dimanche 18 octobre 2020

10 Histoires de chiens

 

Défi Cortex : 13ème participation et JOKER
Autour d'une saison G1-3 : initiale C 
Demain les chiens (City - 1952) 

Le recueil a été immédiatement traduit en français par Jean Rosenthal pour le Club français du livre. Une nouvelle traduction française par Pierre-Paul Durastanti est parue en 2013 aux éditions J'ai lu. LIRE

Les huit nouvelles décousues qui composent le recueil de Clifford D. Simak racontent plusieurs épopées, non seulement celle des Hommes, mais aussi celles de certains de leurs contemporains. Les chiens, les mutants, les robots, les fourmis, en parallèle et avec un état de conscience qui est propre à chaque entité, expérimentent  une société basée sur le psychisme, la technologie, etc. C'est de la même veine que Pierre Boulle mais en plus complexe que La planète des singes. Mis bout à bout, les huit contes et légendes forment un ensemble chronologique que les chiots écoutent à la veillée et que les commentaires des exégètes interrogent encore, malgré plusieurs milliers d'années d'évolution et de controverse, de Tige qui est pour des fondements véridiques à l'origine des récits à son détracteur principal, partisan de la fable mythologique sans aucune véracité historique. 

Les derniers hommes ont quitté la Terre pour Jupiter où ils vivent sous une forme extrahumaine, les ultimes survivants ont régressé tandis que leurs ancêtres dorment dans une cité blockhaus à Genève. Les seuls à les avoir côtoyés et à se souvenir parfaitement d'eux sont Jenkins, le robot Webster multimillénaire, qui continue à veiller sur le développement de la civilisation canine et Andrews, un robot contremaître. En guise de dernier recours toutefois, la Terre ayant abdiqué la violence et l'intolérance sous l'influence des chiens, est sauvée des Horlas par la nature foncière de l'homme.

Les chiens de Détroit
Jérôme Loubry signe ce premier roman sélectionné pour le prix du Goéland masqué, mais il possède déjà toutes les qualités maîtrisées d'un grand polar, mélange de bon style, scénario complexe, personnages fouillés, ambiance stressante. Dans une construction à rebours qui ne spoile pourtant rien du dénouement final, l'auteur montre qu'on peut paraître dévoiler la solution dès les premières pages et balader son lecteur pendant les deux cents suivantes ! La récidive d'un serial killer à une quinzaine d'années d'intervalle après qu'il a échappé une première fois à une arrestation musclée met la police et les édiles de la ville sur les dents. Le commissaire Craig réunit en binôme sa meilleure inspectrice Sarah Berkhamp et Stan Mitchell l'inspecteur précédemment chargé de l'affaire pour qu'ils résolvent vite et bien ces meurtres d'enfants de nouveau attribués au " Géant de brume ". L'ambiance dégradée de la ville - Motown pour Motor Town à cause des usines qui ont fait sa fortune - qui sombre désormais dans la faillite, le chômage, la misère et la décrépitude après un passé orgueilleusement florissant, est à l'unisson de l'humeur des deux inspecteurs, qui conservent beaucoup de fantômes dans leurs placards, dont fait partie le fameux croquemitaine local.
Lu le 17 novembre 2018

Peggy Sue et les fantômes : le jour du chien bleu 
Décidément, la lecture de Serge Brussolo n'est pas pour moi. J'ai beaucoup de mal avec ses livres, quels que soient les genres abordés, qui sont pourtant nombreux. Je viens d'essayer un roman jeunesse et je n'ai pas plus accroché qu'avec ses nouvelles. Peggy Sue, l'infortunée, en proie aux farces malveillantes des Invisibles qu'elle est seule à déranger car elle les voit, ne m'a pas apitoyée, ni convaincue. Les autres personnages sont inconsistants. Quant à l'histoire, entre Ghost Buster sans l'humour et La ferme des animaux sans la réflexion, je ne m'y suis pas intéressée. Il y a une suite, multiple, mais je ferai sans.
Lu le 15 septembre 2017

Des yeux de chien bleu
Tour du monde : ARGENTINE
J'ai voulu tester ma capacité à apprécier l'écriture de Gabriel Garcia Marquèz dans un genre qui me convient particulièrement, avant de m'atteler à son oeuvre majeure L'amour au temps du choléra ou Cent ans de solitude... et je n'ai pas accroché à l'imaginaire de l'auteur en dépit de son style. J'ai retiré de la lecture de ce recueil de onze nouvelles, les premières écrites par le prix Nobel colombien et restées inédites en France jusqu'en 1991, une impression répétitive et le moral en berne. Fantastiques morbides, elles abordent le domaine du rêve - éveillé ou non.

La description de l'éditeur sera sans doute plus convaincante que la mienne : Dans ces onze nouvelles écrites en 1947 et 1955, la maîtrise du jeune Garcia Marquez est déjà frappante : riche en images mais sans jamais tomber dans le piège du « réalisme magique » alors si à la mode en Amérique du Sud, il fait sans cesse passer le lecteur de l' « autre côté », celui de la mort : mais sans tristesse, sans dépit. Dans le combat des personnages où mort et vie sont les deux faces de la marche à travers le temps, ce qui triomphe, c'est toujours, souverain, le style de Gabriel Garcia Marquez. Ample, généreux, onirique. Son esprit créateur nous porte littéralement aux « rivages prodigues des songes » et ces nouvelles aux portes du fantastique.

traduction libre : personne ne mérite tes larmes
et qui les mériterait ne te fera jamais pleurer.
Dans l'ordre :
La troisième résignation histoire déprimante (c'est déjà dans le titre) d'un mort qui continue à grandir jusqu'à l'âge adulte et à vivre mais sans respirer me rappelle fort La jeune fille suppliciée sur une étagère mais j'ai préféré l'écriture du maître japonais.
La mort jumelle (thème du jumeau et de la séparation)
Eve à l'intérieur de son chat (métempsychose et vaine beauté)
La douleur de trois somnambules (décrépitude et effacement au monde)
Dialogue dans le miroir (le double de nouveau)
Des yeux de chien bleu (vis, rêve, oublie)
La femme qui venait à six heures (alibi)
Nabo, le noir qui a fait attendre les anges (la mort est longue à venir)
L'inconnu qui déplaçait les roses (ma préférée, attente post mortem)
La nuit des butors (aveuglés, impression proche de bardo or not bardo)
Monologue d'Isabel regardant tomber la pluie sur Macondo (déluge)
Lu le 10 mars 2016
Sans parler du chien   Coup de coeur
Cette LC (merci à Flo) venait à point nommé pour m'aider à poursuivre la lecture du roman de Connie Willis, amorcée au cours du RàT de mai 2012 et restée en plan à la moitié (288/574 pages). J'étais d'autant plus motivée que le livre m'a été offert lors d'un swap (challenge PàL de swaps) et qu'il entre dans le cadre des voyages temporels pour le challenge WTT3 du RSFBlog que je tiens à honorer d'au moins une lecture.
Cependant, après cette interruption, j'ai dû m'y reprendre presque au début pour comprendre l'intrigue qui est vraiment complexe avec tous ces retours dans le passé, destinés à défaire et refaire ce qui n'aurait jamais dû se produire. Par ailleurs, il fait partie des livres compliqués pour lesquels j'ai du mal à exprimer mon impression.
Le point de départ est un tout petit fait divers qui donne lieu à une très très longue histoire aux méandres très très sinueux, comme ceux de la Tamise sur et dans laquelle le héros passe plus de temps qu'à son tour.
Ned Henry est envoyé rectifier le paradoxe temporel provoqué par l'intervention intempestive de sa collègue Verity Kindle pour sauver une chatte de la noyade en 1888 (il faut dire à sa décharge qu'en 2057, les chats ont disparu et qu'ils constituent donc une singulière curiosité). Son geste a déclenché des réactions en chaîne qui pourraient faire que la jeune propriétaire d'Asjumand (la chatte) ne rencontre pas son futur mari, le mystérieux C, dont la mention figure dans le journal intime qui est parvenu à l'une de ses descendantes, la fameuse Lady Schrapnell, qui finance par ailleurs leurs expéditions dans le but de reconstruire à l'identique la cathédrale de Coventry : et la boucle est bouclée, il y manque juste le chien, Cyril, mais c'est une autre histoire !
Il faut comprendre que les voyages dans le temps sont monnaie courante en 2057, où un corps d'historiens est spécialement formé à cette discipline, mais ils rencontrent deux écueils : ils sont très coûteux et soumis à l'humeur des mécènes qui peuvent les financer et ils ne sont pas sans conséquences sur l'organisme et la santé, à tel point que des mesures de suspension sont prévues pour les voyageurs surmenés par trop de sauts successifs et perturbés par les déphasages entre les coordonnées spatio-temporelles prévues et effectives.
Le but poursuivi ne m'est pas apparu d'une évidente clarté : ils doivent à tout prix vérifier la présence d'une antique potiche dans une cathédrale anglaise au moment d'un raid de l'aviation nazie en 1940. En revanche, je trouve la chute extrêmement drôle et l'auteur a bien du talent pour tenir le lecteur en haleine à de si nombreuses reprises. Le ressort comique, bien qu'éprouvé, fonctionne à merveille : Ned et Verity, les deux héros passent leurs aventures à des courses poursuites temporelles où ils n'arrêtent pas de se manquer. 
J'ai de beaucoup préféré ce roman à ma découverte de l'an dernier, pour le même challenge, Les voies d'Anubis qui passe pourtant pour un des meilleurs du genre.
D'autres lectures uchroniques dans le cadre du Winter Time Travel
Le récit est manifestement très bien documenté et j'ai pris un réel plaisir à découvrir les nombreuses scènes descriptives sur l'époque victorienne, les villas en bord de Tamise et l'essor du canotage. Bien sûr ses très nombreuses allusions au roman de Jerome K. Jerome, Trois hommes dans un bateau (sans parler du chien), publié en 1889 alors que l'histoire se situe en 1888 et que les héros ont donc pu croiser (inspirer ?) l'auteur, m'ont donné envie de le lire (NB : il est dans ma PàL actuelle et je mets Black out où on retrouve  apparemment la même équipe en 1940 dans ma LàL).
Lu le 17 février 2016

Prenez soin du chien
La trame du premier roman de J.M. Erre est celle d'un policier classique, avec soupçons, espionnage, dénonciations, paranoïa, meurtres, mais pour le style, extravagant et volontiers parodique, les effets reposent déjà sur les scènes d'humour burlesque particulier à l'auteur.
Un mystérieux propriétaire possède deux immeubles de rapport qui se font face au 5 et 6 de la rue de la Doulce Belette. Tout oppose les deux concierges, Mme Polenta, une pimpante trentenaire sexy et une quinquagénaire revêche, mais fleur bleu, Yoyo (Yolande) Ladoux. Les moindres faits et gestes de la maisonnée sont narrés par le menu dans une lettre hebdomadaire qu'elle écrit à sa mère décédée en maison de retraite depuis plus d'un an. Le lecteur prend ainsi connaissance de la vie des habitants à travers l'opinion peu amène de la commère.
Les autres informations viennent principalement des journaux intimes tenus par deux vis-à-bis, rivaux en voyeurisme : Max Corneloup, auteur de navets radiophoniques ayant pour sujet les aventures d'un comédien de troisième zone et Eugène Fluche peintre sur coquilles d'oeuf possesseur d'une collection de ses oeuvres arrêtée au chiffre définitif de 999. Les autres personnages, choisis par un curieux agent immobilier pour leur potentiel "créatif" sont à l'avenant et forment une belle galerie de dingues tous plus loufoques et dérangés les uns que les autres.
Même si je me suis rapidement attendue à la fin (grâce aux commentaires en aparté) sans en imaginer le mobile et la personne visée, j'ai passé un très bon moment à suivre le fil de l'intrigue, noué en un imbroglio inextricable, autour de l'antagonisme forcené des deux voisins et de l'enquête tenace menée par Mme Brichon, la locataire qui a perdu son compagnon à quatre pattes, un affreux bâtard nommé Hector.
du même auteur : Made in China  

LC fortuite en avril 2015 avec Stellade et La chèvre grise : leurs avis enthousiastes


Anthologie de la peur,  Entre chien et loup

soit à l'heure sombre où la réalité bascule dans la nuit
Sous une couverture de Dali, les textes préfacés et rassemblés par Eric Jourdan ont un dénominateur commun : la peur incontrôlable née d'une imagination fantasque, quand l'esprit navigue aux franges du surnaturel, la sensation réelle ou supposée d'événements inaccessibles à la raison donc effrayants.
La plupart des textes relèvent d'une technique où la forme du récit est ancrée dans la réalité jusqu'à un point où le narrateur introduit le très léger décalage dont provient son caractère fantastique. Tous ne font pas peur mais l'ensemble met mal à l'aise.
Dans cette anthologie, point de découverte, mais des textes d'auteurs connus, proposés à deux exceptions près dans une première ou nouvelle traduction. Je note l'absence de Maupassant, pourtant un maître ès angoisse littéraire...
Lu le 15 mai 2015
Sommaire :
Stendhal / San Francesco a Ripa
Lev Tolstoï / Ce qu'il faut de terre à l'homme
Rudyard Kipling / Dans l'orgueil de sa jeunesse

Entre chiens et loups de Malorie Blackman, tome 1 : L'amour
Imaginez La couleur des sentiments mais en couleurs inversées.
La comparaison s'arrête là. Le roman est désespérément plat, cousu de fil blanc, improbable. En plus, le résumé enlève tout suspense éventuel :
Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Un monde où les communautés s'affrontent à coups de lois racistes et de bombes. C'est un monde où Callum et Sephy n'ont pas le droit de s'aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d'un rebelle clandestin.
Les efforts désespérés de Callum et Sephy (un Nihil/un Néant, comprendre un blanc, le fils de la gouvernante et Perséphone, une Prima, noire, la fille de la maîtresse) pour échapper à l'arbitraire de cette situation manichéenne ne sont guère convaincants. Quand l'un avance, l'autre recule et le lecteur est obligé de suivre tous ces atermoiements, distingués en petits paragraphes intitulés Callum ou Sephy comme pour bien s'assurer qu'il ne perde pas le fil : c'est pourtant simple il suffit d'inverser les préjugés raciaux... Pour finir dans la bonne mesure, les gentils (oppresseurs) sont victimes d'attentats terroristes menés par les méchants (opprimés), dans lesquels sont impliquées les deux familles : le père et le frère de Callum appartiennent à la Milice de libération alors que le père de Sephy est ministre de l'intérieur. Contraint par la pression internationale d'appliquer des lois plus libertaires à l'égard des Nihil, alors qu'il oeuvre en sous-main à la faillite de leur mise en oeuvre, son personnage est plus ambigu que les autres et il n'est pas certain qu'il soit totalement ce qu'il semble être. Mais les trois femmes, la mère et les deux filles, Minerva et Perséphone, chacune dans son genre, n'éveillent aucune sympathie.
La suite des événements demandera plusieurs tomes...
Lu le 27 septembre 2013

Le chien qui miaulait
Philippe Ebly dont les romans ont émerveillé mon adolescence ne semble plus distribué par les éditeurs. J'apprends hélas qu'il est décédé en mars 2014, ses héros sont définitivement orphelins.
Toujours avide de l'évasion qu'il propose, je me suis procuré les 20 et 21ème aventures des Conquérants de l'impossible directement sur Internet. J'en suis très contente et je retrouve avec plaisir Serge, Thibaut et Xolotl qui n'ont pas ajouté une ride à leurs 16-17 ans.
Contactés par un ami du professeur Auvernaux pour venir en aide à un garçon de leur âge, tétraplégique à la suite d'un accident de moto, ils se retrouvent une fois encore à gérer une situation hors de toute normalité, flirtant cette fois avec les limites de la métempsychose.  
Lu le 12 octobre 2014

commentaires à venir :
La femme sur la plage avec un chien
nouvelles de Boyd
Lu le 26 novembre 2012

Le bizarre incident du chien pendant la nuit
Bien que souffrant de troubles comportementaux nécessitant une scolarité adaptée, Christopher est brillant dans les matières scientifiques et obtient, à quinze ans, le A Level (équivalent du bac) en mathématiques avec mention très bien. Il a un projet de vie et sait qu’il va réussir car - je cite les dernières lignes du roman - « je suis allé tout seul à Londres, que j’ai résolu le mystère de Qui a tué Wellington ? (le caniche de la voisine), que j’ai retrouvé ma mère, que j’ai été drôlement courageux et que j’ai écrit un livre (qui relate le bizarre incident du chien pendant la nuit). Et ça, ça veut dire que je peux tout faire. »
Le roman de Mark Haddon n’est pas sans me rappeler le témoignage de Daniel Tammet, dans Je suis né un jour bleu, sur les étonnantes facultés intellectuelles que développent certains autistes ou Le septième jour, film réalisé avec un acteur trisomique dans son propre rôle.
Lu le 23 décembre 2009, ♥♥♥♥ depuis je l'ai prêté ou conseillé à beaucoup de monde
 

vendredi 16 octobre 2020

Deep Blue

Cinquante nuances de bleu : Saga Waterfire tome 1 Deep blue

Emportée par mon imagination, j'attendais manifestement beaucoup trop de cette magnifique couverture, mais la déconvenue est au rendez-vous et je ne lirai pas la suite. Principalement, j'ai trouvé le style de Jennifer Donnelly artificiel et d'un infantilisme que j'aurais plus volontiers pardonné à une autrice juvénile et/ou débutante ! 
L'histoire qui plante le décor de la saga est gentille mais lue et relue si ce n'est qu'elle est transposée sous l'eau... Un pool de jeunes sirènes venues des six mers, alliées aux sorcières des eaux douces, doivent contrer un monstre millénaire sur le point de rompre son sortilège d'emprisonnement. 
Les allusions positives aux défenseurs de la nature sont cousues de gros fils. La recette à base de pouvoirs magiques, d'alliances et de trahisons, avec un peu de romance est à réserver aux amateur.trices inconditionel.les de fantasy jeunesse.
 



jeudi 15 octobre 2020

La nuit de feu

« Je suis né deux fois, une fois à Lyon en 1960, une fois dans le Sahara en 1989. » Ancien professeur de philosophie avant de se consacrer à plein temps à l'écriture, Eric Emmanuel Schmitt raconte dans ce roman autobiographique une expérience mystique qu'il a vécue au cours d'un trekking dans le Sahara. Le titre est emprunté à Pascal, en référence à son témoignage de foi.
Les repérages pour un projet de film l'ont amené, avec un cinéaste, à partager la frugalité des Touaregs. La simplicité de leur guide le fascine. Mais le désert, étouffant le jour, glacial la nuit, reste un des lieux les plus inhospitaliers pour l'homme ; encore jeune homme, il a failli l'apprendre à ses dépens lorsqu'il a dû dormir à jeun et à la belle étoile, loin du campement, après s'être laissé distancer lors de la redescente d'un sommet du Hoggar. Au lieu de céder à l'angoisse de l'égarement, il découvre face à l'immensité une force vitale qui l'exalte. Il revient humainement transformé de et par ce voyage intérieur. Une conviction sincère transparaît dans le récit. Ce roman tardif éclaire d'un nouveau regard le cheminement de ses précédents écrits, en particulier Le cycle de l'invisible qui laisse deviner une quête spirituelle à tendance oecuménique. 
 
Autour d'une saison
Un paysage sur la couverture
15-9

lundi 12 octobre 2020

Un yakuza chez le psy & autres patients du Dr Irabu

Autour d'une saison : titre en rouge
Bingo : 20. trois S dans le titre
Piwi : 10. un titre honorifique dans le titre Dr.
 
Tout est plus insolite que de raison chez ce psychiatre hors normes, mais je me suis prise d'affection pour le docteur Ichirô Ibaru, ses lubies et sa joie enfantine, ses méthodes fantasques et son triomphe modeste. Son acolyte, sexy et désabusée, est un fantasme d'infirmière à l'état pur, avec ses mini-blouses et ses grosses seringues. Moins loufoque et désinvolte qu'il veut bien paraître, Ibaru, comme Knock, sait qu'il convient de traiter toute atteinte même bénigne à grand renfort de moyens psychologiques marquants et pour lui, rien ne vaut une injection ! Suivre Ibaru est une réjouissance que je n'aurais pas cru un auteur japonais capable de me procurer.
Dans ce deuxième tome de nouvelles, cinq patients atteints de diverses pathologies : TOC, yip, phobie, paranoïa... sont bénéficiaires de ses curieuses méthodes thérapeutiques :
- un trapéziste persuadé que son partenaire sabote ses numéros pour qu'il finisse ses sauts dans le filet ; Ibaru prétend voltiger dans les airs et réussit à se produire devant un public conquis qui en redemande
- un chef yakuza paniqué par les objets pointus ; Ibaru se projette en garde du corps et l'accompagne à une rencontre risquée, soignant deux malades d'un seul coup
- un ancien collègue tenté par le scandale de gestes déplacés ; Ibaru l'entraîne dans des blagues potaches et lui sauve la face
- une star du baseball incapable de frapper une bonne balle ; Ibaru se prend de passion pour le sport ; le schéma, similaire au cas du trapéziste, réside dans la peur d'être détrôné par un jeune concurrent
- une romancière à succès paralysée par la hantise de s'auto-plagier ; Ibaru prend son plus beau stylo-plume pour traquer l'inspiration, l'écrivaine et son éditeur.

mardi 6 octobre 2020

Merci à Readeuse pour la bannière qui va accompagner 2020


Dernière année du Tour du monde des nationalités






















Je poursuis le challenge qui consiste à lire le maximum d'auteurs d'une nouvelle nationalité 
Objectif  2020 : ajouter 5 nationalités, cela devient plus difficile
                  
Pistes pour remplir mon tableau d'avancement  : 
ANGOLA  BULGARIE  BOLIVIE  BRESIL  CISJORDANIE  COLOMBIE  EGYPTE  ETHIOPIE GRECE  GROENLAND  LETTONIE  MALI  MARTINIQUE  MONGOLIE  NEPAL  PAKISTAN   PEROU  ROUMANIE  SAMOA  TUNISIE  ZIMBABWE 
                                                                          
71 PAYS DE GALLES Les enfants de Poséidon d'Alastair Reynolds
72 UKRAINE Exterminateur 17 Igor Baranko avec Dionnet
73 CROATIE  Peau de marbre de Slavenka Drakulic
74 POLOGNE Dieu, le temps, les hommes et les anges d'Olga Tokarczuk
75 MOZAMBIQUE L'accordeur de silences de Mia Couto
76 LIBERIA La maison de Sugar Beach d'Helene Cooper

dimanche 4 octobre 2020

Charles Exbrayat [2]

Une enquête du constable Elmer Rufford 
 
Le nez dans la luzerne 
Irlandais de souche et de permanente mauvaise humeur, le sergent Kirkham ne pense qu'à envoyer tout le monde " le nez dans la luzerne " à commencer par son nouveau subalterne (et futur gendre : mais ça foi d'Irlandais, il n'en est pas question). Le constable Elmer Rufford, outre son poste à T et son appétence au métier, a l'outrecuidance de vouloir épouser une des six demoiselles Kirkham sur lesquels le père, veuf, veille jalousement. La mère d'Elmer n'est pas en reste et s'oppose également à l'union, jusqu'à ce que le boucher Appledon, qui la voit avec les yeux du coeur, se déclare enfin et réussisse à lui adoucir le caractère.
Du titre jusqu'à la dernière phrase : " Le nez dans le gazon, daddy ! " il semble que l'auteur se soit fixé la gageure de placer l'expression toutes les dix pages : elle apparaît une bonne vingtaine de fois dans le roman, la plupart dans la bouche du sergent Kirkham, mais aussi chez ses interlocuteurs : de son chef Galgate à sa fille Daisy. De nombreuses scènes dialoguées sont si théâtrales que les répliques semblent faites pour être jouées. Agréablement désuet, le style rappelle d'ailleurs les films muets en noir et blanc, légèrement surannés mais à l'humour quasiment indémodable. Si la comédie de moeurs prend souvent le pas sur l'enquête, il y a bien vol de fabuleux joyaux, puis meurtres, aux mobiles savamment dissimulés, ce qui permet au jeune Rufford de gagner, sinon l'estime renfrognée de son beau-père, ses galons de sergent. 
Quatrième de couverture, pour donner le ton ! 
"Vive la libération de la femme ! " Le slogan s'étale en grosses lettres indignées sur la glace de la chambre de Daisy. Et la chambre est vide. Ainsi que celle d'Adela. Et celle de Fiona. Elles ont osé, les ingrates ! Filles dénaturées ! Quitter le toit familial ! Fuguer comme des dévergondées qu'elles sont ! Mais le sergent Kirkham ne va pas se laisser faire. Il connaît le responsable : Elmer Rufford, ce vil suborneur, ce satyre qui n'a même pas une goutte de sang irlandais dans les veines. Ah ! il aura tôt fait de l'envoyer le nez dans la luzerne ! Avant de l'expédier à l'hôpital. Et peut-être à la morgue...
 
ABC Polars : lettre E
Autour d'une saison : une fleur dans le titre
 C'est très joli la luzerne !

Une enquête de l'inspecteur Roméo Tarchinini

Chewing gum et spaghetti confronte les méthodes apparemment dilettantes de la police véronaise et les principes d'un enquêteur bostonien en visite. Les deux représentants de l'ordre, Roméo Tarchinini pour la partie italienne et Cyrus Leacok pour l'Amérique, vont chacun mettre de l'eau dans leur vin, ou plutôt dans leur grappa, pour rallier leurs points de vue fortement divergents. Leacok, montré comme assez psychorigide, ne croit qu'aux résultats scientifiquement prouvés. Tarchinini, même parmi ses collègues, passe pour un excentrique, un intuitif, pourtant doublé d'un enquêteur attentif. Dans la vie également, tout les oppose au départ. L'extravagant Tarchinini est heureux en ménage avec sa Giuletta, une mamma italienne exubérante et mère d'une ribambelle d'enfants (j'ai pensé à la fratrie des Malaussène !). Leacok est fiancé à une héritière bostonienne, femme de principes, aussi riche qu'elle est laide mais dont la dot doit lui assurer une charge future de sénateur. Son tour d'Europe, pour rédiger une somme sur les mérites comparés des différentes polices, se termine par Vérone... La ville de l'amour incarné fait voler en éclats ses convictions de trentenaire rangé. Le style est un peu vieilli mais se lit mieux - pour l'intérêt des personnages et de leurs rapports - que Mandolines et barbouzes qui traîne à mi-lecture dans un coin poussiéreux de ma PàL...

1 - Chewing-gum et spaghetti   Lu le 28 avril 2020
2 - Le plus beau des bersagliers
3 - Chianti et Coca-cola
4 - Le quintette de Bergame
5 - Ces sacrées florentines
6 - La belle Véronaise
7 - Des amours compliquées
8 - Mets tes pantoufles, Roméo

lundi 28 septembre 2020

Donato Carrisi [2]

ABC polars : lettre C
Autour d'une saison : titre en rouge
Bingo : 25. une scène d'amour + photo
Consigne validée pour Piwi : 11. une enquête 
Tenebra Roma
Une enquête de Sandra Vega et Marcus 
La bulle pontificale de Léon X est au coeur du troisième roman de la saga Marcus et Sandra : alors que les intempéries plongent Rome dans un black out total de 24 heures, l'avertissement du pape se réalise... La ville est plongée dans l'obscurité où l'impunité assurée permet les pires atrocités. Le prêtre pénitencier et l'ex-enquêtrice photo doivent élucider dans ce très court délai l'énigme d'un jeune garçon enlevé 9 ans auparavant. Je découvre les personnages et je me suis attachée à eux, j'ai cru en eux jusqu'au dénouement, ce qui m'a sans doute permis de relativiser l'angoisse du suspense. L'auteur tend des ressorts à double voire triple détente ; pour une fois les attendus sont déjoués, même je suis restée un poil en dessous du Chuchoteur pour le côté immersif.
 
Le chuchoteur
Une enquête de Mila Vasquez
Prix SNCF du Polar - 2011
Je n'ai vraiment rien vu venir... ou plutôt j'avais ma petite idée, que certains éléments sont venus étayer... et je me suis complètement fourvoyée. J'aime bien cette idée qu'une intrigue puisse me surprendre, car j'ai parfois le sentiment que mon plaisir de lecture s'émousse par manque de stimulation. Le choix de nouveaux auteurs apportent cette bouffée d'étrangeté.
J'ai emprunté et écouté Le chuchoteur en audiolivre, en prévision d'un déplacement assez long, je n'ai pas vu le temps passer ! En réserve, tout prêt dans ma PàL, j'ai encore un roman de Donato Carrisi qui m'attend. J'en suis contente et j'espère qu'il me plaira autant.

Je ne connaissais pas le terme de chuchoteur : un tueur en série " subliminal " avec ceci de particulier qu'il agit par suggestion sans que rien ne le relie en apparence à la victime ni au meurtre. Les explications de l'auteur en épilogue, avant les remerciements, est aussi intéressante que bienvenue.Albert est le nom de code donné par les enquêteurs chargés d'élucider l'enlèvement de cinq fillettes, suivie de la découverte d'un cimetière de bras, puis de la mise en scène, au compte-gouttes, de cinq cadavres. Le criminologue Goran Gavila qui manage Sara Rosa, Boris et Sterne, bénéficie de la confiance et du soutien du chef Roche. L'anticipation manifestée dans la réalisation du plan, qui se révèle cadavre après cadavre, et le raffinement dans le défi déconcerte l'équipe pourtant bien rodée. Mila, une nouvelle collègue spécialisée dans la recherche d'enfants disparus lui est adjointe.   
Ecouté le 24 juin 2020

vendredi 25 septembre 2020

La fenêtre jaune

Random et ABC Polars : lettre B
Autour d'un saison : G2-4 - thriller
Bingo de l'automne : 4) créatures surnaturelles + PIWI 1) se passe en CALIFORNIE

La couverture de La fenêtre jaune de Serge Brussolo annonce un thriller inédit. Très orienté science fiction, voire fantastique, il y est question de relativité du temps. L'intrigue soulève des questions éthiques intéressantes : les personnages y répondent en fonction de leur caractère, mais ils restent, en particulier Cassie, assez prévisibles. Les plus improbables sont les V.E. ou virtual ego, des créatures surnaturelles nourries d'énergie et de rancoeur. Je regrette que le cadre de l'intrigue, un environnement historique qui puise au contexte de la guerre froide mais aussi à une vision fantasmée de la guerre de Sécession, soit abordé trop brièvement et de façon superficielle. J'ai apprécié le suspense longtemps maintenu entre une mystification ou un phénomène paranormal qui défie toute logique et j'ai rêvé, émerveillée, à la beauté des objets issus de la transmutation.

Dans une réserve indienne située en plein désert de Californie, des carambolages étranges se produisent autour de l'autoroute zéro, une base militaire désaffectée, destinée pendant la guerre froide au lancement des super-bombardiers menaçant Moscou. Les premiers indices y conduisent Cassidy et Mitch lancés à la recherche de Woody et Nathan, le frère et le petit ami de la jeune femme, disparus à quelques mois d'intervalle sans laisser de traces. Les renseignements et preuves matérielles fournis par Ziggy Starboy et un indien Shoshone, deux solitaires vivant près de l'ancienne piste d'envol les rend perplexes et dubitatifs. Mais le retour de Nathan affecté d'un mal contagieux qui transforme tout être vivant en or pur les décide à tenter à leur tour l'abordage de la mystérieuse fenêtre jaune qui s'ouvre certaines nuits pendant une fraction de minutes.

jeudi 24 septembre 2020

Deux enquêtes du vice-commissaire Carl Mørck

Random et ABC Polars : lettre A + BONUS septembre : adaptation cinématographique

Autour d'un saison : roman de plus de 500 pages

Bingo de l'automne :  + PIWI : Grand Prix des lectrices Elle 2012 - Policiers.  Les prix scandinaves les plus prestigieux couronnent la première enquête de l'inspecteur Mørck.

Misericorde de Jussi Adler-Olsen

Après une bavure qui a entraîné la mort d'un de ses équipiers et la paralysie de l'autre, le vice-commissaire Carl Mørck est relégué dans les sous-sols de la préfecture de police et nommé à la direction du fictif département V, à l'initiale de la parlementaire qui est à l'origine de sa création. Il s'attend à couler des jours ennuyeux et passifs, mais ce n'est pas du goût de Hafez el Assad, son assistant-homme à tout faire. Parmi les dossiers non résolus figurent une affaire qui a fait les échos de la presse cinq ans auparavant. Merete Lyyngaard, une étoile montante de la scène politique d'opposition, a disparu sans laisser de trace sur un ferry assurant la liaison entre l'Allemagne et le Danemark. J'ai assez vite soupçonné les éléments de résolution de l'enquête, bien qu'ils aient été assez habilement dissimulés. Ma meilleure surprise est venue d'ailleurs et je ne l'aurais pas envisagée si je n'avais déjà lu précédemment le tome 4 de la série. Contre toute attente, l'improbable et hétéroclite duo fonctionne pour le lecteur : la figure entourée de mystère mais charmeuse du réfugié politique syrien contrebalance le peu avenant mais habile enquêteur Danois.

Dossier 64

Quelle déception alors que je croyais bien ajouter le Danemark à mon tableau des nationalités ! Néanmoins j'ajoute une lettre - le A - et une nouvelle équipe à mon challenge ABC polar avec Dossier 64 de Jussi Adler Olsen et les trois membres, plus atypiques les uns que les autres, du département V, le service des affaires classées de la police criminelle de Copenhague. 

Carl Mørck est vice-commissaire ; la saga existe depuis déjà trois tomes, ce qui fait que je ne sais pas comment les deux autres l'ont rejoint. Hafez-el-Assad, Assad pour ses collègues, possède de multiples talents, mais pas de ceux dont son supérieur aimerait se vanter en public ; il a été parachuté dans le service qui occupe le sous-sol de la préfecture de police et de larges pans de son passé et de sa vie actuelle sont obscurs. Rose, ou parfois sa soeur Yrsa car elle souffre de dédoublement de la personnalité, n'a pas sa pareille pour dénicher dans les archives des affaires pendantes qui méritent d'être élucidées ; elle a la langue bien acérée et quand elle tient une idée, elle ne la lâche plus...

Résumé :
A la fin des années 80, quatre personnes disparaissent mystérieusement en l'espace de quelques jours. Jamais élucidée, l'affaire se retrouve sur le bureau du Département V. Carl Mørck et ses improbables assistants, le réfugié syrien Assad et la pétillante Rose, ne tardent pas à remonter jusqu'aux années 50 où s'ouvre un sombre chapitre de l'histoire danoise : sur la petite île de Sprögo, des femmes sont internées et stérilisées de force sous la direction du docteur Curt Wad, obsédé par l'idée d'un peuple " pur ". Plongé dans une terrible histoire de vengeance, Mørck enquête cette fois dans le milieu politique opaque d'une société danoise où l'influence des extrêmes se fait sentir.

Dans la veine des "socio-polars" scandinaves, Jussi Adler-Olsen prétexte un roman pour s'emparer d'un sujet d'investigation qui touche à un point douloureux du passé national. Généralement, je n'apprécie pas ces fictions, parce que les thèses développées ne se mêlent pas harmonieusement à la trame narrative fictionnelle et je trouve les passages descriptifs, parfois intéressants mais souvent très ennuyeux. Ce n'est pas le cas dans Dossier 64. Au milieu du 20ème siècle, de nombreux pays européens se sont laissés tenter par les convictions eugénistes et ont exclus, de gré ou de force, des centaines de femmes du droit d'être mères. L'enquête du département V le conduit vers les milieux d'extrême-droites qui ne reculent ni devant la force, ni devant les moyens de parvenir à leurs fins politiques. Un double rebondissement vient clore l'affaire et si une partie du scénario est attendue, l'ensemble est plein d'imprévus et de surprises agréables, comme les histoires parallèles de Carl, Assad et Rose. 

Lu le 4 septembre 2017

mardi 1 septembre 2020

Agnès Martin-Lugand [3]

 

 

Les couvertures figent bien l'attente suspendue... Des femmes blessées, engourdies, une forme de dépaysement, de renouveau possible, l'amorce d'un amour salvateur, une recette qui se répète mais un style qui se lit bien ; j'ai été contente de retrouver Diane et Edward après quelques années de blogue, la fantaisie de Félix et l'idée du café littéraire " Les gens heureux " ; Hortense et Elias m'ont moins convaincue, mais restent tout de même attachants.

A la lumière du petit matin
À l'approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, jusqu'au jour où le destin la fait trébucher...
Lu le 1er septembre 2020

Saga Les gens heureux lisent et boivent du café
Diane perd brutalement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Égarée dans leur souvenir, elle s’exile en Irlande.
tome 2 : La vie est facile, ne t'inquiète pas
Rentrée d'Irlande, Diane est décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l'aide de Félix, elle s'est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire.
Lu le 31 août 2020

Les gens heureux lisent et boivent du café
La vie de Diane bascule avec l'accident de voiture qui coûte la vie à Colin son mari et leur fille Clara âgée de six ans. Elle végète pendant un an, traînant dans les souvenirs de leur appartement parisien, incapable de s'intéresser encore au café littéraire qu'elle a ouvert avec Félix. Décidée enfin à se reprendre en main, elle s'exile en Irlande et loue un cottage au bord de la plage, dont l'unique voisin, un photographe, est souvent absent. Mais ses quelques rencontres avec Edward provoquent des étincelles.
L'auteur, Agnès Martin-Lugand, est psychologue clinicienne de formation. Le roman parle de deuil bien sûr et de difficile reconstruction, avec des mots qui touchent. Clara est ouvertement écorchée, mais Edward ou même Félix, l'un ténébreux et l'autre solaire, cachent leurs propres fêlures sous des abords plus rudes.
J'ai aimé le titre qui me l'a fait emprunter, j'ai aimé le texte qui fait partager un fort attachement à l'Irlande, évoque avec beaucoup de bonheur ses paysages grandioses autant que sauvages et donne envie d'aller à la rencontre de ses habitants.
La suite : La vie est facile, ne t'inquiète pas

Lu le 26 février 2017




dimanche 30 août 2020

L'empreinte

Le témoignage d'Alexandria Marzano-Lesnevich dans son premier roman, L'empreinte, Grand Prix 2019 des lectrices ELLE dans la catégorie Documents, mène à un constat effroyable et affligeant. Le monde est plein de pédophiles insoupçonnés, de mères et d'épouses aveugles sinon consentantes, de lois impuissantes à assurer la sécurité des victimes potentielles face à cette prédation sexuelle spécifique, qui s'exerce sur mineurs.
L'auteur débute des études de droit avant de bifurquer vers la littérature. Elle effectue un stage en Louisiane, dans un cabinet qui défend les condamnés à mort. Sa confrontation avec la confession de Rick Langley, meurtrier d'un petit garçon de 6 ans, Jérémy Guillory, ébranle ses convictions et réveille un traumatisme d'enfance.
L'enquête se développe sur deux fronts, avec une introspection qui sous-tend les parties autobiographiques et un autre champ, plus proche du journalisme d'investigation (De sang froid de Truman Capote), la compilation des milliers de pages d'archives relatives aux trois procès.
Faisant oeuvre de catharsis personnelle, elle montre également que vérité et justice sont moins objectives qu'on veut bien le croire. Elle relativise chaque étape du crime, puis du procès, comme par exemple les différentes manières d'aborder la chronologie dans une histoire. Son point de vue d'avocate permet d'éclairer la complexité de la mise en oeuvre de la peine de mort. Elle signale dans le texte chaque passage où elle a dû faire appel à son imagination, me rappelant les restaurations qui révèlent ce quiest authentique et ce qui est reconstitué avec des matériaux différents. En outre, un appendice reprend par chapitre toutes ses sources et extrapolations. Personnellement impliquée, elle s'attache à faire preuve de la plus grande rigueur dans son souci de comprendre les autres (Bessie et Alcide les parents du meurtrier, Lorilei la mère de la victime) autant qu'elle-même (les secrets de famille).

samedi 29 août 2020

La maison de Sugar Beach

Tour du monde : LIBERIA
Grand prix 2012 des lectrices Elle / Documents
Par les branches paternelle et maternelle, Helen Cooper descend des colons afro-américains appelés Congos qui sont revenus en Afrique à partir de 1820, se sont établis sur un minuscule cap marchandé aux autochtones et ont fondé le Liberia.
Elle vit l'enfance dorée, privilège des élites internationales, entre Monrovia la capitale, puis la vaste maison de Sugar Beach et différentes villégiatures, notamment en Espagne et aux Etats-Unis.
A la manière de Faye dans Petit pays, son autobiographie romancée mêle étroitement histoire familiale et nationale. Le premier choc vient du divorce de ses parents, le second du coup d'état contre le président en avril 1980 qui précipite le pays dans un chaos où les groupes ethniques affrontent leurs divergences à coup de massacres. Après l'exécution des membre du gouvernement, dont l'Oncle Cecil, la mère d'Helen fuit aux Etats-Unis avec ses deux filles.
Aujourd'hui grand reporter de guerre, Helen Cooper raconte le long examen de conscience qui lui a permis de revenir au Liberia et de rechercher sa soeur adoptive Eunice, promise à des études à l'étranger mais laissée sur place en mai 1980.
Lu le 27 août 2020



mercredi 26 août 2020

Bookineurs en VIOLET #4.9

Le challenge est proposé sur Lunazione
La nouvelle session est

VIOLETTE

Elle commence le 26.06 et s'arrête le 26.08.20. Pour rappel des règles, il s'agit de lire des livres dont la couverture est de couleur dominante violette et de donner son avis chez Luna, Livraddict ou Babelio (sur le topic associé dans la partie forum des sites).
La session est suivie de 15 jours pour voter pour la prochaine couleur.

Bilan :


J'ai lu :
Et si le temps n'existait pas (abandon à 50 pages)
Portes d'Italie : LU / billet en cours
La muse des cauchemars : LU / billet en cours
Moi ce que j'aime c'est les monstres (abandon à 100 pages)

J'avais en réserve :

 

mardi 25 août 2020

Le faiseur de rêves - tomes 1 et 2

challenge Bookineurs en couleurs : Violet
Challenge SSW : space opera
En LC avec Cendre et LittleGuizmo :
- tome 1 Le faiseur de rêves : 31 juillet au 11 août
- tome 2 La muse des cauchemars : 14 au 25 août
 
J'ai absorbé les presque 1300 pages en quelques jours : en effet, si j'avais pris du retard au début du premier tome que je trouvais poussif, j'ai ensuite enchaîné les pages sans discontinuer et j'ai lu le tome 2 dans la foulée du tome 1, qui se termine sur un sérieux cliffhanger.

Les couvertures sont simplement magnifiques : elles sont en grande partie à l'origine de mon envie de lecture ! La première représente un papillon de nuit et la seconde un aigle, en liens avec l'événement principal de chaque tome.

Lazlo Lestrange est un enfant trouvé que rien ne prédestine à un destin extraordinaire ; son teint grisâtre a même fait croire aux moines qui l'ont recueilli sur le pas de leur porte qu'il ne survivrait pas. Au contraire de Thyon Nero, sur le berceau duquel toutes les fées semblent s'être penchées. Le jeune noble tient son surnom de filleul doré de la combinaison de sa chevelure, de ses travaux d'alchimiste et de la protection de la reine.
Dès qu'il a pu, Lazlo s'est enfui du monastère de son enfance pour rejoindre la capitale Zosma et sa bibliothèque. En effet, il n'éprouve de passion que pour les livres et un sujet en particulier sur lequel il est incollable : Désolation ou la Cité oubliée comme il préfère l'appeler. Isolée par un désert infranchissable, la mystérieuse ville mythique est interdite d'accès au commun des mortels.

Dès le début du roman, les antagonismes sont clairement posés. Lazlo est un garçon aimable et gentil, qui possède la merveilleuse capacité de voir le monde avec optimisme et bienveillance. Ses rêves le transportent dans un monde onirique paré de magnifiques couleurs. Au service des savants et serviable à l'extrême, il se met en quatre pour aider Nero dans ses recherches philosophales. Pourtant, l'ingratitude n'ayant d'égale que le mépris, ce dernier n'hésite pas à piller ses connaissances. Aigri et amer en dépit de ses atouts de départ, Nero campe sur ses prétentions et préjugés de caste, se montre détestable envers tous. Mais l'empathie à toute épreuve de Lazlo résiste à ses mauvais traitements.

La surprise est à la hauteur de ses attentes : l'arrivée d'une délégation en provenance de Désolation change radicalement la donne et restaure un peu l'équilibre entre les protagonistes. Ensuite les événements se succèdent dans et au-dessus de la ville. Je ne m'attendais pas à l'irruption si rapide d'un retournement de situation !

Les bons et les mauvais côtés de ce premier tome :
- la lenteur de la mise en place : l'ennui m'a plusieurs fois fait remettre ma lecture malgré mon engagement envers Cendre et LittleGuizmo ; finalement tous les éléments du début s'avèrent nécessaires, selon le fameux principe du Fusil de Tchekhov ;
+ l'enchantement du réel grâce à l'imaginaire de Lazlo, son obsession pour les légendes, ses rêves prémonitoires, son sens du merveilleux, sa tolérance ;
+ l'énigme de ces enfants bleus, tout puissants mais démunis et vulnérables, inquiets et soumis à l'emprise terrifiante et cruelle de leur leader, piégé dans la mémoire de son enfance meurtrie ;

Le sous-titre du tome 2 laisse entendre qu'il tournera autour de la forte présence de Sarai, l'ambivalente petite déesse à peau bleue surnommée La muse des cauchemars, à cause de son don acéré de télépathe.

Le premier chapitre est déroutant : il se déroule dans un univers glacé qui évoque les Inuits et débute par une scène de pêche qui m'a fait penser à la traditionnelle mise à mort de dauphins aux îles Feroe. La partie fantasy s'invite avec le pouvoir latent que chacun y reçoit à la naissance, dans l'attente de réussir les tests de sélection des envoyés de l'Empire. Deux soeurs inséparables, Nova et Kora attendent impatiemment leur tour, depuis le jour où leur mère a révélé la puissance de son don et rejoint le vaisseau spatial des hommes à peau bleue... 

Le lien profond avec le tome 1, pourtant semé d'indices évidents a posteriori, a tardé à m'apparaître clairement : c'est pourtant un ressort essentiel du tome 2. L'origine des Mésarthims y prend toute sa place !

Le faiseur de rêves repose sur une mythologie (ou plutôt s'agit-il d'une cosmogonie) très originale. Les mondes étranges, seulement entraperçus, pourraient donner matière à de riches développements ultérieurs. Laini Taylor propose un univers complet, impitoyable, mais avec tant de poésie et de rêve que j'en redemande.

Dimension latino

L'anthologie de SF latino-américaine présentée par Sylvie Miller aux éditions Rivière blanche fait suite à Dimension Espagne qui dresse un panorama de la SF ibérique contemporaine. L'auteur a reçu le Prix européen 2003 du Grand Prix de l'Imaginaire pour l'ensemble de son travail en faveur de la SF espagnole en France.
L'illustration est de Gevidal (Guillermo Vidal).
Introduction de Sylvie Miller : la SF hispanique du Nouveau Monde (en 5 pays, considérant le Brésil comme un cas à part entière). Elle regroupe sous sa traduction quatorze nouvelles, dont des inédites, d'Amérique du Sud et Cuba.

ARGENTINE
+Timbouctou * de Carlos Gardini : Sam est asservi par La dame noire, une drogue communautariste surpuissante et par Oslanski, un flic polonais qui, pour une dose, en fait son exécuteur d'un jour.

++Gu ta gurrarak (Nous et les nôtres) de Magdalena Mouján Otaño : le mythe fixe pour point origine de l'hérédité basque un légendaire couple fondateur Aitar- Amagoya et leurs sept enfants... un paradoxe temporel à la façon de Poul Anderson en donne l'explication non rationnelle mais logique

Défi Cortex

Terre à Terre : Amérique latine

CHILI
Les deux nouvelles cyberpunk de Pablo Castro Hermosillia montrent un monde où les êtres virtuels ont autant sinon plus d'importance que leurs modèles ; dans Reflets : acculé par la misère, le narrateur hésite néanmoins à laisser effacer les reflets numérisés des défunts de sa famille, un reste de moralité, sinon d'affection le retient ; dans Exerion le narrateur s'aperçoit à l'ultime moment qu'il n'a déjà plus qu'une existence virtuelle qu'un simple nano-effaceur peut annihiler.

++Comme des poissons dans la nasse de Rodrigo Jurri (inédit) propose une vision inversée de l'histoire universelle des migrants économiques : après une apocalypse nucléaire et l'anéantissement croisé des pays de l'hémisphère Nord, les survivants cherchent un refuge qui se refuse dans le cône Sud (Argentine, Chili, Uruguay et Paraguay).

Le Clown de porcelaine de Luis Saavedra (inédit) : un journaliste cherchant le scoop de sa carrière fait la rencontre de sa vie ; à la limite entre fantastique ou psychisme dérangé, cette nouvelle, touchante sans doute, m'a laissée sur le côté !

COLOMBIE
Exercices filmiques d'Antonio Mora Velez (inédit) : deux scénaristes font assaut d'arguments critiques sur leur production partagée ; au-delà de la forme, je n'ai pas vraiment saisi le fond...

MEXIQUE
+Le Secret de Roberto Lopez Moreno : les passages trop complexes sur le calendrier maya m'ont larguée, mais le sens de la nouvelle m'a intéressée ; parce qu'il concilie érudition et passion, un spécialiste allemand des civilisations précolombiennes est sélectionné pour une révélation maya d'importance.

+++Les deux nouvelles de Gabriel Trujillo Muñoz sélectionnées pour cette anthologie sont mes préférées ; comme il est un auteur prolixe, je vais pouvoir approfondir mon impression. Dans la nostalgie tendue d'espoir de Décombres, la ville de Mexico est détruite en surface par un séisme et les habitants vivent sous terre, mais un homme ne peut se résoudre à cet état de fait ! Avec le très surprenant Notre Jerry Garcia, l'expression " ils sont parmi nous " est on ne peut plus vraie...

CUBA
++L'Impératrice de Vladimir Hermandez : Je te tiens/tu me tiens par la barbichette où l'héroïne fait l'expérience de sa confrontation désavantageuse avec l'intelligence collective d'une race extraterrestre

+Les Interférences de Yoss : déjà lue dans le recueil éponyme, elle reste toujours savoureuse par le regard d'humour désabusé sur les rapports de force entre "grand" et "petit" pays

+Apolvénusia ™ de Yoss (inédit) : elle se démarque par sa forme très originale plutôt que par le fond

Kaishaku de Yoss : le code de l'honneur japonais à l'épreuve de la bêtise humaine face à une culture extraterrestre très avancée

+ La SF latino : Similarités et contrastes de Sylvie MILLER, un riche panorama historique et géographique
A propos de l'illustrateur :

* Rien à voir avec le film Timbuktu, aussi appelé Le Chagrin des oiseaux, un drame franco-mauritanien réalisé par Abderrahmane Sissako (2014) ; à travers les déboires d'un pauvre éleveur se joue le heurt, dans un village malien, entre un Islam radical importé par des envahisseurs et la résistance pacifique des habitants autour de leur imam.
** Ni avec le rendez vous manqué de Matthieu Chédid avec Tombouctou


mardi 18 août 2020

Viral

random PàL et ABC polar bonus d'AOÛT
A l'attention des adeptes de la célèbre anthropologue judiciaire Temperance Brennan (Bones), Tory (Victoria) est sa nièce. Elles n'ont fait connaissance que récemment, car jusqu'au décès de sa mère, Tory ignorait complètement l'existence de son père, et réciproquement. Kit Brennan, un scientifique installé sur une île isolée au large de Charleston, en Caroline du Sud, fait au mieux avec sa nouvelle paternité. Inséparable de ses trois copains, Tory est par ailleurs une adolescente ordinaire qui vit à fond ses passions de collégienne. Confrontée à une énigme scientifique, la bande d'amis fait preuve de sagacité, mais aussi d'une curiosité mal venue qui va leur attirer des ennuis auprès d'individus peu recommandables...
Le tome est le début d'une saga qui n'est pas sans rappeler Les six compagnons, avec une touche de fantastique.

mardi 11 août 2020

Portes d'Italie

ABC polar : lettre Q
Bookineurs en VIOLET

Dix-huit nouvelles noires de l'Italie d'aujourd'hui, aux éditions Fleuve noir chez Gallimard
L'anthologie est réunie par Serge Quadruppani, traducteur de l'italien au français, notamment la série du commissaire Montalbano d'Andrea Camilleri, dont le style très particulier comporte de nombreuses références dialectales. Sa préface reprend une interview de Valerio Evangelisti autour de l'actualité du polar, des considérations sur les sous-genres en Italie et la différence entre " giallo " et noir. Avant chaque nouvelle, il présente l'auteur dans une courte notice bio-bibliographique.
Lues le 11 août 2020
  1. Ballade pour Fofò La Matina d'Andrea Camilleri pp.21-36 : en territoire sicilien, une union tant attendue mais désastreuse se résoud en une suite géométrique inflexible
  2. Barbyturiques de Nico Macentelli pp.37-60 : sur des routes embrumées par la défonce, des rencontres aux petites heures de la nuit bousculent la vie évaporée de Barbara et ses amies
  3.  D'en bas de Daniele Brolli pp.61-90 : un petit homme déverse le flot de ses fantasmes rageurs dans une bouteille qu'il jette par sa fenêtre
  4. + Délicates nuances du Carnage de Francesco Salina pp.91-108 : un spécialiste de la lutte anti-terroriste se doit de n'accorder absolument aucune prise aux maîtres-chanteurs
  5. ++ Deux et deux font quatre de Gianfranco Manfredi pp.109-120 : un professeur de mathématiques dépérissant d'ennui dans sa retraite rurale défie les lois statistiques
  6. Pères et filles de Laura Grimaldi pp.121-128 : la seule autrice du recueil, la nouvelle la plus courte et la plus sobre, quand l'inceste survient, le parenticide advient
  7. + L'éclipse du crabe de Nino Filastò pp.129-146 : un directeur de prison modèle déterminé à faire craquer la résistance des plus récalcitrants
  8.  Histoire de Gabriella, veuve du milieu de Massimo Carlotto pp.147-168 : une histoire de butin, de vengeance et d'oubli
  9. L'été de la Saint-Martin de Santo Piazzese pp.169-190 : des retrouvailles annuelles sur une île méditerranéenne sont gâchées par le soupçon resurgi de la seconde guerre mondiale
  10. + La main gauche du diable de Danilo Arona pp.191-226 : sous prétexte de magie noire, toute la virtuosité des musiciens de jazz est mise à l'honneur dans cette nouvelle
  11. ++ Les chiens se bouffent entre eux de Marcello Fois pp.227-242 : équivalent sarde de Camilleri, l'auteur fait preuve d'une absence de concession désabusée comme dans Sang du ciel
  12. Ombres qui volent, ombres qui rampent d'Enzo Fileno Carabba pp.243-258 :
  13. + Plage privée d'Eraldo Baldini pp.259-274 :une fillette veille sur la bout de plage qu'elle s'est appropriée au détriment des touristes
  14. La petite chienne de Michele Serio pp.275-312 : la plus longue se réserve la perversion la plus dérangeante
  15. Qui ? de Giacomo Cacciatore pp.313-332 :
  16. + Super snail en action de Cesare Battisti pp.333-340 : la plus " légère "
  17. Je te vois de Vittorio Curtoni pp.341-358 :
  18. ++ Reinhardt Klotz de Carlo Lucarelli pp.359-372 : ma préférée d'une longueur devant Marcello Fois et Gianfranco Manfredi, pour sa chute !
une campagne magnifique rongée par la pollution et le mal qui est au cœur des hommes
une plage soumise à la surveillance d'un psychopathe en uniforme
un village où le passé revient sous les traits d'un assassin nazi

vendredi 7 août 2020

Dans ma BàL



Merci Stellade :
  1. un format plus court pour confirmer ou infirmer mon goût pour la style de Pierre Lemaître après Au revoir là-haut : "A la fin de décembre 1999, une surprenante série d'événements tragiques s'abbatit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir. Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien..."
  2. je trouve la couverture de Palissade superbe et j'ai souvent eu de belles surprises avec les éditions Taurnada : À sa sortie de l'hôpital psychiatrique, où il a séjourné un temps suite à une séparation douloureuse, Fred emménage dans une petite maison en arrière d'un immeuble, avec pour unique voisin Roland, ancien légionnaire d'une cinquantaine d'années. Sur fond d'alcool et de rock'n'roll, une amitié trouble et déjantée va alors se nouer entre eux, dans le décor inamovible de leur cour commune que divise une vieille palissade en bois. Jusqu'à ce que le passé s'invite à la fête…

mardi 4 août 2020

Alain Damasio [2]

COUP DE COEUR
Encore une claque avec Les furtifs d'Alain Damasio dont j'ai hélas manqué la première de sa création au théâtre : Scène nationale 61 d'Alençon.
Le style est virtuose et questionne de multiples façons nos rapports au langage.
Quant à l'histoire, sans éviter à mon résumé d'être trop réducteur, il s'agit de deux parents qui vivent différemment la disparition soudaine de Tishka leur fillette de quatre ans, sans aucune trace d'effraction, de la chambre où elle dormait dans leur appartement.
Deux années ont passé.Lorca Varèse vient de quitter la vie civile pour entrer dans l'armée sous le commandement d'Arshavin, après avoir réussi l'entraînement et l'épreuve finale de recrutement du Récif « Recherches, Études, Chasse et Investigations Furtives ». Il intègre la " meute " de traqueurs d'Agüero, composée de Saskia et Ner. Leurs cibles sont les " Furtifs " ou FIFS, une espèce protéiforme qui maîtrise totalement l'art de l'esquive et se fige à ultra haute température plutôt que se laisser capturer vivante ! Le but de Lorca est d'obtenir les moyens de rechercher sa fille plus efficacement.
La mère a plutôt choisi la voie du deuil et ils sont séparés. Sahar est proferrante c'est à dire qu'elle enseigne illégalement aux enfants des rues et à ceux qui ne peuvent accéder aux coûteuses écoles privées. Ses conférences ont lieu dans les espaces publics, de manière informelle et son discours est tenu pour subversif par le pouvoir en place.
Le monde est dystopique, avec un développement exponentiel des objets connectés et du contrôle " sécuritaire" des citoyens. Les villes en faillite sont privatisées par des grands groupes, les citoyens classés par degré de privilèges, à l'exception de quelques îlots de résistance au totalitarisme de la pensée unique.
Comme pour La horde du contrevent et de façon encore plus justifiée en raison de l'importance de la musique dans le roman, une bande-son l'accompagne.


#DéfiCortex !

JOKER lieu extraordinaire


Je me suis inscrite des deux mains au Book Club de juin : le livre qui en fait l'objet est La Horde du Contrevent d'Alain Damasio ! Le book club se déroulera le week-end des 27 et 28 juin.
Je l'ai lu en emprunt et acheté ensuite ce qui est rarissime : il est passé dans mon top 10 ! Je compte bien le relire un jour, mais sans pression, peut être cet été.
Pour me le remémorer, j'en ai profité pour lire les 2 tomes de la BD transposée par Eric Henninot qui attendaient dans ma PàL. En principe, je voulais attendre la fin de la saga car je n'aime pas être arrêtée en plein cours, mais ils furent parfait comme aide mémoire pour me rappeler combien j'ai aimé ce roman. Il faut lire l'introduction d'Alain Damasio sur le travail de recréation d'Eric Henninot. Je trouve qu'il réussit le tour de force de mettre des images sur des mots, s'approprier et rendre les concepts, rendre par un autre médium les astuces du roman, traduire sans trahir ! Seule une case m'a alertée mais seulement parce que je connais la fin, je pense que pour les néophytes du " Contre ", elle doit passer inaperçue. Les personnages et les phénomènes sont bien rendus, même si évidemment leur représentation se heurte fatalement à la projection de ma propre imagination.

Très gros coup de coeur 
avec ce titre sélectionné par Petite Fleur pour le regretté circle challenge ABC. Petit rappel : chaque participant proposait une liste alphabétique de lectures à faire découvrir à son binôme, j'avais beaucoup aimé participer.
Depuis que j'ai commencé à lire La horde du contrevent d'Alain Damasio, j'écoute en boucle la BO du livre, un CD d'Arno Alyvan inclus dans la couverture, qui accompagne et fait écho à l'écriture : ça ressemble un peu au thème de Blade Runner. J'ai adoré l'ensemble, où le plumage égale le ramage.
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Dans le monde imaginaire créé par Alain Damasio, des enfants sont sélectionnés et entraînés dès leur plus jeune âge à la pratique du " contre " c'est-à-dire la marche forcée, à contresens du vent qui déferle perpétuellement d'amont en aval, dans un gigantesque couloir glaciaire.
Partie d'Aberlaas, la ville d'extrême-aval  - la 34ème horde - menée par son traceur - le 9ème Golgoth - remonte depuis une trentaine d'années et a gagné plus de trois ans sur la horde précédente guidée par son père. Depuis huit siècles, leur but est identique, survivre jusqu'au bout de leur quête pour découvrir les trois dernières formes du vent et atteindre sa source en extrême-amont. Sov Strochnis le scribe est leur témoin et le réceptacle de leur mémoire.
Pietro della Rocca leur prince, Erg Machaon leur combattant protecteur, Caracole leur chantre, enchanteur et troubadour, Larco, le braconnier aérien, capteur de méduses roses, Tourse l'autoursier et Darbon le fauconnier qui les nourrissent, Callirhoé la feuleuse qui chauffe et cuit, Aoi Nan cueilleuse et sourcière et jusqu'aux crocs porteurs de charge qui ferment le pack, tous sont excellents dans leur rôle car la survie de la horde n'autorise ni individualisme, ni aucune faiblesse.
Au cours de toutes ces années, ils ont peaufiné solidairement les techniques du contre et tous ses membres maîtrisent les figures qui en formation leur assurent la meilleure résistance au vent. Lorsqu'ils se présentent sur la dernière partie du parcours, la plus difficile et la plus dangereuse, celle qui va les mener face à leur destin, ils n'ont essuyé que des pertes minimes. Arval l'éclaireur, poseur de pharéoles (des balises sonores), Talweg Arcippé l'expert géomaître et Oroshi Melicerte l'aéromaîtresse, savent lire les paysages et les six formes connues du vent ou décrypter le passage des divers chrones couverts de glyphes, aux vertus merveilleuses ou tragiques. Ils ne craignent globalement qu'une chose, en dehors de l'échec inenvisageable, c'est que les navires fréoles désormais fiables, plus rapides et capables de relier l'aval et l'amont en quelques semaines, rendent leur cause obsolète et soient en mesure d'atteindre l'extrême-amont avant eux.
Contrairement à mon habitude, je ne l'ai pas dévoré mais j'ai réussi à lire petit à petit ce roman inclassable, comme en dégustation, intercalé à d'autres lectures à échéance, plus urgentes.
Cette épopée est l'histoire d'une performance, une troupe en marche dans des conditions physiques à la limite de l'humainement supportable, et il m'a semblé que mon rythme devait s'accorder à la lenteur de leur progression. Cependant, j'ai sans doute été encore trop vite dans certains passages, en dépit d'un début difficile car l'auteur a une écriture très imaginative, jusque dans la forme ; il est mal-aisé de s'y reconnaître parmi toutes les voix qui partagent le récit et racontent à leur manière et avec leur perception des bribes de leur histoire. Sachant maintenant la fin et n'étant plus pressée par le dénouement, je le relirai encore plus tranquillement, pour m'attacher à l'évolution des caractères et à l'extrême richesse psychologique des personnages.
Lu le 12 avril 2011
Il a fait l'objet sur Livraddict d'une LC proposée par Julien le naufragé