car nous ne changeons pas dans les DOM), voilà qui présente un autre intérêt que les municipales qui agitent beaucoup d'encre.
Pour fêter le retour des beaux jours (mais pas que car chaque saison sera honorée en son temps) Seraphina et Drussnaga nous ont proposé un swap en quatre étapes. Je suis en binôme avec Tinkerbell-loves-reading.





    J'ai reçu mon colis bien avant elle mais je l'ai attendue pour en découvrir le contenu.

    J'ai été gâtée, cf. les photos ; j'adore son papier motif cachemire :
    Une bougie parfumée
    Des bonbons à la cerise (trop bons selon les enfants)
    Des marque-pages et plein de belles photos de saisons plastifiées : de quoi en mettre partout dans la maison (salle de bains/cuisine)

     


     
    Deux livres de ma PàL pour voyager du Nord au Sud
    - Printemps de Mons Kallentoft dont j'ai déjà lu Automne dans la même série située dans sa région natale de Linkoping et mettant en scène l'enquêtrice Malin Fors (SUEDE)
    - Au couvent des petites fleurs un recueil de nouvelles d'Indu Sundaresan (INDE)
    Merci beaucoup à toi et aux organisatrices, j'attends avec impatience ton déballage et tes photos.









    Dans le prochain, pour l'été, envoi jusqu'au 21 juin, prévoir :
    - 1 livre contenant la saison ou un mot se référant à la saison
    - 1 ou 2 MP de saison
    - 1 photo de saison
    - 1 surprise de saison
    - 1 boisson ou gourmandise de saison.






    Mon colis d'été vient d'Allemagne, un peu en avance sur le timing pour une ouverture prévue le 21 juin
    Dans le détail (avant photo) :
    - du papier avec de belles roses épanouies, une des fleurs reines de la saison
    - un livre bien de saison : Quatre fille et un jean, premier été mais que j'ai hélas déjà lu, je me suis arrêtée quelque part entre le 3ème et le 4ème été
    - deux images d'été : nuages au soleil couchant, très photogéniques
    - trois petites bougies fruitées
    - des nounours golden
    - deux MP de la série Rebacca Dautremer

    Voilà les photos de ce qu'elle a reçu de son côté autour du thème les fruits rouges de l'été


    • Colis d'automne et d'hiver
    Merci à Séraphina pour son colis de rattrapage dans le challenge dont elle est l'organisatrice, mon binôme Tinkerbell loves reading ayant fait défection pour les 2 dernières saisons
    en images :

    et en saveurs mais nous avons été trop gourmands pour vous montrer autre chose que le maxi coffret de thés parfumés ; j'ai les paquets vides sous les yeux : des Kinder Shokos Bons - partagés et mangés - du nougat mou - on adore !
    MERCI Seraphina pour ta générosité

    Bilan du 1er semestre 2014

    lectures sans billet

    La petite fille de Monsieur Linh et Le café de l'Excelsior de Philippe Claudel (courts)

    La lune dans le caniveau (ABC polar)
    L'interlecte réunionnais
    L'or bleu de Martinigol (too ce bleu)
    Le vice consul, dernier volume - après Le ravissement de Lol V Stein et India song - de la trilogie " indienne " de Marguerite Duras
    lectures à venir
    A contre-jour de Charline Quarré (prêt)
    La Comédie humaine de Balzac (Pléiade)
    Le mystère français (en prêt)
    Belle Fleur (en prêt)
    La trajectoire du point (challenge numérique/math'en mots) 
    lectures interrompues
    Sitarane
    Sur feuille de songe
    Tous ruinés dans dix ans (challenge numérique)
    Médecine apache (50 billets, 50 états)

    dimanche 29 juin 2014

    Pierre qui roule

    Comédie dramatique en 5 actes  ️‏️‏️‏️‏
    A peine le premier sorti de quatre ans de tôle, John Dortmunder, reprend du service avec Andy Kelp, son complice de toujours. Il s'agit de voler une fabuleuse émeraude disputée par deux micro-états africains, pour le compte du major Iko, représentant de son pays à l'ONU. Mais les plans ingénieux élaborés par Donald E. Westlake ne sont destinés qu'à faire tomber ses héros un peu plus bas à chaque tentative, ratée d'un cheveu (ou d'un grain de sable). Les complices vont tour à tour braquer un musée, une prison, un commissariat, un asile et la salle des coffres d'une banque... mais en dépit de leur ingéniosité, il n'y a pas plus poissards qu'eux et l'émeraude leur échappe toujours. Las d'être le dindon de la farce, Dortmunder, le cerveau de la bande, tient une revanche savoureuse.
    Christian Lax réussit parfaitement  l'adaptation de ce roman noir ou plutôt ce roman d'humour noir dans le style des années 60-70. Il va même au delà, car la BD apporte ses propres codes au développement de l'intrigue, à l'exposition des motivations des personnages, etc. Je retiendrai quelques scènes d'anthologie comme le détournement d'une locomotive de parc d'attractions pour enfoncer l'enceinte de sécurité de l'asile où se cache l'avocat marron !

    extrait d'interview :
    Castermag' : Graphiquement, avez-vous procédé à d'autres expériences ?
    Lax : Comme souvent quand je démarre quelque chose de nouveau, j'aime bien essayer de changer ma cuisine. Ici, j'ai mis au point une technique de travail sur glacis d'acrylique. J'ai utilisé un papier fort, j'ai passé un acrylique blanc à la brosse et au couteau, de manière à obtenir deux matières qui se superposaient et à avoir un fond sur lequel je dessinais, mais qui était assez rugueux et comportait pas mal d'accidents. Cela correspondait bien au côté crade, poussiéreux du New York que je voulais montrer. Et puis cette rugosité du fond a entraîné une rugosité du dessin et de la couleur, qui véhiculait l'imagerie du polar.

    jeudi 26 juin 2014

    Forteresse digitale

    Dans sa version audio, le roman de Dan Brown dure 13 heures, soit près de la moitié d'une description en temps réel et en tenant compte du décalage horaire, des aventures de Susan Fletcher, la brillante chef du service de cryptologie de la NSA et de son fiancé, le professeur d'université David Becker, lancé à travers Séville à la poursuite de l'indice qui permetta de lever la menace qu'Ensei Tankado, un ancien de la NSA défenseur des libertés individuelles, fait peser sur l'avenir de la plus grosse machine d'espionnage virtuel jamais construite par les services secrets américains.
    De grossières ficelles et quelques invraisemblances difficilement excusables nuisent à la qualité de l'intrigue. Le propos dans le résumé m'avait intéressée mais je suis finalement restée en dehors de l'histoire à cause de toutes ces petites imperfections qui ont contrarié mon audition, mais fait passer le temps de mes trajets quotidiens (en lecture, j'aurais renoncé à finir entamer un tel pavé).

    mercredi 25 juin 2014

    Mini swap

    qui n'en a que le nom tant Mamzellefrog m'a comblée de réalisations faites main et autres cadeaux.
    " j'ai posté mon colis vendredi, j'ai hâte que ma swapée le reçoive !  
    - OOUUUIII !!! mon colis est arrivé et il est tout simplement magnifique, 
    je suis restée sans voix  mais avec un immense sourire en le déballant.  
    merci merci
    Dire que j'ai failli ne pas m'inscrire... Mais d'abord place aux photos pour admirer son talent :


    - un joli colis entièrement dans les tons de bleus puisque c'est ma couleur préférée
    - du papier fleuri printanier qui me rappelle les motifs de pivoines sur les kimonos japonais, j'aime beaucoup
    - une magnifique carte ingénieusement réalisée par Mamzellefrog, mais ce n'est pas tout :
    - un carnet avec tous les mois de l'année pour ne plus oublier les anniversaires qui me tiennent à coeur
    - des MP (4) dont je ne sais choisir celui que je préfère, mais ma fille - Arielle - s'est déjà emparé du sien
    - une pochette de lecture au format poche, je n'en avait pas encore et elle est superbe, en tissu rayé et façon jeans à l'intérieur
    - un livre de ma WL (c'est la règle de base !) que je veux lire depuis qu'il est inscrit au Babychallenge SF, trop contente
    - des gourmandises : des bonbons au cassis (j'adore tout ce qui est aux fruits) et des chocolats suisses que je serai obligée de cacher... pour les soustraire à mes monstres



    du bleu, du bleu, du bleu, beaucoup de temps, d'imagination et de gentillesse dans la réalisation de ces objets, je te dis un grand merci,  ainsi qu'à Nelcie l'organisatrice, encore bravo alors que c'était ton premier swap et je te souhaite d'être gâtée pareillement
    Voici ce qu'elle a reçu d'une autre swappeuse, puisque le principe du mini-swap est un envoi en chaîne !

    vendredi 20 juin 2014

    Yasmina Khadra (2)

    COUPS DE COEUR
    challenge Tour du monde : Algérie

    Ce que le jour doit à la nuit
    France Télévisions - Roman - 2008
    L'auteur évoque la période 1942-1962, à travers les yeux d'un petit garçon pauvre, confié à un oncle pharmacien installé dans un quartier résidentiel d'Oran. Younes, devenu Jonas par souci d'intégration, partage avec ses camarades les occupations de leur âge. Il revient sur le contexte historique de ce passé pourtant heureux, marqué par les derniers feux de l'Algérie française. L'évocation de ses souvenirs se teinte du sentiment diffus d'une disparition irréversible, d'une interculturalité perdue, à l'image de son amour adolescent à jamais impossible.
    Lu le 4 mai 2012

    Les hirondelles de Kaboul
    De nos jours, à Kaboul, à travers l'histoire poignante de deux couples à la dérive Atiq/Mussarat et Mohsen/Zunaira devenus des OVNI dans leur propre communauté, l'auteur fait le portrait d'hommes et femmes vivant dans le souvenir de la grandeur passée de Bagdad et confrontés au désespoir né du manque de liberté, de la trahison des idéaux et de la destruction des illusions alors que l'ombre du Coran plane sur une ville en ruine veillée par les moudjahidins et les ayatollahs.

    Les textes de Khadra sont comme des romans d'amour chuchotés, dont l'objet serait un pays, une culture, un héritage trahis par les temps présents. Ils me rappellent La pierre de silence, une autre lecture que j'ai beaucoup aimée, bien que traitant de choses dures parce qu'ils parviennent à émouvoir le lecteur tout en le gardant à distance de l'horreur totale, par la grâce d'une écriture généreuse, d'un style épuré mais non dénué de poésie par exemple dans le regard porté sur les lieux, faits et gestes du quotidien.

    lundi 16 juin 2014

    Deux petits pas sur le sable mouillé

    COUP DE COEUR
    D'habitude, je ne lis pas ce genre de récits, par peur du pathos... mais ce livre émouvant et plein de vie est tout le contraire de morbide. Il était dans la WL de ma swappée des quatre saisons et quand j'ai commencé à le feuilleter à la librairie, j'ai eu envie de connaître la suite, puisque la fin était prévisible : par les mots d'Anne-Dauphine Julliand, un témoignage vécu, poignant, sur une famille dont les deux petites filles sont atteintes d'une maladie orpheline dégénérative. Diagnostiquée à deux ans, Thaïs perd peu a peu ses facultés locomotrices, puis la parole, la vue, l'ouïe. Mais ses parents, leur famille et leurs amis ne baissent jamais les bras et assurent un relais de tous les instants autour d'elle, tissant un cocon d'amour réciproque : j'ai découvert contre toute attente, un incroyable message de foi en la vie quoi qu'il en coûte. Contre tout espoir, même si l'avenir est sombre, la petite Thaïs offre une formidable leçon d'amour, de courage et de confiance.

    vendredi 13 juin 2014

    Sitarane

    Sitarane est un des plus puissants mythes collectifs de tout l'imaginaire réunionnais, [mais personne ne connait la véritable histoire de ce travailleur engagé venu du Mozambique].
    Comment un homme aussi doux [...], très bien noté par ses employeurs successifs, si bien considéré qu'il accéda au statut envié de commandeur puis de gardien-chef... comment cet homme inoffensif devint-il un abominable assassin alors que rien ne l'y prédestinait ? [...]
    Au fil des pages, [Jules Bénard évoque] des anecdotes, des faits-divers, des aventures qui, tous, ont bel et bien eu lieu. [...]

    challenge Tour du monde : La Réunion 
    Début dans l'Est : Sitarane, une force de la nature capable de chevaucher un taureau fou furieux et de l'assommer d'un coup de poing entre les deux cornes, est chef des bouviers à Cambourg, dans les hauts de Saint Benoit, sur la propriété de Morane. Venu des plaines désertiques du Mozambique, engagé volontaire pour 5 ans, il vit dans l'esprit des traditions de sa tribu et rêve son retour au pays.
    Fin dans le Sud : Sitarane et Fontaine, les deux exécuteurs des basses oeuvres condamnés par un jury populaire, ont la tête tranchée par une guillotine acheminée spécialement, alors que leur chef, le sorcier Calendrin, bénéficie curieusement d'une grâce présidentielle qui commue la peine capitale en détention perpétuelle au bagne de Cayenne.
    L'intérêt du roman, d'une qualité d'écriture assez inégale, prend sa source dans le rappel de l'histoire régionale et la narration d'une vie coloniale disparue : les grandes plantations de canne, le risque cyclonique, l'engagisme indien et africain qui succède à l'esclavage et le marronage, une population réduite à deux centaines de milliers, des voies de circulation malaisées, des transports à boeufs, une gendarmerie montée, le développement industriel et la rivalité Nord-Sud de l'île, etc
    NB : je trouve la couverture rebutante, elle a bien failli m'empêcher de lire l'ouvrage. 

    jeudi 12 juin 2014

    Histoires d'hommage posthume

    La plus que vive
    Je cherchais un autre titre de Christian Bobin lorsque je suis "tombée" sur ce court fascicule d'occasion. Il est difficile de parler d'un roman, il s'agit plutôt d'un témoignage d'amour. Le 12 août 1995, l'auteur perd une amie très chère d'une rupture d'anévrisme : Ghislaine, 44 ans, laisse un second mari, deux enfants adolescents, une petite Clémence de 4 ans, ainsi qu'un ami désemparé mais heureux : cela parait antinomique mais le texte nous apprend que Ghislaine avait le talent de rapprocher les inconciliables. L'évocation des moments de bonheur passés avec elle, parfois de longues causeries, parfois plus brefs, comme une promenade de cinq minutes au pas de course, la montre demeurant très présente dans la vie de l'auteur, comme le souligne le titre. Le texte, confiant et lumineux, ne s'appesantit pas sur la perte mais sur l'ajout : d'une capacité au bonheur, d'un rire toujours clair, d'une liberté sans pareille et d'un amour inconditionnellement donné.

    Comme une curieuse résonance, je lisais il y a presque un an jour pour jour, le magnifique témoignage de...
    Veuf
    Jean Louis Fournier, régulier comme une horloge, va sortir son prochain roman de la rentrée. En attendant, je viens de découvrir son hommage à Sylvie, sa femme, brutalement retirée à l'affection des siens, comme dit la formule consacrée. Ce court roman fait revivre les heures heureuses, de la rencontre à la disparition soudaine, le creux des heures qui demeure.
    J'avais déjà trouvé qu'il sait évoquer ses proches comme s'ils étaient sous nos yeux. Que vous connaissiez l'auteur (pour le retrouver) ou pas (pour le découvrir) ce livre est un petit bonheur à savourer.
    Illustration de couverture :
    Photo souvenir de Sylvie Fournier avec un de ses chapeaux cloches dans leur traction blanche

    « Je suis veuf, Sylvie est morte le 12 novembre, c’est bien triste, cette année on n’ira pas faire les soldes ensemble. Elle est partie discrètement sur la pointe des pieds, en faisant un entrechat et le bruit que fait le bonheur en partant. Sylvie m’a quitté, mais pas pour un autre. Elle est tombée délicatement avec les feuilles. On discutait de la couleur du bec d’un oiseau qui traversait la rivière. On n’était pas d’accord, je lui ai dit tu ne peux pas le voir, tu n’as pas tes lunettes, elle ne voulait pas les mettre par coquetterie, elle m’a répondu je vois très bien de loin, et elle s’est tue, définitivement.
    J’ai eu beaucoup de chance de la rencontrer, elle m’a porté à bout de bras, toujours avec le sourire. C’était la rencontre entre une optimiste et un pessimiste, une altruiste et un égoïste. On était complémentaires, j’avais les défauts, elle avait les qualités. Elle m’a supporté quarante ans avec le sourire, moi que je ne souhaite à personne. Elle n’aimait pas parler d’elle, encore moins qu’on en dise du bien. Je vais en profiter, maintenant qu’elle est partie. »
    Jean-Louis Fournier souhaitait mourir le premier, il a perdu. Sa femme partie, il n’a plus personne avec qui parler de lui. Alors pour se consoler, ou pour se venger, en nous parlant d’elle, il nous parle de lui.
    Lu le 14 juin 2013

    mercredi 11 juin 2014

    Allers simples pour le futur

    Classées en SF jeunesse, mais écrites par Christian Grenier qui lui a donné ses lettres de noblesse, ces nouvelles ont tout des grandes. L'auteur explique ses choix, convictions et sources d'inspiration en préface, ainsi que dans une postface ajoutée à chaque texte de ce recueil paru dans la collection Autres mondes chez Mango.

    Mon classement subjectif :
    Le dernier des zitis (++) : belle et inquiétante fable autour de la protection de la planète - NB : une partie se passe à La Réunion, l'auteur semble inspiré, c'est la deuxième de ses nouvelles à ma connaissance dont c'est le cas
    Les passagers de Décembre (+) : magnifique conte de Noël autour de la relativité
    Le fils de la comète : improbable hypothèse sur l'origine de l'Homo sapiens
    Les nouvelles suivantes explorent différents aspects de la virtualité et du champs des simulations : épreuves (Anna passe son bac : livre Vs numérique, un choc de cultures) jeu de combats (Tuez Jack le muché ! (-) un affrontement dans des réseaux souterrains par souvenirs interposés) relations (L'Ami fidèle : même virtuels, ils ont besoin d'alter ego)

    lundi 9 juin 2014

    Projet oXatan


    Quatre adolescents, élevés sur Mars dans un isolement presque complet, à l'exception de mademoiselle Grâce qui veille sur eux shotgun au poing, reclus au sein d'un complexe " le Bunker " qui leur est dédié sur une île " l'Eden "ceinturée d'un marécage infesté d'alligators, entouré d'un grillage électrifié et d'une forêt gardée par des ogres à la peau bleue.
    Mêlant SF, fantastique, mythologie et conte... il interroge l'ambiguïté de la relation de créateur à ses créatures et réciproquement. Je trouve peu de choses à dire, à la mesure du peu d'intérêt trouvé à ce roman jeunesse, finalement trop foisonnant, parce que Fabrice Colin y lance trop de pistes qui auraient peut être gagné à être suivies séparément.

    dimanche 8 juin 2014

    Les enquêtes de Phryne Fisher [2]


    challenge tour du monde : AUSTRALIE


    Cocaïne et tralala
    Née pauvre en Australie, avant que son père n'hérite d"un titre aristocratique, Miss Phryne Fisher n'a pas froid aux yeux. Cheveux courts à la garçonne, portant le pantalon comme la robe de soirée, elle fume, boit, sait conduire et piloter, mais assume une féminité débridée et ne dédaigne pas la bagatelle. La jeune aristocrate anglaise s'ennuie un peu dans la bonne société et fait des incartades discrètes, loin de Londres. Lorsque le colonel Harper lui demande d'aller enquêter à Melbourne sur la santé chancelante de sa fille Lydia Andrews, elle ne se fait pas prier et embarque sur le premier paquebot, l'Orient. Elle ne sait pas encore tous les dangers qui l'attendent, ni que l'appel de l'aventure lui fera se découvrir une vocation de détective.
    En plein coeur des années folles et des débuts de l'émancipation féminine (une amie de Phryne est une écossaise devenue médecin à force de volonté) Kerry Greenwood campe les prémisses d'un personnage récurrent attachant, intelligent, émancipé, une sorte de Miss Tupence (Agatha Christie) qui n'a pas encore trouvé son Tommy (ou sera-ce le beau danseur Sasha de Lisse que sa grand-mère, princesse russe déchue, pousse à user de sa séduction ?)
    Lu le 8 juin 2014

    Phryne et les anarchistes
    Une déception avec ce roman où je ne retrouve pas les éléments qui m'ont plu dans le précédent volume. Enfant gâtée qui se sent tout permis et adopte deux petites filles, mère peu modèle qui vit à cent à l'heure sa vie de garçonne émancipée sans souci des convenances, jeune femme frivole qui fréquente les soirées de charité aussi bien que les docks, mais aussi donneuse d'ordres et redresseuse de torts au grand coeur qui se heurte aux pires bandits sans frémir, Phryne Fisher est plus agaçante que charismatique. J'ai cru y voir une Pénélope Green australienne et cela ne m'a pas emballée pour la suite de ses aventures.
    Lu le 31 juillet 2015

    samedi 7 juin 2014

    Quartiers de Pamplemousses

    challenge Tour du monde : Ile Maurice
     
    A la façon d'un Marcel Pagnol mauricien, l'auteur raconte de petites scènes de vie rattachées à une enfance heureuse et insouciante, entre quatre frères, des oncles et tantes originaux, le couple uni de ses parents, avant que ne vienne la prise de conscience de la fragilité de son monde, dans le havre familial de Mon repos, blotti au milieu d'un champ de cannes à sucre en lisière du village de Pamplemousses.
    Dans une famille riche en inventeurs et concepteurs originaux, les projets novateurs ne manquent pas (éoliennes, gramophone Vs sono, levure secrète...), qu'ils soient promis à un bel avenir, à un cuisant échec ou à un abandon spectaculaire.
    Le père de l'auteur, en fervent défenseur de la couronne britannique se porte candidat aux élections, milite contre l'indépendance face à l'empire et ne se laisse pas abattre par la déveine qui entrave la mise en "musique" (en référence à une des anecdotes savoureuses de ce roman) de ses bonnes intentions. L'axe de cette chronique est constitué de la lutte pour l'indépendance des Mauriciens, hindous, musulmans, créoles et chinois, à travers le prisme d'un gamin qui en est le témoin ingénu. Cette situation politique instable cristallise des tensions latentes entre les différentes communautés. Tour à tour, sous domination française, puis britannique, Maurice connaîtra pourtant une décolonisation pacifique.

    lundi 2 juin 2014

    Méto

    Yves Grevet, Meto l'intégrale
    tome 1 : La maison
    Tam-Tam - Roman Je bouquine (11-15 ans) - 2008
    Méto est l'un des 64 garçons, répartis en 4 classes d'âge et par couleurs : les bleus ciel, les bleus foncés, les violets et les rouges, qui vivent dans La maison, sous la surveillance stricte de gardiens, les César numérotés de 1 à 4. Ils subissent un sévère entraînement et vivent dans la crainte du jour où devenus trop grands, ils font " craquer leur lit " selon l'expression consacrée et doivent donc quitter les lieux. Aucun ne sait très bien ce qu'il advient de leurs aînés, emportés au matin par les monstres-soldats que personne n'a le droit de regarder. Une partie des bâtiments leur est interdite et il se passe des choses bizarres dans les dortoirs quand tous sont endormis. Mais Méto est un peu plus curieux que la moyenne, ce qui lui a valu de battre le record de jours de punition dans le frigo : quatre jours, soient 96 heures à zéro degré !

    L'univers clos, militarisé, de La maison ressemble assez au pensionnat où vit Anna (La révélation) avant son évasion pour retrouver les siens. Des enfants sont enlevés à leur famille pour être éduqués/brimés dans une institution dont le but est obscur, mais ils gardent des bribes de souvenirs, des sensations agréables de leur vie d'avant. L'instigateur de toute cette organisation est un certain Jove que bien peu d'enfants ont déjà rencontré, toujours les yeux bandés mais les narines assaillies par son odeur de vinaigre.
    Sinon, la mise en place de cette trilogie m'évoque L'île du docteur Moreau qui se livrait en grand secret à des expériences monstrueuses.

    L'avis de Walpurgis

    Une partie des enfants les plus âgés se rebellent et fuient la maison, avec l'aide des serviteurs de la nuit pour rejoindre les rangs d'anciens esclaves évadés, les Oreilles coupées. L'opération tourne au carnage, tous les serviteurs et beaucoup d'enfants sont tués. Les rares survivants, dont Méto, blessé à l'abdomen, et ses amis Titus, Octavius, Marcus et Claudius sont recueillis bon gré, mal gré par la résistance.

    tome 2 : L'île
    L'animosité des Oreilles coupées à l'égard des nouveaux venus ne tarde pas à se faire sentir, que Nairgels leur chef s'efforce de contenir. Soigné dans l'Entre-Deux, Meto parvient à percer le secret du chaman, au péril de sa vie. A la faveur d'une traîtrise du clan des Lézards, Meto et Claudius sont repris par la Maison pour être instrumentalisés. Jove impose aux Césars que Méto suive l'entrainement des neuf garçons choisis pour mener des expéditions sur le continent. Il entrevoit la possibilité de tenir ses promesses vis-à-vis de ceux qui se sentent retenus prisonniers dans l'île.

    Un certain nombre d'explications sont proposées dans ce second tome, puisque Meto est " intégré " de force à la Maison et que tout est fait pour qu'il soit perçu comme le pire des traîtres aussi bien par ses hôtes chez les Oreilles coupées, que parmi ses anciens amis, les petits et les serviteurs. Pourtant, il représente le grain de sable dans l'organisation bien huilée de Jove qui semble le protéger de la malveillance et des mesures trop drastiques des César et sous couvert d'un plan diabolique pour récupérer un ancien, échappé sur le continent, il parvient à prendre des contacts à l'extérieur de l'île et dans le quartier hautement réservé des soldats. Qui de Jove, de Romulus ou de Méto tire maintenant les ficelles ?
    tome 3 : Le monde

    Dommage pour les couvertures qui, je le trouve, ne donnent vraiment pas envie de lire le roman ; j'ai sélectionné celle de l'intégrale pour ma deuxième participation au challenge de la plus moche Oh my couverture !