mercredi 16 octobre 2019
Annie ERNAUX [2]
J'ai fait connaissance avec l'auteur à l'occasion de son court récit relatif à la perte de sa mère, d'abord insensiblement par la maladie d'Alzheimer, puis définitivement par la mort. Son style sobre tend à l'épure, mais n'est pas totalement neutre de sentiments puisqu'elle réussit à faire passer beaucoup d'émotion par une étrange économie de moyens que certains apparentent à de la froideur. Je ne crois pas... La distance que s'impose l'écrivain face à ses souvenirs d'enfant, d'adolescente puis de jeune adulte révèle juste une volonté de détachement désengagé du parasitage de l'affect filial. Dans La place, un roman antérieur au précédent, mais que je lis dans un ordre chronologique contraire, elle revient sur le portrait de son père, remontant aux origines rurales de la branche paternelle. Elle se positionne par rapport à cet héritage socio-culturel, en constatant combien sa propre émancipation, par les études, puis le mariage, l'a éloignée de son milieu d'origine ; elle débute le roman par le souvenir de son oral concluant au CAPES de Lettres et souligne toute l'ambiguïté des sentiments du père, mélange de fierté et de défiance, face à l'ascension bourgeoise de sa fille.
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1 commentaire:
Une auteure que je connais, mais que je n'ai pas encore lue. Je ne sais pas trop bien pourquoi...J'ai déjà eu l'occasion de la rencontrer pourtant...
Bon dimanche et encore merci pour tes participations et ta fidélité.
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