Beaucoup des titres volontiers obscurs de Thomas Gunzig m'interpellent par leur absurdité contenue ou leur désarroi désenchanté. Le contraste entre mort et bilinguisme parfait n'a pas échappé à la règle et c'est par ce roman que j'ai donc choisi de découvrir l'auteur dans le cadre du challenge belge. En outre, je trouve l'esthétique de la couverture très attractive, sans éclairer sur le contenu. Je n'en dirais pas autant de l'édition de poche qui me met mal à l'aise et s'ajoute au décousu des propos, lesquels suffisent amplement à générer puis entretenir le doute du lecteur sur l'objet littéraire non identifié qu'il tient entre les mains...Quatrième de couverture :
Maintenant on se demandait vraiment quel effet ça pouvait bien faire une balle dans le ventre ou un éclat d'obus dans la figure, on se demandait comment c'était une vie sans jambes ou sans bras, une vie à plus rien y voir et on se demandait enfin à quoi ça pouvait servir qu'on se les gèle, qu'on nous réveille à des heures impossibles, que les camions de transport militaire soient aussi pourris, si ça aidait à gagner la guerre ou si c'était juste à l'image de l'univers : nul du centre à la périphérie.
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