Le couple formé par les héros Kate et Baïkal m'était apparu aussi insupportable que factice. Au contraire, Catherine me semble totalement crédible dans sa relation toxique avec un jeune Brésilien issu des favelas. D'ailleurs, l'annonce du roman le présente comme inspiré d'une histoire vraie, dont le souvenir est resté traumatisant pour le consul de France qui a eu à traiter du cas de la malheureuse. Partie pour quelques semaines de vacances chez une amie, Catherine ne fait pas figure de l'habituelle touriste sexuelle... Pourtant, elle subit peu à peu l'influence ambiante et cède à la séduction d'un dragueur de plage, qui de gigolo va bientôt se transformer en bourreau.
Rentrée rapidement en France pour réaliser tous ses avoirs, Catherine revient vivre en immersion totale dans un quartier populaire. A la recherche de sa propre vérité et ayant consommé sa rupture complète avec le milieu des expatriés occidentaux, elle s'enfonce dans la découverte violente de la réalité socio-économique brésilienne. La narration de ses trois jours de carnaval non-stop, loin des clichés et des plaquettes d'agence de voyages, est à l'image du roman, envoûtante, tragique, alarmante.
Ce n'est vraiment pas l'image que j'aurais choisie - bleue lénifiante et paisible - pour illustrer le drame raconté par Jean Christophe Rufin.
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