COUPS DE COEUR
challenge Tour du monde : Algérie
Ce que le jour doit à la nuit
L'auteur évoque la période 1942-1962, à travers les yeux d'un petit garçon pauvre, confié à un oncle pharmacien installé dans un quartier résidentiel d'Oran. Younes, devenu Jonas par souci d'intégration, partage avec ses camarades les occupations de leur âge. Il revient sur le contexte historique de ce passé pourtant heureux, marqué par les derniers feux de l'Algérie française. L'évocation de ses souvenirs se teinte du sentiment diffus d'une disparition irréversible, d'une interculturalité perdue, à l'image de son amour adolescent à jamais impossible.
Lu le 4 mai 2012
De nos jours, à Kaboul, à travers l'histoire poignante de deux couples à la dérive Atiq/Mussarat et Mohsen/Zunaira devenus des OVNI dans leur propre communauté, l'auteur fait le portrait d'hommes et femmes vivant dans le souvenir de la grandeur passée de Bagdad et confrontés au désespoir né du manque de liberté, de la trahison des idéaux et de la destruction des illusions alors que l'ombre du Coran plane sur une ville en ruine veillée par les moudjahidins et les ayatollahs.
Les textes de Khadra sont comme des romans d'amour chuchotés, dont l'objet serait un pays, une culture, un héritage trahis par les temps présents. Ils me rappellent La pierre de silence, une autre lecture que j'ai beaucoup aimée, bien que traitant de choses dures parce qu'ils parviennent à émouvoir le lecteur tout en le gardant à distance de l'horreur totale, par la grâce d'une écriture généreuse, d'un style épuré mais non dénué de poésie par exemple dans le regard porté sur les lieux, faits et gestes du quotidien.
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