Sans Ailanna que je remercie d'avoir glissé une contrainte lire en anglais dans le bingo littéraire, je n'aurais pas découvert cette édition bilingue de la collection 10/18 domaine étranger, à la superbe reliure toilée.
Le recueil de textes poétiques, magiques et mystérieux, est illustré par l'auteur en personne :
Tim Burton exprime d'un trait grêle les affres de ces êtres malingres,
mal aimés, étranges, inachevés qu'il imagine, des enfants monstrueux impossibles à assumer par leurs parents. Il décrit en quelques vers l'amour et le désespoir, puisant son inspiration au vieux fonds traditionnel des contes et du désir d'enfant.
Jamais je n'aurais osé imaginer tant elle est raide La triste fin du petit enfant huître...
ni celle de dizaines d'autres personnages aussi peu adaptés à la vie humaine
: l'enfant toxique qui meurt d'un bol d'air frais, l'enfant momie qui finit en piñata lors d'un anniversaire mexicain, la fille-lit qui devient un tendre couchage couette incluse, le
bébé ancre qui finit par entraîner sa mère au fond, mais aussi Brindille, triste Pierrot amoureux d'une
Allumette et les autres : l'enfant robot, l'enfant tache, la fille vaudou, l'enfant
brie, la reine pelote-à-épingles, l'enfant tête de melon, le gamin pingouin.
La traduction de René Belletto que je soupçonne de se laisser parfois
emporter par le sens, ne me semble pas toujours strictement littérale,
mais restitue l'imaginaire poétique de l'auteur. A sa décharge, le français ne sera jamais d'une aussi grande concision conceptuelle que
l'anglais.
1 commentaire:
C'est noté, merci.
Rendez-vous demain pour la nouvelle contrainte et ... un concours.
Bon dimanche.
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