J'ai épuisé toute la série sur le clan Malaussène (paru en coffret de six) - mon ultime trouvaille étant Aux fruits de la passion - et c'est donc avec un plaisir évident que j'ai découvert un petit livre de Daniel Pennac absent de ma bibliographie personnelle.Bien que n'ayant rien à voir avec la nombreuse progéniture sur laquelle règne Monsieur Malaussène, Le dictateur et le hamac relève de la même veine d'inspiration, un regard sur la vie jouant à l'équilibre entre tendresse, absurdité et causticité. De mon point de vue, assurément un des meilleurs romans de l'auteur et pourtant la barre était haute.




Eloge de la méditation
Ayant réalisé le grand dessein qu'il s'imaginait enfant, Manuel Pereira da Ponte Martins est le dictateur d'un petit pays d'Amérique latine, riche en sous-sol mais pauvre en surface. Afin de voyager librement et de jouir de sa situation, il se fait remplacer par un sosie qu'il a formé en personne : il prétend échapper ainsi au destin tragique que lui a prédit une voyante au début de sa carrière. Toutefois, il a négligé un minuscule facteur de risque, le "epsilon près" qui est capable d'anéantir le luxe de précautions dont il s'est entouré pour la substitution. L'histoire de ce dictateur agoraphobe qui ressemblait à Rudolph Valentino fait l'objet de la première partie. Suivent pêle-même la genèse de ce texte à part dans l'oeuvre de l'auteur, des considérations et souvenirs sur le Brésil où il a séjourné dans le cadre de sa carrière mais qui n'avait donné lieu qu'à une correspondance, un bel hommage au cinéma de Charlie Chaplin et notamment une analyse de son film The great dictator, des commentaires sur la construction du roman, ses travaux préparatoires et l'origine de ses personnages, qui intercalent avec les épisodes relatifs aux sosies successifs... puisqu'à l'exemple de son modèle, le premier s'est fait remplacer, et ainsi de suite.
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