mardi 25 août 2020

Le faiseur de rêves - tomes 1 et 2

challenge Bookineurs en couleurs : Violet
Challenge SSW : space opera
En LC avec Cendre et LittleGuizmo :
- tome 1 Le faiseur de rêves : 31 juillet au 11 août
- tome 2 La muse des cauchemars : 14 au 25 août
 
J'ai absorbé les presque 1300 pages en quelques jours : en effet, si j'avais pris du retard au début du premier tome que je trouvais poussif, j'ai ensuite enchaîné les pages sans discontinuer et j'ai lu le tome 2 dans la foulée du tome 1, qui se termine sur un sérieux cliffhanger.

Les couvertures sont simplement magnifiques : elles sont en grande partie à l'origine de mon envie de lecture ! La première représente un papillon de nuit et la seconde un aigle, en liens avec l'événement principal de chaque tome.

Lazlo Lestrange est un enfant trouvé que rien ne prédestine à un destin extraordinaire ; son teint grisâtre a même fait croire aux moines qui l'ont recueilli sur le pas de leur porte qu'il ne survivrait pas. Au contraire de Thyon Nero, sur le berceau duquel toutes les fées semblent s'être penchées. Le jeune noble tient son surnom de filleul doré de la combinaison de sa chevelure, de ses travaux d'alchimiste et de la protection de la reine.
Dès qu'il a pu, Lazlo s'est enfui du monastère de son enfance pour rejoindre la capitale Zosma et sa bibliothèque. En effet, il n'éprouve de passion que pour les livres et un sujet en particulier sur lequel il est incollable : Désolation ou la Cité oubliée comme il préfère l'appeler. Isolée par un désert infranchissable, la mystérieuse ville mythique est interdite d'accès au commun des mortels.

Dès le début du roman, les antagonismes sont clairement posés. Lazlo est un garçon aimable et gentil, qui possède la merveilleuse capacité de voir le monde avec optimisme et bienveillance. Ses rêves le transportent dans un monde onirique paré de magnifiques couleurs. Au service des savants et serviable à l'extrême, il se met en quatre pour aider Nero dans ses recherches philosophales. Pourtant, l'ingratitude n'ayant d'égale que le mépris, ce dernier n'hésite pas à piller ses connaissances. Aigri et amer en dépit de ses atouts de départ, Nero campe sur ses prétentions et préjugés de caste, se montre détestable envers tous. Mais l'empathie à toute épreuve de Lazlo résiste à ses mauvais traitements.

La surprise est à la hauteur de ses attentes : l'arrivée d'une délégation en provenance de Désolation change radicalement la donne et restaure un peu l'équilibre entre les protagonistes. Ensuite les événements se succèdent dans et au-dessus de la ville. Je ne m'attendais pas à l'irruption si rapide d'un retournement de situation !

Les bons et les mauvais côtés de ce premier tome :
- la lenteur de la mise en place : l'ennui m'a plusieurs fois fait remettre ma lecture malgré mon engagement envers Cendre et LittleGuizmo ; finalement tous les éléments du début s'avèrent nécessaires, selon le fameux principe du Fusil de Tchekhov ;
+ l'enchantement du réel grâce à l'imaginaire de Lazlo, son obsession pour les légendes, ses rêves prémonitoires, son sens du merveilleux, sa tolérance ;
+ l'énigme de ces enfants bleus, tout puissants mais démunis et vulnérables, inquiets et soumis à l'emprise terrifiante et cruelle de leur leader, piégé dans la mémoire de son enfance meurtrie ;

Le sous-titre du tome 2 laisse entendre qu'il tournera autour de la forte présence de Sarai, l'ambivalente petite déesse à peau bleue surnommée La muse des cauchemars, à cause de son don acéré de télépathe.

Le premier chapitre est déroutant : il se déroule dans un univers glacé qui évoque les Inuits et débute par une scène de pêche qui m'a fait penser à la traditionnelle mise à mort de dauphins aux îles Feroe. La partie fantasy s'invite avec le pouvoir latent que chacun y reçoit à la naissance, dans l'attente de réussir les tests de sélection des envoyés de l'Empire. Deux soeurs inséparables, Nova et Kora attendent impatiemment leur tour, depuis le jour où leur mère a révélé la puissance de son don et rejoint le vaisseau spatial des hommes à peau bleue... 

Le lien profond avec le tome 1, pourtant semé d'indices évidents a posteriori, a tardé à m'apparaître clairement : c'est pourtant un ressort essentiel du tome 2. L'origine des Mésarthims y prend toute sa place !

Le faiseur de rêves repose sur une mythologie (ou plutôt s'agit-il d'une cosmogonie) très originale. Les mondes étranges, seulement entraperçus, pourraient donner matière à de riches développements ultérieurs. Laini Taylor propose un univers complet, impitoyable, mais avec tant de poésie et de rêve que j'en redemande.

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