mercredi 9 août 2017

Le chasseur de lucioles

Tour du monde des nationalités : Gabon
Janis Otsiemi m'a fait la bonne surprise de se loger parmi les romans policiers de la petite bibliothèque que je fréquente : par curiosité, j'aimerais savoir (ce) qui l'y a amené... Parmi la cohorte d'Anglo-saxons qui surpeuplent les étagères, c'est un étrange plaisir de trouver un auteur francophone extra-européen... et la découverte sera à la hauteur de ma surprise : heureuse !
La photo de couverture m'a intriguée, le dos de couverture encore plus, où il est fait allusion à la truculence d'un Frédéric Dard, sans oublier le bandeau qui n'était pas sur mon exemplaire " L'écrivain qui fait des bébés à la langue française ".
Car l'auteur est un virtuose de la langue ! Les expressions sont souvent déroutantes, sans que je puisse départager s'il s'agit du français à la mode locale ou de néologismes propres à l'écrivain, dont l'imagination est féconde. Le style est d'un grand intérêt pour la lecture de ce roman, dont l'intrigue est assez classique.
Deux équipes d'enquêteurs dont les recherches vont se croiser à moment donné abordent leur affaire en l'absence presque totale d'indice : le braquage à l'arme de guerre d'un fourgon contenant 20 millions de francs (CFA) et une série de meurtres de prostituées sauvagement mutilées découvertes dans des motels de Libreville.
Les auteurs de polars nous ont habitués à des scènes de crime tellement horribles sans qu'un battement de cil n'échappe aux équipes médico-légales ou judiciaires, qu'il est presque rafraîchissant d'entendre les policiers s'émouvoir des tortures infligées aux victimes. Mais ils restent des hommes qui tentent de survivre dans une société qui ne cultive pas la promotion par le travail ni l'effort personnel. Les populations marginales et désoeuvrées de la capitale gabonaise sont montrées sans effort de minimiser l'étendue du fléau, les trafics, la corruption, l'influence des gangs, les conflits ethniques, le clientélisme, les ravages de la maladie du siècle, etc. Sans oublier le divertissement, la volonté de vivre avec le sourire, comme le rappellent les nombreuses expressions imagées et souvent drôles qui figurent en tête de chaque chapitre.

2 commentaires:

Sandrine a dit…

Je partage ton billet sur le groupe "Lire le monde" puisque Janis Otsiemi fait partie de la liste. Je ne l'ai pas encore lu, mais l'envie grandit !

XL a dit…

merci de veiller !