mercredi 30 avril 2014

Un mot, des titres : PIERRE

Coeur de pierre
Comme je l'annonçais sur le forum du challenge, c'est bien le titre que je cherchais mais pas du même auteur. N'ayant pas de pierre dans ma PàL, pourtant bien lourde, j'avais été séduite par l'illustration de couverture de ce bel album autant que par le résumé. Le 15 janvier 2014
J'ai bien fait de persister car l'album Coeur de pierre répond bien aux attentes qu'il avait suscitées. C'est tarabiscoté sans être mièvre et je trouve dans les dessins d'Almanza une inspiration Jugendstil qui me plaît beaucoup. L'histoire est assez torturée et la fin plutôt sombre pour un album jeunesse. Elle confronte trois personnages illustrant des qualités de coeur qu'on retrouve associées dans des expressions : La petite fille au cœur d’artichaut aime tout le monde et plus particulièrement le garçon né avec un cœur de pierre. Elle lui offre son coeur feuille à feuille, mais lui ne sachant répondre à ses élans, les rejettent avec indifférence. Le garçon au cœur d'or aime la fillette. Il ramasse tous les petits bouts d'artichaut et le moment venu, il offre ce trésor reconstitué à la fillette mourante. Lu le 30 avril 2014
 
Pierre (bis) avec ce Coeur de pierre de Pierre Péju
En attendant, le challenge m'a de nouveau permis une belle découverte avec les personnages de Leïla (lycéenne), Schulz (SDF), Larsen (écrivain) et Juliette (actrice).
Sur une route déjà empruntée par Pirandello, Pierre Péju donne corps à un forme d'intertextualité, pleine d'intérêt et de questionnements. Les premiers chapitres montrent Schulz un homme déchu qui est sur le point d'être expulsé de sa maison et Leïla, une jeune beur qui étouffe au lycée et dans la vie à laquelle elle s'attend. Une rencontre improbable mènent ces deux êtres en souffrance sur les routes de l'Ile de France. L'objectif de Leïla est Marseille, mais le destin les arrête bien avant. Alors que Leïla est ulcérée, Mémé la noire une sorte de devineresse pleine de sagesse, lui indique un chemin... Leïla, qui comprend immédiatement que l'impensable vient de se produire, se met en quête de Larsen. Elle n'a pas l'intention de lui mâcher ses mots.
Larsen habite une curieuse maison dont la façade s'orne d'un coeur sculpté réaliste. Comme Schulz, il est en train de plier bagages car il a vendu à un promoteur qui compte bâtir un lotissement. Alors que Leïla fait son apparition dans sa vie, Juliette son épouse a disparu depuis quelque temps, suscitant la curiosité avide des villageois. Actrice en quête du rôle qui la révélera, elle aussi a accusé l'écrivain d'être sans coeur !
Un récit à clefs et à tiroirs dont j'ai aimé suivre les péripéties. C'est bien écrit, d'une simplicité apparente, mais cela soulève des questions existentielles auxquelles l'homme est exposé et ne peut qu'apporter des réponses intuitives. Qui ne s'est jamais demandé le pourquoi de tout cela ?

Le prochain mot est CHANSON, pour le 1er mars, mais pour l'instant je n'ai aucun titre en vue.
Suggestions : La grammaire est une chanson douce et La chanson de Charles Quint d'Erik Orsenna

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