Carmen est une adolescente de quatorze ans presque comme les autres. D’origine espagnole, elle vit en Angleterre avec sa mère Maria et son beau-père Brian ; ses grands-parents et sa tante Lisa habitent Birmingham.
Trop enrobée, Carmen est mal dans sa peau et sa mère, anorexique et maniaco-dépressive ne cesse de lui faire des réflexions blessantes : elle lui répète à l’envi qu'« être mince, c'est être belle ; c'est réussir dans la vie ; c'est obtenir tout ce que l'on désire ». Or, Carmen préfère les hamburgers et sucreries que Brian lui fournit en cachette aux aliments diététiques préconisés par sa mère.
Maria décide de s’enfuir avec Carmen, de quitter Brian et son emploi de vendeuse dans une boutique de prêt-à-porter pour repartir de zéro dans sa ville natale. Billy, un ancien rocker qui tient un restaurant bas de gamme, les aide à trouver un appartement.
On pourrait penser que Maria a souhaité se rapprocher de sa famille, mais elle n’a que mépris pour sa mère, qui passe ses journées devant la télé et son père, qui les passe au bar. Elle ne cherche qu'à éviter sa sœur, qui travaille comme manucure et interdit à Carmen de la voir, craignant sans doute que sa tante lui révèle ses frasques de jeunesse et le secret de sa naissance.
Dans son nouveau collège, Carmen tombe sous l’influence de deux chipies égocentriques et superficielles. Tandis qu’à la maison, sa mère les fait jeûner presque totalement, Carmen devenue boulimique, mange et se fait vomir en cachette. Elle refuse de chercher du soutien auprès de sa famille et reste solidaire de sa mère. La suite de l'histoire semble des plus prévisibles. C'est la descente lente mais irrémédiable vers l'anorexie, dans ses dérives les plus dangereuses et ses conséquences les plus néfastes. Dès la première phrase du livre, le ton est donné : la mère, toujours en quête d’un nouveau régime plus efficace, est en train de sombrer, au risque d'entraîner sa fille.
En lecture commune avec ma fille de la même tranche d'âge que Carmen, c’est un roman dont le sujet, les personnages, la façon d'aborder le problème sont traités de manière à parler à des adolescents. Julia Bell évoque les troubles du rapport à la nourriture à travers trois générations. La grand-mère, obèse et végétative, compense la médiocrité de sa vie par la nourriture. Sa fille, la mère de la narratrice, réagit en contrepoint : maigre, voire squelettique, elle refuse de s’alimenter normalement et pire, empêche sa fille de se nourrir. Carmen enfin, est déchirée entre sa soif de vivre comme les autres adolescentes et son envie de correspondre aux schémas inculqués par sa mère.
La situation bouleverse car elle est décrite à travers son récit intime, donc avec les yeux d’une mineure dépendante, dont le jugement est faussé par son amour filial et son absence de regard critique sur les diktats de l'adulte.
L'auteur reste pourtant dans une neutralité descriptive, sans véritable jugement des personnes et de leurs motivations. La narration est assez froide, distanciée, presque clinique. Au lecteur de faire ses propres observations et d'en tirer les conséquences.
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à compléter par le lecture, sur le même thème, de La chair de l'araignée par Marie Caillou et Hubert
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Trop enrobée, Carmen est mal dans sa peau et sa mère, anorexique et maniaco-dépressive ne cesse de lui faire des réflexions blessantes : elle lui répète à l’envi qu'« être mince, c'est être belle ; c'est réussir dans la vie ; c'est obtenir tout ce que l'on désire ». Or, Carmen préfère les hamburgers et sucreries que Brian lui fournit en cachette aux aliments diététiques préconisés par sa mère.
Maria décide de s’enfuir avec Carmen, de quitter Brian et son emploi de vendeuse dans une boutique de prêt-à-porter pour repartir de zéro dans sa ville natale. Billy, un ancien rocker qui tient un restaurant bas de gamme, les aide à trouver un appartement.
On pourrait penser que Maria a souhaité se rapprocher de sa famille, mais elle n’a que mépris pour sa mère, qui passe ses journées devant la télé et son père, qui les passe au bar. Elle ne cherche qu'à éviter sa sœur, qui travaille comme manucure et interdit à Carmen de la voir, craignant sans doute que sa tante lui révèle ses frasques de jeunesse et le secret de sa naissance.
Dans son nouveau collège, Carmen tombe sous l’influence de deux chipies égocentriques et superficielles. Tandis qu’à la maison, sa mère les fait jeûner presque totalement, Carmen devenue boulimique, mange et se fait vomir en cachette. Elle refuse de chercher du soutien auprès de sa famille et reste solidaire de sa mère. La suite de l'histoire semble des plus prévisibles. C'est la descente lente mais irrémédiable vers l'anorexie, dans ses dérives les plus dangereuses et ses conséquences les plus néfastes. Dès la première phrase du livre, le ton est donné : la mère, toujours en quête d’un nouveau régime plus efficace, est en train de sombrer, au risque d'entraîner sa fille.
En lecture commune avec ma fille de la même tranche d'âge que Carmen, c’est un roman dont le sujet, les personnages, la façon d'aborder le problème sont traités de manière à parler à des adolescents. Julia Bell évoque les troubles du rapport à la nourriture à travers trois générations. La grand-mère, obèse et végétative, compense la médiocrité de sa vie par la nourriture. Sa fille, la mère de la narratrice, réagit en contrepoint : maigre, voire squelettique, elle refuse de s’alimenter normalement et pire, empêche sa fille de se nourrir. Carmen enfin, est déchirée entre sa soif de vivre comme les autres adolescentes et son envie de correspondre aux schémas inculqués par sa mère.
La situation bouleverse car elle est décrite à travers son récit intime, donc avec les yeux d’une mineure dépendante, dont le jugement est faussé par son amour filial et son absence de regard critique sur les diktats de l'adulte.
L'auteur reste pourtant dans une neutralité descriptive, sans véritable jugement des personnes et de leurs motivations. La narration est assez froide, distanciée, presque clinique. Au lecteur de faire ses propres observations et d'en tirer les conséquences.
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à compléter par le lecture, sur le même thème, de La chair de l'araignée par Marie Caillou et Hubert
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