lundi 6 septembre 2010

Expiation

Saluée par Mary Higgins Clark et Stephen King, Patricia Mac Donald signe un scénario sans grande surprise -seul le premier chapitre est déroutant - dont l'intérêt réside dans la description des motivations et la psychologie des personnages.
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Maggie est la dernière personne qui a vu Roger vivant. Personne ne l'a croit quand elle affirme qu'ils se sont arrêtés sur le bas côté de la route, dans la nuit et la neige, pour secourir une personne en détresse, alors qu'ils rentraient du motel où ils venaient de passer un moment ensemble. Accusée du meurtre de son amant, elle n'a pas réussi à prouver son innocence et a dû purger douze années de prison.
Bien décidée à oublier cet épisode douloureux, Margaret Fraser a trouvé un emploi de journaliste dans une petite île de Nouvelle-Angleterre où tout le monde se connaît. En dépit d'une idylle naissante et de la confiance du rédacteur en chef, elle est en butte au front d'animosité des habitants et se sent traquée par un ennemi inconnu qui semble lui reprocher son passé.

vendredi 3 septembre 2010

Incidences

Philippe Djian réinterprète à sa façon le trio la femme/le mari/l'amant en sa variante la soeur/le frère incestueux et sa maîtresse, mais à son habitude, le vrai sujet d'observation reste les dérèglements du couple. Dans ce drame à trois, Marianne, Marc et Myriam se cherchent, se trouvent, se poursuivent en des chassés-croisés auxquels se mêlent quelques personnages aléatoires qui ne sont que prétexte à réaction des acteurs principaux. Une tension lourde s'installe peu à peu, où la folie guette les personnages à chaque page. La construction du roman va crescendo pour atteindre son paroxysme dans les dernières feuilles en un dénouement prévisible - le drame doit éclater comme un orage quand l'air est trop saturé d'électricité statique - mais qui reste pourtant imprévisible dans la mesure où le lecteur est incapable de dire d'où le coup viendra.
L'histoire est d'une densité incroyable : certains arguments pourraient faire l'objet de développements, mais cela nuirait à l'harmonie d'ensemble et au ton de l'histoire et repose beaucoup sur le non-dit et le pouvoir d'évocation. L'auteur se plaît à distiller ses effets et réussit à donner l'impression qu'il garde du potentiel en réserve. Les choses sont suggérées avec beaucoup d'économie de moyens et une sobriété de propos qui ne fût pas toujours la sienne. Il y a accord entre le fond et la forme, puisque Marc enseigne à ses étudiants la recherche du rythme juste auquel Philippe Dijan est très attentif. En parallèle, il poursuit sa réflexion sur le métier d'écrivain dont il continue à explorer les décalages et les chemins de traverse. Vers chez les blancs voyait la confrontation de deux amis et néanmoins rivaux dans la vie : un écrivain sur le retour à la gloire passée et un auteur de talent en pleine crise de maturité. Dans Incidences, le héros enseigne à l'université à des candidats écrivains ; après qu'il s'est aperçu que le génie littéraire lui faisait défaut, il s'est résigné à ne jamais vivre de sa plume et si amertume il y a, elle porte plus sur la médiocrité ignorante qui l'entoure que sur le constat lucide de sa propre absence de valeur.

lundi 30 août 2010

En toute honnêteté

J'apprécie beaucoup ce choix de Talyate qui a su trouver en Ruth Rendell le contrepoint idéal à la lecture de Rosamund Pilcher : je ne m'y attendais pas du tout, ni par le titre, ni par l'auteur, que j'ai dû vraisemblablement confondre avec une autre. Les deux écrivent des romans autant que des nouvelles, mais si l'une excelle à délivrer un message d'optimisme et de foi en l'humanité, l'autre préfère montrer la mesquinerie et la noirceur d'âme des hommes et femmes qui lui servent de sujet et insister sur leurs aspects humains et moraux les moins valorisants ou les plus infâmants.

La plupart des personnages rassemblés dans ce recueil souffrent d'obsession : phobiques, compulsifs... ils offrent une large palette des troubles du comportement, des plus apparemment bénins à ceux qui tournent dans certains cas à une pathologique insupportable pour l'entourage et pourrait conduire au meurtre.
Certaines histoires appartiennent d'ailleurs à un registre proche de la thématique de Meurtres et obsessions dans la collection supervisée par Otto Prenzler : le désir obsessionnel et ses conséquences incontrôlables.

Lu également Un parfum bleu foncé, une courte nouvelle dramatique sur le thème de l'obsession.

Avec l'extrême finesse psychologique et l'économie de style trompeuse qu'on lui connaît, Ruth Rendell pratique ici la dissection des mobiles qui ont motivé les actes; jusqu'à exposer les moindres rouages des névroses de ses personnages pour créer, mieux qu'un suspense, un malaise lancinant.

En trente ans, Ruth Rendell s'est imposée comme la reine de la littérature criminelle. Elle est le seul auteur à avoir été deux fois consacrée par le Gold Dagger Award, décerné par l'Association britannique des auteurs de littérature criminelle. Elle vient d'être distinguée par la reine d'Angleterre qui l'a nommée Companion of the British Empire.

vendredi 27 août 2010

Sexe, diamants et plus si affinités - Le diable s'habille en Prada

Trois amies que tout oppose se lancent un défi : pendant une année, Emmy, la monogame convaincue, délaissée de fraîche date par son ami volage, va essayer d'aller à l'encontre de son caractère pour s'amuser sans arrière pensée et séduire autant d'hommes qu'il existe de continents, Adriana, la belle et sensuelle brésilienne en quête perpétuelle d'aventures, va tenter de s'en tenir à un seul homme et si possible en faire son futur mari, bague de plusieurs carats à l'appui et Leigh enfin, la récente fiancée dont toutes les femmes envient le couple idéal, espère ressentir dans les bras de l'homme de sa vie plus que le tiède sentiment de confort affectif que lui inspire Russell et va remettre en cause son existence toute tracée.

Lauren Weisberger annonce sans équivoque son trio gagnant : Sexe pour l'une, diamants pour l'autre et plus si affinités pour la dernière... mais les circonstances peuvent s'ingénier à ménager des surprises là où elles sont les moins attendues.
Le pire dans ce roman est qu'il donne peu l'impression d'être une oeuvre d'invention : l'auteur vient et vit du monde qu'elle décrit. Je dois avouer que le portrait de ces trentenaires new yorkaises privilégiées, belles, riches et frivoles, socialement intégrées et jouissant de professions en vue, me fait plus craindre pour le féminisme que plusieurs générations de machos convaincus.

Lu en 2009
Le diable s'habille en Prada, du même auteur, raconte les débuts et déboires d'une jeune journaliste ingénue dans le monde sans pitié de la mode new yorkais, avant qu'elle ne devienne à son tour plus retorse que sa rédactrice en chef.
Je dois avouer pour une fois que j'ai préféré au livre la version cinématographique avec une Meryl Streep totalement crédible dans le rôle de Miranda Priestly, gourou de la mode et parfaite garce par ailleurs.

vendredi 20 août 2010

L'étrangère

Dans La prisonnière, écrit en collaboration avec Michèle Fitoussi et paru en 1999, Malika Oufkir témoigne de ses vingt années de captivité dans les geôles marocaines où l'ensemble de la famille a été emprisonné en 1972, à la suite du coup d'état manqué et de l'exécution du général Oufkir par le roi Hassen II. Son récit a fait l'objet d'une diffusion exceptionnelle en Europe et aux Etats-Unis et lui a valu de nombreuses tournées de présentation.

L'étrangère, où elle livre la suite de ses souvenirs, raconte avec une apparente humilité et un moralisme de bon aloi, les difficultés de son retour à la vie "civile", ses années de rééducation à la liberté avec l'aide de son mari, son choc face aux changements survenus dans le monde.
Cela n'est pas réellement l'oeuvre d'un écrivain, mais plutôt un bis repetita de la catharsis engagée grâce au premier livre. Les chapitres sont décousus, l'auteur hésite sans trouver sa place entre l'anecdote autobiographique et la pensée générale.
Globalement, je me suis beaucoup ennuyée, même si je dois admettre que j'ai découvert ignorer honteusement une partie de l'histoire récente du Maroc.

Une des pires impressions de ce circle challenge ABC après Danielle Steel

mardi 17 août 2010

Retour au pays

Le justement nommé Retour au pays est un recueil qui regroupe deux précédentes compilations des meilleures nouvelles de Rosamund Pilcher choisies par l'auteur. Elle précise dans la postface qu'elle souhaite que son oeuvre trouve sa place au chevet des chambres d'amis, là où elle pourra trouver lecteur et apporter réconfort. En effet, Rosamund Pilcher excelle à délivrer un message d'espérance comme en témoignent ses nouvelles qui présentent le même fond d'incurable optimisme et de foi en l'humanité ; leur action se déroule à un moment clef de la vie de l'héroine (le plus souvent) quand elle se trouve face à un choix crucial pour son avenir et que tout s'arrange presque miraculeusement. Les personnages ont ce qu'il convient d'appeler un bon tempérament, de belles qualités morales.
Parmi mes préférées figurent L'arbre, où un jeune couple se voit offrir un merveilleux cadeau inattendu par leur vieux parrain à la réputation exécrable, Une soirée mémorable au cours de laquelle un autre couple fait bonne figure en improvisant un dîner pour le patron du mari et son épouse en avance d'un jour sur la date prévue ou encore Jour de repos, où un mari découvre les mille petits riens qui meublent une journée de semaine ordinaire de son épouse. Les descriptions de paysages à la beauté sauvage incitent à découvrir de visu les cairns, les lochs, les landes qu'elle décrit si bien et avec tant d'amour. Tout semble presque trop beau dans le paisible petit monde de Rosamund Pilcher... qui pourtant me donne très très envie de la découvrir dans un plus long roman.

dimanche 15 août 2010

Syngué Sabour

Ce titre, littéralement " Pierre de patience ", a valu à Atiq Rahimi, écrivain franco-afghan auteur de quatre précédents romans, d'obtenir la précieuse distinction littéraire de la rentrée 2008.
Je ne suis pas sûre d'avoir déjà lu un des lauréats du prix Goncourt, mais de réticente sur ce prêt, au départ, je suis maintenant enthousiaste et le suivant, par Marie N'Daye, prêté également, est en bonne place dans ma PàL.

Syngué sabour n.f. (du perse syngue « pierre », et sabour « patiente »)
Dans la mythologie perse, il s'agit d'une pierre magique que l'on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères... On lui confie tout ce que l'on n'ose pas révéler aux autres... El la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tous les secrets jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate... Et ce jour-là on est délivré.

Dans une ville en guerre qui n'est pas clairement identifiée, une jeune femme musulmane qui restera sans nom, vit au rythme oppressant du souffle d'un grabataire. Sur les instructions du mollah, elle récite à longueur de journée une lancinante prière pour obtenir la rémission du blessé, son mari atteint d'une balle (perdue) dans la nuque et le père de deux fillettes.
Face à son inertie et son absence de réaction à ses soins, elle s'enhardit peu à peu à exprimer le fond de sa pensée, ses doutes et ses réflexions sur la vie, la guerre, la violence, les hommes. Ce cadavre vivant devient pour elle « Syngue sabour », pierre de patience à laquelle elle confie ses petits secrets heureux ou douloureux, ses attentes d'épouse déçue par le mariage, ses espoirs meurtris d'une vie paisible et décente, ses trahisons obligées pour (sur)vivre sous le joug de la tradition coranique, ses espérances aussi et l'affectation inattendue qu'elle a trouvée auprès de son beau-père.

Un livre déconcertant, inédit, ciselé dans le fond et la forme ; la fin est à l'image de l'absurdité du monde que dénonce la femme dans son long monologue.
J'ai aimé le commentaire sur http://culture.webmanagercenter.com/article.php?aid=407

mercredi 11 août 2010

Le jeudi c'est citation

Conter, c'est offrir sa parole à un rêve qui chemine,
C'est ouvrir son jardin et en faire un navire.
Michel Hindenoch

lundi 9 août 2010

Merrick

Depuis la sortie du film, j'avais envie de lire le premier roman d'Anne Rice, celui qui l'a propulsée au rang des meilleures du genre, je veux parler de Entretien avec un vampire.
Je la découvre finalement au travers de ce roman qui se situe à la confluence de ses deux grandes veines d'inspiration, à savoir d'une part, la chronique des vampires et d'autre part, la saga des redoutées sorcières Mayfair.

David Talbot connaît Merrick, la très belle et très puissante sorcière métisse du clan des Mayfair, depuis qu'adolescente mais déjà surprenante, elle s'est réfugiée auprès du Talamasca, une société qui étudie les phénomènes para-normaux.
En dépit de son envie, il s'est toujours refusé de revoir sa meilleure disciple, depuis qu'ayant trahi sa cause et ses amis, il a rejoint le monde de la nuit. Pourtant, lorsque Franck, un des fidèles et dévoués compagnons du vampire Lestat, se met à dépérir d'incertitude face au sort de la petite Claudia, David se décide à faire appel au talent de Merrick afin d'invoquer l'esprit sans repos de la jeune vampire.

dimanche 8 août 2010

Secrets en héritage - Voyage à Capri

Je n'ai pas réussi à finir Secrets en héritage emprunté à la bibliothèque pendant des vacances étonnamment dépourvues d'envie de lire !
Pourtant le style d'Elisabeth ADLER m'a plu et le début du roman est prometteur : deux héritiers présomptifs, issus de deux branches distinctes, se lancent sur les traces de la "méchante" Lily Molineux, leur supposée aïeule qui a mené une existence remuante et non conformiste. Ils se retrouvent par hasard dans le manoir d'une vieille tante/cousine ? (la fille de Ciel la petite soeur de la fameuse Lily) qu'ils comptent interroger sur ses souvenirs, pour son plus grand plaisir.

Pour compenser, je viens de lire Voyage à Capri, dont l'intrigue se révèle moins captivante : sir Robert Hardwick, un richissime industriel et pair du royaume annobli par la reine, est mort dans un accident de voiture. Par testament, il charge Daisy Keane, la secrétaire particulière qu'il chérissait, d'enquêter avec l'aide d'un détective privé, bien sous tous rapports, sur les conditions de sa mort, dont il annonce qu'il ne peut s'agit que d'un meurtre. Pour cela, il a décidé de convier certains de ses anciens proches à une croisière en Méditerranée sur un magnifique yacht privé : premier amour, épouse divorcée, maîtresse séparée, amis éloignés et partenaire en affaires relégué, chacun pourrait bien avoir un mobile pour le supprimer.
Si la promesse du fabuleux héritage est au bout du voyage, la vérité également puisque les uns et les autres, poussés par la convoitise ou le repentir, seront amenés à dévoiler leur visage secret.

jeudi 29 juillet 2010

Masse critique numéro 8 : 200 % de satisfaction

J'ai décidément été très gâtée lors de la dernière édition du progamme Masse critique de Babelio, puisque j'ai reçu non pas un mais DEUX livres et qu'ils m'ont plu également quoique dans des genres très différents :

Le don de Vorace de Félix Francisco CASANOVA est un petit volume comme je les aime, un objet agréable à l'oeil et à la main au service d'un texte qui mêle savamment la séduction de la forme à la réflexion induite par le fond. La maison d'édition Les Allusifs soigne sa présentation : un format compact, une solide couverture souple, un beau papier crème, épais et une calligraphie d'un noir bien dense, offert avec en prime le marque-page assorti.

Le lecteur bascule dès les premières lignes dans un univers fantasmatique entrecoupé de passages oniriques carrément surréalistes.
Le narrateur, Bernardo Vorace, rencontre un problème de taille : cynique, désespéré et suicidaire, il se réveille avec un trou dans la tempe qui n'a pas réussit à le faire mourir. Pour lui et pour ceux dont le malheur vient de le côtoyer, il devient alors ingérable.
Comment parler de don alors que tout le roman n'évoque plutôt qu'une terrible pénitence dans laquelle l'âme maléfique de Vorace s'enfonce avec une sombre délectation, dans la pure lignée des Chants de Maldoror ?
Les critiques espagnols ont semble-t-il trouvé leur Arthur RIMBAUD (Une saison en enfer) ; le destin de Félix Francesco CASANOVA m'a plutôt rappelé le poète malheureux Giacomo LEOPARDI, érudit polymorphe et auteur d'une oeuvre prometteuse, précocement interrompu dans la fleur de l'âge (Poèmes).

voir aussi Une partie en enfer de Florian LAFANI et Gautier RENAULT et la prochaine fois, n'hésitez pas vous aussi à participer : précipitez-vous !

mardi 6 juillet 2010

Tempe Brennan - Kathy Reichs

Kathy Reichs signe un palpitant thriller québécois où le bilinguisme n'est jamais loin ainsi que l'atteste le titre Déjà dead !
Temperance Brennan est anthropologue judiciaire, spécialiste des ossements : après avoir analysé des restes humains, démembrés et enterrés séparément dans des sacs-poubelles, elle fait le rapprochement avec un homicide antérieur mais son hypothèse rencontre l'hostilité de l'enquêteur chargé de l'affaire. Elle semble être la seule à croire qu'un tueur en série particulièrement pervers sévirait impunément à Montréal depuis quelques années, jusqu'à ce qu'il porte son attention sur elle... et une de ses amies.

lundi 28 juin 2010

Comment les haïkus naissent dans les choux

Dans ce petit manuel rapide à lire, Gilles Guilleron initie le lecteur aux principes traditionnels des haïkais japonais dont il retrace un bref historique ; il livre ses recettes, illustrées par l'exemple, afin que chacun trouve les moyens de créer sa propre fabrique de mots du jour, à partir de son environnement et de ses expériences.

Il tempo invecchia in fretta - Le temps vieillit vite

Ce recueil de courts textes d'Antonio Tabucchi, entre nouvelles et essais, ou récits comme il les appelle, donne lieu à quelques histoires étranges à la limite du fantastique. Ils puisent leur inspiration parfois dans la réalité, mais tracent toujours une ligne poétique qui s'en éloigne, représente un travail de réflexion sur l'essence de la mémoire. L'écriture est fluide, presque sans ponctuation, en concordance avec le texte - bien que cela ne me crée pas une gêne, une difficulté de compréhension comme chez Alain Mabanckou - et traduit le flux des pensées qui s'enchaînent en continu, instants insaisissables qui s'enfuient déjà mais que l'auteur réussit à capter dans une expérimentation liant intimement fond et forme expressive.

dimanche 27 juin 2010

Rose de pierre

Je peux dire qu'Anne Bragance n'est pas là où on l'attend. Si le début est intéressant, la fin - qu'il serait dommage de dévoiler - laisse sans voix, dans une chappe de silence pesant comme la pierre !
Rose[belle] qui porte si mal son prénom est une adolescente intelligente, grosse et moche, qui souffre de psoriasis, mais surtout d'un immense complexe d'amour frustré. Entre sa mère, la redoutable Madame T. autoritaire et distante, une tante pianiste et compréhensive mais qui vit à Genève et un père idéalisé qui a disparu de leur vie pour ses quatre ans, Rose peine à trouver sa place et se réfugie dans les livres, trente cinq au total.
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Heureusement, elle rencontre la Joie en la présence de Souade, une française d'origine algérienne de la deuxième génération, qui devient son amie et lui fait partager sa famille. En dépit de leur pauvreté, les Bouhazane constituent un véritable foyer, dans la barre de banlieue où ils occupent un appartement chaleureux aux couleurs de l'Algérie. Cependant, les autorités ont décidé de raser l'immeuble devenu dangereux et les habitants seront relogés contre leur gré. Souade ne se résout pas à accepter la situation ; elle entraîne Rose dans l'immeuble déserté frappé d'interdition.
Un roman lumineux qui m'a appris, pour l'anecdote, que le nom des Deglatnour, les meilleures des dattes, mûries au soleil de l'oasis de Biskra en Algérie, signifie littéralement les "doigts de lumière".

mardi 22 juin 2010

Pension alimentaire

Eric Neuhoff se penche avec le lecteur sur une histoire de divorce et bien plus encore :
le narrateur perd son père, ses fils, sa femme et son estime pour elle, ses illusions sur la nature humaine s'il lui en restait, mais reste attaché à sa dignité et à une certaine naïveté éclairée. Je soupçonne l'auteur d'une part autobiographique, qui se dévoile à demi-mots, avec beaucoup de pudeur et suscite des éloges unanimes et mérités, comme par exemple sur
http://livres.fluctuat.net/eric-neuhoff/livres/pension-alimentaire/

jeudi 17 juin 2010

Les voies d'Anubis

Les voies d'Anubis ne sont pas impénétrables : elles ouvrent des brèches dans la surface gelée de la rivière du temps. Quatre sorciers qui ont appris à les prévoir veulent utiliser les pouvoirs du dieu cynocéphale, afin de restaurer la puissance de l'ancienne Egypte.
A Londres au XXème siècle, Cochran Darrow est parvenu à la maîtrise de ces trous de vers. Il organise une "excursion" en 1810 à l'attention de richissimes voyageurs temporels, dans le but de financer d'autres projets de recherche plus personnels.
Brandon Doyle, un universitaire californien spécialiste des poètes romantiques anglais du XIXème siècle, fait partie de l'équipe pédagogique. Il est kidnappé au cours de l'expédition et se retrouve empêché d'effectuer le voyage de retour. Retenu contre son gré dans un Londres qui évoque Les mystères de Paris, il s'évertue, à travers péripéties et rebondissements dignes des romans de capes et d'épées, à réintégrer son époque d'origine, mais se heurte à des intérêts qui ont bien peu à voir avec la science.
Une intrigue au schéma compliqué pour un intérêt en somme assez moyen

jeudi 10 juin 2010

La légende de Gösta Berling

Suède
A mon avis, le roman aurait pu - plus justement - s'intituler "La vie calamiteuse de Gösta Berling" tant le héros, qui semble par ailleurs avoir tous les atouts pour réussir brillamment dans la vie, fait preuve d’un sérieux penchant à mal s'entourer et à s'attirer les ennuis. Prêtre défroqué, il rejoint la compagnie des cavaliers d'Ekebu, plus prompts à la fête et aux mauvaises farces qu'au travail.
Mais il faut plutôt entendre le titre dans le sens original de "saga" ou d'épopée et non celui de "vie légendaire". J'y vois pour ma part un sens additionnel en lien avec la tradition des Contes et légendes, que rend bien l'écriture un peu surannée de Selma Lagerlöf et qui devrait séduire les amateurs. Je préfère d'ailleurs la couverture de l'édition anglaise, plus appropriée au texte à mon goût .









du même auteur, à lire peut être : La merveilleuse histoire de Nils Holgersson.

mercredi 9 juin 2010

Quand la lune sera bleue

Tome 1 des Suites majorquines, Quand la lune sera bleue tire son nom d'une croyance populaire : il arrive très rarement qu'une seconde pleine lune se produise dans le même mois et au cours de cette nuit de "lune bleue", plus particulière qu'aucune autre, toutes les folies des hommes sont à craindre.

En acceptant un poste à Palma de Majorque, son île natale, après six années de formation sur le continent, Pilar Màs s'attendait à retrouver avec plaisir ses amis, la plongée et l'escalade, les sites enchanteurs de sa jeunesse. Elle savait aussi qu'elle renouerait avec ses vieux démons et ses problèmes non résolus.
Son rôle de technicienne de la police nationale est de photographier les scènes de crime et celles-ci ne manquent pas depuis son retour. Des morceaux de cadavres non identifiés, des mises en scène sophistiquées et sanglantes portant la marque d'un tueur violent et retors, semblent orienter les recherches vers le passé de la jeune femme en lien avec sa parentèle.

Martin Solanes, alias de Martine Mairal, signe un roman subtil sur le poids du passé, des traditions, des liens familiaux, qui donne également très envie de visiter les Baléares et d'en découvrir les paysages, les coutumes et les habitants dont les incontournables "abuelas" (grands-mères).

lundi 7 juin 2010

Autopsie d'un viol

Georges Lamont rentre du travail un peu tard, comme à son habitude : sa femme agonise dans la chambre conjugale. L’agresseur, encore présent sur les lieux, tire deux coups de feu dans sa direction avant de prendre la fuite. Grièvement blessé, Lamont parvient à prévenir les secours.
Pour le shérif du comté, l'affaire est entendue et son bureau recueille sans tarder la déposition du suspect, un garçon simplet, obsédé et voyeur. Mais deux autres candidats aux aveux s'accusent de l'homicide, un journaliste local en mal d'écriture et un notable scrupuleux dont la victime fut le premier amour. Un juge est chargé de départager le(s) coupable(s) et il revient donc au ministère public de démontrer l'innocence des prévenus.

Auteur et illustrateur belge d'expression française, Stanislas André Steeman a œuvré à l'introduction de la psychologie dans le genre policier et apparaît aujourd'hui comme un maître du roman à énigme. Au modèle classique anglais, où le meurtre est le point de départ d'un jeu logique, l'auteur ajoute le sens du suspense, de la cocasserie et du jeu.
Un moment éclipsée par la gloire de Georges Simenon, son œuvre jouit aujourd'hui d'un regain d'intérêt. Parmi ses titres les plus célèbres, deux ont été adaptés au cinéma par Henri Georges Clouzot, L'assassin habite au 21 et Légitime défense, qui devient à l'écran Quai des orfèvres.

vendredi 4 juin 2010

Meurtres et obsessions

Le principe des collectifs présentés par Otto Prenzler est simple et efficace : rassembler quelques-uns parmi les meilleurs auteurs d'intrigue actuels sur une thématique commune et les inviter à donner libre cours à leur imagination.
Quand ces dames tuent, un excellent recueil de 17 nouvelles lu précédemment m'avait permis de (re)découvrir de talentueux experts du genre.
Dans Meurtres et obsessions, 15 des maîtres du suspense américains se penchent sur le thème du désir obsessionnel et ses conséquences incontrôlables, parfois meurtrières.

mardi 1 juin 2010

Talyate's circle challenge by XL à la mi-parcours

J'étais très impatiente de recevoir ma liste de lectures 2010 et au cours de ce premier semestre, je me suis inspirée de cette sélection très largement féminine concoctée par Talyate pour aborder des lectures vers lesquelles je ne serais pas allée a priori. A la mi-parcours, le bilan est moins positif que prévu, puisqu'il me reste 15/26 titres à lire.

Récapitulatif
En janvier donc, j'ai lu quatre titres de la liste de Talyate, dont deux sans surprise car je connaissais les auteurs et deux découvertes intéressantes (mes notes de lecture étant disponibles au fur et à mesure sur mon blogue, je préfère publier ici une mise à jour mensuelle (@noldenol : ça te convient ?) :
  • KING Stephen => Shining
  • HIGGINS CLARK Mary => Dans la rue où vit celle que j’aime
  • JAHAM Marie-Reine (de) => L’or des îles
  • LAROUI Fouad => Les dents du topographe.
J'avais inscrit deux romans à trame historique au programme de mes lectures de février et cela m'a valu, dans cet ordre, une bonne surprise et une déception :
  • XENAKIS Françoise => Désolée, mais ca ne se fait pas
  • STEEL Danielle => Joyaux.
En fin de trimestre, j'ai donc rempli un quart du contrat (7/26), ce qui est dans la norme, même si le rythme s'est ralenti en mars, où je n'ai lu que :
  • Juliette BENZONI => Les dames du Méditerranée-Express : tome 1 : La jeune mariée et tome 2 : La fière Américaine
  • Christian JACQ => Le pharaon noir.
Fête du travail oblige, j'anticipe d'une journée mon commentaire mensuel sur l'avancement de mes lectures et j'avoue piteusement, pour ce mois d'avril, que je n'ai réussi à ajouter la lettre Z que dans la mesure où elle était à moitié imposée par notre organisatrice et j'ai pu ainsi découvrir :
  • Emile ZOLA => Thérèse Raquin, un de ses premiers romans.
Deux lectures intéressantes au bilan de mai :
  • Barbara WOOD => La pierre sacrée
  • Barbara TAYLOR BRADFORD => L'espace d'une vie.

lundi 31 mai 2010

Le dictateur et le hamac

J'ai épuisé toute la série sur le clan Malaussène (paru en coffret de six) - mon ultime trouvaille étant Aux fruits de la passion - et c'est donc avec un plaisir évident que j'ai découvert un petit livre de Daniel Pennac absent de ma bibliographie personnelle.
Bien que n'ayant rien à voir avec la nombreuse progéniture sur laquelle règne Monsieur Malaussène, Le dictateur et le hamac relève de la même veine d'inspiration, un regard sur la vie jouant à l'équilibre entre tendresse, absurdité et causticité. De mon point de vue, assurément un des meilleurs romans de l'auteur et pourtant la barre était haute.





   Eloge de la méditation



 










"Le hamac, ce rectangle de temps suspendu dans le ciel."

Ayant réalisé le grand dessein qu'il s'imaginait enfant, Manuel Pereira da Ponte Martins est le dictateur d'un petit pays d'Amérique latine, riche en sous-sol mais pauvre en surface. Afin de voyager librement et de jouir de sa situation, il se fait remplacer par un sosie qu'il a formé en personne : il prétend échapper ainsi au destin tragique que lui a prédit une voyante au début de sa carrière. Toutefois, il a négligé un minuscule facteur de risque, le "epsilon près" qui est capable d'anéantir le luxe de précautions dont il s'est entouré pour la substitution. L'histoire de ce dictateur agoraphobe qui ressemblait à Rudolph Valentino fait l'objet de la première partie. Suivent pêle-même la genèse de ce texte à part dans l'oeuvre de l'auteur, des considérations et souvenirs sur le Brésil où il a séjourné dans le cadre de sa carrière mais qui n'avait donné lieu qu'à une correspondance, un bel hommage au cinéma de Charlie Chaplin et notamment une analyse de son film The great dictator, des commentaires sur la construction du roman, ses travaux préparatoires et l'origine de ses personnages, qui intercalent avec les épisodes relatifs aux sosies successifs... puisqu'à l'exemple de son modèle, le premier s'est fait remplacer, et ainsi de suite.

mercredi 26 mai 2010

Regard violet

D'après la présentation de l'éditeur
Tome 1 : Regard violet - Je peux voir comment il les tue - Stephen Woodworth
Ils sont l'arme secrète de ceux qui luttent contre le crime, la police les appelle les Violets. A chaque génération, quelques individus naissent avec les yeux de cette couleur ; ils ont le don d'offrir aux victimes de meurtre la possibilité de témoigner à la barre dans le procès de leur assassin. Natalie Lindstrom est l'un de ces individus exceptionnels qu'un tueur redoutable a entrepris d'éliminer. Mise sous protection du FBI, elle est assaillie par le doute... et les visions d'agonie des victimes aux yeux violets. Le tueur semble jouer avec ses nerfs et réussit à s'immiscer dans son esprit.

la suite... Tome 2 : Mains rouges - Je peux voir qu'il va encore tuer
Natalie Lindstrom appartenait à un groupe d'enquêteurs d'élite capables de communiquer avec les morts mais elle a changé de vie. Cependant, lorsqu'elle entend parler du procès médiatisé de Prescott Hyland Jr, elle comprend aussitôt qu'elle ne peut laisser passer une telle injustice. En effet, les preuves sont accablantes, mais un Violet corrompu vient livrer un témoignage mensonger qui remet tout en question. Natalie va devoir renouer avec son ancienne carrière... et avec le danger. Car un autre tueur à la perversité sans limites est en liberté, capable de frapper au coeur de la nouvelle vie de Natalie. Dans le monde des Violets, le passé peut revenir vous hanter, au sens propre...

mardi 25 mai 2010

Une partie en enfer

Il m'est difficile de parler de ce très bon thriller sans risquer d'en dévoiler les ressorts, mais j'ai vraiment été scotchée au livre jusqu'au dénouement.
Première oeuvre de deux trentenaires, Florian LAFANI et Gautier RENAULT, ce roman plonge le lecteur au coeur de l'univers/de l'enfer (?) des joueurs, du poker et de l'addiction au jeu et c'est ce qui m'avait attirée lors de mon choix dans la liste de l'édition Masse critique numéro 8.

Les personnages se croisent et évoluent de manière savamment orchestrée. Une multinationale aux intérêts soigneusement tenus secrets est de la partie. Le camp auquel appartiennent les uns et les autres demeure ambigû.
L'intrigue assez complexe avance au rythme d'un découpage serré et le fil de l'histoire reste très clair, ce qui en rend la lecture confortable (ce n'est hélas pas toujours le cas dans cette catégorie de romans) ; un autre commentateur souligne quelques petites incohérences, véritables, mais elles restent mineures pour le déroulement.

De façon plus générale, les questions soulevées abordent des préoccupations relatives à la mondialisation, l'utilisation de la toile numérique, la manipulation de masse...
Par certains aspects, Une partie en enfer me rappelle la trilogie aussi instructive que romanesque élaborée par Stéphane Osborne Le capital, Le manifeste et L'idéologie, sur des thématiques directement inspirées de Karl Marx.

vendredi 21 mai 2010

En finale de Fame Game

Hollywood, Californie : Sadie a quitté Londres sur un coup de tête pour répondre à l'invitation d'un jeune producteur beau, riche et célèbre. Après sa rencontre avec un adorable acteur, plus jeune, plus beau mais pas encore célèbre et sans le sou, elle ne sait plus lequel choisir.
Cela sans compter le sadisme de l'auteur, Carole Matthews, qui corse le cruel dilemme de Sadie... hésitant entre un homme encore marié qui n'arrive pas à se débarasser d'une épouse envahissante et un supposé homosexuel qui refuse de s'engager.
Quand Sadie est finalement prête à abandonner pour rentrer en Angleterre, les deux hommes lui déclarent leur amour.
Parviendra-t-elle à trouver le bonheur dans la ville des illusions ?

Carl est le guitariste qui accompagne Fern tous les soirs dans le pub où leur duo se produit, mais aussi le confident des mauvais jours qui l'a poussée à s'inscrire aux sélections de Fame Game, une émission télévisée qui recherche de nouveaux talents de la chanson et n'a retenu qu'elle. David Evan, un ténor d'opéra charismatique mais hypocondriaque, ignore le second boulot de sa nouvelle assistante et l'entraîne, émerveillée, dans son sillage de star talentueuse à la renommée internationale et à la vie dénuée d'embûche.
Carole Matthews est assurément la championne des choix cornéliens. Entre l'amour platonique de son meilleur ami et la cour fascinante de son prestigieux patron, Fern hésite, tergiverse, se décide, puis se repent...

C'est de la pure Chick Litt mais je crois bien que j'ai un gros coup de coeur pour cette collection grâce aux illustrations de couverture de Margaux Motin.
Lus le 21/05/2010

Festival « Au bout du rêve »

Ces trois soirées dédiées à des expériences de vie hors du commun sont l'occasion de partir à la découverte des routes du monde en compagnie d'étonnants voyageurs à pied, à cheval, à vélo, en tandem... Des sommets de l'Himalaya aux Etoiles du Midi, le spectateur est entraîné vers les cimes à la suite de ces passionnés de saut, d'escalade, de parapente...
Comme c'est devenu l'habitude de ce festival du film d'aventure, les projections de cette 6ème édition ont lieu le plus souvent en présence des réalisateurs ou des protagonistes du film et sont suivies de questions-débat.
Spécial coup de coeur à Delphine et Damien de Planète D.

jeudi 20 mai 2010

Swap

Harvey a été l'heureux mais inconscient possesseur du premier numéro de Superman, qui est recherché par tous les bédéphiles dignes de ce nom et atteint en conséquence une cotation hors norme ; il a gardé son âme d'adolescent passionné de BD et a ouvert sa boutique d'occasions à Londres, quand celle de ses rêves éveillés se trouve à New-York... Dans un moment d'égarement qui fait l'objet de tous ses regrets d'adulte, il a troqué, par compassion entre gamins, le fanzine désormais introuvable à Bleeder Ogg, le souffre-douleur de la classe. Son unique but est de remettre la main sur le magazine, support de tous ses fantasmes. A n'importe quel prix ?
Cela ressemble un peu à un roman noir de P. D. James pour la pesanteur et l'engrenage irrémissible dans lequel le héros se fait entraîner. Mais plus qu'un policier, il s'agit d'un roman où la dimension psychologique est très importante comme ressort scénaristique : les protagonistes sont des quarantenaires parvenus à l'âge des bilans, des retours difficiles sur le passé, des espoirs d'avenir devenus stériles et des déconvenues constatées, des remises en question (trop) tardives...
Anthony Moore est le pseudonyme utilisé par un psychanalyste dont Swap est le premier roman.
L'avis de Liliba que je partage

mardi 18 mai 2010

L'espace d'une vie

Ce premier roman de Barbara Taylor Bradford raconte l'ascension fulgurante d'Emma Harte, créatrice d'un véritable empire industriel et commercial dans l'Angleterre du début du XX ème siècle.
Jeune bonne engagée à douze ans dans la famille Farley, Emma se promet d'avoir un jour la fortune qui procure le pouvoir. Elle partage l'ambition de ses rêves avec Blackie O'Neil un jeune maçon irlandais installé à Leeds qui est venu travailler au château. Quand Emma, enceinte et soucieuse de cacher sa grossesse, décide de s'enfuir, elle pense naturellement à trouver refuge auprès de son seul ami.

samedi 15 mai 2010

La pierre sacrée

Plus qu'un roman, ce livre est une succession de courtes histoires qui se déroulent dans des lieux et à des époques différents, avec comme fil conducteur une pierre bleue polie, de la taille d'un petit oeuf, issue d'une météorite tombée sur terre au cours de la préhistoire et passée de main en main à travers les âges et les continents.
Le plus beau chapitre, de mon point de vue, se déroule pendant la période médiévale et fait voyager l'héroïne à travers l'Europe, la Méditerranée et l'Asie : partie d'Amsterdam pour Jérusalem qu'elle n'atteindra jamais, en quête de la pierre bleue et de sa famille qu'elle ne retrouvera pas, elle finira par rencontrer plusieurs fois l'amour et finira ses jours comme souveraine d'un lointain royaume fabuleusement riche perdu au coeur des montagnes d'Asie centrale.

mardi 4 mai 2010

Attirances

Il existe de curieuses résonnances entre les lectures : quels liens secrets guident-ils la main, au hasard des rayonnages de librairie ou de bibliothèque, vers des titres que rien ne prédestine en apparence à séjourner dans la même pile de chevet ? Des concordances souterraines se mettent en place et cheminent dans l'esprit du lecteur, pour éclairer d'un autre regard tel auteur, telle oeuvre ou enrichir le sens de tel passage...

De manière beaucoup plus évidente, Attirances de Didier Van Cauwelaert se rattache à une de mes lectures récentes et pourrait, si l'auteur était américain, figurer en bonne place dans la série des Meurtres et obsessions rassemblée par Otto Penzler. En effet, le titre est un euphémisme.
Dans le cas de l'étudiante prête à toute extrémité pour remettre au travail l'académicien dont elle étudie l'oeuvre dans le cadre de sa thèse de doctorat, ainsi que dans les rapports entre le peintre, meurtrier sans preuve et la juge chargée de l'instruction de l'affaire, il s'agit bien d'obsession... Le roman est en fait une histoire à tiroirs : trois longues nouvelles enchaînées l'une à l'autre, pleines de rappels et de ressorts sous-jacents, qui appellent une suite à la mise en abîme de cette histoire familiale sur trois générations.
lu le 11 juin 2010
J'aime l'avis de Véronique
http://leromanculinaire.blogspot.com/2010/05/attirances-didier-van-cauwelaert.html

L'éducation d'une fée

Nicolas Rockel croit aux contes de fée mais pas au coup de foudre, jusqu'à ce qu'il rencontre Ingrid, une jeune veuve et son charmant fils de quatre ans : Raoul a idéalisé un père pilote disparu trop tôt mais ne demande qu'à aimer en Nicolas, un père de substitution, créateur de jouets un peu dilettante, un peu fantasque et grand conteur d'histoires auxquelles il croit. Leur univers familial recomposé vole en éclats le jour où Ingrid décide, contre toute attente et pour, dit-elle, préserver leur amour, de s'éloigner de Nicolas à qui elle confie Raoul.

Deuxième voix du livre, César est une jeune Irakienne, caissière de supermarché par nécessité et férue de littérature française par idéalisme. Venue en France pour trouver la liberté et faire valider sa thèse sur André Gide, elle est la fée incarnée que le père et le fils attendent de croiser sur leur chemin.

J'ai retrouvé la touche poétique des univers contemporains créés par Didier van Cauwelaert : il y place des histoires optimistes où les personnages côtoient la noirceur du quotidien tout en réussissant à se préserver des éclaboussures. C'est plein d'attentes et de malentendus, mais comme dans les contes de fée, une fin heureuse finit par tout arranger.

L'évangile de Jimmy

Je connaissais Didier Van Cauwelaert comme scénariste de BD (Vanity Benz), sans avoir fait le rapprochement avec les titres de ma PAL, à savoir L'évangile de Jimmy et L'éducation d'une fée.

Lorsque le président J. W. Bush apprend qu'avec l'accord et le soutien financier de l'administration de son prédécesseur, le professeur Sandersen serait parvenu au premier clonage humain à partir d'ADN prélevé sur le linceul de Turin, dont le sujet aurait disparu suite à l'incendie du centre de recherches où il séjournait, il décide de couper court aux expérimentations.
Un banal examen sanguin suite à une morsure de chien permet de retrouver l'enfant disparu : Jimmy Wood, spécialisé dans l'entretien des piscines et victime d'une récente rupture, a 32 ans, mais ne garde aucun souvenir antérieur à ses 6 ans. Une équipe présidentielle chargé de le former à sa "mission" lui apprend qu'il est le double génétique du Christ.

La réflexion sous-jacente sur la manipulation est assez proche de la troisième partie de Survivant par Chuck Palaniuk.