dimanche 18 octobre 2020

10 Histoires de chiens

 

Défi Cortex : 13ème participation et JOKER
Autour d'une saison G1-3 : initiale C 
Demain les chiens (City - 1952) 

Le recueil a été immédiatement traduit en français par Jean Rosenthal pour le Club français du livre. Une nouvelle traduction française par Pierre-Paul Durastanti est parue en 2013 aux éditions J'ai lu. LIRE

Les huit nouvelles décousues qui composent le recueil de Clifford D. Simak racontent plusieurs épopées, non seulement celle des Hommes, mais aussi celles de certains de leurs contemporains. Les chiens, les mutants, les robots, les fourmis, en parallèle et avec un état de conscience qui est propre à chaque entité, expérimentent  une société basée sur le psychisme, la technologie, etc. C'est de la même veine que Pierre Boulle mais en plus complexe que La planète des singes. Mis bout à bout, les huit contes et légendes forment un ensemble chronologique que les chiots écoutent à la veillée et que les commentaires des exégètes interrogent encore, malgré plusieurs milliers d'années d'évolution et de controverse, de Tige qui est pour des fondements véridiques à l'origine des récits à son détracteur principal, partisan de la fable mythologique sans aucune véracité historique. 

Les derniers hommes ont quitté la Terre pour Jupiter où ils vivent sous une forme extrahumaine, les ultimes survivants ont régressé tandis que leurs ancêtres dorment dans une cité blockhaus à Genève. Les seuls à les avoir côtoyés et à se souvenir parfaitement d'eux sont Jenkins, le robot Webster multimillénaire, qui continue à veiller sur le développement de la civilisation canine et Andrews, un robot contremaître. En guise de dernier recours toutefois, la Terre ayant abdiqué la violence et l'intolérance sous l'influence des chiens, est sauvée des Horlas par la nature foncière de l'homme.

Les chiens de Détroit
Jérôme Loubry signe ce premier roman sélectionné pour le prix du Goéland masqué, mais il possède déjà toutes les qualités maîtrisées d'un grand polar, mélange de bon style, scénario complexe, personnages fouillés, ambiance stressante. Dans une construction à rebours qui ne spoile pourtant rien du dénouement final, l'auteur montre qu'on peut paraître dévoiler la solution dès les premières pages et balader son lecteur pendant les deux cents suivantes ! La récidive d'un serial killer à une quinzaine d'années d'intervalle après qu'il a échappé une première fois à une arrestation musclée met la police et les édiles de la ville sur les dents. Le commissaire Craig réunit en binôme sa meilleure inspectrice Sarah Berkhamp et Stan Mitchell l'inspecteur précédemment chargé de l'affaire pour qu'ils résolvent vite et bien ces meurtres d'enfants de nouveau attribués au " Géant de brume ". L'ambiance dégradée de la ville - Motown pour Motor Town à cause des usines qui ont fait sa fortune - qui sombre désormais dans la faillite, le chômage, la misère et la décrépitude après un passé orgueilleusement florissant, est à l'unisson de l'humeur des deux inspecteurs, qui conservent beaucoup de fantômes dans leurs placards, dont fait partie le fameux croquemitaine local.
Lu le 17 novembre 2018

Peggy Sue et les fantômes : le jour du chien bleu 
Décidément, la lecture de Serge Brussolo n'est pas pour moi. J'ai beaucoup de mal avec ses livres, quels que soient les genres abordés, qui sont pourtant nombreux. Je viens d'essayer un roman jeunesse et je n'ai pas plus accroché qu'avec ses nouvelles. Peggy Sue, l'infortunée, en proie aux farces malveillantes des Invisibles qu'elle est seule à déranger car elle les voit, ne m'a pas apitoyée, ni convaincue. Les autres personnages sont inconsistants. Quant à l'histoire, entre Ghost Buster sans l'humour et La ferme des animaux sans la réflexion, je ne m'y suis pas intéressée. Il y a une suite, multiple, mais je ferai sans.
Lu le 15 septembre 2017

Des yeux de chien bleu
Tour du monde : ARGENTINE
J'ai voulu tester ma capacité à apprécier l'écriture de Gabriel Garcia Marquèz dans un genre qui me convient particulièrement, avant de m'atteler à son oeuvre majeure L'amour au temps du choléra ou Cent ans de solitude... et je n'ai pas accroché à l'imaginaire de l'auteur en dépit de son style. J'ai retiré de la lecture de ce recueil de onze nouvelles, les premières écrites par le prix Nobel colombien et restées inédites en France jusqu'en 1991, une impression répétitive et le moral en berne. Fantastiques morbides, elles abordent le domaine du rêve - éveillé ou non.

La description de l'éditeur sera sans doute plus convaincante que la mienne : Dans ces onze nouvelles écrites en 1947 et 1955, la maîtrise du jeune Garcia Marquez est déjà frappante : riche en images mais sans jamais tomber dans le piège du « réalisme magique » alors si à la mode en Amérique du Sud, il fait sans cesse passer le lecteur de l' « autre côté », celui de la mort : mais sans tristesse, sans dépit. Dans le combat des personnages où mort et vie sont les deux faces de la marche à travers le temps, ce qui triomphe, c'est toujours, souverain, le style de Gabriel Garcia Marquez. Ample, généreux, onirique. Son esprit créateur nous porte littéralement aux « rivages prodigues des songes » et ces nouvelles aux portes du fantastique.

traduction libre : personne ne mérite tes larmes
et qui les mériterait ne te fera jamais pleurer.
Dans l'ordre :
La troisième résignation histoire déprimante (c'est déjà dans le titre) d'un mort qui continue à grandir jusqu'à l'âge adulte et à vivre mais sans respirer me rappelle fort La jeune fille suppliciée sur une étagère mais j'ai préféré l'écriture du maître japonais.
La mort jumelle (thème du jumeau et de la séparation)
Eve à l'intérieur de son chat (métempsychose et vaine beauté)
La douleur de trois somnambules (décrépitude et effacement au monde)
Dialogue dans le miroir (le double de nouveau)
Des yeux de chien bleu (vis, rêve, oublie)
La femme qui venait à six heures (alibi)
Nabo, le noir qui a fait attendre les anges (la mort est longue à venir)
L'inconnu qui déplaçait les roses (ma préférée, attente post mortem)
La nuit des butors (aveuglés, impression proche de bardo or not bardo)
Monologue d'Isabel regardant tomber la pluie sur Macondo (déluge)
Lu le 10 mars 2016
Sans parler du chien   Coup de coeur
Cette LC (merci à Flo) venait à point nommé pour m'aider à poursuivre la lecture du roman de Connie Willis, amorcée au cours du RàT de mai 2012 et restée en plan à la moitié (288/574 pages). J'étais d'autant plus motivée que le livre m'a été offert lors d'un swap (challenge PàL de swaps) et qu'il entre dans le cadre des voyages temporels pour le challenge WTT3 du RSFBlog que je tiens à honorer d'au moins une lecture.
Cependant, après cette interruption, j'ai dû m'y reprendre presque au début pour comprendre l'intrigue qui est vraiment complexe avec tous ces retours dans le passé, destinés à défaire et refaire ce qui n'aurait jamais dû se produire. Par ailleurs, il fait partie des livres compliqués pour lesquels j'ai du mal à exprimer mon impression.
Le point de départ est un tout petit fait divers qui donne lieu à une très très longue histoire aux méandres très très sinueux, comme ceux de la Tamise sur et dans laquelle le héros passe plus de temps qu'à son tour.
Ned Henry est envoyé rectifier le paradoxe temporel provoqué par l'intervention intempestive de sa collègue Verity Kindle pour sauver une chatte de la noyade en 1888 (il faut dire à sa décharge qu'en 2057, les chats ont disparu et qu'ils constituent donc une singulière curiosité). Son geste a déclenché des réactions en chaîne qui pourraient faire que la jeune propriétaire d'Asjumand (la chatte) ne rencontre pas son futur mari, le mystérieux C, dont la mention figure dans le journal intime qui est parvenu à l'une de ses descendantes, la fameuse Lady Schrapnell, qui finance par ailleurs leurs expéditions dans le but de reconstruire à l'identique la cathédrale de Coventry : et la boucle est bouclée, il y manque juste le chien, Cyril, mais c'est une autre histoire !
Il faut comprendre que les voyages dans le temps sont monnaie courante en 2057, où un corps d'historiens est spécialement formé à cette discipline, mais ils rencontrent deux écueils : ils sont très coûteux et soumis à l'humeur des mécènes qui peuvent les financer et ils ne sont pas sans conséquences sur l'organisme et la santé, à tel point que des mesures de suspension sont prévues pour les voyageurs surmenés par trop de sauts successifs et perturbés par les déphasages entre les coordonnées spatio-temporelles prévues et effectives.
Le but poursuivi ne m'est pas apparu d'une évidente clarté : ils doivent à tout prix vérifier la présence d'une antique potiche dans une cathédrale anglaise au moment d'un raid de l'aviation nazie en 1940. En revanche, je trouve la chute extrêmement drôle et l'auteur a bien du talent pour tenir le lecteur en haleine à de si nombreuses reprises. Le ressort comique, bien qu'éprouvé, fonctionne à merveille : Ned et Verity, les deux héros passent leurs aventures à des courses poursuites temporelles où ils n'arrêtent pas de se manquer. 
J'ai de beaucoup préféré ce roman à ma découverte de l'an dernier, pour le même challenge, Les voies d'Anubis qui passe pourtant pour un des meilleurs du genre.
D'autres lectures uchroniques dans le cadre du Winter Time Travel
Le récit est manifestement très bien documenté et j'ai pris un réel plaisir à découvrir les nombreuses scènes descriptives sur l'époque victorienne, les villas en bord de Tamise et l'essor du canotage. Bien sûr ses très nombreuses allusions au roman de Jerome K. Jerome, Trois hommes dans un bateau (sans parler du chien), publié en 1889 alors que l'histoire se situe en 1888 et que les héros ont donc pu croiser (inspirer ?) l'auteur, m'ont donné envie de le lire (NB : il est dans ma PàL actuelle et je mets Black out où on retrouve  apparemment la même équipe en 1940 dans ma LàL).
Lu le 17 février 2016

Prenez soin du chien
La trame du premier roman de J.M. Erre est celle d'un policier classique, avec soupçons, espionnage, dénonciations, paranoïa, meurtres, mais pour le style, extravagant et volontiers parodique, les effets reposent déjà sur les scènes d'humour burlesque particulier à l'auteur.
Un mystérieux propriétaire possède deux immeubles de rapport qui se font face au 5 et 6 de la rue de la Doulce Belette. Tout oppose les deux concierges, Mme Polenta, une pimpante trentenaire sexy et une quinquagénaire revêche, mais fleur bleu, Yoyo (Yolande) Ladoux. Les moindres faits et gestes de la maisonnée sont narrés par le menu dans une lettre hebdomadaire qu'elle écrit à sa mère décédée en maison de retraite depuis plus d'un an. Le lecteur prend ainsi connaissance de la vie des habitants à travers l'opinion peu amène de la commère.
Les autres informations viennent principalement des journaux intimes tenus par deux vis-à-bis, rivaux en voyeurisme : Max Corneloup, auteur de navets radiophoniques ayant pour sujet les aventures d'un comédien de troisième zone et Eugène Fluche peintre sur coquilles d'oeuf possesseur d'une collection de ses oeuvres arrêtée au chiffre définitif de 999. Les autres personnages, choisis par un curieux agent immobilier pour leur potentiel "créatif" sont à l'avenant et forment une belle galerie de dingues tous plus loufoques et dérangés les uns que les autres.
Même si je me suis rapidement attendue à la fin (grâce aux commentaires en aparté) sans en imaginer le mobile et la personne visée, j'ai passé un très bon moment à suivre le fil de l'intrigue, noué en un imbroglio inextricable, autour de l'antagonisme forcené des deux voisins et de l'enquête tenace menée par Mme Brichon, la locataire qui a perdu son compagnon à quatre pattes, un affreux bâtard nommé Hector.
du même auteur : Made in China  

LC fortuite en avril 2015 avec Stellade et La chèvre grise : leurs avis enthousiastes


Anthologie de la peur,  Entre chien et loup

soit à l'heure sombre où la réalité bascule dans la nuit
Sous une couverture de Dali, les textes préfacés et rassemblés par Eric Jourdan ont un dénominateur commun : la peur incontrôlable née d'une imagination fantasque, quand l'esprit navigue aux franges du surnaturel, la sensation réelle ou supposée d'événements inaccessibles à la raison donc effrayants.
La plupart des textes relèvent d'une technique où la forme du récit est ancrée dans la réalité jusqu'à un point où le narrateur introduit le très léger décalage dont provient son caractère fantastique. Tous ne font pas peur mais l'ensemble met mal à l'aise.
Dans cette anthologie, point de découverte, mais des textes d'auteurs connus, proposés à deux exceptions près dans une première ou nouvelle traduction. Je note l'absence de Maupassant, pourtant un maître ès angoisse littéraire...
Lu le 15 mai 2015
Sommaire :
Stendhal / San Francesco a Ripa
Lev Tolstoï / Ce qu'il faut de terre à l'homme
Rudyard Kipling / Dans l'orgueil de sa jeunesse

Entre chiens et loups de Malorie Blackman, tome 1 : L'amour
Imaginez La couleur des sentiments mais en couleurs inversées.
La comparaison s'arrête là. Le roman est désespérément plat, cousu de fil blanc, improbable. En plus, le résumé enlève tout suspense éventuel :
Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Un monde où les communautés s'affrontent à coups de lois racistes et de bombes. C'est un monde où Callum et Sephy n'ont pas le droit de s'aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d'un rebelle clandestin.
Les efforts désespérés de Callum et Sephy (un Nihil/un Néant, comprendre un blanc, le fils de la gouvernante et Perséphone, une Prima, noire, la fille de la maîtresse) pour échapper à l'arbitraire de cette situation manichéenne ne sont guère convaincants. Quand l'un avance, l'autre recule et le lecteur est obligé de suivre tous ces atermoiements, distingués en petits paragraphes intitulés Callum ou Sephy comme pour bien s'assurer qu'il ne perde pas le fil : c'est pourtant simple il suffit d'inverser les préjugés raciaux... Pour finir dans la bonne mesure, les gentils (oppresseurs) sont victimes d'attentats terroristes menés par les méchants (opprimés), dans lesquels sont impliquées les deux familles : le père et le frère de Callum appartiennent à la Milice de libération alors que le père de Sephy est ministre de l'intérieur. Contraint par la pression internationale d'appliquer des lois plus libertaires à l'égard des Nihil, alors qu'il oeuvre en sous-main à la faillite de leur mise en oeuvre, son personnage est plus ambigu que les autres et il n'est pas certain qu'il soit totalement ce qu'il semble être. Mais les trois femmes, la mère et les deux filles, Minerva et Perséphone, chacune dans son genre, n'éveillent aucune sympathie.
La suite des événements demandera plusieurs tomes...
Lu le 27 septembre 2013

Le chien qui miaulait
Philippe Ebly dont les romans ont émerveillé mon adolescence ne semble plus distribué par les éditeurs. J'apprends hélas qu'il est décédé en mars 2014, ses héros sont définitivement orphelins.
Toujours avide de l'évasion qu'il propose, je me suis procuré les 20 et 21ème aventures des Conquérants de l'impossible directement sur Internet. J'en suis très contente et je retrouve avec plaisir Serge, Thibaut et Xolotl qui n'ont pas ajouté une ride à leurs 16-17 ans.
Contactés par un ami du professeur Auvernaux pour venir en aide à un garçon de leur âge, tétraplégique à la suite d'un accident de moto, ils se retrouvent une fois encore à gérer une situation hors de toute normalité, flirtant cette fois avec les limites de la métempsychose.  
Lu le 12 octobre 2014

commentaires à venir :
La femme sur la plage avec un chien
nouvelles de Boyd
Lu le 26 novembre 2012

Le bizarre incident du chien pendant la nuit
Bien que souffrant de troubles comportementaux nécessitant une scolarité adaptée, Christopher est brillant dans les matières scientifiques et obtient, à quinze ans, le A Level (équivalent du bac) en mathématiques avec mention très bien. Il a un projet de vie et sait qu’il va réussir car - je cite les dernières lignes du roman - « je suis allé tout seul à Londres, que j’ai résolu le mystère de Qui a tué Wellington ? (le caniche de la voisine), que j’ai retrouvé ma mère, que j’ai été drôlement courageux et que j’ai écrit un livre (qui relate le bizarre incident du chien pendant la nuit). Et ça, ça veut dire que je peux tout faire. »
Le roman de Mark Haddon n’est pas sans me rappeler le témoignage de Daniel Tammet, dans Je suis né un jour bleu, sur les étonnantes facultés intellectuelles que développent certains autistes ou Le septième jour, film réalisé avec un acteur trisomique dans son propre rôle.
Lu le 23 décembre 2009, ♥♥♥♥ depuis je l'ai prêté ou conseillé à beaucoup de monde
 

6 commentaires:

kincaid a dit…

J'ai découvert avec plaisir ce livre ! Je suis ravie d'avoir participé à cette LC avec toi ! A bientôt j'espère !

Theoma a dit…

il est toujours dans la pal ! la honte !

XL a dit…

il mérite d'en sortir alors !

Piplo a dit…

Ca m'a l'air sympa!
22 avril 2015 à 16:07

XL a dit…

tout à fait et même mieux que son roman suivant (j'ai rajouté le lien)
23 avril 2015 à 10:07

Stellade à la page a dit…

C'est mon deuxième de JM.Erre. Je ne suis pas déçue , au contraire. Je vais continuer à le lire. Un bel avis. Merci.
28 avril 2015 à 22:40