Comédie dramatique en 5 actes ️️️️
A peine le premier sorti de quatre ans de tôle, John Dortmunder, reprend du service avec Andy Kelp, son complice de toujours. Il s'agit de voler une fabuleuse émeraude disputée par deux micro-états africains, pour le compte du major Iko, représentant de son pays à l'ONU. Mais les plans ingénieux élaborés par Donald E. Westlake ne sont destinés qu'à faire tomber ses héros un peu plus bas à chaque tentative, ratée d'un cheveu (ou d'un grain de sable). Les complices vont tour à tour braquer un musée, une prison, un commissariat, un asile et la salle des coffres d'une banque... mais en dépit de leur ingéniosité, il n'y a pas plus poissards qu'eux et l'émeraude leur échappe toujours. Las d'être le dindon de la farce, Dortmunder, le cerveau de la bande, tient une revanche savoureuse.
Christian Lax réussit parfaitement l'adaptation de ce roman noir ou plutôt ce roman d'humour noir dans le style des années 60-70. Il va même au delà, car la BD apporte ses propres codes au développement de l'intrigue, à l'exposition des motivations des personnages, etc. Je retiendrai quelques scènes d'anthologie comme le détournement d'une locomotive de parc d'attractions pour enfoncer l'enceinte de sécurité de l'asile où se cache l'avocat marron !
extrait d'interview :
Castermag' : Graphiquement, avez-vous procédé à d'autres expériences ?
Lax : Comme souvent quand je démarre quelque chose de nouveau, j'aime bien essayer de changer ma cuisine. Ici, j'ai mis au point une technique de travail sur glacis d'acrylique. J'ai utilisé un papier fort, j'ai passé un acrylique blanc à la brosse et au couteau, de manière à obtenir deux matières qui se superposaient et à avoir un fond sur lequel je dessinais, mais qui était assez rugueux et comportait pas mal d'accidents. Cela correspondait bien au côté crade, poussiéreux du New York que je voulais montrer. Et puis cette rugosité du fond a entraîné une rugosité du dessin et de la couleur, qui véhiculait l'imagerie du polar.
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dimanche 29 juin 2014
mercredi 30 avril 2014
Un mot, des titres : PIERRE
Coeur de pierreComme je l'annonçais sur le forum du challenge, c'est bien le titre que je cherchais mais pas du même auteur. N'ayant pas de pierre dans ma PàL, pourtant bien lourde, j'avais été séduite par l'illustration de couverture de ce bel album autant que par le résumé. Le 15 janvier 2014
J'ai bien fait de persister car l'album Coeur de pierre répond bien aux attentes qu'il avait suscitées. C'est tarabiscoté sans être mièvre et je trouve dans les dessins d'Almanza une inspiration Jugendstil qui me plaît beaucoup. L'histoire est assez torturée et la fin plutôt sombre pour un album jeunesse. Elle confronte trois personnages illustrant des qualités de coeur qu'on retrouve associées dans des expressions : La petite fille au cœur d’artichaut aime tout le monde et plus particulièrement le garçon né avec un cœur de pierre. Elle lui offre son coeur feuille à feuille, mais lui ne sachant répondre à ses élans, les rejettent avec indifférence. Le garçon au cœur d'or aime la fillette. Il ramasse tous les petits bouts d'artichaut et le moment venu, il offre ce trésor reconstitué à la fillette mourante. Lu le 30 avril 2014
Pierre (bis) avec ce Coeur de pierre de Pierre Péju
En attendant, le challenge m'a de nouveau permis une belle découverte avec les personnages de Leïla (lycéenne), Schulz (SDF), Larsen (écrivain) et Juliette (actrice).
Sur une route déjà empruntée par Pirandello, Pierre Péju donne corps à un forme d'intertextualité, pleine d'intérêt et de questionnements. Les premiers chapitres montrent Schulz un homme déchu qui est sur le point d'être expulsé de sa maison et Leïla, une jeune beur qui étouffe au lycée et dans la vie à laquelle elle s'attend. Une rencontre improbable mènent ces deux êtres en souffrance sur les routes de l'Ile de France. L'objectif de Leïla est Marseille, mais le destin les arrête bien avant. Alors que Leïla est ulcérée, Mémé la noire une sorte de devineresse pleine de sagesse, lui indique un chemin... Leïla, qui comprend immédiatement que l'impensable vient de se produire, se met en quête de Larsen. Elle n'a pas l'intention de lui mâcher ses mots.
Larsen
habite une curieuse maison dont la façade s'orne d'un coeur sculpté
réaliste. Comme Schulz, il est en train de plier bagages car il a vendu à
un promoteur qui compte bâtir un lotissement. Alors que Leïla fait son
apparition dans sa vie, Juliette son épouse a disparu depuis quelque
temps, suscitant la curiosité avide des villageois. Actrice en quête du
rôle qui la révélera, elle aussi a accusé l'écrivain d'être sans coeur !Un récit à clefs et à tiroirs dont j'ai aimé suivre les péripéties. C'est bien écrit, d'une simplicité apparente, mais cela soulève des questions existentielles auxquelles l'homme est exposé et ne peut qu'apporter des réponses intuitives. Qui ne s'est jamais demandé le pourquoi de tout cela ?
Le prochain mot est CHANSON, pour le 1er mars, mais pour l'instant je n'ai aucun titre en vue.
Suggestions : La grammaire est une chanson douce et La chanson de Charles Quint d'Erik Orsenna
dimanche 27 juin 2010
Rose de pierre
Je peux dire qu'Anne Bragance n'est pas là où on l'attend. Si le début est intéressant, la fin - qu'il serait dommage de dévoiler - laisse sans voix, dans une chappe de silence pesant comme la pierre !
Rose[belle] qui porte si mal son prénom est une adolescente intelligente, grosse et moche, qui souffre de psoriasis, mais surtout d'un immense complexe d'amour frustré. Entre sa mère, la redoutable Madame T. autoritaire et distante, une tante pianiste et compréhensive mais qui vit à Genève et un père idéalisé qui a disparu de leur vie pour ses quatre ans, Rose peine à trouver sa place et se réfugie dans les livres, trente cinq au total.
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Heureusement, elle rencontre la Joie en la présence de Souade, une française d'origine algérienne de la deuxième génération, qui devient son amie et lui fait partager sa famille. En dépit de leur pauvreté, les Bouhazane constituent un véritable foyer, dans la barre de banlieue où ils occupent un appartement chaleureux aux couleurs de l'Algérie. Cependant, les autorités ont décidé de raser l'immeuble devenu dangereux et les habitants seront relogés contre leur gré. Souade ne se résout pas à accepter la situation ; elle entraîne Rose dans l'immeuble déserté frappé d'interdition.
Un roman lumineux qui m'a appris, pour l'anecdote, que le nom des Deglatnour, les meilleures des dattes, mûries au soleil de l'oasis de Biskra en Algérie, signifie littéralement les "doigts de lumière".
Un roman lumineux qui m'a appris, pour l'anecdote, que le nom des Deglatnour, les meilleures des dattes, mûries au soleil de l'oasis de Biskra en Algérie, signifie littéralement les "doigts de lumière".
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