dimanche 23 juin 2013
Roma aeterna
L'auteur prend l'expression "Rome éternelle" au pied de la lettre et décrit un monde où l'empire romain d'Occident n'a pas cessé de coexister au côté de son jumeau d'Orient et où Rome et Constantinople continuent de régner sur le monde connu jusqu'à nos jours.
Un prémisse de cette histoire figure dans le recueil de nouvelles Le nez de Cléopâtre sous le titre Légendes de la forêt de Veniane (notre Vienne sous un empire romain qui a continué de se développer jusqu'au troisième millénaire, avant un coup d'Etat qui a permis d'installer une deuxième République).
Dans cet univers, Abraham, Moïse ont existé mais les Hébreux n'ont jamais quitté le joug égyptien, le christianisme n'a jamais vu le jour et l'Islam est mort-né, étouffé dans l'oeuf en la lointaine Arabia desertica, par l'assassinat à La Mecque, de Mahmud, un homme charismatique prêt à répandre l'idée d'une religion monothéiste et à endosser l'habit d'un roi guerrier capable de fédéré les tribus sarrasines.
De l'autre côté de l'Atlantique, la Nova Roma peine à s'installer par la force des armes. Les légions romaines, guidées par des hommes du Nord, ont traversé l'océan mais se sont fait anéantir une première fois par les tribus locales. Elles reviennent en force avec un Drusus parmi les officiers militaires, débarquent une tête de pont sur les côtes du Mexique et du Yucatan, connaissent de nouveau l'échec. Seule une troisième tentative désastreuse va les tenir à l'écart des réserves d'or abondantes du Nouveau monde. En Asie également, l'empire connaît les limites de son expansion et se résout à entretenir des rapports strictement commerciaux avec la Chine et le Japon.
Le monde contemporain connaît certaines avancées technologiques comme les véhicules à moteur, mais globalement la révolution industrielle n'a pas eu lieu. Dans la SF, l'uchronie est souvent le moyen de dénoncer une situation en donnant à imaginer ce qui aurait pu advenir de meilleur à partir d'un point donné du passé ou bien, au contraire, de montrer le pire auquel le monde à échappé en dessinant dans le miroir l'évolution d'une hypothèse non réalisée. Ici je ne parviens pas à discerner le dessein de Robert Silverberg.
En outre, chaque chapitre, qui raconte un épisode particulier modifié par la pérennité de l'empire romain, au travers d'un personnage dont on suit la vie un bref instant, est intéressant en soi mais un peu décousu par rapport au cours général de l'Histoire. Je n'ai pas réellement réussi à m'attacher à aucun car ils semblent de fugaces météorites qui traversent le ciel de Rome. Là le but est un peu plus clair, les personnages sont tous secondaires en somme et seule compte la figure immanente et séculaire de Roma aeterna.
D'autres lectures de Silverberg avant le blogue
Les monades ubaines : un bon souvenir bien que très imprécis, de gratte-ciels infiniment hauts qui m'avaient bien fait marché l'imagination et la réflexion sur l'habitat collectiviste
Les déportés du Cambrien : là encore, j'ai beaucoup aimé ce voyage temporel extrême
L'oreille interne : bien moins bon souvenir, compliqué, l'idée me plaisait mais je ne suis pas entrée en communication avec le héros (télépathe raté)
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