vendredi 13 juin 2014

Sitarane

Sitarane est un des plus puissants mythes collectifs de tout l'imaginaire réunionnais, [mais personne ne connait la véritable histoire de ce travailleur engagé venu du Mozambique].
Comment un homme aussi doux [...], très bien noté par ses employeurs successifs, si bien considéré qu'il accéda au statut envié de commandeur puis de gardien-chef... comment cet homme inoffensif devint-il un abominable assassin alors que rien ne l'y prédestinait ? [...]
Au fil des pages, [Jules Bénard évoque] des anecdotes, des faits-divers, des aventures qui, tous, ont bel et bien eu lieu. [...]

challenge Tour du monde : La Réunion 
Début dans l'Est : Sitarane, une force de la nature capable de chevaucher un taureau fou furieux et de l'assommer d'un coup de poing entre les deux cornes, est chef des bouviers à Cambourg, dans les hauts de Saint Benoit, sur la propriété de Morane. Venu des plaines désertiques du Mozambique, engagé volontaire pour 5 ans, il vit dans l'esprit des traditions de sa tribu et rêve son retour au pays.
Fin dans le Sud : Sitarane et Fontaine, les deux exécuteurs des basses oeuvres condamnés par un jury populaire, ont la tête tranchée par une guillotine acheminée spécialement, alors que leur chef, le sorcier Calendrin, bénéficie curieusement d'une grâce présidentielle qui commue la peine capitale en détention perpétuelle au bagne de Cayenne.
L'intérêt du roman, d'une qualité d'écriture assez inégale, prend sa source dans le rappel de l'histoire régionale et la narration d'une vie coloniale disparue : les grandes plantations de canne, le risque cyclonique, l'engagisme indien et africain qui succède à l'esclavage et le marronage, une population réduite à deux centaines de milliers, des voies de circulation malaisées, des transports à boeufs, une gendarmerie montée, le développement industriel et la rivalité Nord-Sud de l'île, etc
NB : je trouve la couverture rebutante, elle a bien failli m'empêcher de lire l'ouvrage. 

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