jeudi 27 juillet 2017

Claire Keegan [2]

A travers les champs bleus / Walk the blue fields
Tout d'abord, lorsque je tiens un volume de l'éditeur Sabine Wespieser dans les mains, je suis sûre de deux choses : la sobriété de l'objet, format, texture, typographie, sans défaut, ensuite la garantie d'une oeuvre de qualité car les auteurs publiés sont minutieusement choisis.
Les textes de Claire Keegan plongent dans une atmosphère qui rappelle celle du siècle dernier, pourtant elles sont contemporaines. L'écriture est juste, limpide, sans artifice de langage, mais la langue est belle, travaillée jusqu'à la simplicité, évocatrice. La narration se passe de sentiments ; elle repose plutôt sur l'évocation des faits de telle manière qu'ils montrent les rapports régissant de toute éternité la vie des hommes : labeur, convoitise, filiation, transmission. Il s'en dégage une sorte de fatalisme immémorial. 
J'ai déjà lu Les trois lumières (2011) et si j'ai dû me séparer du roman - emprunté - j'ai acheté rapidement ses deux autres titres traduits : L'antarctique (2010) et celui qui fait l'objet de ce challenge.
Indubitablement, les nouvelles de ce recueil creusent la même veine où rudesse paysanne et mutisme des sentiments se côtoient sans parvenir à se rencontrer. Une petite dose de Claire Keegan suffit à produire l'enchantement de la lecture, pourtant la force des tensions qui traversent le récit montrent que sous les apparences de " bon voisinage " les évènements sont souvent dramatiques.
La mort lente et douloureuse (résidence /vengeance d'artiste) Le cadeau d'adieu (inceste, exil) A travers les champs bleus (la force d'une vocation) Chevaux noirs (rupture) La fille du forestier (talent de conteuse) Près du bord de l'eau (Texas, convenances) Renoncement (vie rangée, le brigadier volage) La nuit des sorbiers (une femme libre)

Extrait d'interview par La ruelle bleue
J’écris du point de vue des personnages que je mets en scène dans une histoire donnée et j’écris tout ce qu’il est nécessaire à ces personnages et à cette histoire pour exister. J’oublie alors que je suis un écrivain. Je deviens quelqu’un d’autre : je suis Martha [ndlr : in La fille du forestier], ou la femme sur l’île d’Achille [ndlr : in La mort lente et douloureuse], ou l’homme saoul dans « Chevaux noirs », ou bien encore l’homme qui dort au côté de la femme dans « La nuit des sorbiers »…  J’essaie de ne jamais prendre parti non plus. Mon travail, c’est d’imaginer ces personnages, leurs vies, de les animer. J’essaie juste d’écrire ce qui leur arrive.[...] Je pense que la narration doit nécessairement rester sur un mode suggestif et ne jamais s’aventurer sur la terre ferme des assertions. C’est essentiel afin d’ouvrir tout le champ des possibles. L’affirmation annihile tout. Si vous êtes catégorique quand vous écrivez, alors vous n’offrez pas au lecteur la possibilité du contraire et le privez ainsi d’une tension indispensable à fertiliser l’imagination. Ainsi, si une chose est vraie, alors son contraire peut l’être aussi. C’est la fameuse théorie de l’iceberg… Je pense en effet que le genre de la nouvelle est un genre qui fait la part belle à la suggestion. Et c’est justement toute la complexité de la chose ! »

Les trois lumières
Le titre, rencontré plus d'une fois sur vos blogues, m'avaient intriguée. Le challenge de Calypso me donne l'occasion de découvrir ce très court texte de Claire Keegan inscrit dans ma LàL.
Une petite fille à l'âge indéterminé (sans doute moins d'une dizaine d'années) est l'héroïne de cette histoire. Elle est l'aînée d'une fratrie apparemment déjà trop nombreuse. Sa mère, de nouveau enceinte, est débordée et l'argent manque, même si le père ne veut pas l'admettre. La fillette est laissée aux soins d'un couple sans enfant, apparenté au côté maternel. Peu affectueux, son père la conduit sur place mais ne s'attarde pas. Les Kinsella se montrent immédiatement attentifs à procurer à la petite un environnement chaleureux et la traitent comme leur fille. Au bout de quelques mois, à l'annonce de la rentrée, alors qu'il faut bien faire retour à la maison, c'est un déchirement.
Il y a énormément de non-dits dans ce texte qui méritera une nouvelle lecture dans quelque temps. Je suis sûre d'être passée à côté de certaines choses. Très factuel, allusif et plein de pudeur, il évoque des sentiments qui se montrent mais ne se disent pas. La détresse de cette enfant qui a trouvé des parents adoptifs selon son coeur mais doit leur être arrachée et réciproquement est au coeur du roman.
Lu le 15 juillet 2013

mercredi 26 juillet 2017

Veuve noire

Challenge Chacun son époque : Première guerre mondiale 5/5 

J'avais beaucoup apprécié Au revoir là haut de Pierre Lemaître. Dans le même ordre d'idées, Veuve noire de Michel Quint ne m'a pas déçue. L'action se déroule à Paris dans l'immédiat après-guerre, parmi ceux qui sont restés à l'arrière, les planqués, mais aussi les petites gens qui ont appris à vivre dans une économie de pénurie et peinent à se remettre des bouleversement sociaux liés à quatre années de conflit. De la même façon, l'intrigue repose sur une arnaque née sur les champs de bataille, fomentée dans la confusion du retour à une vie normale. L'intrigue policière pourtant bien menée et subtile est vite devenue secondaire à mon goût, j'ai été contente de la découverte du fin mot de cette histoire mais c'est surtout le personnage principal qui a suscité mon intérêt.

Jeune épousée, jeune veuve, petite bourgeoise ruinée par des placements insolvables souscrits par son mari, Léonie Rivière ne se résigne pas... Dans l'euphorie de l'armistice, alors que tout Paris fête la victoire des alliés et la bonne fortune des soldats de retour du front, elle décide de suivre son instinct et de prendre sa vie en main. Avant même la confirmation de la disparition d'Antoine son mari, qui n'a plus donné de nouvelles depuis son positionnement sur Le chemin des Dames, elle sent qu'une partie des femmes ne reviendra pas en arrière.
Sans engagement féministe volontaire, elle a des élans de liberté et un appétit de vivre qui ne demandent qu'à s'exprimer. Ses modèles sont les scandaleuses de l'époque. Elle est déjà journaliste à la pige, introduite dans le milieu des arts et des lettres, elle veut en vivre, obtenir une véritable reconnaissance, un poste et une rubrique dans un grand journal.
L'environnement du roman m'a beaucoup plu : Léonie y croise à tous les coins de rue les écrivains et les peintres qui ont fait l'actualité et le renouveau culturel de l'après-guerre.

Résumé :
Le 11 novembre 1918, Léonie Rivière, jeune veuve de guerre qui espère subsister en devenant reporter, rencontre Edgar Prouville, soldat démobilisé après une blessure. Très vite, ils entament une liaison passionnée et Prouville, qui débute une carrière de courtier en peintures, entrepose chez Léonie, à Montparnasse, un stock de toiles d'artistes dont il espère voir monter la côte : Modigliani, Picasso...Mais il disparaît en laissant ses toiles. Aidée par Norbert Rameau, un photographe qui a été gazé au front, Léonie, résolue aussi à conquérir sa liberté de femme, va mener l'enquête à travers le Montparnasse de l'après-guerre. Une enquête qui la mènera à un quadruple meurtre commis au printemps 1917 sur le Chemin des Dames...

L'étrangère

Encore une fois, je préfère le titre original " Strangers " qui sonne plus juste car ce n'est pas seulement Liraun l'étrangère vis-à vis de Farbert. Le roman de Gardner Dozois est plus profond que cela. De même que les Cian sont irréductiblement étrangers aux Terriens, la culture de Farbert reste totalement et hermétiquement fermée à Liraun et réciproquement. Seul Ferri, grâce à sa méthodologie et ses efforts d'ethnologue ambitieux (il veut décrire les Cian, pas interagir avec eux) parvient à entrevoir une sorte de vérité universelle : l'incommunicabilité fondamentale entre les êtres pensants...  Pourtant, le roman reste un magnifique plaidoyer d'amour par delà les différences. Il est totalement exotique, envoûtant, immersif. L'auteur fait sentir que Farbert a l'intuition de passer à côté de quelque chose de grave, d'inéluctable, mais qu'il n'a pas les moyens de comprendre son erreur de jugement. Une pitié mêlée d'admiration pour son couple, pour les Cian, voilà ce que j'ai ressenti. Un coup de coeur !

challenge SSW Space opera

challenge des chiffres :
9- Les neuf muses
Melpomène, muse de la tragédie. Lire une tragédie (théâtre ou poésie)

mardi 25 juillet 2017

Les routes de l'imaginaire

La rencontre entre Joop un chauffeur routier amateur d'histoires fantastiques et Maya femme au foyer ayant renoncé à ses talents de journaliste, n'aurait jamais dû se produire. Mais Klaas son mari et rédacteur en chef d'une revue littéraire confidentielle est à l'origine des compromis qui les ont amenés à cette station service dans le Nord de la France. L'histoire commence dans la cabine du poids lourds, avec cette petite femme blonde, ses trois enfants et ce géant velu et mutique en marcel blanc. Il y a de la tension dans l'air et tout peut arriver...
Hella Serafia Haasse est une auteure néerlandaise du XXème siècle que je découvre et que j'aurai plaisir à relire. Dans ce court roman, elle explore de nombreuses formes d'écriture à l'intérieur du processus narratif principal : il s'agit presque d'une expression polyphonique mais construite de manière très subtile. La poésie, l'essai, la biographie, l'histoire courte, le roman policier sont abordés, parallèlement à une réflexion sur le processus créatif, l'inspiration, l'imaginaire, etc. ce qui en fait un texte très dense, tout en restant facile à aborder. Les personnages sont intrigants et pleins de mystères... L'auteur se plaît à jouer sur les décalages entre les apparences et la réalité.

mardi 18 juillet 2017

L'âge de Pierre


Je retrouve par hasard l'auteur des Choses de la vie qui m'a durablement marquée (il figure dans mon top ten) dans cette histoire dont le propos n'est pas sans me rappeler La femme en bleu de Noëlle Châtelet. Il s'agit du renoncement volontaire au monde, progressif mais irrémédiable, accompli pour soi, sans ostentation, mais dans la discrétion, voire le secret. L'écriture est envoûtante, poétique, limpide, comme un bercement qui suivrait le rythme lent et pourtant inéluctable des marées et des saisons, dans ce pays de vent et de pluie. L'auteur montre une Irlande séculaire et mystérieuse.

Pierre dont je n'arrive pas très bien à situer l'âge (tout est dans le titre !) mais que je ne réussis pas à imaginer très vieux, décide du jour au lendemain de se retirer de toute exposition sociale, après qu'un magazine spécialisé l'a rangé parmi les "grands anciens". Il vend son cabinet d'architecte et divorce de Nathalie de 25 ans sa cadette, pour se réfugier en Irlande.
Dans une ferme au bout du bout du monde puisqu'il peut affirmer qu'il est "l'habitant le plus occidental d'Europe", il renoue avec une vie plus prosaïque, prend le temps des rencontres et des échanges limités avec ses quelques voisins, apprécie le paysage et pose un regard dénué de passion sur les choses qui l'entourent. Son indifférence se matérialise d'une façon très symbolique qui vient faire affleurer le roman aux rives du fantastique et du surnaturel.

challenge des chiffres : 5 - Les cinq sens
Lire un roman dans lequel le toucher prend une place importante, ou bien présenter un livre d’une activité dans laquelle on se sert de ses mains (une activité manuelle, quoi !)
Il faudra lire le roman pour comprendre, je ne peux pas tout dévoiler.

lundi 17 juillet 2017

NSO pour Nouveau Space Opera

Les dix-huit nouvelles inédites,  datés de 2007, sont dues à la plume d'auteurs déjà bien installés au firmament de la SF tels que Robert Silverberg, Dan Simmons, Gregory Benford ou Peter F Hamilton, on trouvera également dans ce recueil des noms moins familiers en France, comme ceux de Tony Daniel ou Mary Rosenblum. Au sommaire, NSO recueille des noms qui comptent dans le renouveau et la SF actuelle mais aucun francophone : 

Préface, de Gardner Dozois et Jonathan Strahan
L'introduction me rappelle que j'ai L'étrangère de Gardner Dozois dans ma PàL
1)  Les Réfugiés, de Gwyneth Jones (Saving Tiamaat) : une exterminatrice sans scrupule ++
2)  L’Anneau de Verthandi, de Ian McDonald (Verthandi's Ring) : une histoire de guerre intergalactique dans un style illisible -- j'oublie !
3)  Éclosion, de Robert Reed (Hatch) : un vaisseau gros comme une planète et un alien magnifique : la Polymare +
4)  Gagner la paix, de Paul J. McAuley (Winning Peace) : deux ennemis, deux rebelles : l'alliance inattendue +
un texte qui me réconcilie avec l'auteur (déçue par Les conjurés de Florence dont j'attendais beaucoup)
5)  Gloire, de Greg Egan (Glory) : curieuses entités archéologues +
j'avais hâte, un auteur que je connais par Mortelles ritournelles : imaginez l'équivalent sonore des images subliminales dans la publicité, dans le monde de Greg Egan, ils l'ont fait
6)  Maelström, de Kage Baker  (Maelstrom) : une première théâtrale sur Mars + ; beau titre pour un beau sujet, Kage Baker, je retiens son nom
7)  Béni par un ange, de Peter F. Hamilton (Blessed by an Angel) : les humains soumis à un combat inégal contre une entité supérieure, dans l'univers du Commonwealth central, toujours se méfier des êtres fantastiques
8)  Qui a peur de Wolf 359 ? de Ken MacLeod (Who's Afraid of Wolf 359?) : la froide vengeance du dernier terrien contre les juges des Mondes civils

D'autres titres prometteurs, mais j'ai dû le restituer avant de pouvoir le finir, hélas
La Vallée des jardins, de Tony Daniel (The Valley of the Gardens)
Scinder le continuum, de James Patrick Kelly (Dividing the Sustain)
Les Fleurs de Minla, d’Alastair Reynolds (Minla's Flowers)
La Reine des neiges, de Mary Rosenblum (Splinters of Glass)
Souvenance, de Stephen Baxter (Remembrance)
L’Empereur et la Maula, de Robert Silverberg (The Emperor and the Maula)
Un revers de fortune, de Gregory Benford (The Worm Turns)
Avec des fleurs, de Walter Jon Williams (Send Them Flowers)
L’Art de la guerre, de Nancy Kress (Art of War)
La Muse de feu, de Dan Simmons (Muse of Fire)

Revue de presse
D'après Tom Clegg, co-directeur de la collection Bragelonne SF :
« Le Nouveau Space Opera est composé de dix-huit récits écrits par les auteurs les plus talentueux de la SF d’aujourd’hui, choisis par deux maîtres anthologistes. On y découvre des intrigues extravagantes, des vaisseaux interstellaires, des mondes exotiques et des créatures extraterrestres qui faisaient tout le charme du space opera " à l’ancienne ", mais décrits avec une rigueur scientifique, une profondeur psychologique et une exubérance littéraire. »
Pour Joe Haldeman : « Ces grandes aventures à travers l'espace et le temps sont brossées à grands traits sur des immenses toiles, comme on peut s'y attendre, mais ce n'est plus le space opéra de nos pères ou de nos grands-pères. Avec des thèmes modernes traités avec des sensibilités modernes, voici l'une des meilleures anthologies jamais composées... Dix-huit visionnaires du 21ème siècle démontrent que la science-fiction n'a pas perdu son pouvoir de susciter l'émerveillement. »


jeudi 6 juillet 2017

Une enquête du commissaire Edwige Marion

polar ABC 2017 : lettre T
challenge des 4AS, équipe Joker, binôme LC avec Brigt :
nous avons choisi en commun Affaire classée, notre premier roman écrit par Danièle Thiéry
1/3 : Le début tarde à nous accrocher vraiment. Alors que je trouve le suspense moyen, Brigt évoque une intrigue intéressante mais cassée par trop d'histoires secondaires.
2/3 : je trouve l'histoire un peu tirée par les cheveux, avec sa fille adoptive et puis dans le choix de ses amants aussi ; Brigt pense que nous aurions pu mieux comprendre les motivations de Marion si nous avions commencé la série par le début
3/3 : Nous sommes d'accord pour nous en tenir à ce roman, le quatrième volet de la série.

Une paire de souliers taille 26 - des souliers rouges de petite fille .... A l'heure où elle veut changer de vie, le commissaire Edwige Marion les trouve posés sur sa boîte aux lettres, comme un vieux souvenir : c'était sa première enquête et, par manque d'indices, elle avait dû conclure à l'accident...

Il suffit de ce signe pour que la commissaire replonge dans les pages du premier dossier de sa carrière, avec la conviction que tout n'a pas été fait pour retrouver l'assassin de la petite Lili-Rose Patries, pour constater justement qu'il manque des pièces à conviction dans ce maigre dossier. . Contre les ordres de son supérieur, Marion décide de reprendre l'enquête : tout ce qu'elle découvre lui confirme que des pistes ont été laissées de côté.

Les meurtres d'enfant passent pour les crimes les plus durs à supporter pour les équipes de police. Les meurtres non élucidés sont des souvenirs pénibles dont le rappel peut rester en mémoire tout au long d'une carrière d'enquêteur. Que dire des meurtres d'enfant non élucidés, faute d'éléments d'enquête suffisants ?
Dans ce quatrième tome des enquêtes de la commissaire Marion, Danielle Thiéry, elle même passée par les rangs de la criminelle, évoque une affaire classée, la première enquête de la carrière glorieuse de l'intéressée. Alors que dans sa vie privée, Edwige Marion enchaîne les mauvais choix, elle veut prendre du recul et muter dans un service moins exposé pour se consacrer davantage à l'éducation de sa fille adoptive Nina. Dans ce contexte de doute sur ses capacités et sa motivation, un inconnu semble la pousser à rouvrir le dossier de l'accident mortel survenu à Lili-Rose le jour de son anniversaire. Elle sera aidée involontairement par Nina, qui a partagé la même école avant de déménager.

lundi 3 juillet 2017

La voie rubis

J'ai déjà lu Ethique du contact de Jean Michel CALVEZ dont j'ai pu apprécié l'imaginaire créatif en matière d'exobiologie et j'ai inscrit dans ma WL son roman IF 837, c'est donc avec une certaine confiance que j'ai postulé à ce partenariat proposé par Livraddict que je remercie ainsi que les éditions Lune écarlate. J'ai reçu le livre en numérique ce qui explique un peu ma lenteur de lecture ; en version papier, il y a longtemps que je l'aurais terminé pour connaître le fin mot de cette histoire secrète de la dynastie Honken.
Je trouve ce roman moins cohérent dans son ensemble que le précédent que j'ai lu. En effet, l'action est omniprésente et s'enchaîne avec rapidité mais j'ai eu quelques doutes quant au postulat de départ : l'introduction d'un parfait étranger dans le cercle très fermé et très intime des obsèques d'un des membres du clan Honken, qu'en outre cet individu échappe à la paranoïa générale des Honken et puisse introduire une caméra oculaire au milieu de gens qui maîtrisent si parfaitement les NTIC, que ce même individu, jeune stagiaire d'une école de commerce puisse bénéficier d'un hasard extrêmement heureux pour embarquer à destination de Jupiter au moment clef...je trouve que du point de vue de la crédibilité du récit, cela tient plus de la littérature jeunesse que du roman adulte que par ailleurs le développement du côté hard science sous-entend. Je suppose toutefois que l'exposé des détails techniques pointus des réglages de la Voie rubis sont un mal nécessaire pour comprendre la suite et le moyen d'action des rebelles (sans spoiler, car on s'en doute cf. le résumé ci-dessous ):

Joshua, tout frais diplômé d’une école de commerce international, effectue son stage de fin d’études à la Rubynergy. La société appartient à la très discrète dynastie Honken qui a le monopole de la fourniture d’énergie grâce à la Voie Rubis, un rayon laser émis depuis Jupiter, dont la puissance est récupérée sur la Terre par des miroirs. Chance de sa vie, Joshua se voit proposer un voyage sur Jupiter, par son directeur de stage qui doit y régler un problème avec une bande de pirates locaux qui ponctionnent la Voie Rubis pour leurs propres besoins. Mais la menace des pirates n’est pas forcément la pire, sur Jupiter : la mystérieuse famille Honken n’est pas non plus exempte de tout soupçon, ce que Joshua avait cru découvrir juste avant son départ grâce à son secret bien caché, sa vision dopée par un implant expérimental. Il semble que l’avenir de la Terre puisse être en jeu et que Jupiter, et la Voie Rubis, soient au coeur de cette affaire.

J'ai particulièrement aimé :
- cet amateur de voitures vintage qui roulent aux hydrocarbures et répandent une odeur de brûlé qui surprend Joshua (j'ai nommé Krönings son maître se stage) ;
- l'ingéniosité des pirates, les " bikers de l'espace ", de leurs installations, de leur économie de survie
- la beauté des paysages : Jupiter avec ses nappes d'hydrocarbures semi-liquides et ses dangers d'explosion, Io et Europe, les lunes de Jupiter qui servent de refuge aux pirates, Cathedral en particulier ;
- la couverture qui illustre si bien le roman
- enfin, la voie Rubis en elle même, ce faisceau d'énergie pure tendu entre Jupiter et la Terre, ainsi que le principe de la navette annulaire
- l'épilogue = mais je n'en dirai pas plus = qui vient à point apporter un peu de légèreté à un roman plutôt sérieux par ailleurs

dimanche 2 juillet 2017

Mort et vie de Bobby Z

Je suis un peu déçue à la lecture de ce polar qui s'inscrit dans la ligne des anti héros malchanceux à contre-emploi dans le rôle du personnage central. Référence à P D James chez les anglo-saxons, J P Manchette du côté francophone
Tim est un looser et c'est la raison pour laquelle Gruzsa le choisit pour incarner Bobby Z auprès d'un trafiquant mexicain tout puissant qui veut sa tête. La poisse tenace qui lui colle aux baskets pèse au moins autant qu'une quasi parfaite ressemblance avec le dealer notoire qu'il doit remplacer. La transaction, déjà plus que douteuse sur le papier, échappe à toute prévision lorsque Tim/Bobby parvient à échapper à Brian, un esclavagiste à la solde de don Huertero. Ajouter que Tim s'encombre dans sa fuite d'un gamin précoce de 6 ans, Kit, dont il vient d'apprendre que le vrai Bobby est le père ! Le sujet part avec un bon capital de sympathie... Heureusement que les méchants ne sont pas infaillibles et lui laissent sa chance à leur grand dépit. Un bon moment mais sans plus


challenge des chiffres : 7- Les sept péchés capitaux : l'avarice
page  330 : " l'avarice, Bobby, confesse tristement le Moine. Le pire des sept péchés capitaux. "

samedi 1 juillet 2017

Destockage de PàL en duo

On ne change pas des paires gagnantes, ni Zina et Licorne à l'organisation, ni Amarüel et moi au challenge qui s'étend sur une année.
La prochaine session de 4 mois est ouverte (sujet ICI avec toutes les informations)

► Les thèmes
2 ème édition : Juillet-octobre 2017 / Binôme : Inspecteurs de police ayant marqué la littérature / Yeruldelgger

♦ Session 1 : Juillet-Aout
Thème 1 – un roman policier : 10 pt

Je choisis Le sang des innocents de Marthe GRIMES, qui à une lettre près pourrait convenir pour le
Thème 2 – le nom de l'auteur doit commencer par une de ses lettres : C, R , I , M, E ou S : 5 pt
Je choisis The city & the city de China MIEVILLE qui remplit triplement les consignes (policier et deux initiales correspondantes)
♦ Session 2 : Sept-Oct  – Doublage des points
Choisissez dans la PAL de votre partenaire le livre qu’il devra lire.

Si elle est d'accord, j'aimerais qu'elle lise un des titres de sa PàL qui m'intrigue depuis longtemps L'agence secrète d'Alper Canigüz
Of course, I'm in
Avec XL ! (Les irréductibles qui résistent encore et toujours en binôme)
Thème 1 – L'Agence Secrète de Alper Canigüz
Thème 2  Plus grand sont les héros de Thomas Burnett Swann

jeudi 29 juin 2017

Butcher's crossing

Plus que les cow boys, les indiens, les chercheurs d'or, les poseurs de rails, ce sont les bisons qui incarnent à mes yeux le symbole mythique du Far West, et sa disparition aussi. J'ai donc troqué ce roman avec intérêt.
Les bisons sont certes décrits avec trivialité, surtout lorsqu'ils sont dépouillés de leur peau et perdent toute superbe, mais je les ai trouvés magnifiques. D'une certaine façon, la quête des hommes partis les chasser, leur traversée mortellement dangereuse du désert avant d'atteindre les contreforts du Colorado, les techniques d'approche, de "décapitation" du troupeau, de tir droit au coeur, sont également admirables, exécution d'une sorte d'art ancestral comme la corrida.
Sauf que l'animal n'a aucune chance bien sûr... sauf qu'ils sont arrivés à quatre dans ce paradis perdu, une vallée reculée, invisible et préservée, encore occupée par un troupeau de 5000 têtes dans le dessein de l'anéantir entièrement. Oublieux du temps qui passe, ils se sont mis froidement à l'abattage systématique, mécanique et quasi industriel des bêtes, plus d'une centaine par jour, pendant des semaines.
Vanité des vanités, une fin exceptionnelle qui est amenée crescendo dès le début du roman.

Dans les années 1870, persuadé 
que seul un rapprochement avec la nature peut donner un sens à sa vie, le jeune Will décide de quitter le confort d'Harvard pour tenter la grande aventure dans l'Ouest sauvage.

Pour moi, Gallmeister fait figure de référence dans le domaine des grands romans d'aventure et de pleine nature.L'auteur aurait pu figurer à leur catalogue, tant il excelle dans l'évocation et la confrontation des grands espaces et des petitesses humaines.

Butcher's crossing, pas totalement ce à quoi je m'attendais, c'est un livre que j'ai reçu en troc et qui me sort de ma zone de confort, je ne sais pas trop comment ça va se terminer ou plutôt j'ai peur de deviner... au final, une lecture qui n'est pas sans contrecoup, même après l'avoir refermé, il est franchement bien, déconcertant, inattendu et d'une très belle plume

mercredi 28 juin 2017

Chacun son époque

Lectures BD
illustration de François Boucq pour Le feu d'Henri Barbuse
Lus pour ce challenge :

Les poilus frisent le burn-out par Guillaume Bouzard " Ne me faites pas croire que les Boches n'étaient pas déjà un peu nazis en 1914 ", paru chez Fluide glacial en 2016 (centenaire de la bataille de Verdun).
Dès l'annonce du titre, l'auteur prévient que le propos sera décalé, voire inconvenant pour dénoncer les absurdités de la guerre. Il évoque mobilisation, vie des tranchées et démobilisation à travers le personnage de Pierre Fardin, dit " la petite blonde " pour les autres soldats de son village.
D'un ton acide il passe au crible les conditions de vie dans les tranchées avec la boue, la faim, l'ennemi, les décisions de l'état-major, l'espoir, etc. Moyen


14-18 C'était la guerre des tranchées par Tardi reprend bon nombre de choses qui doivent être dites mais qui ont été longtemps tues contre la guerre et sur le quotidien des Poilus
J'ai habituellement du mal avec Tardi mais dans ce contexte le trait sert bien le propos
Glauque mais c'était la guerre des tranchées.
Le découpage en 3 strips par page met le focus sur des faits marquants, mais se poursuivent parfois d'une page à l'autre.
Le récit est étayé par l’historien Jean-Pierre Verney, qui assure depuis des années, aux côtés du dessinateur, le travail de documentation.

 La guerre des Lulus - tome 1 : 1914

 Lus avant le challenge :


Mauvais genre
Pour échapper à l'horreur des tranchées et ne pas retourner au front, un déserteur se travestit avec l'aide de sa femme. Après un long apprentissage et un temps d'adaptation, il prend finalement goût au déguisement, de sorte qu'à la fin de la guerre il n'envisage pas de reprendre son identité.






Quintett en cinq volumes
Un épisode marginal de la première guerre mondiale impliquant cinq protagonistes en Grèce sur un scénario de Giroud










Outremer (série)
Petits trafics et grand conflit : la première guerre mondiale en mer Méditerranée :






Le sang des Valentines
roman graphique épistolaire du point de vue d'un poilu

La grippe coloniale (série)
Boire et déboires d'un soldat réunionnais de retour de la première guerre mondiale dans son île
Mattéo en deux tomes


Facteur pour femmes
Les profits de la première guerre mondiale pour un jeune homme peu scrupuleux dans une petite île bretonne dégarnie de tous ses habitants masculins








Encore bien des envies de lecture après le challenge :

samedi 24 juin 2017

Destockage de PAL en duo | AN 2


Licorne et  proposent pour une nouvelle année leur challenge Destockage de PAL en duo !
Comme l’année dernière, le challenge se découpera en 3 éditions de 4 mois chacune, chaque édition comportant 2 sessions. Cette année encore il y aura un petit cadeau pour les participants aux trois sessions.
Je rempile avec ma partenaire Amaruël, nous avons parfois eu froid dans le dos, mais nous avons tenu vaille que vaille et surtout nous nous amusons bien à partager ce challenge, :)

Les inscriptions
Elles se font en duo, les organisatrices donneront un nom à chaque binôme
Elles se terminent le 15 du mois de lancement
Elles sont validées par les organisatrices après présentation des livres choisis
Les règles
Chaque édition comportera 2 sessions de 2 mois, le challenge durera donc 4 mois
Chaque participant devra ensuite choisir dans sa propre PAL un livre qu’il devra lire et commenter dans le temps imparti selon des thèmes imposés
Les thèmes
1ère édition : Mars – Juin 2017 / Binôme : Femmes ayant marqué l’Histoire
Session 1 : mars – avril
Thème 1 – Lire 1 livre qui est dans sa PAL depuis au moins 1 an : 10 pt
Thème 2 – Lire un livre écrit par une femme (qui ne se cache pas sous un pseudo masculin) : 5 pt
Session 2 : mai – juin – Doublage des points
Choisissez dans la PAL de votre partenaire le livre qu’il devra lire.

Je vais cumuler les deux thèmes pour les deux lectures : en attente de validation
1 / Jardins virtuels de Sylvie Denis qui est dans ma PàL depuis 10 ans plutôt qu'1 !
2/ Les derniers jours de la classe ouvrière d'Aurélie Filippetti pour lequel je viens d'obtenir une dédicace et qui ne mérite pas non plus d'être depuis si longtemps dans la PàL.
Tiens en plus ils ont été édités la même année tous les deux.

Du côté d'Amarüel
Thème 1 : Multiversum, tome 1 de Leonardo Patrignani (depuis le 19 Juillet 2014)
Thème 2 : Métaphysique du Vampire de Jeanne-A. Debats


et comme j'ai validé la session 1, j'aborde la session 2 avec le choix d'Amaruël dans ma PàL
3/ Butcher's crossing de John Williams
pour elle ce sera l'intégrale : Les abîmes d'Autremer

SESSIONS PRECEDENTES

Novembre 2016 - Février 2017
XL : 15 PT
Thème 1 - Baigneuse nue sur un rocher d'Armel Job : 10 PT
Thème 2 - American psycho : 5 PT
VALIDATION 2 PARTIE : June de Manon Fargetton

AMARUEL : 15 PT
Thème 1 - L'Étrangère de Gardner Dozois : 10 PT
Thème 2 - Au Sortir de l'Ombre de Syven : 5 PT
VALIDATION 2 PARTIE : L'Héritage des Rois Passeurs de Manon Fargetton

Juillet - Octobre 2016
XL :
Thème 1 :
Thème 2 :
Doublage des points :

Amarüel : 
Thème 1 : La Nuit des Quintanelles de Pascale Perrier (France)
Thème 2 : Strate-à-Gemmes de Terry Pratchett
Doublage des points : L'Homme Illustré de Ray Bradbury

Mars - Juin 2016
XL :
Thème 1 : Mr Vertigo de Paul Auster
Thème 2 : Les Héritiers de l'Aube, tome 1 de Patrick McSpare
Doublage des points : Chroniques de la fin du monde, tome 2 : L'exil de Licia Troisi

Amarüel : 
Thème 1 : Requiem pour Sascha, tome 3 : Agnus Dei d'Alice Scarling
Thème 2 : Le Pays des Contes, tome 1 : Le Sortilège Perdu de Chris Colfer (412 pages)
Doublage des points : La Chronique des Immortels, tome 1 : Au Bord du Gouffre de Wolfgang Hohlbein

Décembre 2015 - Février 2016
XL: La Liste de Mes Envies de Grégoire Delacourt
Amarüel : Le Bâtard de Kosigan, tome 2 de Fabien Cerutti
 
Octobre - Novembre 2015
XL : Les Oreilles de Buster de Maria Ernestam
Amarüel : Fées, Weed & Guillotines de Karim Berrouka

Juin - Septembre 2015  
XL : Une Vie entre Deux Océans de M.L. Stedman
Amarüel : Les Chroniques de l'Empire, tome 1 de Georges Foveau


vendredi 23 juin 2017

Dysfonctionnelle


Fidèle, jeune adolescente surnommée Bouboule Nutella (devinez pourquoi), grandit, entourée de ses six frères et soeurs, dans une famille dysfonctionnelle : son père enchaîne les allers-retours en prison, sa mère est à l'asile. Dotée d'une "intelligence précoce", elle intègre un lycée des beaux quartiers où les élèves la regardent comme un alien. Mais c'est là que l'attend l'amour, le vrai, celui qui transforme, celui qui sauve...

La famille de Fidèle - jusque dans les prénoms improbables de la fratrie - m'a fait penser un peu/beaucoup à la saga Malaussène, modèle du genre en matière de dysfonctionnement familial n'excluant en rien l'amour fraternel, filial, etc. Les personnages sont intéressants, y compris cette renégate de Dalida qui rêve d'être une Le Quesnoy alors qu'elle est née chez les Groseille (réf. La vie est un long fleuve tranquille). Le roman d'Axl Cendres donne de beaux exemples de tolérance religieuse et amoureuse.

lundi 19 juin 2017

Les poissons ne connaissent pas l'adultère

2011 - France
Pour fêter ses quarante ans, Valérie a reçu de ses copines de travail une séance de re-looking qui a révélé la blonde pulpeuse qui sommeille en elle. Son ami Djamel ne manifeste aucun enthousiasme au cours du week end qui suit la transformation, mais il est loin d'imaginer à quel point le changement va être radical ! Lundi matin, au lieu de suivre ses habitudes, Valérie prend le chemin de la gare et achète un billet de train pour Toulouse... Ayant en tête l'exemple des nombreux rôles de Julia Roberts, elle décide de reprendre sa vie en main.
Carl Aderhold signe une comédie pleine de tendresse portant sur l'usure du couple, avec un éclairage particulièrement drôle sur le " troisième " âge incarné par Colette. A travers le personnage de Germinal, le contrôleur, il aborde le thème sous l'angle plus vaste de la fidélité à ses engagements.


2012 - 2013
Italie - Islande

dimanche 11 juin 2017

La guerre de 14 n'a pas eu lieu


J'ai acheté ce roman d'Alain Grousset exprès pour le challenge car il collait pile au thème. J'ai déjà lu plusieurs textes de l'auteur, qui travaille souvent le registre de l'uchronie.

Constance est née à Saint Dié (des Vosges) en 1989, a obtenu une licence de lettres à l'université de Nancy, parle couramment français, anglais et allemand et chercher du travail en passant des concours. Mais elle a peu de chances d'obtenir un recrutement dans l'administration, en dépit de ses bons résultats, car les postes sont attribués en priorité à des garçons. Jusque là, le monde de Constance pourrait presque passer pour celui que nous connaissons, sauf que l'Histoire a bifurqué en 1914...

1914 L'attentat de Sarajevo échoue. La guerre est évitée. La suspicion règne à travers l'Europe. Les armées figent leurs positions, construisent deux lignes de défense infranchissables. 2014 Les deux murs sont toujours là. La France et l'Allemagne sont repliées sur elle-mêmes. Les populations vivent comme au début du XXe siècle. Constance, parce qu'elle parle allemand, est au coeur d'une mission d'espionnage qui lui fait traverser les frontières. Elle se bat pour retrouver un monde libéré du joug des armées et dans lequel les hommes sont libres et égaux.

Après une lecture très rapide de ce roman, je reste un peu dans l'attente de ce qui aurait pu s'y passer... L'éveil à la conscience politique d'une jeune femme pour laquelle la cause féministe n'a jamais existé mais qui l'appelle de ses voeux, les remords d'un scientifique ayant participé à la mise au point opérationnelle de la bombe atomique pour le compte de la suprématie allemande, l'asservissement des populations civiles à l'effort militaire et industriel accaparé par l'unique objectif d'une guerre des tranchées qui ne fait plus sens, enlisée depuis plus d'un siècle dans une ligne Maginot parvenue à son objectif initial (couvrir plus de 500 km de frontière) doublée en vis-à-vis d'une ligne Siegfried imaginaire, un contre-espionnage britannique prêt à tous les coups bas pour tirer un maximum de profit du duel franco-allemande et damer le pion aux belligérants, tous les ingrédients étaient là et auraient pu être exploités avec une densité romanesque supérieure. A tout prendre, je préfère la série U-boot commencée l'an dernier dans le cadre de ce même challenge ou l'exploitation dans le cadre des Time raiders d'une guerre de sécession qui s'est pareillement prolongée au delà du siècle, dans un monde bloqué au stade de la vapeur.

jeudi 8 juin 2017

La lettre à Helga - Svar vid bréfi Helgu

« Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible. [je coupe la suite qui est trop bavarde, absolument]

challenge des chiffres : 1 - L’unité.
Lire un roman d’un auteur qui n’a publié qu’un seul roman au moment de votre lecture.
Je me contente d'un court avis car je ne sais pas trop si l'envie me viendra de l'étoffer. La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson est récemment arrivée dans la PàL puisque le swap date du mois dernier, et vite sortie grâce au challenge. En le découvrant, je m'étonne de l'avoir inscrite dans la WL, mais j'étais peut être dans une période roman épistolaire et j'avais dû en lire du bien. Pourtant... de manière maintenant récurrente, je n'accroche pas à un roman islandais, pour la même raison qu'avec Pourtant les poissons n'ont pas de pied ou même Rosa candida : un mélange entre la forme de narration, introspective et le style qui ne passe pas et me laisse sans intérêt pour ce qui se passe dans l'histoire.

samedi 3 juin 2017

Une enquête du lieutenant Victor Coste

Code 93
L'intrigue se laisse suivre sans fléchir - mais en frémissant parfois - et les motivations de l'assassin sont distillées par petites doses jusqu'à la confirmation finale. L'auteur avait mis suffisamment d'indices dans les éléments initiaux pour qu'elle ne soit pas une surprise inenvisageable. A l'évidence, son souci n'est pas de perdre le lecteur, il le guide patiemment dans ses déductions. Habituée à d'autres plumes plus inductives, j'ai même été déconcertée par une partie qui revient un peu en arrière, histoire de bien expliquer ce qui s'est passé dans cette affaire de vengeance somme toute banale. Mais la véritable révélation, le pilier de l'édifice construit par Olivier Norek, est plus surprenante, bien que crédible. Je n'en écrirai pas plus. L'auteur est un homme de terrain qui a passé toute sa carrière dans le 9-3.
J'ai bien aimé l'équipe du lieutenant Victor Coste, chef de la Crim2 du SDPJ 93 : bon flic, bon manager, bon ami, sans enfant, pas de femme ni de maîtresse connue ; Mathias Aubin le fidèle second et ami de 10 ans trop tenté par une carrière au vert dans le canton d'Annecy ; Ronan Scaglia moins corse que son patronyme le laisserait entendre, mais véritable et loyal défenseur au propre comme au figuré ; Sam dont je n'ai pas retenu le nom parce que c'est un geek qui se préfère à couvert, vomit au premier cadavre mais n'a pas son pareil pour traquer les données sur le réseau et enfin Johanna de Ritter, la nouvelle recrue féminine, pas bêcheuse mais il ne faut pas trop l'agacer non plus car elle a la réplique facile et percutante. L'enquête les met face à deux catégories d'invisibles : les ignorés de la société dont il est si facile de faire disparaître les chiffres des statistiques et les bien cachés, ceux qui manipulent les ficelles et assouvissent leurs vices dans l'ombre des ors républicains.
en LC pour le challenge des chiffres : le billet d'Estelle_simplem

challenge estival intense


Le Summer Cocktail Challenge est de retour dans une édition 2017 légèrement modifiée. Notre barmaid est Ailec de Livrophage.
Les règles de ce challenge sont simples, du 1er juin 00h01 au 31 août 23h59, il vous suffit de choisir votre cocktail, de lire un livre par ingrédient (soit 3 par cocktail classique et 5 par maxi cocktail) et de donner votre avis pour réussir la recette de votre boisson. Mais attention un livre ne peut pas remplir deux conditions ! Vous pourrez essayer autant de cocktails que vous voudrez mais vous devrez auparavant avoir terminé le précédent. Et dernière règle : les cocktails ne peuvent pas être modifiés !

J'ai commandé un Mystery Tiki et un coup de shaker plus tard voilà mon cocktail tout coloré, tentant

Pour XL :
1) Un roman Historique --> Blue Lagoon
2) Un roman Fantastique ou Bit-Lit --> Little Sunshine
3) Un roman de Fantasy --> Mauve Magique
4) Une Couverture qui fait voyager --> Vert Enigmatique
5) Une Comédie --> Red Passion

Petit détour par l'open-PàL où se trouvent :
*9 titres notés "historique"
*5 titres notés "fantastique" dont 1 combo "fantastique" et "bit-lit" qui s'impose...!
*2 titres notés "fantasy" mais ça ne me surprend pas, j'en lis peu
*4 titres notés "humoristique" je pense que ça le fait pour comédie...?
une couverture qui fait voyager : Le roman de l'Orient-express ?
ou bien celles qui personnellement m'invitent au voyage comme les deux couvertures de La vieille Anglaise et le continent de Jeanne Debats, avec son titre mystérieux et son univers intriguant
petite sélection:

jeudi 1 juin 2017

L'amie prodigieuse

La série célèbre par le mystère dont s'entoure son auteur fait beaucoup parler d'elle sur les réseaux en ce moment ce qui a déclenché ou accru la curiosité de quelques unes. La Bibliothèque de June a eu la bonne idée de nous rassembler pour une LC autour du premier tome :
1/ Enfance, adolescence
Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu'elles soient douées pour les études, ce n'est pas la voie qui leur est promise. Formidable voyage dans l'Italie du boom économique, L'amie prodigieuse est le portrait de deux héroïnes inoubliables qu'Elena Ferrante traque avec passion et tendresse.
Au fil des chapitres, Elena et Lila passent du statut de petites filles à celui de jeunes femmes : elles n'ont que 16 ans, mais on grandit vite dans certains quartiers de Naples. Alors que Lila est sur le point de se marier, Elena termine brillamment le petit lycée. La poursuite de ses études est maintenant un fait acquis dans sa famille, grâce à l'aide de la maîtresse Mme Oliviero.

Les rapprochements et les antagonismes se sont noués tout au long de ce premier tome et la tension dramatique n'a fait que croître, pour culminer à la fin, dans la salle de banquet du mariage de Lila.
J'ai aimé particulièrement le description de la longue nuit de Nouvel An : outre les traditionnels feux d'artifice, le lancer d'objets divers par les balcons et fenêtres est régulièrement cause de décès annoncés dans les journaux du lendemain. Bien que, côté environnement, je sois un peu déçue de retrouver si peu la ville de Naples dans le cadre. C'est que le point de vue de l'auteur est surtout micro-ethnographique dans ce premier tome. Les actions se développent dans les quartiers pauvres et en sortent rarement, si ce n'est pour des tentatives avortées ou vouées à l'échec, comme l'été à la plage du côté de Posillippo, la promenade du dimanche dans les beaux quartiers vers Riviera di Chiaia ou l'unique sortie au restaurant de Santa Lucia. Pourtant, il est bien question de cela : le sentiment d'appartenance ou d'extranéité à un quartier et la capacité à en sortir, à s'extraire de la reproduction familiale et sociale.
L'amie prodigieuse c'est avant tout chose l'histoire de deux petites filles nées dans un quartier populaire de Naples dans les années 1940. L'une, Lila Cerullo, est la fille du cordonnier, l'autre, Lenù Greco, la fille du portier de la mairie. Toutes les deux sont de brillantes élèves de leur classe en primaire. Elles font la fierté de leur institutrice mais pas de leurs familles analphabètes. Les enfants sont éduqués à coups de gifles et d'injures. Les paroles grossières fusent en napolitain. Ce n'est pas la peine de rêver de s'élever ua-dessus de ses parents, d'avoir une vie meilleure, d'être heureux.

édit 1 :
j'ai lu une quinzaine de chapitres (certains très courts) et j'aime beaucoup le style, mais je suis déçue ça pourrait se passer n'importe où, j'attendais plus de Naples dans le roman !
édit 2 :
finalement j'en suis aux 3/4 et je commence seulement à "mordre" à l'histoire, c'est assez long au début et effectivement il faut se familiariser avec les noms ce qui se complique avec une lecture décousue pour cause de lectures intercalées
j'essaierai peut être un autre tome en VO pour le plaisir de l'alternance italien scolaire et dialecte
édit 3 :
Je n'ai pas tout à fait fini pour la date limite fin mai, heureusement je ne suis pas la seule et le délai a été repoussé au 10 juin : largement le temps de lire les derniers chapitres qui me restent.
épilogue :
Je n'aime pas du tout la couverture choisie par Folio. Elle est de celles qui me font sans cesse reculer une lecture dont le contenu m'attire par ailleurs (résumé, chroniques presse ou blogues, etc.)